Quand le Saint-Esprit, Son Époux, a trouvé Marie dans une âme, Il y vole, Il y entre pleinement, Il Se communique à cette âme abondamment et autant qu’elle donne place à Son Épouse; et une des grandes raisons pourquoi le Saint-Esprit ne fait pas maintenant des merveilles éclatantes dans les âmes, c’est qu’Il n’y trouve pas une assez grande union avec Sa fidèle et indissoluble Épouse Marie.

Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la Vraie Dévotion

Avec Marie au Cénacle

Voici la grande fête de la Pentecôte qui va revenir. Disons avec le Psalmiste: Envoyez Votre Esprit, et tout sera créé et Vous renouvellerez la face de la terre. Il nous semble que sur ce chaos qu’est devenu l’univers, ce divin Esprit plane en étendant les ailes. Comme au commencement du monde Il vole au-dessus des eaux. Il ne demande qu’à réchauffer et féconder la terre, qu’à rétablir partout l’ordre et la paix. Appelons-Le de tous nos vœux. Multiplions les prières et les sacrifices. Veni Sancte Spiritus. Venez, Esprit-Saint, et envoyez d’en haut un rayon de Votre lumière.

Mais, pour attirer l’Esprit-Saint, imitons les Apôtres et les disciples de Jésus: retirons-nous au Cénacle avec Marie. Le Cénacle signifie une vie de recueillement, de prières, de saints désirs. Il nous dit que nous devons vivre unis à la Mère du Sauveur, dans un cœur à cœur constant, pour penser, aimer, agir comme Elle, pour mêler nos supplications aux Siennes et toucher le Cœur de Dieu. L’Esprit-Saint ne veut aller que là où Il trouve une Épouse. Voilà pourquoi Il L’avait appelée au Cénacle dans l’Église primitive. Il Se donne dans la mesure où les âmes appartiennent à Marie. Au jour de la Pentecôte Ses largesses furent sans bornes, parce que Marie était là. Elle dominait, inspirait, remplissait de Son influence et de Ses vertus l’auguste assemblée. Jamais union ne fut plus parfaite entre la Vierge et les fidèles, jamais aussi ne fut plus abondante la diffusion des dons du Saint-Esprit. Et cette présence de Marie et l’union des disciples avec Elle, ne valurent pas seulement aux pieux habitants du Cénacle la rosée des bénédictions divines; elles attirèrent le salut sur le monde entier. Après la Pentecôte, l’empire romain se convertit. Dès les premiers jours, des multitudes de Juifs demandèrent le baptême.

Grande leçon pour nous. La Pentecôte n’est pas un pur souvenir. En cet anniversaire l’Esprit-Saint descend de nouveau sur l’Église et sanctifie les âmes bien disposées. Puis, la Pentecôte ne se borne pas à une journée dans l’année; elle est continuelle et s’étend à toutes les époques et à tous les espaces. Constamment le Saint-Esprit vient du Ciel sur les fidèles bien disposés, leur apportant Ses grâces, les stimulant, les inspirant, leur prodiguant Ses lumières et Ses consolations.

Appelons-Le donc, mais par Marie. Montrons-Lui le Cœur de Son Épouse, Ses vertus, Ses dispositions, Sa charité si pure et si ardente. Il accourra vers nous et nous comblera de Ses dons. Mais ne nous contentons pas de penser à nous. Élargissons notre horizon; dilatons notre charité. Songeons à cette multitude d’âmes qui ne croient pas, et qui n’aiment pas; voyons le monde livré à Satan et perverti par les maximes de l’enfer; ­regardons ces peuples assis à l’ombre de la mort et plongés dans le mal. Invitons l’Esprit-Saint à descendre, à luire au milieu des ténèbres, à éclairer les esprits et à mouvoir les volontés. Ne prétextons pas que nous sommes peu de chose, et que nos vertus et nos mérites sont trop petits pour pouvoir charmer et décider notre Dieu. Nous ne sommes pas seuls: la Mère de Jésus est avec nous. C’est Elle que nous présentons, c’est Sa sainteté parfaite que nous montrons au Seigneur, c’est Sa pureté, Son humilité, Sa charité, que nous offrons au regard divin. S’Il peut nous dédaigner, et faire peu de cas de nos prières si imparfaites, Il ne peut mépriser les oraisons de Sa Mère. Songeons-y bien. C’est la prière si sainte de Marie que nous nous approprions, prière toujours aimée et toujours écoutée. Cette prière n’est pas morte. Tout ce qui est de Marie vit aux yeux de la Sainte Trinité; Sa prière est vivante, agissante; Sa prière, même présentée par nous, est toujours bien­venue, et obtient Ses effets. Faisons-la monter vers le trône de Dieu; apitoyons en faveur du monde le Cœur de Jésus. Supplions-Le d’envoyer sur la terre l’Esprit Consolateur, pour détruire l’empire de la haine et le remplacer par l’empire de l’amour. Rien de plus apostolique que ces saintes oraisons, surtout quand on y joint les bonnes œuvres et la pratique du renoncement.

R.P. Jean-Marie Texier, S.M.M.

Source: Revue Le Règne de Jésus par Marie, Mai 1919, Luçon, Impr. S. Pacteau, p. 65.

Cet article a été publié dans la Revue Magnificat, Mai 2018, Éditions Magnificat, Mont-Tremblant QC, Canada

Neuvaine au Saint-Esprit

L’âme d’un saint est une âme où le Saint-Esprit fait ce qu’Il veut, une âme obéissante aux inspirations de la grâce. Nous allons demander, pour chacun de nous, la force d’être de ces âmes dans lesquelles le Saint-Esprit pourra travailler à Son aise, des âmes qui ne s’arrêtent pas à leur petit avantage personnel, à leur petit contentement. Dieu parle aux âmes, Il les inspire; mais lorsque l’on est tout affairé, tout préoccupé de soi-même et de ses satisfactions, on ne L’entend pas. C’est pourquoi Dieu ne peut faire Son œuvre dans les âmes qui ne luttent pas énergiquement et avec persévérance contre leurs passions.

Père Jean-Grégoire de la Trinité, Venez, Esprit-Saint