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Le premier commandement:

UN SEUL DIEU TU ADORERAS ET AIMERAS PARFAITEMENT

 

Je suis le Seigneur votre Dieu, qui vous ai tirés de l’Égypte, de la maison de servitude.  Vous n’aurez point d’autres dieux devant Moi.  Vous ne vous ferez point d’image taillée, ni aucune figure de tout ce qui est en haut dans le ciel, et en bas sur la terre, ni de tout ce qui est dans les eaux sous la terre.  Vous ne les adorerez point et vous ne leur rendrez point le souverain culte…[1]

Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.[2]  C’est le premier commandement de Dieu.  Dieu seul a droit au culte suprême d’adoration.  Jésus, au désert, répliqua au diable qui osait Lui demander de l’adorer:  Il est écrit: «Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne rendras de culte qu’à Lui seul.»[3]

 

Comment rendons-nous à Dieu le culte qui Lui est dû?

Nous adorons Dieu par la foi, l’espérance, la charité, et par le culte que nous Lui rendons comme au Créateur et Maître souverain de toutes choses.  La vertu qui nous porte à rendre à Dieu le culte qui Lui est dû, s’appelle la vertu de religion.

Parce que l’homme est composé d’une âme et d’un corps, il doit à son Créateur un double culte, intérieur et extérieur.  On rend à Dieu le culte intérieur en faisant des prières mentales, tels des actes d’adoration et d’amour, de foi et d’espérance, de demande et de remerciement, de pardon et d’offrande, des actes de soumission et d’acceptation face aux épreuves et contrariétés de la vie.

On rend à Dieu le culte extérieur par les prières vocales, les pratiques de piété recommandées par l’Église, et surtout le saint sacrifice de la Messe.  Parmi les pratiques de dévotion usuelles, mentionnons: faire le signe de la Croix, prier à genoux, les bras en croix; réciter les prières du matin et du soir, le chapelet; le chant des hymnes et des cantiques; assister aux offices de l’Église, aux prédications, aux processions; porter une bannière religieuse, une statue, un flambeau; réciter le bénédicité et les grâces; recevoir les Sacrements.

Ce n’est pas seulement chaque personne qui doit rendre à Dieu un culte privé, mais encore la famille et la société, parce que Dieu est l’auteur, le conservateur et le bienfaiteur de la famille et de la société aussi bien que des individus.  La famille s’acquittera de ce devoir surtout par la prière en commun, matin et soir:  source certaine de bénédictions pour la maison, puisque Jésus-Christ a promis d’être là où deux ou trois se réuniront pour prier en Son nom.[4]  Une autre pratique trop souvent abandonnée de nos jours est la récitation du bénédicité avant le repas, suivi des grâces après.

La société s’acquitte de son devoir de religion envers Dieu en élevant des églises, chapelles et lieux de prière; en protégeant et favorisant ouvertement le culte catholique; en assistant aux prières publiques et aux cérémonies de l’Église, pour l’édification commune; et particulièrement en tenant compte de la Loi souveraine de Dieu dans la promulgation de ses lois civiques.

La religion est absolument nécessaire, parce que notre nature nous en fait un impérieux besoin:  dépendants, nous sentons que nous avons un Maître, et de nos cœurs et de nos lèvres jaillissent la louange et l’adoration; comblés de biens, il y a quelque chose en nous qui nous pousse irrésistiblement à Le remercier de Ses largesses; impuissants, le sentiment de notre faiblesse nous prosterne devant Lui pour implorer Son secours; coupables, nous avons conscience de notre indignité; notre cœur est dans l’angoisse, et d’instinct nous tombons à Ses pieds pour Lui demander miséricorde et pardon.

C’est une absurdité de dire que toutes les religions, bien que se contredisant entre elles, sont également bonnes.  Dieu nous a révélé Lui-même, par Jésus-Christ et par Son Église, la manière dont Il entend que nous Lui rendions nos devoirs et nos hommages.

 

Ce que défend le premier commandement

Le premier commandement nous défend l’idolâtrie, la superstition, le sacrilège, l’hérésie, l’indifférence religieuse, l’impiété, et tout autre péché contre la foi, l’espérance et la charité.

On viole le premier commandement de Dieu par l’idolâtrie, qui consiste à rendre à un être créé l’honneur et le culte qui appartient à Dieu seul et en attribuant à un être créé une perfection ou un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu, ou aussi en rendant à Dieu un faux culte.

Il faut distinguer: l’idolâtrie par ignorance: tel est le cas des païens qui croient que leurs idoles, ou encore leurs rois ou chefs, sont la vraie divinité; l’idolâtrie formelle:  c’est le péché de ceux qui connaissent le vrai Dieu, et adorent quand même les idoles.  La Bible nous montre ce cas très fréquent dans l’histoire juive.  «Souvent nous voyons l’offense immense faite à Dieu quand l’un des Siens retenait, ou même cachait par devers lui une idole de pierre pour lui rendre quelque forme de culte, de vénération ou même de respect.  Dieu châtiait alors sévèrement ceux qui se rendaient coupables de cette idolâtrie sacrilège et même souvent tout le peuple.»[5]  Celui qui s’en rendait coupable chez les juifs était puni de mort.[6]

Il y a une autre sorte d’idolâtrie, qui consiste à préférer quelque passion à Dieu.  Par exemple, la passion des sports, l’amour de l’argent, l’avarice que saint Paul appelle une idolâtrie[7]; ou la passion des hommes sensuels qui font un dieu de leur ventre[8].

«Il y a plus d’une espèce d’idolâtrie… dit saint Jean Chrysostome.  Ce qui fit le crime des Grecs… c’est qu’ils avaient érigé les passions en divinité:  ainsi, pour eux, l’amour impudique, la colère et l’ivrognerie étaient une Vénus, un Mars, un Bacchus.  Vous ne vous prosternez pas comme eux, aux pieds de leurs simulacres; vous n’en êtes pas moins le fervent adorateur de ces criminelles passions, à qui vous prostituez les membres de Jésus-Christ, vous plongeant, en leur honneur, dans les plus coupables désordres.»[9]

On appelle superstition toute dévotion contraire à la doctrine et à l’usage de l’Église, comme aussi le fait d’attribuer à un être créé une perfection et un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu.  Les principaux péchés de superstition sont les vaines observances, la divination, la magie noire et le spiritisme.

Par vaines observances on entend certaines pratiques ou observances auxquelles on attribue des effets infaillibles qu’elles n’ont pas par elles-mêmes et que Dieu n’y a pas attachés.  Par exemple, croire que le chiffre 13 porte malheur, que le vendredi est un jour de mauvais augure, attribuer de fâcheux effets à un miroir qui se brise, à une salière qui se renverse; porter sur soi des talismans ou porte-bonheur, comme un trèfle à quatre feuilles, etc.  Dieu n’a attaché aucune conséquence heureuse ou malheureuse à ces choses qui, par elles-mêmes, n’ont aucune influence, bonne ou mauvaise, sur la marche des événements.

Certaines personnes pieuses pèchent aussi par superstition en pratiquant des dévotions non approuvées par l’Église, par exemple en attribuant à une certaine formule de prière, une efficacité souveraine — que ni Dieu, ni l’Église ne lui ont reconnue — en vue d’obtenir infailliblement la guérison des humains ou des animaux, ou autre faveur.  Il ne faut évidemment pas ranger parmi les vaines observances la pieuse pratique de faire des neuvaines de Messes ou de prières pour l’obtention d’une grâce particulière.  Il ne faudrait cependant pas croire le moyen infaillible, alors que Dieu n’a jamais donné une telle assurance.

La divination consiste à vouloir découvrir les choses secrètes ou futures par des moyens, en soi, inefficaces.  On recourt, par exemple, aux chiromanciens, qui lisent dans les lignes de la main; aux cartomanciennes ou tireuses de cartes, aux nécromanciens, qui évoquent les morts.  Autant de pratiques où entrent une très grande part de charlatanisme et de duperie, mais aussi, très souvent, l’intervention du démon.  Si Dieu avait voulu que nous scrutions l’avenir, Il n’aurait pas dit:  À chaque jour suffit sa peine.[10]  Vouloir connaître l’avenir est un grand manque de foi et d’abandon à Dieu.

Il n’est pas permis de faire usage de sorcellerie et de charmes, ou d’ajouter foi aux rêves, aux charlatans, aux diseurs de bonne aventure, parce que ce serait attribuer à des êtres créés des perfections ou un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu seul.

Et qu’il ne se trouve dans ton milieu personne qui… interroge des devins, et qui observe les songes et les augures, ni use de maléfices, ni qui soit enchanteur, ni qui consulte ceux qui ont l’esprit du serpent et les devins, ou qui demandent aux morts la vérité.  Car le Seigneur a toutes ces choses en abomination, et c’est à cause de ces sortes de crime qu’Il détruira ces nations.[11]

La magie noire consiste à produire des phénomènes extraordinaires qui ne peuvent être obtenus par des moyens naturels; ce qui suppose l’intervention du démon.  On dit magie noire pour la distinguer de la magie blanche, ou prestidigitation, dont les bons tours sont dus uniquement à l’habileté de l’opérateur.

Quand elle se propose de nuire au prochain, de lui jeter un mauvais sort, la magie s’appelle maléfice ou sortilège.  Déjà du temps de Moïse, il y avait en Égypte des magiciens qui prétendaient faire des miracles.[12]  Dans les Actes des Apôtres, nous lisons qu’au moment où le diacre Philippe évangélisait une ville de Samarie et guérissait de nombreux paralytiques, il se trouvait là un homme nommé Simon, qui émerveillait le peuple par sa magie.[13]

Le spiritisme est une science occulte qui se propose de connaître des choses cachées, en évoquant les esprits.  La pratique du spiritisme est un danger pour la foi, pour les mœurs et même pour la raison.  C’est une pratique tout à fait illicite, car il n’est pas conforme à la Sagesse de Dieu d’envoyer les bons esprits dans le seul but de favoriser la curiosité humaine.  Par conséquent, si des esprits répondent aux questions des spirites, il s’agit le plus souvent de démons qui ne souhaitent entrer en communication avec l’homme à nulle autre fin que de lui nuire et de l’induire au mal et en erreur.  L’Église a posé une interdiction absolue contre toute participation aux expériences de spiritisme.[14]

Le sacrilège est la profanation d’un lieu, d’une personne ou d’une chose consacrée à Dieu et destinée à Son culte.

Tous ceux qui n’ont ni la foi, ni l’espérance, ni la charité, pèchent contre le premier commandement de Dieu.  Et leur nombre, hélas! est extrêmement considérable.  Ce sont ceux qui tombent dans l’hérésie, ceux qui ne croient pas aux enseignements de l’Église de Jésus-Christ, ceux qui ont foi aux rêves, aux augures et à toutes les vaines superstitions de ce genre; ceux qui désespèrent de leur salut, qui manquent de confiance dans la Miséricorde divine; ceux qui ne s’appuient que sur les richesses, la santé et les forces du corps.[15]

 

Sources:  Catéchisme de la Doctrine chrétienne catholique enseignée par Jésus-Christ et les Apôtres, Mont-Tremblant QC, Éditions Magnificat, 1996, p. 207-213; Abbé Vandepitte, D.H., Explication du Catéchisme, à l’usage des cours de persévérance, Cambrai, Impr. Fernand Deligne et Cie, Imprimeurs de l’Archevêché, neuvième édition, 1903, p. 107-113.

 

Acte d’adoration

Mon Dieu, prosterné devant Vous, je reconnais que Vous êtes mon Créateur, mon Souverain Seigneur et mon Bienfaiteur.  C’est de Vous que je tiens tout ce que je suis et tout ce que j’ai.  Je me donne à Vous sans réserve et je serai toute ma vie humblement soumis.

 

[1] Exode 20, 2-5

[2] Depuis plus d’un siècle, les catéchismes français ont formulé le Décalogue en versets faciles à mémoriser.

[3] S. Luc 4, 8; ici Jésus cite le Deutéronome 6, 13.

[4] Cf. S. Matth. 18, 20

[5] Grégoire XVIII, Décret Pontifical, Un seul Dieu tu adoreras, 27 octobre 2019.

[6] Exode 22, 20; 32, 28

[7] Col. 3, 5-6: Faites donc mourir vos membres terrestres, la fornication, l’impureté, la luxure, la convoitise mauvaise et l’avarice, qui est une idolâtrie; c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de l’incrédulité.

[8] Phil. 3, 19:  Leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui est leur honte, et leurs pensées sont pour la terre.

[9] S. Jean Chrysostome, Hom. IV in Epist. ad Roman., dans Pères de l’Église grecque et latine, Tome XII, p. 455.

[10] S. Matth. 6, 34

[11] Deutér. 18, 10-12

[12] Cf. Exode 7, 11; 8, 7

[13] Cf. Actes 8, 9-13

[14] Décrets de la Congrégation du Saint-Office, du 30 mars 1898 et du 24 avril 1917.

[15] Catéchisme du Concile de Trente.