This post is also available in: English

Magnificat!

Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Célébrons la glorieuse Résurrection de notre Rédempteur

Le cierge pascal
près de la statue
de Notre-Dame de grâces
dans la Chapelle
de Jésus-Crucifié,
au Monastère des Apôtres.

L’Église renouvelle chaque année dans sa liturgie le souvenir des événements de la vie du Sauveur auxquels elle nous invite à prendre part. Elle célèbre aux fêtes de Pâques l’anniversaire du triomphe de Jésus vainqueur de la mort. C’est l’événement central de l’histoire; c’est vers lui que tout converge dans la vie du Christ, comme c’est le point culminant de la vie de l’Église dans son Cycle liturgique.1

La Résurrection du Sauveur est la preuve par excellence de Sa divinité, car il faut être Dieu pour pouvoir, comme disait Jésus, déposer Sa vie et la prendre de nouveau.2 La croyance en la Résurrection de Jésus est donc la base même de la Foi chrétienne.3 C’en est aussi la consécration définitive, puisque la Pâque du Christ, Son passage de la mort à la vie, marque la victoire que l’humanité entière a remportée en Jésus sur le démon, sur la chair et sur le monde.4

La Veillée pascale est le sommet le plus élevé de la liturgie chrétienne. Suivie avec attention et piété, elle dépose de grandes richesses spirituelles dans nos cœurs, dont notre âme pourra se nourrir tout au long de l’année liturgique.

Cette sainte Veillée, c’est la veillée du souvenir. Elle nous remet en mémoire la sortie d’Égypte, lorsque les Hébreux furent délivrés par le passage de l’Ange exterminateur, après avoir marqué du sang de l’agneau la porte de leurs maisons. Ils purent alors partir vers la Terre Promise, traversant à pied sec la mer Rouge, tandis que les Égyptiens qui les poursuivaient y furent engloutis.

Mais avant tout, la Veillée pascale nous rappelle le passage de Notre-Seigneur Jésus-Christ en ce monde, de Sa vie terrestre à Sa vie glorieuse, ce qui est la véritable Pâque. Conséquemment, elle nous fait souvenir de notre propre délivrance, incluse en principe dans celle de Jésus, puisqu’Il est notre Tête et que nous sommes les membres de Son Corps.

Tout est symbole pendant cette Veillée. L’Église qui bénit les objets employés au culte divin, implore la bénédiction de Dieu sur le feu nouveau qu’elle tire d’une pierre de briquet et dont elle se sert pour allumer le Cierge pascal, rappelant ainsi que Jésus-Christ, Lumière du monde, a surgi vainqueur de la mort et de la pierre du tombeau.

Les paroles de bénédiction prononcées sur le Cierge pascal montrent bien que ce Cierge est la figure du Sauveur ressuscité. «Le Christ, hier et aujourd’hui, commencement et fin, à qui appartiennent le temps et l’éternité; à Lui gloire et honneur dans les siècles des siècles.»

Les cinq grains d’encens enfoncés dans la cire figurent les plaies glorieuses restées visibles aux mains, aux pieds et au côté du Christ ressuscité.

Le Cierge pascal allumé représente le Sauveur éclairant tout homme venant en ce monde,5 et les ténèbres qui nous environnent sont l’image des ténèbres du péché dont le monde était enveloppé avant la venue du Rédempteur. Le célébrant dit: «Que la lumière du Christ, qui ressuscite glorieux, dissipe les ténèbres du cœur et de l’esprit.»

La procession de la Lumière rappelle la marche des Hébreux vers la Terre Promise, et surtout la marche du peuple chrétien vers le Ciel, à la suite de Jésus notre Chef.

Les célébrants et les enfants allument leurs cierges à la flamme du Cierge pascal, pour symboliser la lumière du Christ qui se partage, et vient à nous par le moyen de la Hiérarchie de la Sainte Église.

Les cierges allumés des fidèles et la lumière qui ruisselle de partout dans l’église nous rappelle notre propre résurrection spirituelle et nous avertit que nous sommes lumière avec le Christ6.

Enfin, au terme de la procession, le diacre nous invite à louer le Seigneur et à nous réjouir de notre salut, symbolisé par le passage des Hébreux au travers de la mer Rouge et réalisé par le Christ, qui passe du tombeau où Il reposait, à la gloire de la Résurrection.

Les lectures se rapportant au baptême qui nous libère du péché nous rappellent la grandeur de notre dignité d’enfant de Dieu, la confiance que nous devons avoir en Sa Parole, les récompenses des chrétiens fidèles à leurs saintes promesses et les châtiments réservés aux chrétiens infidèles.

L’invocation des Saints nous dispose à renouveler avec ferveur les saints vœux de notre baptême, et l’Église termine en suppliant Dieu de répandre Sa bénédiction universelle sur toute Sa Création, sur le peuple chrétien et l’humanité entière.

Pour nous, la Veillée pascale ou la Résurrection de Jésus-Christ est donc plus qu’un souvenir. Elle est précisément le gage du retour glorieux de Jésus, tel qu’Il l’a Lui-même annoncé solennellement devant Ses ennemis au cours de Sa sainte Passion, disant: Vous verrez un jour le Fils de l’Homme assis à la droite de la Puissance divine et venant sur les nuées du Ciel,7 et tel que l’ont prophétisé les Anges au jour de Son Ascension.8

À l’exemple de notre Sauveur, que notre résurrection morale soit définitive. Que la communion au Corps et au Sang du véritable Agneau pascal qui a été immolé pour notre salut nous soutienne dans notre détermination de vivre pleinement les enseignements de la Sainte Église, de façon à conquérir la récompense éternelle du Ciel, où selon le saint Apôtre, nous serons avec le Seigneur pour toujours.9

1 . «Mémorial de la passion et de la résurrection de Jésus, la messe a été comme le grain de sénevé d’où est sortie toute la liturgie catholique.» Dom Cabrol

2 . Cf. S. Jean 10, 18

3 . S. Paul, I Cor. 15, 14: Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi.

4 . Dom Gaspar Lefebvre

5 . Cf. S. Jean 1, 9

6 . S. Paul, Éph. 5, 8

7 . S. Marc 14, 62

8 . Cf. Actes 1, 11

9 . S. Paul, I Thess. 4, 17

Grâce que nous demandons par la glorieuse Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Sources: Dom Gaspar Lefebvre, Missel quotidien et vespéral, Bruges, Apostolat Liturgique, 1951, p. 788; Manuel de la Semaine Sainte, Éditions Magnificat, Mont-Tremblant QC, 1992, p. 76-77.