Apôtre saint Philippe ODM pinxit

Apôtre saint Philippe
ODM pinxit

Saint Philippe, Apôtre

Saint Philippe était Galiléen, de la même ville qu’André et Pierre[1], Bethsaïde.  Marié, il était père de plusieurs filles qui embaumèrent l’Église primitive du parfum de leurs vertus.  Sa vie de famille ne l’avait pas empêché de ­devenir un contemplatif de premier ordre, absorbé nuit et jour dans la méditation des Saints Livres.  Il savait toutes les prophéties par cœur et vivait dans une telle attente du Messie qu’il suffit d’un regard de Jésus pour Se l’attacher.

Au «Suis-Moi» du Maître, Philippe répondit généreusement, quittant sans hésiter, femme, enfants, biens, pour gagner le Royaume de Dieu.  Il entraîna à sa suite son ami Nathanaël.

«Nous L’avons trouvé, lui dit-il, Celui dont parle Moïse dans la Loi et qu’annoncent les Prophètes:  c’est Jésus, le Fils de Joseph, de Nazareth!

— De Nazareth! répondit Nathanaël, que peut-il en sortir de bon?»  Mais l’incrédulité de ce vrai Israélite ne refroidit guère le zèle de Philippe.

— Viens, et vois!»[2] reprit-il, et il le conduisit à Jésus.  Quelques mots plus tard, Jésus comptait un nouveau Disciple.

L’année suivante Philippe fut mis au rang des Apôtres.  Plein de zèle et d’amour pour le Sauveur, il fut le compagnon inséparable de Son ministère et de Ses travaux.

On constate, par plusieurs passages de l’Évangile, qu’il était particulièrement chéri du Maître.  Ainsi, avant la première multi­plication des pains, nous voyons Jésus tenter aimablement Son dévoué Apôtre en lui demandant:  «Philippe, où trouverons-nous assez de pain pour nourrir tout ce monde?»[3]  De tous Ses Disciples, ce grand recueilli, peu exercé aux choses extérieures, était assurément le moins propre à se tirer d’affaire!  Du moins eut-il l’occasion de faire un bel acte de foi en la puissance divine.

Une autre fois, peu avant la Passion de Notre-Seigneur, quelques gentils désirant voir Jésus, s’adressèrent à Philippe, pleins de confiance en son intercession.[4]

On imagine aisément avec quels respect et recueillement Philippe dut recevoir les ultimes recommandations de Jésus après la Cène.  Comme cette âme éminemment religieuse dut vibrer aux paroles célestes du Sauveur!  Aussi, lorsque Jésus promit aux Apôtres une connaissance plus parfaite du Père, Philippe, n’y tenant plus, s’écria:  «Seigneur, montrez-nous le Père, et cela nous suffit!»  À quoi Jésus fit cette belle et profonde réponse:  «Philippe, qui Me voit, voit aussi Mon Père.»[5]

Après la dispersion des Apôtres, nous retrouvons saint Philippe dans les deux Phrygies[6], prêchant avec feu la Bonne Nouvelle et accomplissant point pour point les ordres de son divin Maître:  «Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons.  Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.»[7]

On ne peut douter que le saint Apôtre soit parvenu à un âge très avancé, puisque saint Polycarpe, qui ne se convertit qu’en l’an 80, eut quelque temps le bonheur de converser avec lui.  Les écrits du même Saint attestent que l’Apôtre fut enterré à Hiéraple, en Phrygie, après avoir confirmé sa prédication par le témoignage de son sang.  Furieux des nombreuses conversions opérés par l’homme de Dieu, les pontifes et les magistrats de la ville s’emparèrent de l’Apôtre, le battirent de verges, le clouèrent à une croix et l’accablèrent de pierres.  À sa mort, la terre trembla et plusieurs édifices s’écroulèrent.  De nombreux miracles furent obtenus par l’entremise des reliques de saint Philippe.  Plus tard, on transporta ses restes dans la crypte de la basilique des Saints-Apôtres, à Rome.

L’Apôtre saint Philippe est représenté avec une croix qu’il contemple avec amour.  Sa fête est fixée au 1er mai, avec saint Jacques le Mineur.

Il ne faut pas confondre l’Apôtre avec son homonyme, saint Philippe le Diacre, qui baptisa l’eunuque de la reine d’Éthiopie, et que l’on célèbre le 6 juin.

Terminons avec cette belle réflexion de l’abbé Herbet, chanoine honoraire d’Amiens:

«Apprenons de saint Philippe à aimer Dieu; comme lui, désirons voir le Père Céleste.  Il ne demandait que cette bienheureuse vision, parce que tout son bonheur était dans la possession de son Dieu.  Sommes-nous dans la même disposition?  Dieu est-Il le seul objet de tous les mouvements de notre cœur?  Ne soupirons-nous qu’après Lui?  Si notre conscience ne nous rend pas ce consolant témoignage, prions le saint Apôtre de nous obtenir un parfait détachement de toutes les choses créées, afin que par nos désirs nous devenions déjà les citoyens du Ciel.»

Sources:  Mgr Bougaud, Le Christianisme et les temps présents, Paris, J. de Gigord Éditeurs, 1923, tome 2,  «Jésus-Christ», p. 316; M. J. Collin de Plancy, Grande Vie des Saints, Paris, Louis Vivès, libr.-édit., 1878, tome IX, p. 1-3; Alban Butler et Godescard, Vie des Saints, Lille, L. Lefort impr.-libr., tome 2, p. 341-342.

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[1] S. Jean 1, 44
[2] S. Jean 1, 45-46
[3] S. Jean 6, 5
[4] Cf. S. Jean 12, 20-21
[5] S. Jean 14, 9
[6] Anciennes régions du nord-ouest de l’Asie Mineure, entre la mer Noire et la mer Égée.
[7] S. Matth. 10, 8

Cet article est paru dans la Revue Magnificat d’Avril 2018, aux Éditions Magnificat, Mont-Tremblant QC Canada

 

Prière à l’Apôtre saint Philippe

Grand saint Philippe, Apôtre si cher au divin Maître, votre dévouement pour Jésus se montra dès les premiers jours de votre vocation.  À peine aviez-vous connu le Messie, que vous couriez tout aussitôt l’annoncer à Nathanaël votre ami.  Au moment d’opérer le grand miracle de la multiplication des pains, c’est à vous que Jésus S’adressait, et qu’Il demandait avec une adorable bonté:  «Où achèterons-nous des pains pour nourrir tout ce monde?»  Peu de jours avant la Passion de votre Maître, des hommes de la gentilité désirant voir ce grand Prophète dont on racontait tant de merveilles, ce fut à vous qu’ils s’adressèrent pour les conduire vers Lui.  Avec quelle ardeur, à la dernière Cène, vous demandiez à Jésus qu’Il vous fît connaître le Père céleste!  Votre âme aspirait à la lumière divine.  Et lorsque l’Esprit-Saint vous inonda de Ses feux, vous êtes parti courageusement à la conquête des âmes, éclairant ceux qui vivaient encore dans les ténèbres.  Pour récompense de vos labeurs, Jésus vous fit partager les honneurs de Sa croix.

Ô saint Apôtre, obtenez-nous un peu de vos admirables vertus: votre zèle, votre foi, votre esprit de prière.  Que nous imitions votre recherche empressée du Père céleste et de Sa sainte Volonté; et que Sa croix nous soit douce quand il Lui plaît de la partager avec nous.  Ainsi soit-il.