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Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Agonie

LA CÈNE ET LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Table des matières

DISCOURS APRÈS LA CÈNE

VENDREDI SAINT

SAMEDI SAINT

  • Les gardes au tombeau

DERNIER CONSEIL DU SANHÉDRIN

  1. En ce même temps, les Princes des prêtres, les Scribes et les Anciens du peuple s’étaient réunis dans le palais du Grand-Pontife, appelé Caïphe, et ils délibéraient sur les moyens de s’emparer de Jésus par ruse, et de Le faire mourir. Ils redoutaient surtout le peuple; aussi disaient-ils:

    «Que ce ne soit point durant la fête, de peur qu’il ne s’élève quelque tumulte dans la foule.»

     

LE PACTE DE TRAHISON

  1. Alors Satan entra dans Judas, surnommé l’Iscariote, l’un des Douze. L’Apôtre alla trouver les Princes des prêtres et leur dit:

    «Que voulez-vous me donner?… et je vous Le livrerai!»

    Ils furent ravis de cette offre, et convinrent de trente pièces d’argent.1 Judas promit… Il s’entendit ensuite avec eux, sur les moyens de saisir Jésus, loin de la foule. Et, dès lors, il cherchait une occasion favorable de Le livrer entre leurs mains.

     

    Jérusalem (Le Cénacle)

    JEUDI SAINT — LA CÈNE

  1. I. — PRÉPARATION DE LA CÈNE

    Saint Matthieu XXVI, 17-19; Saint Marc XIV, 12-16; Saint Luc XXII, 7-13

    Le premier jour des azymes,2 jour auquel la Loi prescrivait d’immoler l’Agneau pascal, les Disciples s’approchèrent de Jésus et Lui dirent:

    «Où voulez-Vous que nous allions Vous préparer le repas de la Pâque?»

    Jésus envoya deux de Ses Disciples, Pierre et Jean:

    «C’est vous, leur dit-Il, qui nous préparerez la Pâque. Allez à la ville. En y entrant, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le jusqu’à la maison où il se rendra; quelque part qu’il entre, vous direz au maître de la maison: “Voici le message du Maître: Mon temps est proche; c’est chez toi que Je ferai la Pâque avec Mes Disciples. Où est la salle où Je pourrai manger avec eux l’Agneau pascal?”

    «Alors il vous montrera un grand cénacle, orné de tapis: préparez-y ce qu’il nous faut.»

    Ils allèrent donc à la ville, comme Jésus le leur ordonnait; ils trouvèrent toutes choses comme Il l’avait annoncé; et ils préparèrent la Pâque.3

     

II. — LA PÂQUE LÉGALE COMMENCÉE

  1. Saint Matthieu XXVI, 20; Saint Marc XIV, 17; Saint Luc XXII, 14-16

    Sur le soir, Jésus vint à Jérusalem avec les Douze et, l’heure étant arrivée, Il Se mit à table avec eux. Alors Il leur dit:

    «J’ai désiré, d’un désir ardent, de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, Je vous l’annonce, désormais Je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu.»

     

III. — LE LAVEMENT DES PIEDS

  1. Saint Jean XIII, 1-20

    Avant le jour solennel de la Pâque, Jésus sachant que Son heure était venue de passer de ce monde à Son Père, comme Il avait aimé les Siens qui étaient dans le monde, Il les aima jusqu’à la fin.

    La cène pascale était commencée; et déjà le démon avait mis au coeur de Judas Iscariote la résolution de Le trahir.

    Jésus qui savait que le Père a tout remis entre Ses mains, et que, sorti de Dieu, Il va retourner à Dieu, Jésus Se lève de table, dépose Ses vêtements et, prenant un linge, Il le met autour de Lui. Puis Il verse de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds de Ses Disciples, les essuyant avec le linge attaché à Sa ceinture.

    Il arrive à Simon-Pierre:

    «Quoi, Seigneur! s’écrie Pierre. Vous!… me laver les pieds!…

    Ce que Je fais, lui dit Jésus, tu ne le comprends pas maintenant; mais plus tard tu le comprendras.

    Non! proteste Pierre, jamais Vous ne me laverez les pieds!

    Si Je ne te lave, tu n’auras point de part avec Moi.»

    Alors, Simon répondit:

    «Seigneur! non seulement les pieds mais encore les mains et la tête.

    Celui qui a été lavé, reprit Jésus, n’a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur. Et vous, vous êtes purs; mais non, pas tous!»

    Il savait qui Le trahirait; c’est pourquoi Il ajouta:

    «Vous n’êtes pas tous purs.»

    Après leur avoir lavé les pieds, Il reprit Ses vêtements et, S’étant remis à table:

    «Savez-vous, leur dit-Il, ce que Je viens de faire à votre égard? Vous M’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien: Je le suis en réalité. Si donc Je vous ai lavé les pieds, Moi, le Maître et le Seigneur, vous devez, vous aussi, vous laver les pieds les uns aux autres. Car Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez, à votre tour, ce que J’ai fait Moi-même pour vous.

    «En vérité, en vérité, Je vous le dis: le serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni l’Apôtre plus grand que Celui qui l’a envoyé. Si vous comprenez ces choses, mettez-les en pratique, et vous serez bienheureux.

    «Ce n’est pas de vous tous que Je parle. Je connais ceux que J’ai choisis. Mais il faut que s’accomplisse cette parole de l’Écriture: “Celui qui mange le pain avec Moi, lèvera le talon contre Moi.”

    «Dès à présent, Je vous avertis de ces choses, et avant qu’elles arrivent, afin qu’après leur réalisation, vous croyiez à ce que Je suis.

    «En vérité, en vérité, Je vous le déclare, quiconque reçoit celui que J’aurai envoyé, Me reçoit Moi-même; et quiconque Me reçoit, reçoit Celui qui M’a envoyé.»

IV. — JÉSUS DÉNONCE OUVERTEMENT LE TRAÎTRE À LUI-MÊME

Saint Matthieu XXVI, 21-25, 29; Saint Marc XIV, 18-21, 25; Saint Luc XXII, 17-18, 22; Saint Jean XIII, 21-22

Après avoir dit ces paroles, Jésus Se troubla dans Son esprit.4 Et tandis que Ses Disciples étaient à table et continuaient le repas, Il leur fit entendre cette déclaration:

«En vérité, en vérité, Je vous le dis, l’un de vous Me trahira!… Et celui-là mange avec Moi!»

Les Disciples se regardaient l’un l’autre, accablés de tristesse, ne sachant de qui Il parlait. Et chacun de dire à Jésus:

«Est-ce moi, Seigneur?»

Jésus répondit:

«C’est l’un des Douze! Oui, il y en a un qui met sa main dans le plat avec Moi, et qui doit Me trahir. Le Fils de l’Homme S’en va, selon ce qui a été prédit de Lui. Mais malheur à l’homme par lequel Il sera livré!… Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût jamais né!»

Alors Judas, le traître, prit à son tour la parole et demanda:

«Est-ce moi, Rabbi?

Tu l’as dit!»

Ensuite Jésus prit la coupe, rendit grâces et dit:

«Recevez-la, et partagez entre vous. Car Je vous le dis: Je ne boirai plus de ce produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit arrivé. Mais, avec vous, Je le boirai, toujours nouveau, dans le Royaume de Mon Père.»

 

V. — INSTITUTION DE L’EUCHARISTIE ET DU SACERDOCE CATHOLIQUE

Saint Matthieu XXVI, 26-28; Saint Marc XIV, 22-24; Saint Luc XXII, 19-20; I Cor. XI, 23-25

Le repas durait encore,5 quand Jésus prit du pain et, après avoir rendu grâces, Il le bénit, le rompit et le donna à Ses Disciples, en disant:

«Prenez et mangez: Ceci est Mon Corps, qui est livré pour vous.»6

De même, prenant la coupe, à la fin du repas, Il rendit grâces, la bénit et la présenta à Ses Disciples en disant:

«Buvez-en tous, car Ceci est le Calice de Mon Sang,7 le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour vous et pour un grand nombre, en rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de Moi,8 toutes les fois que vous le boirez.»

 

VI. — JÉSUS DÉNONCE LE TRAÎTRE À SAINT JEAN ET IL LE CONGÉDIE

Saint Luc XXII, 21-23; Saint Jean XIII, 23-32

Ensuite Jésus fit entendre ces paroles:

«Voici pourtant que la main de celui qui doit Me trahir est avec Moi, à cette table!…»

Au comble de l’inquiétude et de la douleur, les Apôtres se demandaient lequel d’entre eux serait capable de faire cela.

Or à ce moment, l’un des Disciples, celui que Jésus aimait, reposait sur le sein de Jésus. Simon-Pierre lui demanda par signe:

«De qui parle-t-Il?»

Et ce Disciple, s’étant penché sur la poitrine de Jésus, Lui dit:

«Qui est-ce? Seigneur.

Celui à qui Je vais présenter du pain trempé,» répondit Jésus.

Il trempa du pain et le donna à Judas, fils de Simon Iscariote. Dès que Judas eut mangé ce pain, Satan entra en lui.

«Ce que tu fais, lui dit Jésus, fais-le vite!»

Aucun de ceux qui étaient à table ne comprit le sens de cette parole. Comme Judas tenait la bourse, quelques-uns pensèrent que Jésus lui avait dit: «Achète ce dont nous avons besoin pour le jour de la fête», ou qu’Il lui avait ordonné de faire une aumône aux pauvres.

Aussitôt après avoir pris le pain, Judas sortit. Il était nuit.

À peine fut-il parti que Jésus reprit:

«Maintenant, le Fils de l’Homme est glorifié, et Dieu est glorifié en Lui. Et parce que Dieu est glorifié en Lui, à Son tour Il Le glorifiera en Lui-même. Et ce sera bientôt qu’Il Le glorifiera.»

 

VII. — DERNIÈRE DISCUSSION DES APÔTRES SUR LA PRÉSÉANCE

Saint Luc XXII, 24-30

Alors il y eut un débat entre les Apôtres sur celui d’entre eux qui semblait être le plus grand.

Mais Jésus leur dit:

«Les rois des nations dominent sur leurs sujets, et ceux qui ont puissance sur les autres se font appeler bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas ainsi parmi vous. Mais que celui de vous qui est le plus grand, soit comme le moindre, et que celui qui tient le premier rang, soit comme celui qui sert.

«Lequel est en effet le plus grand, de celui qui est assis à table ou de celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est à table?… Et Moi, cependant, Je suis au milieu de vous comme celui qui sert.

«Ah! pour vous, qui êtes constamment demeurés avec Moi dans Mes épreuves, Je vous prépare à Mon tour un Royaume, comme Mon Père Me l’a préparé. Dans Mon Royaume, vous mangerez et boirez à Ma table, et vous y siégerez sur des trônes pour y juger les douze tribus d’Israël.»

 

DISCOURS APRÈS LA CÈNE

PRÉLUDE

LE PROCHAIN DÉPART DE JÉSUS – LE SIGNE DES VRAIS DISCIPLES – PRÉDICTION DE LA CHUTE DE PIERRE – INDÉFECTIBILITÉ DE SA FOI – PRÉDICTION DES ÉPREUVES RÉSERVÉES AUX APÔTRES

Saint Jean XIII, 33-38; Saint Luc XXII, 31-38

 

«Mes petits enfants!9 Je ne suis plus avec vous que pour un peu de temps. Vous Me chercherez; mais Je vous répète maintenant à vous-mêmes ce que J’ai dit aux Juifs: “Où Je vais, vous ne pouvez venir.”10

«Je vous donne un commandement nouveau,11 c’est de vous aimer les uns les autres, comme Je vous ai aimés. Oui, ayez ce même amour, les uns pour les autres. Et voilà le signe auquel tous reconnaîtront que vous êtes Mes Disciples: c’est la dilection que vous aurez les uns pour les autres.

Seigneur, reprit alors Simon-Pierre, où donc allez-Vous?

Où Je vais, répondit Jésus, tu ne peux Me suivre présentement; plus tard, tu Me suivras.12

Et pourquoi, demanda Pierre, ne puis-je Vous suivre à présent?… Je donnerai ma vie pour Vous!… Avec Vous, Seigneur, je suis prêt à aller et en prison et à la mort!

Tu donneras ta vie pour Moi!… ô Pierre, en vérité, en vérité Je te le dis: avant que le coq ait chanté deux fois, tu M’auras renié trois fois!

«Simon! Simon! voilà que Satan a demandé13 à vous passer au crible comme du froment. Mais Moi, J’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point. Et toi, une fois converti, soutiens et affermis tes frères.»14

Et Jésus dit à tous:

«Quand Je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans chaussure, avez-vous manqué de quelque chose?

De rien, dirent-ils.

Maintenant, reprit Jésus, que celui qui a une bourse la prenne, et son sac de même; et que celui qui n’a point d’épée, vende sa tunique pour en acheter une. Car, Je vous le dis: il faut encore que se réalisent en Moi les paroles de l’Écriture: “Il a été mis au rang des scélérats.” Or les oracles qui Me regardent seront bientôt accomplis.»

Ils répondirent:

«Seigneur, voici deux épées.15

C’est assez!» dit-Il.

 

PREMIÈRE PARTIE DU DISCOURS

LES DERNIÈRES RECOMMANDATIONS

Saint Jean XIV, 1-31; XV, 1-17

 

I. — L’UNION À JÉSUS PAR LA FOI ET PAR LA PRIÈRE

«Que votre cœur ne se trouble point!… Vous croyez en Dieu, croyez de même en Moi…

«Il y a une multitude de demeures dans la Maison de Mon Père. S’il n’en était pas ainsi, Je vous l’aurais dit; Je vais vous préparer une place. Je M’en vais donc; mais, quand Je vous aurai préparé une place, Je reviendrai et Je vous prendrai avec Moi,16 afin que vous soyez, vous aussi, là où Moi-même Je suis. Au reste, vous savez où Je vais, et vous en savez la voie.

Seigneur, répondit Thomas, nous ne savons où Vous allez; comment donc en saurions-nous la voie?»

Jésus leur dit:

«C’est Moi qui suis la voie, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par Moi. Si vous M’aviez connu, vous auriez bien certainement connu Mon Père. Mais bientôt vous Le connaîtrez; et même vous L’avez déjà vu.

Seigneur, s’écria Philippe, montrez-nous le Père, et cela nous suffit.

Eh quoi! dit Jésus, depuis si longtemps que Je suis avec vous, vous ne Me connaissez pas encore?… Philippe, qui Me voit, voit aussi Mon Père. Comment peux-tu Me dire: “Montrez-nous le Père”?

«Ne croyez-vous point que Je suis dans le Père, et que le Père est en Moi? Les paroles que Je vous dis, ce n’est pas de Moi-même que Je vous les dis. Et Mes oeuvres, c’est le Père, demeurant en Moi, qui les accomplit. Encore une fois, ne croyez-vous point que Je suis dans le Père, et que le Père est en Moi? Croyez-le du moins à raison des œuvres elles-mêmes.

«En vérité, en vérité, Je vous le dis: celui qui croit en Moi fera lui aussi les œuvres que Je fais; il en fera de plus grandes encore, parce que Je vais au Père; et tout ce que vous demanderez au Père, en Mon Nom, Je le réaliserai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Et si vous Me demandez à Moi-même quelque chose, en Mon Nom, Je le ferai.»

 

II. — L’UNION À JÉSUS PAR L’AMOUR

«Si vous M’aimez, gardez Mes commandements.

«Et Moi Je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Consolateur qui demeurera toujours avec vous. C’est l’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne Le voit point et ne Le connaît point. Mais vous, vous Le connaîtrez, parce qu’Il demeurera avec vous et sera en vous.

«Non, Je ne vous laisserai point orphelins, Je viendrai à vous.

«Encore un peu de temps, et le monde ne Me verra plus; mais vous, vous Me verrez, parce que Je vis et que vous vivrez aussi. C’est en ce jour-là que vous connaîtrez que Je suis en Mon Père, et que vous êtes en Moi, et que Je suis en vous!

«Celui qui reçoit Mes commandements et les observe, voilà celui qui M’aime. Or, celui qui M’aime sera aimé de Mon Père; et Moi également Je l’aimerai et Je Me manifesterai à lui.»

Jude, un autre que l’Iscariote, Lui dit:

«D’où vient, Seigneur, que Vous Vous manifesterez à nous et non pas au monde?

Si quelqu’un M’aime, lui répondit Jésus, il gardera Mes enseignements, et Mon Père l’aimera, et Nous viendrons à lui, et Nous établirons en lui Notre demeure. Celui qui ne M’aime point ne garde point Mes paroles. Or, les enseignements que vous avez entendus ne sont point de Moi, mais de Celui qui M’a envoyé, du Père.»

 

III. — L’UNION À JÉSUS DANS L’ESPRIT-SAINT

«Je vous ai dit ceci, tandis que Je demeurais avec vous. Mais l’Esprit-Saint, le Consolateur que le Père enverra en Mon Nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que Je vous aurai dit.»

 

IV. — L’UNION À JÉSUS DANS LA PAIX ET DANS LA JOIE

«Je vous laisse Ma paix, Je vous donne Ma paix! Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble donc pas, qu’il ne craigne point!

«Vous venez de M’entendre dire: “Je M’en vais, et Je reviens à vous.” Si vous M’aimiez, vous seriez certainement dans la joie de ce que Je vais au Père, car le Père est plus grand que Moi.

«Je vous dis ceci maintenant, avant que la chose arrive, afin que vous croyiez, quand elle sera arrivée.17 Désormais, Je ne M’entretiendrai plus longtemps avec vous, car voici venir le prince de ce monde, bien qu’en Moi rien ne lui appartienne.18

«Mais pour que le monde sache que J’aime le Père et que J’accomplis le commandement du Père, levez-vous, sortons d’ici.»19

 

V. — L’UNION NÉCESSAIRE ET INTIME AVEC JÉSUS POUR TOUTES LES OEUVRES SAINTES — LA VIGNE ET LES SARMENTS

«Moi, Je suis la vraie Vigne,20 et Mon Père est le Vigneron. Tout sarment qui ne fructifiera pas en Moi, Il le retranchera; et celui qui fructifiera, Il l’émondera pour qu’il fructifie davantage.

«Pour vous, vous avez été déjà émondés et purifiés par les paroles que Je vous ai dites.

«Demeurez donc en Moi, et Moi en vous! Comme le sarment ne peut lui-même porter de fruit, s’il ne demeure sur la vigne, ainsi, ni vous non plus, si vous ne demeurez en Moi.

«Je suis la Vigne, vous êtes les sarments.

«Celui qui demeure en Moi, et Moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruit; car, sans Moi vous ne pouvez rien faire.21

«Celui qui ne demeure pas en Moi sera jeté dehors, comme le sarment, et il séchera, et on le ramassera et on le jettera au feu, et il brûle.

«Si vous demeurez en Moi, et si Mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez.

«C’est la gloire de Mon Père que vous portiez beaucoup de fruit et que vous deveniez Mes Disciples.

«Comme le Père M’a aimé, ainsi Moi-même Je vous ai aimés. Demeurez dans Mon amour!

«Vous demeurerez dans Mon amour, si vous gardez Mes commandements, comme Moi-même, Je demeure dans l’amour de Mon Père, en gardant Ses commandements.

«Je vous ai dit ces choses, afin que Ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.

«Or Mon commandement est celui-ci: Aimez-vous les uns les autres comme Moi-même Je vous ai aimés.

«Nul ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Et c’est vous qui êtes Mes amis, si vous faites ce que Je vous commande. Désormais Je ne vous appellerai plus Mes serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai donné le nom d’amis, parce que tout ce que J’ai appris de Mon Père, Je vous l’ai fait connaître.

«Ce n’est pas vous qui M’avez choisi; c’est Moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez, que vous rapportiez du fruit et que votre fruit demeure. Pour cela, tout ce que vous demanderez au Père, en Mon Nom, Il vous le donnera.

«Par-dessus tout, ce que Je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.»

 

DEUXIÈME PARTIE DU DISCOURS

LE TESTAMENT DE LA CONSOLATION

Saint Jean XV, 18-27; XVI, 1-24

 

I. — CONSOLATION ET JOIE DANS LES PERSÉCUTIONS

«Si le monde vous hait, sachez qu’il M’a haï avant vous.22 Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Mais, parce que vous n’êtes pas du monde, et que Je vous ai séparés du monde, c’est pour cela que le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que Je vous ai dite: “Le serviteur n’est pas plus grand que son maître.” S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé Ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront tout cela à cause de Mon Nom, parce qu’ils ne connaissent point Celui qui M’a envoyé.

«Si Je ne fusse pas venu et que Je ne leur eusse point parlé, ils ne seraient point coupables; mais maintenant, ils n’ont point d’excuse de leur péché. Celui qui Me hait, hait également Mon Père. Si Je n’avais point fait, au milieu d’eux, des oeuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient point de péchés; mais maintenant ils les ont vues, et ils Me haïssent, Moi et Mon Père. Ainsi se réalise la parole qui est écrite dans leur Loi: “Ils M’ont haï sans sujet.”

«Lorsque viendra le Consolateur que Je vous enverrai du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, Il rendra témoignage de Moi. Et vous aussi, vous Me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec Moi, dès le commencement.

«Je vous ai dit ces choses, pour que vous ne soyez point scandalisés.

«Ils vous chasseront des synagogues, et l’heure vient où quiconque vous fera mourir, croira faire une oeuvre agréable à Dieu. Ils vous traiteront ainsi, parce qu’ils ne connaissent ni le Père, ni Moi.

«Je vous ai dit ces choses, afin que l’heure étant venue, vous vous souveniez que Je vous les ai dites. Je ne vous les ai pas dites, dès le commencement, parce que J’étais avec vous. Maintenant, Je vais à Celui qui M’a envoyé, et nul d’entre vous ne Me demande: “Où allez-Vous?” Mais, parce que Je vous ai dit ces choses, votre coeur s’est rempli de tristesse.»

 

II. — CONSOLATION DANS LA VENUE PROCHAINE DE L’ESPRIT-SAINT

«C’est pourtant la vérité que Je vous dis: il vous est avantageux que Je M’en aille. Car si Je ne M’en vais pas, le Consolateur ne viendra point à vous, tandis que si Je M’en vais, Je vous L’enverrai.

«Lorsqu’Il sera venu, Il convaincra23 le monde qu’il y a eu péché, qu’il y avait justice et qu’il y aura jugement.

«Qu’il y a eu péché,24 parce qu’ils n’ont pas cru en Moi.

«Qu’il y avait justice,25 parce que Je vais à Mon Père et que vous ne Me verrez plus.

«Et qu’il y aura jugement,26 parce que le prince de ce monde est déjà jugé.

«J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire; mais vous n’êtes pas en état de les porter à présent. Quand sera venu cet Esprit de vérité, Il vous enseignera toute vérité, car Il ne dira rien de Lui-même; Il ne fera que révéler ce qu’Il entendra, et Il vous annoncera ce qui doit arriver. C’est Lui qui Me rendra gloire, parce que ce qu’Il vous annoncera, Il le recevra de ce qui est à Moi.

«Tout ce qui est au Père, est à Moi; c’est pourquoi Je vous ai dit: ce qu’Il vous annoncera, Il le recevra de ce qui est à Moi.»

 

III. — CONSOLATION DANS LES TRIOMPHES QUI COURONNERONT LA LUTTE

«Un peu de temps et vous ne Me verrez plus; et encore un peu de temps et vous Me reverrez, parce que Je vais à Mon Père.»27

Les Disciples se demandèrent l’un à l’autre:

«Que veut-Il dire?…: “Un peu de temps et vous ne Me verrez plus, puis encore un peu de temps et vous Me reverrez parce que Je vais à Mon Père”…? Que signifie cette parole: “Un peu de temps”? Nous ne savons ce qu’Il veut dire…»

Voyant qu’ils voulaient L’interroger, Jésus reprit:

«Vous vous demandez l’un à l’autre, ce que signifie cette parole: “Un peu de temps et vous ne Me verrez plus, et puis encore un peu de temps et vous Me reverrez.”

«En vérité, en vérité, Je vous le dis: vous pleurerez et vous gémirez, et le monde se réjouira; et vous, vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie.

«La femme aussi est dans la tristesse quand elle enfante, parce que son heure est venue: mais dès qu’elle a enfanté un fils, elle oublie sa douleur, dans la joie qu’elle éprouve de ce qu’un homme est venu au monde.

«Et vous aussi, vous voilà maintenant dans la tristesse. Mais Je vous verrai de nouveau: alors votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.28

«En ce jour-là, vous n’aurez plus à Me poser de questions.»

 

IV. — CONSOLATION DANS L’EFFICACITÉ DE LA PRIÈRE

«En vérité, en vérité, Je vous le dis, ce que vous demanderez à Mon Père en Mon Nom, Il vous le donnera. Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en Mon Nom.29 Demandez et vous recevrez, et vous serez au comble de la joie.»

 

CONCLUSION DU DISCOURS

Saint Jean XVI, 25-33

«Tout cela, Je vous l’ai dit en paraboles. Vient l’heure où Je ne vous enseignerai plus en paraboles, mais où Je vous parlerai ouvertement de Mon Père.30 En ce jour, vous demanderez en Mon Nom, et Je ne vous dis point que Je prierai le Père pour vous;31 car le Père aussi vous aime, parce que vous M’avez aimé et que vous avez cru que Je suis sorti de Dieu.

«Je suis sorti du Père et Je suis venu dans le monde; maintenant Je quitte le monde et Je retourne au Père.

C’est maintenant, s’écrièrent les Disciples, que Vous parlez ouvertement et sans aucune figure. C’est maintenant que nous connaissons que Vous savez toutes choses et qu’il n’est pas besoin que l’on Vous interroge. Aussi nous croyons que Vous êtes sorti de Dieu.

Vous croyez maintenant? dit alors Jésus. Voici venir l’heure, déjà même elle est venue, où vous vous disperserez, chacun de votre côté, et où vous Me laisserez seul!… Seul, non Je ne le suis pas, puisque le Père est avec Moi.

«Je vous ai dit ces choses, pour que vous trouviez en Moi votre paix. Dans le monde, vous serez pressurés par la tribulation. Mais ayez confiance!… J’ai vaincu le monde!…»

 

PRIÈRE SUPRÊME DE JÉSUS À SON PÈRE

Saint Jean XVII, 1-26

 

I. — JÉSUS PRIE POUR LUI-MÊME

Ainsi parla Jésus; puis levant les yeux au ciel, Il dit:

«Père, voici l’heure!…

«Pour que Votre Fils Vous glorifie, glorifiez Votre Fils, selon la puissance que Vous Lui avez conférée sur toute chair, afin qu’Il donne la vie éternelle à tous ceux que Vous Lui avez livrés.

«La vie éternelle, c’est de Vous connaître, Vous seul vrai Dieu, et Celui que Vous avez envoyé, Jésus-Christ!

«Sur la terre, Je Vous ai glorifié; l’oeuvre que Vous M’aviez chargé d’accomplir, Je l’ai achevée.

«Et maintenant, ô Père, glorifiez-Moi en Vous-même de cette gloire que J’ai eue en Vous, avant l’existence du monde.»

 

II. — JÉSUS PRIE POUR SES DISCIPLES

«J’ai manifesté Votre Nom aux hommes que Vous avez séparés du monde, et que Vous M’avez donnés. Ils étaient à Vous, et Vous Me les avez donnés; et ils ont gardé Votre parole. Maintenant ils savent que tout ce que Vous M’avez donné vient de Vous. Je leur ai dit les paroles que Vous-même M’avez dites, et ils les ont reçues. Ils ont, en toute vérité, reconnu que Je suis sorti de Vous, ils ont cru que Vous M’avez envoyé.

«C’est pour eux que Je prie! Je ne prie point pour le monde;32 mais pour ceux que Vous M’avez donnés, parce qu’ils sont à Vous. Car tout ce que J’ai est à Vous, et tout ce qui est à Vous est à Moi: Je suis glorifié en eux.

«Bientôt J’aurai quitté le monde; mais eux, ils restent dans le monde, et Moi, Je retourne à Vous.

«Père saint! par Votre Nom, conservez ceux que Vous M’avez donnés, afin qu’ils soient un, comme Nous le sommes.

«Tandis que J’étais avec eux, Je les conservais par Votre Nom. Ceux que Vous M’avez donnés, Je les ai gardés et pas un seul d’entre eux n’a péri, si ce n’est le fils de perdition, en qui s’est réalisée l’Écriture. Mais maintenant Je retourne vers Vous.

«Toutes ces choses, Je les dis pendant que Je suis encore en ce monde, pour qu’ils aient en eux-mêmes la plénitude de Ma joie.

«Je leur ai transmis Votre parole, et le monde les a pris en haine, parce qu’ils ne sont point du monde.

«Je ne Vous demande point de les retirer du monde, mais de les préserver du mal.

«Ils ne sont point du monde, comme Moi-même Je ne suis point du monde.

«Sanctifiez-les dans la vérité! La vérité, c’est Votre parole.33

«De même que Vous M’avez envoyé dans le monde, ainsi Je les ai Moi-même envoyés dans le monde.34

«Et Moi-même Je Me sanctifie pour eux, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.»

III. — JÉSUS PRIE POUR TOUS LES FIDÈLES

«Ce n’est pas seulement pour eux que Je prie, mais aussi pour ceux qui, par leur parole, croiront en Moi.

«Que tous ils ne soient qu’un!35 Comme Vous, Père, êtes en Moi, comme Moi, Je suis en Vous: ainsi qu’ils soient un en Nous!36 afin que le monde croie que Vous M’avez envoyé.37

«Si Je les ai associés à la gloire que J’ai reçue de Vous, c’est pour qu’ils soient un, comme Nous-mêmes Nous sommes un.

«Moi en eux et Vous en Moi! Qu’ils soient ainsi consommés en un! afin que le monde reconnaisse que c’est Vous qui M’avez envoyé, et que Vous les avez aimés du même amour dont Vous M’avez aimé.

«Père! ceux que Vous M’avez donnés, Je veux que là où Je suis, ils soient eux-mêmes avec Moi! Je veux qu’ils contemplent la gloire que Vous M’avez donnée! Car Vous M’avez aimé avant la constitution du monde.

«Père juste! Le monde ne Vous a point connu! Mais Moi, Je Vous ai connu, et ceux-ci ont compris que Vous M’avez envoyé. Je leur ai manifesté Votre Nom; Je le leur ferai connaître encore, afin que l’amour dont Vous M’avez aimé soit en eux, et que Moi-même Je sois en eux!»

 

LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

 

I. — DU CÉNACLE À GETHSÉMANI

Saint Matthieu XXVI, 30-35; Saint Marc XIV, 26-31; Saint Luc XXII, 39; Saint Jean XVIII, 1

Après ces paroles, Jésus récita l’hymne d’action de grâces; puis Il sortit et, selon Sa coutume, Il Se dirigea de l’autre côté du Cédron, vers le mont des Oliviers.

Alors Il dit à Ses Disciples qui Le suivaient:

«Cette nuit même, Je serai votre scandale,38 et tous vous succomberez, car il est écrit: “Je frapperai le Pasteur et les brebis du troupeau seront dispersées.” Mais, après que Je serai ressuscité, Je vous précéderai en Galilée.»

Pierre se récria:

«Et quand même tous se scandaliseraient à Votre sujet, moi, jamais je ne serai scandalisé!

Cette nuit même, reprit Jésus, avant le deuxième chant du coq, tu M’auras renié trois fois. Je te le déclare en vérité.»

Et Pierre de protester avec un redoublement d’énergie:

«Quand il me faudrait mourir avec Vous, je ne Vous renierai point!»

Tous les autres tinrent le même langage.

 

II. — GETHSÉMANI

Saint Matthieu XXVI, 36-46; Saint Marc XIV, 32-42; Saint Luc XXII, 40-46; Saint Jean XVIII, 1-2

De l’autre côté du torrent du Cédron se trouvait une villa, avec un jardin du nom de Gethsémani.39 Jésus y entra avec Ses Disciples. Comme Il y venait souvent prier avec eux, ce lieu était connu de Judas, qui Le trahissait.

Alors Jésus dit à Ses Disciples:

«Asseyez-vous ici, pendant que J’irai plus loin pour prier. Priez vous-mêmes, pour ne point entrer dans la tentation.»

Il prit seulement avec Lui Pierre et les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, et Il commença à être saisi d’effroi et de dégoût,40 de tristesse et d’angoisses.

«Mon âme est triste jusqu’à la mort, disait-Il; demeurez ici et veillez avec Moi.»

Puis, Il S’éloigna d’eux, à la distance d’environ un jet de pierre et, S’étant agenouillé la face contre terre, Il pria pour que, s’il se pouvait, l’heure qui allait venir passât loin de Lui.

«Mon Père, disait-Il, s’il est possible! et tout Vous est possible, éloignez de Moi ce calice. Cependant, que Votre Volonté se fasse, et non la Mienne!»

Il interrompit Sa prière, pour aller vers Ses Disciples; Il les trouva qui dormaient, accablés par la tristesse.

«Simon, tu dors! dit-Il à Pierre. Tu n’as donc pu veiller une heure avec Moi!»

Puis, S’adressant aux deux autres:

«Quoi! vous dormez! ainsi, vous n’avez pu veiller une heure avec Moi!… Levez-vous, veillez et priez pour ne pas entrer en tentation; car, si l’esprit est prompt, la chair est faible.»

De nouveau Il S’éloigna et reprit la même prière:

«Mon Père! si ce calice ne peut passer sans que Je le boive, que Votre Volonté s’accomplisse!»

Il revint encore vers Ses Disciples: Il les trouva dormant toujours; leurs yeux étaient appesantis par le sommeil, et ils ne savaient ce qu’ils Lui répondaient.

Les ayant laissés, Il S’en alla et pria pour la troisième fois, redisant les mêmes paroles:

«Mon Père, si Vous le voulez, éloignez de Moi ce calice! néanmoins, que ce ne soit pas Ma volonté, mais la Vôtre qui s’accomplisse!»

Il était tombé en agonie et Sa prière se faisait de plus en plus pressante. Il Lui vint une sueur, comme de gouttes de sang, ruisselant jusqu’à terre. Alors un Ange, venu du ciel, Lui apparut et Le fortifia.

Une troisième fois, Il retourna vers Ses Disciples:

«Dormez maintenant, leur dit-Il, et reposez-vous!… Mais, c’est assez!… L’heure est venue!… Voici que le Fils de l’Homme va être livré aux mains des pécheurs… Levez-vous!… Allons!… Celui qui doit Me trahir approche!…»

 

III. — LE TRAÎTRE

Saint Matthieu XXVI, 47-50; Saint Marc XIV, 43-45; Saint Luc XXII, 47-48; Saint Jean XVIII, 3

Il parlait encore lorsque parut Judas Iscariote, l’un des Douze. Il était accompagné d’une cohorte. En outre, les Pontifes, les Pharisiens, les Princes des prêtres, les Scribes et les Anciens du peuple avaient envoyé leurs valets avec des lanternes, des torches et des armes. Tout autour s’agitait une foule nombreuse, munie d’épées et de bâtons.

Or le traître leur avait donné ce signe:

«Celui que je baiserai,41 c’est Lui! Saisissez-Le et prenez vos précautions pour L’emmener.»

Judas s’avança donc… puis hâtivement, il s’approcha de Jésus:

«Salut, Maître!» Lui dit-il.

Et il Le baisa…

«Ami, lui dit Jésus, qu’es-tu venu faire?… Judas!… Tu trahis le Fils de l’Homme par un baiser!…»

 

IV. — L’ARRESTATION

Saint Matthieu XXVI, 50-56; Saint Marc XIV, 46-52; Saint Luc XXII, 49-53; Saint Jean XVIII, 4-12

Jésus, sachant tout ce qui devait Lui arriver, Se présenta devant les satellites et leur dit:

«Qui cherchez-vous?

Jésus de Nazareth!» crièrent-ils.

Il répondit:

«C’est Moi!»

Au milieu d’eux se tenait Judas, qui Le trahissait.

Dès que Jésus leur eut dit: «C’est Moi!» ils reculèrent et tombèrent à la renverse.

De nouveau, Jésus leur demanda:

«Qui cherchez-vous?

Jésus de Nazareth! répétèrent-ils.

Je vous l’ai dit: c’est Moi! reprit Jésus. Puisque c’est Moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci.»

Ainsi s’accomplissait la parole que Lui-même avait dite: «De ceux que Vous M’avez donnés, Je n’en ai perdu aucun.»

Les hommes de la cohorte s’approchèrent aussitôt, mirent la main sur Jésus et s’assurèrent de Lui.

Pressentant ce qui allait advenir, ceux qui L’entouraient s’écrièrent:

«Seigneur! si nous frappions de l’épée?»

Et, sans attendre la réponse, Simon-Pierre qui avait une épée, la tira du fourreau, en frappa un valet du Grand-Prêtre, et lui coupa l’oreille droite. Ce valet se nommait Malchus.

«Laissez cet homme venir jusqu’ici,» dit Jésus.

Puis Il toucha son oreille et le guérit.

S’adressant alors à Pierre:

«Remets ton épée dans le fourreau, car tous ceux qui prendront l’épée, périront par l’épée… Ne faut-il pas que Je boive le calice que Mon Père M’a donné?… Crois-tu que Je ne puisse invoquer Mon Père, qui M’enverrait aussitôt plus de douze légions d’Anges?… Mais comment s’accompliraient les Écritures, qui annoncent qu’il en doit être ainsi?…»

Se tournant ensuite vers la troupe, au milieu de laquelle se trouvaient des Princes des prêtres, des Gardes du Temple et des Anciens:

«Pour Me prendre, leur dit-Il, vous êtes venus avec des épées et des bâtons, comme si J’étais un brigand. Cependant, tous les jours, Je Me tenais assis au milieu de vous, pour enseigner dans le Temple, et vous n’avez pas mis la main sur Moi. Mais maintenant, c’est votre heure, c’est l’heure de la puissance des ténèbres.

«Or, tout ceci s’est fait pour l’accomplissement de ce qui est écrit dans les Prophètes.»

Alors les hommes de la cohorte, leur Commandant, et les satellites des Juifs se jetèrent sur Jésus et Le garrottèrent.

En ce moment, Ses Disciples, tous à la fois, L’abandonnèrent et s’enfuirent. Un jeune homme qui était là, couvert seulement d’un drap, voulut suivre Jésus; les satellites le saisirent; mais, laissant le drap entre leurs mains, il s’échappa ainsi.

 

V. — JÉSUS DEVANT ANNE

Saint Matthieu XXVI, 57-58; Saint Marc XIV, 53-54; Saint Luc XXII, 54; Saint Jean XVIII, 13-16, 19-24

Ils conduisirent Jésus d’abord chez Anne. C’était le beau-père de Caïphe, Grand-Prêtre de cette année-là.

Simon-Pierre avait suivi Jésus de loin, ainsi qu’un autre Disciple. Cet autre Disciple, qui était connu du Pontife, était entré, avec Jésus, dans le vestibule du palais. Pierre était resté dehors, debout près de la porte. Le Disciple connu du Pontife sortit alors, parla à la portière et le fit entrer.

Le Pontife interrogea Jésus sur Ses Disciples et sur Sa Doctrine.

«J’ai parlé publiquement au monde, répondit Jésus. Toujours J’ai enseigné dans les synagogues et dans le Temple, où tous les Juifs s’assemblent, et Je n’ai rien dit en secret. Pourquoi M’interrogez-vous? Interrogez ceux qui M’ont entendu; ceux-là savent ce que J’ai dit.»

Sur cette réponse, un des valets qui étaient de service donna un soufflet à Jésus:

«Est-ce ainsi, Lui cria-t-il, que Tu parles au Grand-Prêtre?

Si J’ai mal parlé, dit Jésus, montre en quoi J’ai eu tort; mais si J’ai bien parlé, pourquoi Me frappes-tu?»

Anne ordonna que Jésus fût conduit, avec Ses chaînes, au Grand-Prêtre Caïphe. C’était celui-là même qui avait donné ce conseil aux Juifs: «Qu’il est avantageux qu’un seul homme meure pour le peuple.»

 

VI. — JÉSUS DEVANT CAÏPHE

Saint Matthieu XXVI, 59-66; Saint Marc XIV, 53, 55-64

Tous les Prêtres, les Scribes et les Anciens du peuple s’étaient rassemblés chez Caïphe.

Or les Grands-Prêtres et tout le Conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour Le faire mourir, et ils n’en trouvaient point. Plusieurs, il est vrai, avaient fait de mensongères dépositions; mais leurs témoignages étaient contradictoires.

Les deux derniers qui se présentèrent, déposèrent ainsi:

«Nous Lui avons entendu dire: “Je puis détruire ce Temple, bâti de la main des hommes et, en trois jours, en rebâtir un autre, qui ne sera pas fait par la main des hommes”.»

Toutefois leurs assertions ne s’accordaient point.

Alors le Grand-Pontife, se levant au milieu de l’assemblée, voulut lui-même interroger Jésus:

«N’as-Tu rien à répondre, Lui demanda-t-il, à ce que ceux-ci déposent contre Toi?»

Jésus garda le silence et ne donna aucune réponse.

Le Grand-Pontife Lui posa encore cette question:

«Es-Tu le Christ? le Fils du Dieu béni? Dis-le-nous! Je T’en adjure par le Dieu vivant!

Tu l’as dit, Je le suis!… répondit Jésus. Et, Je vous le déclare, vous verrez un jour le Fils de l’Homme, assis à la droite de la Puissance divine et venant sur les nuées du ciel.»

Alors le Grand-Pontife déchira ses vêtements.

«Il a blasphémé! s’écria-t-il. Qu’avons-nous encore besoin de témoins?… Vous avez entendu le blasphème: que vous en semble?»

Et tous de répondre:

«Il mérite la mort!»

 

VII. — RENIEMENT DE PIERRE

Saint Matthieu XXVI, 58, 69-75; Saint Marc XIV, 54, 66-72; Saint Luc XXII, 55-62; Saint Jean XVIII, 17-18, 25-27

Il faisait froid. Les satellites et les valets avaient allumé du feu au milieu de la cour et, rangés autour du brasier, les uns assis, les autres debout, ils se chauffaient. Pierre s’était assis au milieu d’eux et il se chauffait, attendant l’issue de cette affaire.

Survint la servante du Pontife, chargée de garder la porte. Ayant aperçu l’Apôtre qui se chauffait, elle s’approcha de lui et le considéra avec attention.

«En voici un, dit-elle, qui était avec le Nazaréen.»

Puis, le regardant bien en face:

«Oui, tu étais avec Jésus de Galilée!»

Pierre le nia devant tout le monde:

«Femme, je ne Le connais pas!… je ne sais… je ne puis comprendre ce que tu dis.»

Alors, il sortit de la cour, se dirigeant vers le vestibule; mais, comme il y arrivait, une autre servante le remarqua et cria aux valets:

«Celui-ci était certainement avec Jésus de Nazareth!»

Un instant après, un serviteur le rencontre:

«Et toi aussi, lui dit-il, tu es de ces gens-là!»

À ce moment le coq chanta.

Pierre revient auprès du foyer et, se tenant debout, il se remet à se chauffer.

«N’étais-tu pas de Ses Disciples?» lui demandent les valets.

Une seconde fois, il le nie avec serment:

«Non! vous dis-je, non! je ne connais aucunement cet homme!»

Environ une heure après, ceux qui étaient là, lui dirent:

«Assurément, tu es de la bande, car tu es de Galilée: ton langage te trahit.»

L’un des valets du Pontife, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, l’accusa à son tour:

«Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec Lui?»

Pierre le nia encore, et il se mit à faire des imprécations, à multiplier les serments et les protestations:

«Non! répétait-il, je ne connais pas cet homme-là: je ne sais ce que vous voulez dire!»

Et le coq chanta pour la seconde fois.

Jésus passait au même moment.42 Il Se tourna vers Pierre et Il arrêta sur lui Son regard.

Alors Pierre se ressouvint de la parole que le Seigneur lui avait dite: «Avant que le coq chante deux fois, tu Me renieras trois fois.»

Il sortit et, une fois dehors, il fondit en larmes amères.

 

VIII. — LES OUTRAGES DES VALETS ET DES SATELLITES

Saint Matthieu XXVI, 67-68; Saint Marc XIV, 65; Saint Luc XXII, 63-65

Et Jésus fut conduit au cachot des condamnés.

Alors, ceux qui étaient chargés de Le garder, se firent un jeu de Le meurtrir de coups. Ils Lui crachaient au visage, ils Lui couvraient les yeux d’un voile et L’accablant de soufflets:

«Christ! disaient-ils, devine qui T’a frappé?»

Ils Lui firent subir enfin toutes sortes d’outrages, en vomissant contre Lui les plus abominables blasphèmes.43

 

VENDREDI SAINT

IX. — JÉSUS DEVANT LE SANHÉDRIN

Saint Matthieu XXVII, 1; Saint Marc XV, 1; Saint Luc XXII, 66-71

À la naissance du jour, les membres du Conseil: Grands-Prêtres, Princes des prêtres sans exception, Scribes, Anciens du peuple, se réunirent en toute hâte, pleins de haine contre Jésus, et dans le dessein de Le condamner à mort. Ils Le firent comparaître devant leur assemblée, et Lui dirent:

«Déclare-nous si Tu es le Christ!

Si Je vous le dis, vous ne Me croirez point, répondit Jésus. Si à Mon tour Je vous interroge, vous ne Me donnerez point de réponse et ne Me rendrez point la liberté. Et pourtant, désormais le Fils de l’Homme siégera à la droite de la Puissance de Dieu.»

Et tous ensemble:

«Tu es donc le Fils de Dieu?

Vous le dites, Je le suis!» répondit Jésus.

Alors ils s’écrièrent:

«Qu’avons-nous encore besoin de témoignage? Nous venons de l’entendre de Sa propre bouche.»

 

X. — LES REMORDS ET LE SUICIDE DU TRAÎTRE

Saint Matthieu XXVII, 3-10

Voyant que Jésus était condamné, Judas, le traître, poussé par le remords, rapporta aux Princes des prêtres et aux Anciens les trente pièces d’argent.

«J’ai péché, dit-il, en livrant le sang du Juste!

Que nous importe? C’est ton affaire!»

Là-dessus, Judas jette les pièces d’argent dans le Temple, il sort et va se pendre.44

Les Princes des prêtres ramassèrent l’argent.

«Il n’est point permis, dirent-ils, de le verser dans le Trésor, parce que c’est le prix du sang.»

Plus tard, après en avoir conféré ensemble, ils achetèrent, de cette somme, le champ d’un potier, pour la sépulture des étrangers. C’est pourquoi ce champ fut appelé, dans leur langue: Haceldama, c’est-à-dire le Champ du Sang, nom qui lui est resté jusqu’à ce jour.

Ainsi fut réalisé l’oracle du Prophète: «Ils ont pris les trente pièces d’argent, prix auquel fut estimé, par les Fils d’Israël, Celui dont ils ont supputé la valeur. Et ils les ont données pour le champ d’un potier, comme le Seigneur me l’a fait voir.»

 

XI. — JÉSUS DEVANT PILATE

Saint Matthieu XXVII, 2, 11-14; Saint Marc XV, 1-5; Saint Luc XXIII, 1-4; Saint Jean XVIII, 28-38

Dès que Jésus Se fut déclaré le Fils de Dieu, tous les membres du Conseil se levèrent en foule et, après L’avoir fait garrotter, ils L’emmenèrent pour Le livrer au Gouverneur Ponce-Pilate.

On était encore au matin. Les Juifs n’entrèrent point dans le prétoire, dans la crainte de contracter une souillure légale et de ne pouvoir manger la Pâque.

Pilate vint donc à eux sur le seuil de son prétoire; il leur demanda:

«Quelle accusation portez-vous contre cet homme?»

Ils répondirent:

«Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne vous L’aurions pas livré.

Prenez-Le vous-mêmes alors, dit Pilate, et jugez-Le selon votre Loi.

Il ne nous est plus permis d’infliger la peine de mort à personne,» repartirent les Juifs.

Il fallait en effet que s’accomplît la parole de Jésus, annonçant de quelle mort Il devait mourir.

Et les Juifs commencèrent à formuler leurs accusations:

«Cet homme, nous L’avons trouvé bouleversant notre nation, défendant de payer le tribut à César, et S’arrogeant le titre de Christ-Roi.»

Pilate rentra dans le prétoire et fit venir Jésus, qui Se tint debout devant lui:

«Est-ce que Tu es le Roi des Juifs? Lui demanda-t-il.

Parles-tu de toi-même, lui dit Jésus, ou d’après ce que d’autres t’ont rapporté de Moi?

Est-ce que je suis Juif, moi? répliqua Pilate. Ta nation, Tes prêtres Te traduisent à mon tribunal: qu’as-Tu fait?

Ma royauté, répondit Jésus, ne vient pas de ce monde.45 Si Ma royauté venait de ce monde, Mes hommes n’auraient pas manqué de combattre, pour M’éviter de tomber entre les mains des Juifs. Non, pour l’heure présente, Mon Royaume n’est pas d’ici.

Tu es donc Roi? fit Pilate.

Tu le dis, Je suis Roi!… Je suis né, Je suis venu en ce monde pour rendre témoignage à la Vérité. Quiconque est du parti de la Vérité entend Ma voix.

Qu’est-ce que la Vérité?» dit le Gouverneur.

Et, sur cette question, il retourna dehors, vers les Princes des prêtres et la foule des Juifs et leur dit:

«Je ne trouve, en cet homme, aucun sujet de condamnation.»

Alors les Princes des prêtres et les Anciens multiplièrent leurs accusations; Jésus gardait le silence.

«N’entends-Tu pas, s’écria Pilate, combien de témoignages ils accumulent contre Toi? N’as-Tu rien à répondre?»

Mais Jésus ne lui adressa pas même un seul mot, ce qui causa au Gouverneur un profond étonnement.

 

XII. — JÉSUS DEVANT HÉRODE

Saint Luc XXIII, 5-12

Cependant les Juifs insistaient avec véhémence, et criaient:

«Il soulève le peuple par les doctrines qu’Il sème, depuis la Galilée, où Il a commencé, jusque dans toute la Judée, et même jusqu’ici.»

Pilate entendant nommer la Galilée, demanda si cet homme était Galiléen. Dès qu’il eut appris que Jésus était de la juridiction d’Hérode, il Le renvoya devant ce prince, qui se trouvait alors à Jérusalem.

Hérode, en voyant Jésus, éprouva une vive satisfaction. Depuis longtemps il désirait Le connaître, à raison de tout ce qu’on lui avait rapporté de Lui, et parce qu’il espérait Lui voir opérer quelque prodige.

Il se mit donc à Lui poser une multitude de questions.

Jésus ne lui répondit rien.

Or, les Princes des prêtres et les Scribes se tenaient là, debout, ne se lassant pas de L’accuser.

Hérode, avec sa garde, couvrit Jésus de mépris. Il Le fit affubler d’une robe blanche46 et s’en amusa. Puis il Le renvoya à Pilate.

Et, de ce jour, Hérode et Pilate devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.

 

XIII. — BARABBAS

Saint Matthieu XXVII, 15-23, 26; Saint Marc XV, 6-15; Saint Luc XXIII, 13-25; Saint Jean XVIII, 39-40

Pilate fit approcher les Princes des prêtres, les magistrats et le peuple, et leur adressa ces paroles:

«Vous m’avez présenté cet homme, comme soulevant la nation; voilà cependant que je L’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en Lui aucun sujet de condamnation sur les chefs dont vous L’accusez. Hérode, à qui je vous ai renvoyés, n’a rien relevé non plus. Il n’y a donc rien d’établi contre Lui qui mérite la mort. C’est pourquoi je vais Lui faire infliger un châtiment et Le mettre ensuite en liberté.»

Or, c’était l’usage, au jour de la fête, que le Gouverneur leur accordât la délivrance d’un prisonnier, qu’eux-mêmes lui désignaient. Un malfaiteur insigne, appelé Barabbas, se trouvait alors en prison. Il était enchaîné avec les séditieux, pour avoir tué un homme dans une révolte.

En ce moment, le peuple se présenta devant le prétoire et réclama la grâce que le Gouverneur accordait toujours.

Ayant fait approcher la foule, Pilate prit la parole et dit:

«C’est la coutume que je vous délivre un prisonnier, à la fête de la Pâque, voulez-vous que j’élargisse le Roi des Juifs?… Lequel voulez-vous, de Barabbas ou de Jésus, qu’on appelle le Christ?»

Il savait bien, en effet, que les Grands-Prêtres ne Le lui avaient livré que par envie.

Cependant sa femme lui envoya dire, tandis qu’il siégeait sur son tribunal: «Ne vous commettez pas dans la cause de ce Juste, car aujourd’hui j’ai souffert étrangement en songe, à Son sujet.»

Mais les Pontifes, les Princes des prêtres et les Anciens avaient travaillé le peuple, et l’avaient excité à réclamer l’élargissement de Barabbas et la mort de Jésus.

Aussi, quand le Gouverneur renouvela sa question:

«Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre?»

Ce fut une explosion unanime dans la foule:

«Barabbas! Non pas Celui-ci, mais Barabbas! Enlevez Celui-ci, et donnez-nous Barabbas!

Mais que ferai-je de Jésus, de ce Roi des Juifs, appelé le Christ?» répliqua Pilate.

Tous redoublèrent leurs cris:

«Qu’Il soit crucifié!

Mais enfin, quel mal a-t-Il donc fait?» insista le Gouverneur.

Les Juifs criaient toujours plus fort:

«Qu’Il soit crucifié!»

Pilate était décidé à délivrer Jésus. Il leur parla de nouveau. Mais les clameurs devenaient de plus en plus violentes:

«Crucifiez-Le! Crucifiez-Le!»

Une troisième fois, il leur dit:

«Qu’a-t-Il fait de mal? Je ne trouve rien en Lui qui mérite la mort; je Le châtierai donc, puis je Le renverrai.»

Mais ils s’acharnaient et demandaient à grands cris, qu’Il fût crucifié, et leurs vociférations s’élevaient toujours plus menaçantes.

Alors Pilate, voulant donner satisfaction au peuple, fit élargir Barabbas, le prisonnier rebelle et assassin qu’ils réclamaient, et abandonna Jésus à leur merci.

 

XIV. — FLAGELLATION ET COURONNEMENT D’ÉPINES

Saint Matthieu XXVII, 26-30; Saint Marc XV, 15-19; Saint Luc XXIII, 24-25; Saint Jean XIX, 1-3

Pilate prit Jésus et Le fit d’abord flageller.47 Ensuite, les soldats Le traînèrent dans la cour du prétoire, réunissant autour de Lui la cohorte entière. L’ayant dépouillé de Ses vêtements, ils Le couvrirent d’un manteau de couleur écarlate. Puis ils tressèrent une couronne avec des épines, et l’enfoncèrent sur Sa tête. Dans Sa main droite, ils mirent un roseau. Après quoi, faisant devant Lui des génuflexions dérisoires, ils Le raillèrent en répétant:

«Salut! Roi des Juifs!»

Ils Lui donnaient des soufflets, Lui crachaient au visage et, prenant le roseau, ils Lui en assénaient des coups sur la tête.

 

XV. — ECCE HOMO

Saint Jean XIX, 4-11

Quand les soldats romains eurent fini de s’amuser de Jésus ils Le reconduisirent au prétoire.

Pilate sortit de nouveau, et dit au peuple:

«Voici que je vous Le présente encore une fois, pour que vous sachiez bien que je ne trouve en Lui aucun sujet de condamnation.»

Et Jésus parut en effet, portant la couronne d’épines et couvert du manteau écarlate.

«Voilà l’Homme!» dit Pilate.

Dès qu’ils Le virent, les Pontifes et les satellites jetèrent ce cri:

«Crucifiez-Le! Crucifiez-Le!

Prenez-Le donc vous-mêmes, et crucifiez-Le! s’écria Pilate. Quant à moi je ne Le trouve nullement condamnable.

Nous avons une Loi, répliquèrent les Juifs et, selon notre Loi, il faut qu’Il meure! parce qu’Il Se donne comme le Fils de Dieu.»

À cette parole, Pilate fut encore saisi d’un plus grand effroi. Étant rentré dans le prétoire, il dit à Jésus:

«D’où viens-Tu?»48

Jésus ne lui fit aucune réponse.

«Tu ne me parles pas? reprit Pilate. Ignores-Tu que j’ai le pouvoir de Te faire crucifier, et que j’ai aussi le pouvoir de Te délivrer?

Tu n’aurais sur Moi aucun pouvoir, répondit Jésus, si tu ne l’avais reçu d’En-Haut. Et c’est ce qui aggrave le crime de celui qui Me livre à toi.»

 

XVI. – LA CONDAMNATION

Saint Matthieu XXVII, 24-25, 31; Saint Marc XV, 20; Saint Jean XIX, 12-16

Plus que jamais Pilate cherchait à délivrer Jésus.

Mais les Juifs redoublèrent leurs clameurs:

«Si tu Le délivres, tu n’es pas l’ami de César: car quiconque se fait roi, s’élève contre César.»

Pilate, entendant ces cris, fit amener Jésus dehors, et s’assit sur son tribunal, au lieu appelé en grec: Lithostrotos (estrade de pierre) et en hébreu: Gabbatha (la terrasse). On approchait de la sixième heure (midi) de la veille de la Pâque.

Pilate dit aux Juifs:

«Voici votre Roi!

À mort! à mort! crucifiez-Le! crièrent-ils.

Quoi donc? reprit Pilate, crucifierai-je votre Roi?»

Les Pontifes répliquèrent:

«Nous n’avons d’autre roi que César!»

Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, et que le tumulte allait croissant, se fit apporter de l’eau, et, se lavant les mains devant le peuple, il dit:

«Je suis innocent du sang de ce Juste; vous en répondrez!»

Et tout le peuple de vociférer:

«Que Son sang retombe sur nous et sur nos enfants!»49

Alors Pilate ordonna qu’il fût fait selon la volonté des Juifs, et il leur abandonna Jésus pour être crucifié.

Après s’être encore joués de Lui, les soldats Lui arrachèrent le manteau écarlate, Lui rendirent Ses vêtements et L’entraînèrent hors de la ville pour Le crucifier.

 

XVII. — LA VOIE DU CALVAIRE

Saint Matthieu XXVII, 32-34; Saint Marc XV, 21-23; Saint Luc XXIII, 26-33; Saint Jean XIX, 17

Jésus, chargé de Sa croix, Se mit donc en marche vers le lieu appelé Calvaire,50 ou en hébreu Golgotha. Après Lui marchaient deux malfaiteurs, qui allaient subir la peine de mort.

Comme le cortège allait sortir de la ville, les soldats rencontrèrent un certain Simon de Cyrène, père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait de sa métairie. Ils le réquisitionnèrent, lui mirent la croix sur les épaules et le contraignirent à la porter derrière Jésus.

Une foule immense suivait, ainsi que des femmes qui pleuraient et se lamentaient.

Jésus Se retourna vers elles.

«Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur Moi, dit-Il; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. Voici venir des jours où l’on dira: “Heureuses les stériles! heureuses les entrailles qui n’ont point engendré et les mamelles qui n’ont point allaité…” Alors on criera aux montagnes: “Tombez sur nous!” et aux collines: “Ensevelissez-nous!” Car, si l’on traite ainsi le bois vert, que sera-ce du bois sec?»51

On arriva au Calvaire; là, on Lui présenta une coupe de vin mêlé de myrrhe et de fiel. Jésus y porta les lèvres, mais Il refusa de boire.52

 

XVIII. — JÉSUS EN CROIX

Saint Matthieu XXVII, 35-50; Saint Marc XV, 25-37; Saint Luc XXIII, 33-46; Saint Jean XIX, 18-30

Alors ils Le crucifièrent… On était encore dans la sixième heure.

Ils crucifièrent avec Lui les deux voleurs, l’un à Sa droite, l’autre à Sa gauche, et Jésus au milieu.

Ainsi s’accomplit la parole de l’Écriture: «Il a été mis au rang des scélérats.»

Pilate avait écrit lui-même l’inscription indiquant la cause du supplice de Jésus; il la fit mettre au haut de la croix. Elle portait ces mots:

Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs

Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où fut crucifié Jésus était près de la ville. Elle était rédigée en trois langues: en hébreu, en grec et en latin. Aussi les Pontifes des Juifs avaient-ils réclamé auprès de Pilate:

«N’écrivez pas: “Roi des Juifs,” lui avaient-ils dit; mais bien: “Cet homme Se prétend le Roi des Juifs”.

Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit,» avait répliqué Pilate.

Et Jésus disait:

«Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font!»

Après L’avoir crucifié, les soldats s’étaient emparés de Ses vêtements, et en avaient fait quatre parts, une pour chacun.

Comme la tunique était sans couture et d’un seul tissu, depuis le haut jusqu’en bas, ils se dirent les uns aux autres:

«Ne la déchirons point, mais tirons au sort à qui elle appartiendra.»

Alors se réalisait ce que dit le Prophète: «Ils se sont partagé Mes vêtements et ils ont tiré Ma robe au sort.»

Ainsi avaient fait les soldats; puis, s’étant assis, ils Le gardaient. Tout autour, se tenait une grande foule de peuple, regardant Jésus et Le raillant. Les passants aussi Le blasphémaient; ils Lui disaient, en branlant la tête:

«Eh bien! Toi qui détruis le Temple de Dieu et le rebâtis en trois jours, sauve-Toi donc Toi-même! Si Tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!»

Les Princes des prêtres, les Scribes et les Anciens L’accablaient également de leurs moqueries:

«Il a sauvé les autres, se disaient-ils entre eux, et Il ne peut Se sauver Lui-même! S’Il est le Christ, le Roi d’Israël, qu’Il descende maintenant de la croix! et nous croirons en Lui. Il a mis en Dieu Sa confiance: que maintenant Dieu Le délivre, s’Il L’aime! N’a-t-Il pas dit: “Je suis le Fils de Dieu”?»

Les soldats eux-mêmes ne Lui épargnaient pas leurs insultes: ils s’approchaient de la croix et Lui offraient du vinaigre en Lui disant:

«Sauve-Toi donc, si Tu es le Roi des Juifs!»

Il n’y avait pas jusqu’aux voleurs, crucifiés avec Lui, qui ne Le couvrissent de leurs sarcasmes.

Mais bientôt, tandis que l’un des deux continuait de blasphémer en disant:

«Si Tu es le Christ, sauve-Toi! et nous avec Toi!»

L’autre le reprit hautement en ces termes:

«N’as-tu donc aucune crainte de Dieu, toi qui subis le même tourment? Pour nous, c’est justice; nous recevons la peine méritée par nos crimes. Mais Celui-ci n’a fait aucun mal.»

Puis, s’adressant à Jésus:

«Seigneur, Lui dit-il, souvenez-Vous de moi quand Vous serez arrivé dans Votre Royaume!»

Jésus lui répondit:

«En vérité Je te le déclare: aujourd’hui même tu seras avec Moi dans le Paradis.»

Près de la croix, se tenaient debout, Sa Mère, et la soeur de Sa Mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie-Madeleine.

Jésus regarda Sa Mère et, debout près d’Elle, le Disciple qu’Il aimait, et Il dit à Sa Mère:

«Femme, voilà Votre fils!»

Puis Il dit au Disciple:

«Voilà ta Mère!»

Et dès lors le Disciple La recueillit dans sa demeure.53

On était dans la sixième heure, quand Jésus fut crucifié; et depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième, (trois heures) les ténèbres se répandirent sur le monde entier. Le soleil avait perdu toute sa lumière.54

Vers la neuvième heure, Jésus fit entendre ce cri, d’une voix déchirante:

«Eli! Eli! lamma sabacthani!»

Ce qui signifie:

«Mon Dieu! Mon Dieu! Pourquoi M’avez-Vous abandonné?»

«Le voilà qui appelle Élie,» dirent quelques-uns de ceux qui étaient là.

Voyant que les oracles des Prophètes étaient accomplis, Jésus réalisa le dernier. Il dit:

«J’ai soif!»

Il y avait là un vase plein de vinaigre. L’un des gardes courut prendre une éponge, l’imbiba de vinaigre, et l’attachant à une tige d’hysope, il l’éleva jusqu’aux lèvres de Jésus.

Les autres disaient:

«Laisse donc! Nous verrons si Élie vient Le délivrer.

Laissez-moi vous-mêmes! répliqua celui qui Lui offrait le vinaigre. C’est justement pour voir si Élie viendra Le descendre de la croix.»

Jésus aspira le vinaigre, et dit:

«Tout est consommé!»

Puis Il S’écria d’une voix forte:

«Père! Je remets Mon âme entre Vos mains!»

En prononçant ces paroles, Il inclina la tête et Il expira…

 

XIX. — LES PRODIGES QUI SUIVENT LA MORT DE JÉSUS — LES SAINTES FEMMES

Saint Matthieu XXVII, 51-56; Saint Marc XV, 38-41; Saint Luc XXIII, 45-49

Soudain, le voile du Temple se déchira par le milieu, depuis le haut jusqu’en bas; la terre trembla, les rochers se fendirent, des sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps de saints, qui étaient morts, se levèrent. Sortant ressuscités de leurs tombeaux, ils vinrent dans la Ville Sainte et apparurent à un grand nombre, après la résurrection de Jésus.

Le Centurion qui se tenait en face de la croix, entendant le cri puissant de Jésus au moment où Il expirait, et voyant tout ce qui arrivait, rendit gloire à Dieu et s’écria:

«Cet Homme était vraiment le Fils de Dieu!»

Et ceux qui gardaient Jésus avec lui, saisis d’effroi au spectacle du tremblement de terre et des autres prodiges, dirent à leur tour:

«Oui! cet homme était un Juste! C’était bien le Fils de Dieu!»

Et toute la foule, accourue pour voir mourir Jésus, dans le saisissement que lui causaient toutes ces choses, retournait à Jérusalem en se frappant la poitrine.

Quant à ceux qui étaient de la connaissance de Jésus, ils se tenaient debout, à l’écart, observant de loin ce qui se passait. De loin aussi, regardaient les femmes qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée. Parmi celles-ci se trouvaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques le Mineur et de Joseph et Salomé, qui L’avaient accompagné et servi, lorsqu’Il était en Galilée. Il y en avait encore beaucoup d’autres qui étaient venues avec Lui jusqu’à Jérusalem.

 

XX. — LE COUP DE LANCE

Saint Jean XIX, 31-37

C’était la veille du Sabbat. Pour que les corps ne demeurassent pas en croix le lendemain, qui était le Sabbat le plus solennel, les Juifs sollicitèrent Pilate d’ordonner qu’on rompît les jambes aux suppliciés et qu’on enlevât leurs corps.

Des soldats vinrent donc, et rompirent les jambes du premier larron et de l’autre qui avaient été crucifiés avec Lui. Arrivés à Jésus, et constatant qu’Il était mort, ils ne Lui brisèrent pas les jambes. D’un coup de lance, l’un d’eux Lui ouvrit le côté, et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.55

Celui qui l’a vu en rend témoignage, et son témoignage est vrai, et il sait qu’il dit la vérité, afin que vous croyiez vous aussi.

Tout se passa ainsi pour que fût réalisée cette parole de l’Écriture: «Vous ne briserez aucun de Ses os»; et cette autre: «Celui qu’ils ont transpercé, ils Le verront!»

 

XXI. — LA DESCENTE DE LA CROIX ET LA SÉPULTURE

Saint Matthieu XXVII, 57-61; Saint Marc XV, 42-47; Saint Luc XXIII, 50-56; Saint Jean XIX, 38-42

Comme le soir approchait, arriva Joseph, riche habitant d’Arimathie, ville de Judée. C’était un homme bon et juste, qui attendait lui aussi le Royaume de Dieu, car il était Disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs. Décurion fort estimé, il n’avait consenti, ni au complot, ni aux actes des autres.

Il était allé droit à Pilate et lui avait réclamé hardiment le corps de Jésus. Pilate, surpris qu’Il eût sitôt succombé, avait fait venir le Centurion et lui avait demandé si vraiment Jésus était déjà mort.56 Sur la réponse affirmative du Centurion, il avait ordonné que le corps fût remis à Joseph.

Nicodème, celui qui dès le commencement, avait visité Jésus durant la nuit, était venu également, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès, du poids d’environ cent livres.

Joseph, qui avait acheté un linceul de toile très fine, détacha Jésus de la croix; puis tous deux Le couvrirent du linceul, L’enveloppèrent de bandelettes avec des parfums et L’ensevelirent, selon la coutume des Juifs.

Près de l’endroit où Jésus avait été crucifié, se trouvait un jardin, et dans ce jardin, un sépulcre appartenant à Joseph. Ce sépulcre, creusé dans le roc, était neuf et n’avait encore servi à personne. Comme le jour préparatoire au Grand Sabbat finissait, et que ce sépulcre était proche, ils y déposèrent le corps de Jésus.57 Enfin, ayant roulé ensemble une grosse pierre à l’entrée du monument, ils s’éloignèrent, lorsque déjà les étoiles commençaient à luire.

Assises en face du sépulcre, Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, ainsi que les femmes qui étaient venues de Galilée avec Jésus, considéraient le tombeau, et virent de quelle manière on y plaça le corps du Seigneur.

Elles se retirèrent ensuite, dans l’intention de préparer les aromates et les parfums; mais, fidèles à la Loi, elles demeurèrent en repos durant toute la journée du sabbat.

 

SAMEDI SAINT

Saint Matthieu XXVII, 62-66

Le lendemain, jour du sabbat,58 les Princes des prêtres et les Pharisiens s’étant réunis, allèrent trouver Pilate:

«Seigneur, lui dirent-ils, nous nous sommes souvenus que, de Son vivant, ce séducteur a dit: “Après trois jours, Je ressusciterai.” Ordonnez donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, de peur que Ses Disciples ne viennent L’enlever furtivement, et ne disent au peuple: “Il est ressuscité d’entre les morts.” Cette dernière tromperie serait encore pire que la première.

Vous avez des gardes,59 dit Pilate; allez et surveillez-Le comme vous savez le faire.»

Ils s’en allèrent, fermèrent soigneusement le sépulcre,60 apposèrent les scellés sur la pierre et placèrent des gardes.61

1C’était la somme qu’on versait quand on était cause de la mort d’un esclave. Aucune humiliation ne devait être épargnée au Roi des Anges et des hommes.

2En souvenir du pain non levé que leurs ancêtres avaient mangé dans leur fuite précipitée d’Égypte, les Juifs ne mangeaient, pendant sept jours, que des pains azymes ou sans levain.

3La Pâque était un repas d’action de grâces pour la délivrance d’Israël de l’oppression égyptienne; c’était aussi la figure de la grande délivrance que devait opérer le Messie.

4Jésus était homme et connaissait les émotions de l’homme, mais c’était toujours du consentement de Sa volonté.

5Par conséquent la manducation de l’agneau pascal précéda immédiatement la manducation du véritable Agneau de Dieu; le symbole s’éteignit dans l’adorable réalité.

6Enfin, la promesse faite par Notre-Seigneur, il y a un an, dans la synagogue de Capharnaüm, est réalisée; le miracle de la sagesse, de la puissance et de l’amour d’un Dieu pour Sa petite créature est accompli; il est satisfait, l’ardent désir qui a consumé le Coeur sacré de Jésus depuis le premier instant de Son incarnation. Le Fils de Dieu est notre Emmanuel, à jamais! Il est au ciel pour Son éternel triomphe; Il est au tabernacle pour la vie et la consolation de Ses enfants.

7«Comment tout cela s’est-il fait?… Dieu a tant aimé le monde! Il ne nous reste qu’à croire, et à dire avec le Disciple bien-aimé: Quant à nous, nous avons cru à l’amour que Dieu a eu pour nous!… Son amour pour moi peut l’impossible; ce qu’Il veut, Il le fait. Demander un autre comment, c’est ne pas croire à Son amour et à Sa puissance.» (Bossuet)

8Par ces paroles Notre-Seigneur crée le sacerdoce catholique; Il institue les sacrificateurs, les gardiens et les dispensateurs de Son Corps et de Son Sang.

9«La tendresse du Sacré-Coeur déchire aujourd’hui le voile qui Le dérobait aux regards. Toutes les paroles de ce discours sont autant de révélations de cette charité, s’affirmant elle-même, et demandant amour pour amour. C’est le chant triomphal de l’amour.» (R. P. Meschler)

10«Ils ne pouvaient encore Le suivre sur la croix et de la croix, au ciel; d’autre part, ils devaient conserver leur vie, pour évangéliser le monde.» (Saint Augustin)

11Ce commandement est aussi ancien que le monde, quant à l’obligation; mais il est nouveau, quant à la mesure et au degré de charité qu’il prescrit à l’égard du prochain. Il faut aimer comme Jésus nous a aimés.

12Toi aussi tu mourras sur une croix.

13Comme il a demandé la permission de tenter Job.

14En même temps que le Sauveur prédit à Pierre sa lamentable chute, Il lui annonce le glorieux privilège de sa future indéfectibilité dans la foi. Il sera désormais l’inébranlable colonne sur laquelle s’appuieront les Apôtres, et qui soutiendra toute l’Église. C’est l’effet de la prière spéciale de Jésus pour saint Pierre: «J’ai prié pour toi!»

15Les Apôtres interprétaient les paroles de Jésus dans leur sens propre. Ce divin Maître coupe court à leur réponse par ce mot: C’est assez! — ou: cela suffit, laissons cela! passons à autre chose.

16Notre-Seigneur va dire, tout à l’heure, qu’on ne saurait croire au Père sans croire au Fils, ni voir le Fils sans voir le Père, ni entendre le Fils sans entendre le Père. Donc qu’ils Lui donnent la même foi qu’ils donnent au Père. Il va les quitter; mais leur commune consolation sera d’être toujours unis d’esprit et de coeur, et cette union se réalisera: 1o par la foi; 2o par l’amour; 3o par la prière.

17Il faut alors que vous sachiez que J’ai tout prévu, et que c’est en pleine connaissance de cause, que Je Me suis livré et que Je suis allé à la croix.

18C’est le péché qui a donné au démon l’empire du monde. Il n’avait donc aucun droit sur Celui qui n’a point de péché.

19Ils quittèrent alors la salle de la Cène, peut-être pour se reposer quelques instants dans le jardin de la maison, où la vue de la vigne inspire à Notre-Seigneur la belle comparaison qui suit.

20Peut-on supposer une union plus complète, plus étroite? Nous ne faisons qu’un avec Jésus, animés du même esprit, vivant de la même vie, comme les sarments ne font qu’un avec le cep, nourris qu’ils sont de la même sève, puisée aux mêmes racines.

21Rien pour le salut, car, sans cette union on peut faire des actions moralement bonnes, mais qui sont sans mérite pour le ciel. Dieu récompense les bonnes oeuvres de l’ordre naturel par des bénédictions de l’ordre naturel. Quelquefois ces bénédictions nous acheminent à la conversion.

22Il y a grande consolation à souffrir la persécution, comme Jésus-Christ; il y a grande joie à la souffrir à cause de Lui; il y a une grande sécurité et paix à la souffrir, parce que c’est une preuve que nous sommes à Lui, et non au monde.

23Convaincre, c’est donner de telles preuves qu’on ne puisse rien leur opposer de raisonnable. S’il y a encore des incrédules, ils sont désormais sans excuse. L’un des arguments sans réplique de l’Esprit-Saint, c’est le miracle.

24Dans la persécution de Notre-Seigneur et dans le crime du Calvaire. Ce péché se renouvelle chaque fois que le monde se soulève contre Jésus-Christ, Le persécute et Le fait mourir dans Ses Disciples; chaque fois aussi qu’une âme se révolte contre son Sauveur et Le crucifie en elle-même.

25Il fera éclater au monde Ma justice et Ma sainteté, en publiant par toute la terre Ma résurrection, Mon ascension et Ma gloire à la droite du Père.

26Il prouvera le jugement futur que Je ferai et la condamnation que Je prononcerai contre les pécheurs, puisque déjà Je suis le vainqueur et le juge de leur prince, le démon.

27Un peu de temps et vous ne Me verrez plus, parce que Je serai dans le tombeau. Et peu de temps après vous Me reverrez, parce que Je serai ressuscité. Vous Me reverrez enfin pour toujours, quand vous M’aurez rejoint auprès de Mon Père.

28Vous aussi, vous ressentirez les douleurs de l’enfantement, dans vos travaux, vos fatigues, vos luttes, vos opprobres, votre martyre; mais quelle joie quand, par la puissance que Je vous communiquerai, vous aurez fait naître le monde à la vie de la grâce et de la vérité! quelle joie, quand vous Me reverrez ensuite au ciel, et que vous recevrez de Mes mains la couronne de vos victoires!… Alors, vous saurez tout, vous comprendrez tout, et vous Me bénirez de tout.

29Habitué à tout recevoir directement du Sauveur, les Apôtres n’avaient pas encore invoqué le Père au Nom de Jésus.

30Soit par Lui-même, après la résurrection, soit par le Saint-Esprit qui n’enseigne pas autre chose que ce qu’Il reçoit du Verbe «de meo accipiet».

31Il n’est pas besoin que Je vous en assure! Je prierai pour vous; et soyez certains que Je serai exaucé, non seulement à raison de Mes titres auprès du Père, mais aussi parce qu’Il vous aime. — C’est dans Son humanité que Jésus prie pour nous.

32Celui qui prétend suivre les maximes du monde, jouir des plaisirs du monde, vivre en un mot, selon le monde, et non selon l’Évangile, est exclu de la prière du Sauveur, du moins de cette prière spéciale et intime qu’Il adresse à Son Père pour Ses vrais Disciples à cette heure solennelle.

33«Cette parole, c’est la loi évangélique. Notre-Seigneur demanda que Ses Disciples y soient absolument fidèles: elle seule produit la sainteté véritable et parfaite.» (R. P. de Ligny)

34Jésus-Christ était l’envoyé de Dieu; les Apôtres étaient les envoyés de Jésus-Christ: ceux-ci ont envoyé, au nom de Dieu et de Jésus-Christ, leurs Disciples, qui en ont envoyé d’autres à leur tour. Les mains sont différentes, mais la source de la mission est toujours la même, et le dernier évêque qui sera consacré dans l’Église catholique, aura sa mission de Dieu, aussi véritablement que l’avait Jésus-Christ.

35L’unique bien qu’Il a sollicité pour Ses Apôtres, Il le demande pour tous les fidèles. Tel est le voeu ardent de Son coeur; telle est Sa volonté suprême, tel est tout le fond de Sa divine morale, le premier et le dernier mot de Son enseignement. Celui qui ne l’a pas compris, n’a rien compris à l’Évangile; celui-là n’est pas de Dieu, il n’a pas la marque de Jésus-Christ.

36«Par le moyen de Jésus-Christ qui est un avec Dieu, et qui S’est fait un avec nous, il se forme de Dieu, de Jésus-Christ et de nous, une union si intime, que le terme d’union suffit à peine pour l’exprimer, et que celui d’unité semble y être plus propre. Le mystère s’en dévoilera dans le ciel: l’union des fidèles en est l’image sur la terre.» (R. P. de Ligny)

37De même qu’on reconnaît le Créateur à l’oeuvre de la création, on reconnaît l’adorable Auteur de la loi de charité, à l’oeuvre plus belle encore de l’union parfaite des âmes et des coeurs dans la sainte Église.

38Vous serez tellement troublés, que vous perdrez toute foi et toute confiance en Moi, et que vous M’abandonnerez lâchement.

39«Gethsémani, c’est-à-dire pressoir d’huile. Il y avait en ce lieu un pressoir, auquel on apportait de toute la montagne des Oliviers, très fertile en olives, les récoltes de chaque année, pour en extraire l’huile.» (Corneille de la Pierre) C’est là aussi que l’Olive fructifiante de la maison de Dieu, le vrai Fruit de la montagne prédestinée, sera broyé, écrasé, trituré et pressuré jusqu’au sang.

40Comme homme, Il pouvait éprouver ces sentiments; comme Dieu, Il les éprouva au degré et pour le temps qu’Il voulut. Il commence par la Passion de l’âme, car l’homme avait surtout péché par son âme.

41Il était d’usage, chez les Juifs, de se donner le baiser lorsqu’on se revoyait. Les Apôtres baisaient donc Jésus chaque fois qu’ils revenaient à Lui après une absence plus ou moins prolongée.

42On Le conduisait au cachot du palais pour y être livré à tous les outrages des valets.

43Le divin Maître qui S’est résolu, durant l’agonie du jardin, à vider le calice jusqu’à la lie, accepte tout sans un mot de plainte, selon cette belle prophétie d’Isaïe: «J’ai abandonné Mon corps à ceux qui Me frappaient, et Mes joues à ceux qui M’arrachaient la barbe; Je n’ai point détourné Mon visage de ceux qui Me couvraient d’injures et de crachats.»
Job avait dit également:
«Ils n’ont pas rougi de Me cracher au visage, ils M’ont accablé de mille outrages; ils ont infligé des soufflets à Mes joues. Ils se sont rassasiés de Mon opprobre.»

44Le crime le plus énorme de Judas, ce ne fut pas d’avoir vendu son Dieu, ce fut d’avoir désespéré de Sa miséricorde.

45La Royauté de Jésus venait de plus haut que ce monde, et bien qu’Il soit le Roi de tous les peuples, Il n’aspire pas à une domination purement temporelle. Il veut régner sur les âmes, les coeurs et les volontés. Mais si Sa Royauté ne vient pas de ce monde, elle s’exerce dans ce monde, et son domaine est universel, elle s’étend sur les individus, les familles, les sociétés, les nations, sur toute l’humanité.

46La robe blanche était le vêtement des insensés.

47L’Évangile ne dit qu’un mot de cet épouvantable supplice. Mais nous savons qu’il fut poussé au dernier excès de cruauté. On peut en lire les navrants détails dans le livre du Chan. Weber intitulé: «De Gethsémani au Golgotha». (Disponible aux Éditions Magnificat)

48Viens-Tu du ciel ou de la terre?

49Pour la dernière fois, Dieu exauça le voeu des Juifs. D’après l’historien Josèphe et les écrivains contemporains, deux cent mille Juifs moururent de faim pendant le siège de Jérusalem, du 14 avril au 1er juillet de l’an 71. Près de cent seize mille cadavres sortirent par une seule porte de la cité. Un million cent mille hommes furent tués dans la ville, et deux cent quarante mille dans le reste de la Judée. Une forêt de croix s’élevait dans la campagne et le long des chemins, où d’innombrables victimes expiaient le crime du Calvaire. On ne saurait évaluer le nombre des esclaves qui furent emmenés à Rome ou vendus aux peuples étrangers. Jésus avait été estimé trente deniers; on donnait trente Juifs pour un denier.

50Du Prétoire au Calvaire, on compte environ 700 mètres.

51Jésus parle des épouvantables châtiments qui ne tarderont pas à fondre sur Jérusalem. Le bois vert, où circule une sève abondante, c’est Jésus, qui est toute vie. Le bois mort figure l’âme qui a perdu la grâce sanctifiante.

52Ce breuvage, préparé par des dames de la plus haute condition, avait la vertu d’assouvir les sens du condamné et d’assouvir l’acuité des souffrances. Mais Jésus ne voulait diminuer en rien le mérite de Sa mort. C’est pourquoi, par égard pour la charité de ces femmes, Notre-Seigneur porta Ses lèvres à la coupe, mais refusa de boire.

53Jean représentait ici tous les fidèles. En lui, Marie nous a tous adoptés pour enfants.

54Les auteurs contemporains sont unanimes à parler d’une éclipse extraordinaire et d’un tremblement de terre, survenus précisément au jour et à l’heure de la mort de Jésus. Phlégon, affranchi de l’empereur Adrien, parle longuement de ces phénomènes, d’après des témoins oculaires.

55L’eau symbolisait le Baptême, et le sang l’Eucharistie. C’est pourquoi les saints Pères disent que la sainte Église est sortie du côté ouvert de Jésus-Christ, comme autrefois Ève était sortie du côté d’Adam. Les fidèles en effet, qui composent l’Église, naissent par le Baptême, se nourrissent par l’Eucharistie.

56La mort de Jésus avait été si prompte à raison des tourments atroces qu’Il avait endurés durant toute Sa Passion.

57Les deux hommes ensevelirent Jésus hâtivement et d’une façon sommaire, à cause de la proximité du sabbat. Du reste, c’était aux femmes à procéder à l’opération délicate de l’embaumement, et nous les verrons, dès le matin de Pâques, monter au Calvaire, pour rendre au divin Mort ce dernier devoir.

58Ces rigides observateurs de la Loi, qui faisaient un crime à Jésus de guérir le jour du sabbat, ne sont pas retenus par la solennité du Grand Sabbat, dès qu’il s’agit de satisfaire leur haine contre la froide dépouille de leur Victime.

59Les Grands-Prêtres avaient une garde à leur disposition pour le service du Temple; Pilate les autorisa à s’en servir pour leur dessein. On sent que le Gouverneur est fatigué de servir d’instrument à la haine de ces prêtres juifs. Il ne veut plus s’occuper d’une affaire à laquelle il a été mêlé malgré lui, et qui ne lui laisse que des craintes et des remords.

60Après s’être assurés, bien entendu, de la présence du corps de Jésus.

61Tout soldat qui dormait pendant une faction, était puni de mort par la loi romaine.

N.B. en construction…


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