Prières enseignées par l’Ange de Fatima en 1916

“Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime!  Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne Vous aiment pas.”

“Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont Il est Lui-même offensé.  Et, par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.”

Une préparation peu ordinaire…

L’an prochain, nous célébrerons le Centenaire des Apparitions de la très Sainte Vierge Marie à Fatima en 1917, à trois petits enfants du Portugal: Lucie, François et Jacinthe. Ce fait est certainement l’un des événements religieux les plus extraordinaires du dernier millénaire, si extraordinaire que le Ciel jugea nécessaire d’y préparer les enfants plus d’une année à l’avance, en leur envoyant Son céleste Messager. Nous pensons que nos lecteurs aimeront profiter eux aussi de cette préparation angélique. Voici donc, raconté par Lucie elle-même, sur ordre de son évêque, le récit des

Apparitions de l’Ange en 1916 aux trois voyants de Fatima

À quatre différentes reprises, l’évêque de Fatima, Mgr José da Silva, donna ordre à Lucie, alors religieuse, de lui écrire ses souvenirs, c’est-à-dire tout ce qui concernait sa vie au temps des Apparitions, et celle de ses deux cousins, Jacinthe et François Marto. Ces quatre Mémoires datent respectivement de 1935, 1937 et les deux derniers sont de 1941. Ils ont été publiés en 1973 sous le titre Memórias e Cartas da Irmã Lúcia. En 1976 ils furent publiés sous le titre Lucie raconte Fatima, et finalement sous celui de Mémoires de Sœur Lucie. Par la suite, les éditions se multiplièrent. Ci-après nous rapporterons le récit des Apparitions de l’Ange, survenues trois fois au cours de l’année 1916, préparant les trois jeunes voyants aux grandioses Apparitions de la Vierge Marie, de mai à octobre 1917.

Voici ce récit de la plume même de Lucie, l’aînée des trois voyants, qui avaient au moment des Apparitions de l’Ange respectivement 9 ans, François 8 ans et Jacinthe 6 ans.

1re Apparition – L’Ange de la Paix

«Un beau jour, écrit Lucie, nous nous rendîmes avec nos brebis à un terrain, appartenant à mes parents. Je ne peux préciser les dates avec exactitude, parce que, à cette époque, je ne savais compter ni les années, ni les mois, ni même les jours de la semaine. Il me semble, cependant, que ce devait être au printemps de 1916 que l’Ange nous apparut la première fois, à notre “Loca do Cabeço”.

«Vers le milieu de la matinée, il se mit à tomber une petite pluie fine, un peu plus que de la rosée. Nous sommes montés alors sur le versant de la colline, suivis de nos brebis, à la recherche d’un rocher pour nous abriter. C’est alors que nous sommes entrés pour la première fois dans ce creux béni. Il se trouve au milieu d’une oliveraie qui appartient à mon parrain Anastase. De là, on voit le petit village où je suis née, la maison de mes parents, les hameaux de Casa Velha et de Eira da Pedra. Plusieurs propriétaires se partagent le reste de l’oliveraie qui s’étend jusqu’à ces petits hameaux.

«Nous avons passé la journée à cet endroit, bien que la pluie eût cessé et que le soleil se fût montré de nouveau clair et beau. Nous avons pris notre repas, nous avons dit notre chapelet et, je ne sais s’il n’a pas été l’un de ces chapelets que, dans notre empressement à jouer, nous récitions souvent en faisant passer les grains et en disant seulement à chaque grain Ave Maria et Padre nosso.

«Le chapelet terminé, nous nous étions mis à jouer aux cailloux. Il y avait déjà quelque temps que nous étions en train de jouer, quand un fort vent secoua les arbres et nous fit lever les yeux pour voir ce qui se passait, car le temps était calme. Nous vîmes alors, au-dessus des oliviers qui s’étendaient du côté du Levant, s’avancer vers nous la même figure dont j’ai déjà parlé. Jacinthe et François ne l’avaient encore jamais vue et je ne leur en avais pas parlé. À mesure que l’Apparition s’approchait, nous distinguions mieux ses traits. C’était un jeune homme de 14 ou 15 ans, plus blanc que la neige, que le soleil rendait transparent comme du cristal, et d’une grande beauté. Nous étions surpris, à moitié absents, et nous ne disions mot.

«En arrivant près de nous, il nous dit:

“Ne craignez pas! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi!”

«Et s’agenouillant à terre, il courba le front jusqu’au sol. Poussés par un mouvement surnaturel, nous l’avons imité et nous avons répété les paroles que nous lui entendions prononcer. Il nous fit répéter trois fois ces paroles:

 “Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime! Je Vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne Vous aiment pas.”

«Ensuite, se relevant, il nous dit:

“Priez ainsi! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications!”

«Puis il disparut.

«Ses paroles se gravèrent de telle manière dans notre esprit que jamais nous ne les avons oubliées. L’atmosphère surnaturelle qui nous enveloppait était si intense que, pendant un grand espace de temps, nous perdîmes presque conscience de notre propre existence. Nous restions dans la position où l’Ange nous avait laissés, répétant sans cesse la même prière. La présence de Dieu se faisait sentir d’une manière si intense et si intime que nous n’osions même plus parler entre nous. Le jour suivant, nous sentions encore notre esprit enveloppé dans cette atmosphère qui ne disparut que très lentement.

«Aucun de nous n’eut l’idée de parler de cette Apparition. Il ne fut même pas nécessaire de recommander le secret. L’Apparition nous l’imposait par elle-même. C’était quelque chose de si intime, qu’il n’était pas facile de prononcer sur elle la moindre parole. Elle nous fit peut-être aussi plus d’impression, parce que c’était la première Apparition aussi manifeste.

«Et depuis lors, nous passions beaucoup de temps, ainsi prosternés, à répéter les paroles de l’Ange, quelquefois jusqu’à tomber de fatigue.»

2e Apparition – L’Ange du Portugal

«Un temps assez long s’écoula. Un jour d’été, alors que nous passions les heures chaudes de la journée à la maison, nous étions en train de jouer sur les dalles d’un puits que mes parents avaient, dans un terrain attenant à la maison, et que nous appelions l’Arneiro. Soudain nous vîmes près de nous la même figure, le même Ange. Il nous dit:

“Que faites-vous? Priez, priez beaucoup. Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices.”

«Comment devons-nous nous sacrifier? demandai-je.

“De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre Patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.”

«Ces paroles de l’Ange se gravèrent dans notre esprit, comme une lumière qui nous faisait comprendre qui est Dieu, combien Il nous aime et veut être aimé de nous, la valeur du sacrifice et combien celui-ci Lui est agréable; comment, par égard pour lui, Dieu convertit les pécheurs. Aussi, dès ce moment, nous avons commencé à offrir au Seigneur tout ce qui nous mortifiait, mais sans chercher à nous imposer des pénitences particulières, sauf celle de passer des heures entières, prosternés sur le sol, à répéter la prière que l’Ange nous avait enseignée.»

3e Apparition – L’Ange de l’Eucharistie

«La troisième Apparition de l’Ange a dû avoir lieu, il me semble, en octobre, ou à la fin de septembre 1916, parce que nous n’allions déjà plus passer à la maison les heures du milieu du jour.

«Nous allâmes faire paître nos troupeaux dans un terrain appartenant à mes parents, qui se trouve sur le versant de la colline dont j’ai parlé, un peu plus haut que les “Valinhos”. C’est une oliveraie que nous appelions “Preguieira”. Après avoir pris notre repas, nous décidâmes d’aller prier dans la grotte qui se trouve de l’autre côté de la colline. Nous fîmes pour cela un détour, sur la pente de cette colline et il nous fallut escalader des rochers qui se trouvent en haut de la “Preguieira”. Les brebis eurent quelque difficulté à les franchir. Dès que nous fûmes arrivés, nous nous sommes mis à répéter la prière de l’Ange: “Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime, etc…”

«Je ne sais combien de fois nous avions répété cette prière, lorsque nous vîmes qu’au-dessus de nous brillait une lumière inconnue. Nous nous sommes relevés, pour voir ce qui se passait, et nous avons vu l’Ange, tenant dans la main gauche un calice sur lequel était suspendu une Hostie, d’où tombaient quelques gouttes de sang dans le calice. L’Ange laissa le calice suspendu en l’air, s’agenouilla près de nous et nous fit répéter trois fois:

“Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences dont Il est Lui-même offensé. Et, par les mérites infinis de Son Très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.”

«Puis, se relevant, il prit dans ses mains le calice et l’Hostie. Il me donna à moi la Sainte Hostie et, le Sang du calice, il le partagea entre Jacinthe et François en disant:

“Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats! Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu!”

«Et, se prosternant de nouveau à terre, il répéta avec nous, encore trois fois, la même prière: Très Sainte Trinité, etc…, puis il disparut.

«Nous sommes demeurés dans la même position, répétant toujours les mêmes paroles. Poussés par la force surnaturelle qui nous enveloppait, nous avons imité l’Ange en tout, c’est-à-dire que nous nous étions prosternés comme lui et avions répété les prières qu’il disait. La force de la présence de Dieu était si intense qu’elle nous absorbait et nous anéantissait presque complètement. Elle paraissait nous priver de l’usage des sens corporels et cela pendant un long espace de temps.

«Quand nous nous sommes relevés, nous avons vu qu’il faisait déjà nuit et que c’était l’heure de rentrer à la maison.

«Ces jours-là nous avons accompli les actes matériels comme poussés par la même force surnaturelle qui nous y portait. La paix et le bonheur que nous éprouvions étaient grands, mais seulement intérieurs, et notre âme était complètement concentrée en Dieu. L’abattement physique qui nous laissait prostrés était aussi très grand.»

François et les Apparitions de l’Ange

«Lors de l’Apparition de l’Ange (la première), François se prosterna, comme sa sœur et moi-même, mû par la force surnaturelle qui nous y poussait. Mais la prière, il l’apprit en nous entendant la répéter, car il disait n’avoir rien entendu des paroles de l’Ange.

«Lorsque, dans la suite, nous nous prosternions pour réciter cette prière, c’était lui, le premier, qui se fatiguait de cette position. Mais il demeurait agenouillé ou assis, priant avec nous jusqu’à ce que nous terminions. Il disait alors: “Je ne suis pas capable de rester si longtemps prosterné comme vous. J’ai si mal au dos que je n’en peux plus.”

«À la seconde Apparition de l’Ange, qui eut lieu près du puits, après quelques instants il me demanda:

— Tu as parlé avec l’Ange, qu’est-ce qu’il t’a dit?

— Tu ne l’as pas entendu?

— Non. J’ai vu qu’il te parlait; j’ai entendu ce que tu lui disais, mais je ne sais pas ce qu’il t’a dit.

«Comme l’atmosphère surnaturelle dans laquelle l’Ange nous avait laissés n’était pas tout à fait dissipée, je lui répondis qu’il valait mieux me le demander le lendemain, ou le demander à Jacinthe.

— Jacinthe, demanda-t-il alors, raconte-moi ce que l’Ange a dit.

— Je te le dirai demain. Aujourd’hui, je ne peux pas parler, répondit-elle.

«Le lendemain, dès qu’il arriva près de moi, il me demanda:

— As-tu dormi cette nuit? Moi, j’ai pensé tout le temps à l’Ange et à ce qu’il a pu dire.

«Je lui racontai alors tout ce que l’Ange avait dit à la première et à la deuxième Apparition. Mais il paraissait ne pas comprendre la signification des paroles, et il me demanda:

— Qui est le Très-Haut (Altissimo)? Que veut dire: Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications? etc…

«Après avoir obtenu une réponse, il restait à réfléchir, et aussitôt posait une autre question. Mais mon esprit n’était pas encore complètement libre, et je lui dis d’attendre le jour suivant, parce que ce jour-là, je ne pouvais pas encore parler. Il attendit, satisfait, mais il ne perdait pas une occasion pour poser bientôt de nouvelles questions, ce qui fit dire à Jacinthe: “Écoute! Ne parle pas trop de ces choses!”

«Quand nous parlions de l’Ange, je ne sais ce que nous éprouvions. Jacinthe disait:

— Je ne sais ce que j’éprouve! Je ne peux pas parler, ni chanter, ni jouer et je n’ai plus de force pour rien!

— Moi non plus, dit François, mais qu’importe! L’Ange est plus beau que tout cela. Pensons à lui!

«À la troisième Apparition de l’Ange, la présence du surnaturel fut beaucoup plus intense encore. Pendant plusieurs jours, même François n’osait pas parler. Il disait dans la suite:

“J’aime beaucoup voir l’Ange. Mais le pire est qu’ensuite, nous ne sommes plus capables de rien. Je ne pouvais même plus marcher. Je ne sais pas ce que j’avais!”

«Malgré tout, ce fut lui qui, après la troisième Apparition de l’Ange, se rendit compte que la nuit approchait. Il nous en avertit et pensa qu’il était temps de reconduire le troupeau à la maison. Après quelques jours, lorsque nous eûmes retrouvé notre état normal, François me demanda:

— L’Ange t’a donné, à toi, la sainte Communion. Mais à moi et à Jacinthe, qu’est-ce qu’il a donné?

— Il a donné aussi la sainte Communion! répondit Jacinthe, avec un bonheur indescriptible. N’as-tu pas vu que c’était le sang qui tombait de l’Hostie?

— Je sentais que Dieu était en moi, ajouta-t-il, mais je ne savais pas comment!

«Et, se prosternant à terre, il demeura ainsi longtemps avec sa sœur, répétant la prière de l’Ange: Très Sainte Trinité… etc.

«Peu à peu, cette atmosphère surnaturelle se dissipa et, le 13 mai (1917), nous jouions avec presque le même entrain et la même liberté d’esprit qu’auparavant.

«L’Apparition de Notre-Dame vint de nouveau nous plonger dans le surnaturel, mais avec plus de douceur. Au lieu de cet anéantissement dans la présence divine, qui nous laissait prostrés même physiquement, l’Apparition de Notre-Dame nous laissait dans une paix et dans une allégresse expansive, qui ne nous empêchait pas de parler ensuite de tout ce qui s’était passé.

«Un jour François me dit:

“J’ai beaucoup aimé voir l’Ange, mais j’aime encore plus Notre-Dame. Ce que j’ai aimé le plus a été de voir Notre-Seigneur dans cette lumière que Notre-Dame nous a mise dans la poitrine. J’ai tant d’amour pour Dieu! Mais Lui, Il est si triste à cause de tant de péchés! Nous ne devons en faire aucun!”»

Jacinthe, François et le souvenir de l’Ange

Au temps des Apparitions de la Sainte Vierge, Lucie eut particulièrement beaucoup à souffrir de sa famille, surtout de sa chère mère qui ne croyait pas que sa fille puisse voir la Vierge; elle était plutôt convaincue qu’elle mentait. Lucie écrit:

«Quand Jacinthe me voyait pleurer elle me consolait en disant: “Ne pleure pas! Certainement ce sont là les sacrifices que l’Ange a dit que Dieu nous enverrait. Aussi, c’est pour Lui faire réparation et pour convertir les pécheurs que tu souffres.”»

À la fin de 1918, François et Jacinthe furent frappés de la grippe espagnole. François mourra le 4 avril 1919 et Jacinthe le 20 février 1920. Lucie rapporte plusieurs pensées des enfants au sujet de ce qu’ils avaient appris de l’Ange et leur brûlante générosité. Il nous faut ici nécessairement nous limiter.

«Jacinthe et François commencèrent à aller plus mal, raconte Lucie. Jacinthe me disait quelquefois: “Je sens une si grande douleur dans la poitrine! Mais je ne dis rien à ma mère. Je veux souffrir pour Notre-Seigneur, en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie, pour le Saint-Père et pour la conversion des pécheurs.”

«Dans une autre occasion, dit Lucie, je lui apportai une image qui représentait un calice avec une Hostie. Elle la prit, la baisa et elle dit, rayonnante de joie: “C’est Jésus caché! Je L’aime tant! Qui me donnera de Le recevoir à l’église? Est-ce qu’on communie au Ciel? Si on communie là-Haut, je communierai tous les jours. Si l’Ange allait à l’hôpital pour m’apporter encore une fois la sainte Communion, comme je serais contente!”

«Quand quelquefois je revenais de l’église et que j’entrais chez elle, elle me demandait: “Tu as communié?” Si je lui disais que oui: “Approche-toi tout près de moi, me disait-elle alors, car tu as dans ton cœur Jésus caché.”»

François était aussi ardent au sacrifice, mais quelque peu différemment. Il était ravi par la présence de Dieu en lui. «J’ai tant d’amour pour Dieu, disait-il à Lucie. Mais Lui, Il est si triste à cause de tant de péchés! Nous ne devons en faire aucun.»

«Un jour, raconte Lucie, en arrivant près de la maison de François, je dis adieu à un groupe d’enfants de l’école qui étaient venus avec moi. J’entrai pour lui rendre visite, à lui et à Jacinthe. Comme il avait entendu le bruit que faisaient les enfants, il me demanda:

— Tu venais avec tous ceux-là?

— Oui.

— Ne va pas avec eux. Tu pourrais apprendre à faire des péchés. Quand tu sors de l’école, va un moment auprès de Jésus caché et ensuite reviens toute seule.»

Lucie raconte foule d’autres paroles et sacrifices volontaires et héroïques des enfants, tous plus édifiants les uns que les autres. Nos lecteurs auront l’occasion de lire plus longuement le témoignage de Lucie, dans une autre édition. Bien évidemment, l’humilité de Lucie fait que nous en savons davantage sur les actes de vertu de ses deux petits saints cousins, Jacinthe et François, que sur les siens. En décembre 1935, elle écrivait à Mgr da Silva qui lui avait demandé de relater ses souvenirs: «Que Votre Excellence me permette — malgré ma bonne volonté à lui obéir — de réserver certaines choses qui me concernent; pour cette raison même, en effet, je voudrais qu’elles ne fussent lues qu’au seuil de l’éternité.»

Chers frères et sœurs, à l’exemple de ces trois humbles voyants de Fatima, ne pourrions-nous pas, nous aussi, nous préparer au Centenaire des grandes Apparitions de Marie, en récitant le plus souvent possible les prières enseignées par l’Ange de Fatima?

Sources: Mémoires de Sœur Lucie, Gráfica de Coimbra, Lda, Seconde Édition, Mai 1991: 1er Mémoire, p. 70; 2e Mémoire, p. 62-66 et 96; 3e Mémoire, p. 118; 4e Mémoire, p. 127-129, 157-162.

Article paru dans la revue Magnificat, Juin 2016, Éditions Magnificat, Mont-Tremblant QC Canada.

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