Le 8 décembre 1870, par le solennel décret Quemadmodum Deus de la Sacrée Congrégation des Rites, Pie IX proclame saint Joseph, patron de l’Église; sa fête, fixée au 19 mars, sera désormais célébrée sous le rite double de première classe.

Le 15 août 1889, en la fête de l’Assomption, Léon XIII promulgue l’Encyclique Quamquam pluries, en faveur de la dévotion au Rosaire, dont il s’est fait l’ardent propagateur. De longs développements sur la puissance de saint Joseph remplissent la majeure partie du document pontifical. Il décide que pendant le mois d’octobre, aux exercices du Rosaire sera ajoutée une prière à saint Joseph, que nous reproduisons après ces extraits où Léon XIII explique les motifs pour lesquels saint Joseph est proclamé patron de l’Église:

“Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l’Eglise et qui font que l’Eglise espère beaucoup, en retour, de sa protection et de son patronage, sont que Joseph fut l’époux de Marie et qu’il fut réputé le père de Jésus-Christ. De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la Bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il n’ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. Le mariage est, en effet, la société et l’union de toutes la plus intime, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre l’un et l’autre conjoints. Aussi, en donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu Lui donna non seulement un compagnon de Sa vie, un témoin de Sa virginité, un gardien de Son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de Sa sublime dignité.

“Semblablement, Joseph brille entre tous par la plus auguste dignité, parce qu’il a été, de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme Son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph; qu’Il lui obéissait et qu’Il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

“De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son Épouse et le divin Enfant; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.

“Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l’autorité du père contenait les prémices de l’Église naissante. De même que la Très Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est la Mère de tous les chrétiens qu’Elle a enfantés sur le mont du Calvaire, au milieu des souffrances suprêmes du Rédempteur; Jésus-Christ aussi est comme le premier-né des chrétiens, qui, par l’adoption et la rédemption, sont Ses frères.

“Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l’Église, c’est-à-dire cette immense famille répandue par toute la terre sur laquelle, parce qu’il est l’époux de Marie et le père de Jésus-Christ, il possède comme une autorité paternelle. Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son céleste patronage et défende l’Église de Jésus-Christ.”

Léon XIII, Encyclique Quanquam pluries, 15 août 1889.

Prière de Léon XIII à saint Joseph
pour les besoins de la sainte Église

Ô bienheureux Joseph nous recourons à vous dans notre tribulation et, après avoir imploré le secours de votre très sainte Épouse, nous sollicitons aussi en toute confiance votre patronage. Au nom de l’affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu; au nom de l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant-Jésus, nous vous supplions de jeter un regard propice sur l’héritage acquis par Jésus-Christ, au prix de Son sang, et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins.

Ô gardien très vigilant de la sainte Famille, protégez la famille privilégiée de Jésus-Christ; Père très aimant, préservez-nous de toute contagion de la corruption et de l’erreur; protecteur très puissant, soyez-nous secourable et assistez-nous, du haut du Ciel, dans le combat que nous avons à soutenir contre la puissance des ténèbres. Et, de même qu’autrefois vous avez arraché l’Enfant-Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Église de Dieu contre les embûches de l’ennemi et contre toute adversité, et couvrez-nous tous de votre constante protection, afin que nous puissions, à votre exemple et par votre assistance, vivre saintement, mourir pieusement et obtenir l’éternelle félicité dans le Ciel! Ainsi soit-il.

Ô saint Joseph, notre guide, protégez-nous!
Protégez la sainte Église!

Lecture du 19 mars, Fête de saint Joseph