Saint Matthias, O.D.M. pinxit

Saint Mathias, O.D.M. pinxit

Ô Dieu, qui avez voulu adjoindre le bienheureux Mathias au groupe de Vos Apôtres, faites que, par son intercession, nous éprouvions sans cesse les effets de Votre miséricorde à notre égard. Ainsi soit-il.

Saint Mathias, Apôtre

L’Apôtre saint Mathias est peut-être celui dont la vie et les travaux nous sont les moins connus. Le peu que nous savons nous vient du premier chapitre des Actes des Apôtres et de la Tradition. C’est ainsi que Dieu a voulu cacher les travaux et même la mort d’un bon nombre de Ses Apôtres. Au reste il suffit pour la gloire de saint Mathias qu’il ait été des premiers disciples de Jésus, que Dieu même l’ait désigné pour compléter la troupe apostolique, qu’il ait uni ses travaux, sa vie, sa mort aux travaux, à la vie et à la mort des prédicateurs de la Foi.

Saint Mathias eut le bonheur de s’attacher à la suite de Jésus-Christ dès le commencement de Sa prédication. On croit qu’il était l’un des soixante-douze disciples. Après l’Ascension de Jésus au Ciel, Ses disciples retournèrent à Jérusalem. Là, enfermés dans le Cénacle, ils attendaient la venue du Saint-Esprit, persévérant tous en union d’esprit dans la prière avec Marie, la Mère de Jésus.

Saint Pierre prit la parole et rappela d’abord à l’assemblée la trahison et la fin malheureuse de Judas. Il leur dit que «pour accomplir la prophétie de David, il fallait choisir un de ceux qui étaient présents et qui avaient conversé avec Jésus-Christ depuis le baptême donné par saint Jean-Baptiste jusqu’au jour où Lui-même était monté dans les Cieux.»[1] L’assistance, composée d’environ cent vingt personnes, approuva d’un commun accord l’avis du chef de l’Église naissante. Ils choisirent deux disciples parmi les soixante-douze: Joseph, surnommé le Juste, et Mathias; leurs noms furent écrits sur deux billets et mis dans un vase. L’assemblée se mit en prière et demanda à Celui qui pénètre le fond des cœurs qu’Il daigne leur révéler lequel des deux Il choisissait pour succéder au traître Judas. Saint Pierre tira au sort et lut le billet: «Mathias, disciple et Apôtre de Jésus». Saint Mathias fut reconnu et admis pour légitime Apôtre à l’allégresse de tous.

Il commença à prêcher aux peuples le mystère ineffable de la Croix, avec une grande sainteté de vie et une admirable ferveur d’esprit. Saint Clément d’Alexandrie rapporte que, dans ses instructions, saint Mathias insistait particulièrement sur la nécessité de mortifier la chair, de la dompter et de lui refuser toujours ce que demandent les désirs déréglés de la sensualité. D’autre part, il faut travailler à fortifier l’âme par la foi.

Lorsque les Apôtres divisèrent entre eux les provinces à évangéliser, la Judée échut à saint Mathias. Il y prêcha avec tant d’ardeur qu’il convertit beaucoup de monde à la Foi chrétienne, comme le remarque saint Isidore de Séville. Les Juifs ne cessèrent de lui faire une guerre acharnée, parce que ce saint Apôtre leur faisait voir clairement, par les Écritures, la venue du Messie. Continuant toujours sa prédication, saint Mathias se rendit jusqu’au fond de l’Éthiopie et en Arabie.

Après trente-trois ans de prédication, il mourut martyr pour sa foi, sous l’empire de Néron, l’an 63. En Occident, on admet généralement qu’il fut lapidé et que s’il a été crucifié, comme certains l’assurent, il fut descendu de la croix et achevé par un coup de hache.

On illustre l’Apôtre Mathias, tenant une hache ou hallebarde. En considération de sa hache, il a été choisi pour patron par les charpentiers.

Sainte Hélène, mère de Constantin, apporta le saint corps de l’illustre Apôtre à Rome; une partie de son chef et de ses autres membres se trouvent encore dans l’église de Sainte-Marie-Majeure.

L’Église a placé la fête de l’Apôtre saint Mathias au 24 février; les années bissextiles sa fête est décalée au 25.

Sources: M. J. Collin de Plancy, Grande Vie des Saints, Paris, Louis Vivès, libr.-édit., 1878, tome IV, p. 478-480; P. René Moreau, S.J., Saints et Saintes de Dieu, Tours, Maison Alfred Mame et Fils, tome I, p. 257-258; Mgr Paul Guérin, Les petits Bollandistes, Paris, Bloud & Barral, 1880, Tome III, p. 3-4.

[1] Cf. Actes 1, 21-22

Cet article est tiré de la revue Magnificat, Février 2018, disponible aux Éditions Magnificat.