Saint Jude, Apôtre

Saint Jude Thaddée, Apôtre

Saint Jude Thaddée, Apôtre
ODM pinxit

Saint Jude fait partie de ceux que l’Évangile appelle les frères du Seigneur. Ce terme était employé autrefois chez les Juifs pour désigner non seulement les fils d’une même mère, mais tous les membres de la proche parenté, et parfois même des amis. En l’occurrence, Jude était le cousin germain de Jésus, car son père, saint Cléophas, était le frère de Joseph, le père nourricier du Sauveur. Jude avait trois frères et deux sœurs, qui figurent tous dans les récits évangéliques: Jacques le Mineur, un des douze Apôtres; Simon ou Siméon, qui succéda à ce dernier sur le siège de Jérusalem; Joseph, appelé Barsabas et surnommé le juste, un des 72 disciples; Salomé, mère de Jacques et Jean, tous deux Apôtres et enfin, Marie.

Pour distinguer Jude du traître Judas, ses contemporains l’ont surnommé Lebbée, c’est-à-dire homme courageux. D’autres l’appelaient Thaddée, homme de cœur, nous indiquant ainsi les principaux traits de son caractère: la force et la bonté. Les générations chrétiennes ont retenu la deuxième appellation pour désigner l’Apôtre saint Jude.

Nous ne savons quand ni comment Jude devint disciple de Notre-Seigneur. L’Évangile ne dit rien de lui jusqu’au jour où Jésus en fit un des Douze. Saint Jude fut particulièrement cher à son Maître, non à cause des liens de sang, mais plutôt pour son mépris du monde et la vivacité de son zèle. Quand au soir de la Cène, le Sauveur promit qu’Il Se manifesterait à ceux qui L’aimeraient, Jude Lui demanda: Seigneur, d’où vient que Vous Vous manifesterez à nous, et non pas au monde?(1) Jésus lui expliqua que le monde ne mérite pas que Dieu Se manifeste à lui, étant l’ennemi déclaré des âmes par sa doctrine et ses principes funestes. Ceux-là seuls qui accomplissent amoureusement les vouloirs de Dieu jouiront de ce privilège ineffable.

Après la Pentecôte, Jude s’unit au reste du Collège apostolique pour prêcher la Bonne Nouvelle en Judée. Son zèle le poussa en Samarie, en Mésopotamie et jusqu’en Lybie. De retour à Jérusalem après le martyre de son frère Jacques, il assista à l’élection de son autre frère Siméon pour gouverner l’Église de cette ville.

Nous avons de saint Jude une épître adressée à toutes les Églises d’Orient, et particulièrement aux juifs convertis, qui avaient été l’objet principal de ses travaux. Saint Pierre leur en avait déjà adressé deux, dont une mettait les fidèles en garde contre plusieurs hérésies courantes. Le zèle de saint Jude s’enflamma à la vue des ravages que les hérésiarques faisaient dans l’Église. Il s’empara de la deuxième épître de saint Pierre et la commenta aux troupeaux menacés. Il se sert, en peignant les hérétiques, d’épithètes très fortes et très expressives. Il les appelle entre autres des météores errants, qui après avoir ébloui un instant vont se perdre dans la nuit éternelle. Leur chute vient, selon lui, de ce qu’ils murmurent et critiquent, de ce qu’ils suivent la perversité de leurs penchants et qu’ils s’abandonnent à l’orgueil, l’envie et les plaisirs sensuels. Il leur reproche aussi de négliger la pénitence et de ne pas crucifier les désirs déréglés de la chair.

Son tendre cœur s’émut toutefois à la vue des pauvres pécheurs, et il supplie les fidèles de traiter avec compassion ceux qui sont tombés. Tous ne tombent pas volontairement; il faut distinguer les fautes commises par malice de celles qui le sont par faiblesse. Que les fidèles tâchent de ramener les coupables à la pratique des Commandements par une crainte salutaire et qu’ils les arrachent du feu du vice et de l’hérésie. En terminant, Jude exhorte la jeune chrétienté à prier le Saint-Esprit avec foi afin de croître dans l’amour de Dieu, avec confiance en Sa miséricorde divine.

Jude reprit ensuite ses courses apostoliques, seul d’abord, puis en compagnie de Simon, dit le Zélé. Les deux Apôtres se dirigèrent vers la Perse où ils firent de nombreuses conversions, entre autres celle du général des armées royales. Or les prêtres des idoles, voyant que ces con-versions diminuaient leurs revenus, vouèrent une haine acharnée aux prédicateurs du Christ. Un jour que les deux Saints prêchaient dans la ville de Suanir, les idolâtres les entraînèrent dans un temple pour les forcer d’adorer des représentations des faux dieux. Mais Jude et Simon, munis de la puissance de Jésus-Christ, ordonnèrent aux démons de cesser leur infernale tromperie et de quitter les statues. Aussitôt, deux horribles figures sortirent du temple en poussant des hurlements affreux. Au lieu de toucher le cœur des prêtres païens, ce miracle de la puissance divine exaspéra leur fureur. Ils se jetèrent sur les Apôtres et les tuèrent.

On invoque saint Jude, avec beaucoup de succès, dans les causes désespérées. Il est fêté conjointement avec son compagnon d’apostolat, saint Simon, le 28 octobre.

Sources: M. J. Collin de Plancy, Grande Vie des Saints, Paris, Louis Vivès, libr.-édit., 1878, tome XX, p. 426-430; Chanoine Alfred Weber, Actes des Apôtres complétés et continués jusqu’à la mort de saint Jean, Éditions Magnificat, 2013, p. 208-209; Mgr Gaume, Biographies évangéliques, les parents de Notre-Seigneur, Paris, Gaume et Cie Éditeurs, 1890, p. 5-26.

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  1.    S. Jean 14, 22

Prière à saint Jude Thaddée

Ô saint Jude, mon très puissant avocat, me voici humblement prosterné à vos pieds pour vous exposer mes besoins spirituels et corporels. Daignez jeter sur moi un de vos regards de bonté.

Comme votre cœur est spécialement porté à venir en aide aux âmes affligées, je ne puis douter que vous ne pensiez à moi avec des sentiments d’une miséricordieuse tendresse.

Je mets donc en vous une entière confiance, et de votre côté laissez-vous attendrir par ma pénible situation. Consolez-moi, délivrez-moi de mes peines, afin que, étant plus libre pour servir Dieu et L’aimer en cette vie, je puisse être un jour admis aux joies éternelles de la vie future. Ainsi soit-il.