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Magnificat!

Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Être Pasteur

par Père Jean-Grégoire de la Trinité, O.D.M.

La brebis perdue

«Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur donne Sa vie pour Ses brebis. Celui qui est mercenaire, et non pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit venir le loup, abandonne les brebis, et s’enfuit; et le loup les ravit et les disperse. C’est Moi qui suis le bon Pasteur: Je connais Mes brebis, et Mes brebis Me connaissent, de même que le Père Me connaît et que Je connais le Père, et Je donne Ma vie pour Mes brebis. J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que Je les amène. Elles écouteront Ma voix; et il n’y aura qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur.»

(Saint Évangile, S. Jean 10, 11-16)

Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur donne Sa vie pour Ses brebis, dit Jésus dans le saint Évangile. (S. Jean 10, 11)

Notre-Seigneur a donné Sa vie pour nous sur la Croix, et Il continue à nous nourrir de Son corps, de Son sang, de Son âme et de Sa divinité par la sainte Eucharistie. Le mercenaire, au contraire, n’est pas un vrai pasteur; c’est un engagé à qui les brebis n’appartiennent pas. Il n’a pas d’intérêt pour le troupeau. Voyant venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit. (S. Jean 10, 12)

Que de leçons dans ces paroles! Jésus est le Pasteur des pasteurs, mais sur la terre Il veut des pasteurs et des bergers comme Lui, et c’est à nous, chrétiens, qu’Il S’adresse. Il nous demande de nous occuper des âmes.

Le bon Dieu a voulu nous réunir ici, Il a suscité cette Oeuvre pour trouver des pasteurs. Il faut nous le rappeler tous les jours. Nous sommes rassemblés ici pour être unis à Jésus notre Sauveur, notre Rédempteur qui est mort pour nous sur la croix pour sauver les âmes. Le bon Pasteur veut nous associer à Son oeuvre de salut continuée à travers les âges.

Je voudrais, mes chers frères et soeurs, que chacun de nous prenne conscience de son rôle, de sa responsabilité. Nous sommes, nous aussi, de petits pasteurs à la suite et sous l’autorité de Jésus, le grand Pasteur des pasteurs.

Trop souvent, nous avons la tentation de déplorer passivement la situation générale du monde, en disant: «Ah! ça va mal! C’est bien épouvantable de voir tout ce qui se passe. Les gens sont de plus en plus “sans-Dieu”, la corruption des moeurs est à son comble.»

C’est un peu comme si nous nous considérions pratiquement comme des innocents dans tout cela; nous sommes les «saints» spectateurs des abominations, les «bonnes âmes» fidèles à Dieu qui considèrent peut-être un peu les autres avec un certain mépris, ou avec stupeur et horreur. Nous nous scandalisons, oubliant que nous avons une grave responsabilité dans tout cet état de choses. En effet, si la situation est devenue si lamentable, c’est parce que beaucoup de pasteurs et de bergers n’ont pas accompli leur tâche; ils n’ont pas voulu payer le prix des âmes. Il manque actuellement à l’Église beaucoup de pasteurs et de bergers prêts à souffrir pour sauver tant d’âmes menacées par les loups. Ces loups sont les démons et les suppôts de Satan; ils dévorent le troupeau de Dieu de toutes manières. Nous avons donc un combat, un vrai combat à livrer, et dès que nous nous arrêtons dans cette lutte spirituelle, la situation se détériore davantage.

Je le répète, la volonté de Dieu en nous rassemblant ici, c’est de susciter des pasteurs et des bergers qui sauveront beaucoup d’âmes. Nous sauvons les âmes par nos prières, nos sacrifices, notre fidélité, notre renoncement, par toutes les oeuvres saintes et les actes de vertu que nous accomplissons pour l’amour de Dieu.

 

Fuir la popularité

Avoir la responsabilité directe des âmes est une charge; ce n’est pas un simple titre et une sinécure. Les pasteurs ne sont pas nommés pour recevoir des honneurs, pour se faire aimer et être populaires, mais uniquement pour travailler au bien des âmes.

Saint Paul disait: Je souhaiterais être anathème pour mes frères. (S. Paul, Rom. 9, 3) Cela veut dire: «Je veux tellement votre bien que je suis prêt à me faire haïr, si nécessaire, pour sauver vos âmes. À la longue, je vais vous tomber sur les nerfs, vous m’entendrez répéter toujours les mêmes exhortations, les mêmes reproches, parce que vous m’êtes chers et que je cherche uniquement le bien de vos âmes.»

Voilà un vrai pasteur. Et si vous lisez les épîtres de saint Paul, vous voyez toute la sollicitude, toute la peine qu’il s’est donnée pour son troupeau, pour l’Église.

Il faut, nous aussi, nous donner de la peine. Si actuellement la situation dans l’Église est si lamentable, c’est parce qu’il y a eu trop d’incurie, trop de faux pasteurs… Ils n’ont rien fait pour le bien des âmes. Trop souvent, ils ont profité de leur position pour s’élever, être grands, pour se créer une popularité au détriment des âmes.

Depuis que Notre-Seigneur a fondé Son Église, l’enfer travaille continuellement pour la démolir en détruisant la Foi, la doctrine évangélique, qui est la base de l’Église. Attaquer la Foi, c’est détruire l’Église, mais Notre-Seigneur l’a promis, malgré tous les assauts, les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. (S. Matth. 16, 18) Il est primordial d’être des âmes vivant de foi, non pas des âmes naturelles, jugeant toutes choses dans une optique humaine, mais des âmes jugeant tout dans une optique surnaturelle. Cela exige beaucoup de gymnastique spirituelle; c’est une tâche de tous les jours, un combat perpétuel. Si vous naviguez sur une rivière impétueuse et que vous voulez ramer à contre-courant, il faudra un grand effort. C’est une image de toute l’activité que nous devons déployer pour devenir des âmes surnaturelles. Quand on rame à contre-courant, on ne peut se permettre d’arrêter un instant; si l’on s’arrête, on perd tout ce que l’on a gagné. Et si par malheur, on se trouve à proximité d’une chute, c’est la catastrophe: on est englouti.

J’aime encore employer l’image du violon qui doit être ajusté souvent pour donner un son mélodieux. Notre âme est comme un violon; si nous voulons qu’elle joue une musique harmonieuse aux oreilles de Dieu le Père, il faut continuellement nous ajuster aux désirs, à la pensée, aux volontés de Dieu. Voulons-nous être ces sauveurs d’âmes dont le bon Pasteur a besoin? Il faut tous les jours, et plusieurs fois par jour, réajuster notre violon. Dans Sa Sagesse éternelle, Dieu a décidé d’associer l’homme à Son oeuvre de Rédemption. Dans l’ordre humain, Il a voulu associer les humains à Son oeuvre de Création; Il veut aussi, dans l’ordre surnaturel, nous associer à Son oeuvre de Rédemption.

Quand Notre-Seigneur est venu sur la terre, Il aurait pu, à Lui seul, évangéliser le monde entier, mais Il a voulu S’associer les Apôtres.

 

Agir par conviction

Celui qui Me confessera devant les hommes, dit Notre-Seigneur, Je le confesserai devant Mon Père qui est dans les cieux. (S. Matth. 10, 32)

Bien des gens ont eu honte de Dieu toute leur vie; ils n’ont jamais défendu Sa cause et ils pensent qu’ils vont rentrer dans le Ciel directement. Ça ne se passe pas comme cela. Quiconque M’aura renié devant les hommes, Je le renierai à Mon tour, devant Mon Père qui est dans les cieux . (S. Matth. 10, 33) Ce sont des paroles très graves.

Nous devons être des âmes convaincues qui approfondissent toutes les vérités de la foi, qui en sont pénétrées, qui les vivent et savent les défendre. Trop souvent, nous sommes superficiels, nous vivons en «têtes légères». Le malheur est répandu sur la terre, dit l’Écriture Sainte, parce que personne ne réfléchit en son coeur. (Jér. 12, 11)

Le désir de Dieu, mes frères et soeurs, est que nous prenions conscience de la grandeur des choses surnaturelles, du respect que nous devons en avoir et de la défense que nous devons en faire d’une manière intrépide, sans crainte des hommes. Dieu est avec nous! J’ai vaincu le monde, disait Notre-Seigneur. (S. Jean 16, 33) C’est Lui qui a remporté la victoire.

De tout temps, il y a eu des «fins fins» qui ont tenté de confondre le bon Dieu. Renan disait: «Je vais détruire moi-même ce que les douze Apôtres ont construit.» Mais Renan est aujourd’hui sous terre et on n’en parle plus guère, sauf pour montrer sa déconfiture. Lisez l’histoire de l’Église et vous verrez que, tôt ou tard, ceux qui se sont élevés contre Dieu ont été terrassés. Ils ont connu sur terre une petite gloire éphémère et ensuite, c’est l’oubli, la défaite. Par contre, après des siècles, on parle des Saints comme s’ils avaient vécu hier. La mémoire d’un saint François d’Assise est présente… On a l’impression qu’il était là hier, tellement on le sent près de nous. La gloire des Saints est immortelle comme leur Maître.

Mes frères, mes soeurs, que cela nous incite à travailler pour ce qui en vaut la peine. Laissons de côté les petites carrières éphémères de la terre, les carrières qui finissent au tombeau. Allez au cimetière, allez voir où sont les grandeurs de ce monde! Elles sont là dans la terre! Tandis que les Saints sont dans le bonheur et la gloire, avec le bon Dieu pour l’éternité. C’est cela la vérité. Dieu ne passe pas.Le ciel et la terre passeront, dit Notre-Seigneur, mais Mes paroles ne passeront pas. (S. Matth. 24, 36) Cela veut dire: «Je ne change pas, Je ne M’adapte pas avec le temps; Je suis immuable. Mes commandements sont toujours les mêmes, Mon Évangile ne change pas. Je ne suis pas opportuniste, Je ne fais pas de politique en optant pour le côté le plus fort.»

Le bon Dieu ne fait pas cela et ceux qui sont avec Lui ne le font pas non plus. Ils sont seuls, s’il le faut. Si, parce que vous marchez sur les pas du Christ, on veut vous abandonner, acceptez d’être abandonnés. Vous resterez seul, mais avec Celui qui est éternel. Tel doit être notre pensée, notre langage.

La manière dont les Saints ont interprété l’Évangile il y a 2,000 ans, 1,000 ans ou 600 ans, est toujours la même. Beaucoup d’esprits sataniques voudraient altérer le sens de l’Évangile. Ils ne réussiront pas, car Dieu est tout-puissant et depuis 2,000 ans, à travers les bourrasques de toute espèce, Il a toujours eu le dernier mot.

 

S’y mettre résolument

Chacun dans notre petite sphère, nous devons tous être de bons pasteurs, de bons bergers, puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ nous a confié Son troupeau. Nous devons enfanter spirituellement d’autres âmes à la grâce.

Dans l’Évangile, Notre-Seigneur dit que le bon Pasteur donne Sa vie pour Ses brebis. Avez-vous remarqué qu’Il ne parle pas de «moutons», mais de «brebis». Ce n’est pas sans raison que Jésus emploie ce terme: c’est parce que la brebis est une mère; c’est elle qui met au monde les agneaux. Les brebis sont l’objet de la sollicitude du bon Pasteur.

Dans les familles, par exemple, les parents sont les pasteurs de leurs enfants. Ils ont la responsabilité de la vie humaine de leurs enfants, mais encore plus de la vie de leur âme. Malheureusement, que de parents passent à côté de leurs responsabilités. Ils s’absentent, par exemple, sans nécessité, sans raisons graves et confient leurs enfants à des gardiens quelconques, plus ou moins fiables. Que de détriment en découle pour l’âme de leurs enfants! Les bons parents, conscients de leurs grandes obligations de pasteurs, sont remplis de sollicitude et souvent même d’inquiétude pour le soin moral de leurs enfants.

Parce que tu as été fidèle en peu de choses, dit Notre-Seigneur, Je t’établirai sur de plus grandes. (S. Matth. 26, 23) Ce serait une grave illusion de rêver faire de grandes choses pour le bon Dieu, si nous n’accomplissons pas d’abord les petites choses du moment présent.

Si nous rêvons d’accomplir de grandes choses pour Dieu, tandis que nous négligeons les petites choses qu’Il nous demande présentement, nous nous leurrons, nous nous trompons nous-mêmes, nous nous faisons illusion… Nous voudrions des promotions pour exercer notre zèle, pendant que nous accomplissons à peine les petites fonctions qui nous sont confiées.

Par exemple, le bon Dieu nous confie présentement cette communauté. Si nous négligeons le soin des âmes et que nous manquons de zèle, comment pourrons-nous nous occuper du monde entier? Il faut commencer par l’immédiat. Vous, mes frères et soeurs, si vous avez charge d’un emploi, vous n’avez pas seulement la charge matérielle, mais vous avez le soin des personnes qui sont avec vous. Ces âmes doivent progresser spirituellement. Vous devez les favoriser… C’est alors que vous devenez pasteurs.

On peut parfois se borner à être des brasseurs d’affaires, des administrateurs humains, matériels, mais le spirituel, qu’en faisons-nous? Il ne faut pas l’oublier. Une charge n’est pas seulement matérielle; elle implique aussi la responsabilité des âmes. Nous devons honorer nos obligations, chacun dans notre sphère, et être ces pasteurs que le bon Dieu attend.

Je voudrais rappeler à chacun son devoir de zèle, de sollicitude, d’attention. Que nous accomplissions la tâche qui nous est confiée avec ardeur, application et même si cette tâche est petite, elle nous méritera la grâce d’obtenir des responsabilités plus grandes qui seront accompagnées de mérites plus grands. Pensons bien que c’est pour la plus grande gloire de Dieu… Si vous avez la charge de trois âmes et que grâce à votre sollicitude ces âmes progressent spirituellement, vous en avez le mérite. Le bon Dieu dira: «Eh bien! Mon enfant, Je t’avais confié trois âmes, tu en as pris bien soin. Ces âmes ont progressé spirituellement grâce à ton zèle, grâce à ta charité, à ta sollicitude, grâce à ton initiative, à ta prière, à tes bonnes paroles, grâce aussi à ton bon exemple, à ta patience et à ton enseignement, Je vais donc t’en confier d’autres.»

Saint Paul disait à son disciple Timothée qui avait charge d’âmes: Proclame l’Évangile, insiste à temps et à contretemps; reprends, réprimande, exhorte avec une entière patience et toujours en vue d’instruire, (S. Paul, II Tim. 4, 2) c’est-à-dire, fais-le sans te lasser, remets-toi continuellement à la tâche… Nous avons besoin de tels pasteurs, de pasteurs remplis de beaucoup d’amour et de dévouement. Des gens pour crier, pour déplorer la situation, on peut en trouver assez aisément. C’est facile de critiquer les autres, mais qui veut faire mieux, qui veut se dévouer, se sacrifier, s’immoler à chaque instant de sa vie pour le bien des âmes? Qui veut toujours recommencer à instruire avec patience, à exhorter jour et nuit? Qui veut faire cela pour le bon Dieu?

Des critiqueurs qui trouvent à redire sur tout, il n’en manque pas. Je dis à ces gens: «Êtes-vous prêts à faire quelque chose pour Dieu? Si oui, commencez tout de suite. Cessez de déplorer la situation, relevez vos manches et mettez-vous à l’oeuvre chacun dans votre sphère. Vous qui êtes père de famille, ayez soin de votre famille. Commencez par donner le bon exemple, par vous sacrifier pour vos enfants. Commencez dans votre petit domaine, dans votre petit diocèse…» On rêve de grandes choses, ou autre chose, et souvent on n’est même pas capable de bien remplir son devoir. C’est une pure illusion!

Un curé se plaignait un jour au saint Curé d’Ars de ne pouvoir convertir ses paroissiens: «Vous avez prié, lui dit notre Saint, vous avez pleuré, vous avez gémi, vous avez soupiré. Mais, avez-vous jeûné, avez-vous veillé, avez-vous couché sur la dure, vous êtes-vous donné la discipline? Tant que vous n’en serez pas venu là, ne croyez pas d’avoir tout fait.»

«On peut s’offrir en victime, disait le saint curé d’Ars, pendant huit ou quinze jours, pour la conversion des pécheurs. On souffre le froid, la chaleur; on se prive de regarder quelque chose, d’aller voir une personne qui ferait plaisir; on fait une neuvaine; on entend la messe tous les jours de la semaine à cette intention, surtout dans les villes où l’on en a la facilité. Mais il y en a qui ne feraient pas cent pas pour aller à la messe. Ceux qui ont le bonheur de communier souvent peuvent faire une neuvaine de communions…»

Encore un dernier récit sur l’amour du curé d’Ars pour les pauvres pécheurs; cela fait, nous n’en parlerons plus, car, après ce que vous allez entendre, on n’a plus rien à dire.

«Monsieur le curé, lui disait un jour un prêtre, si le bon Dieu vous proposait, ou de monter au ciel à l’instant même, ou de rester sur la terre pour travailler à la conversion des pécheurs, que feriez-vous?

— Je crois que je resterais.

— Oh! monsieur le curé, est-ce possible? Les Saints sont si heureux dans le ciel! plus de tentations! plus de misères!

— C’est vrai, mon ami, répondit M. Vianney, mais les Saints sont des rentiers! Ils ont bien travaillé, puisque Dieu punit la paresse et ne récompense que le travail; mais ils ne peuvent plus, comme nous, glorifier Dieu par des sacrifices pour le salut des âmes.» (Bulletin Eucharistique, Montréal, novembre 1903.)

Tant qu’on ne s’est pas sacrifié complètement, comme le bon Pasteur qui donne Sa vie pour Ses brebis, on ne peut pas dire qu’on a tout fait.

Le feu de l’amour

Et pour faire tout cela, il nous faut, mes frères et soeurs, le feu de l’amour du bon Dieu dans le coeur. C’est ce feu qui donne le zèle des âmes. Nous lisons dans les Actes des Apôtres qu’au jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit est venu transformer les Apôtres et allumer le feu de l’amour divin en eux. De peureux qu’ils étaient, ils sont devenus ardents, courageux, intrépides. Plus rien ne pouvait les arrêter. Ils sont partis convertir le monde, prêts à tout souffrir, jusqu’au martyre.

Seulement par la prière et le sacrifice, que de choses nous pouvons accomplir dans le domaine surnaturel pour le salut des âmes. C’est l’apostolat de l’élite cachée d’une sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, d’un saint Charbel Makhlouf, d’un Bx Père de Foucauld et de tant d’autres Saints qui ont vécu dans la prière et la pénitence et qui ont été ainsi les apôtres les plus formidables de l’Église.

Il faut des cérémonies, il faut la prédication, la diffusion de livres chrétiens, il faut organiser toutes sortes d’oeuvres chrétiennes, mais par-dessus tout, il faut le surnaturel, c’est-à-dire l’union de l’âme avec Dieu, qui donne une valeur à toutes les entreprises humaines. Si nos oeuvres d’apostolat ne sont pas, pour ainsi dire, arrosées par la grâce de Dieu, elles sont vouées à l’échec. Et cette grâce, nous l’obtenons par la prière, par le sacrifice et l’union à Dieu.

Invoquons donc souvent le Saint-Esprit, demandons-Lui de nous transformer, de nous donner en abondance le feu de l’amour divin qui fera de nous de vrais pasteurs avec Jésus bon Pasteur.

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Louis Veuillot (écrit en 1862)

Tiré de la revue Magnificat, Mai-Juin 1999, p. 79-85