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Magnificat!

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Sainte Face de Jésus
D’après le témoignage des plus anciens Pères de l’Église, le Carême est d’institution apostolique. Il a été établi pour commémorer le jeûne de Jésus au désert, et pour nous préparer saintement à la grande fête de Pâques. Durant ce temps de pénitence, il convient que ceux qui ont la force de jeûner le fassent. Il conviendrait aussi de s’imposer certains autres sacrifices comme: s’abstenir de viande, de friandises et de tabac, ne pas perdre de temps sur les réseaux sociaux, sur internet, se priver de spectacles, de musique, selon la générosité de son cœur.

QUE FERONS-NOUS POUR LE CARÊME?…

On se dit souvent, et on l’est parfois réellement, incapable de jeûner ou de s’imposer d’autres mortifications corporelles à cause de la maladie, les infirmités ou autre raison. Cependant la pénitence, sous une forme ou l’autre, sera toujours nécessaire dans la vie d’un chrétien. Même sans santé, que de sacrifices salutaires nous pouvons nous imposer, par exemple en contrôlant notre langue! Dans les lignes suivantes, le Bienheureux Édouard Poppe, un prêtre belge contemporain, nous propose une forme particulière de sacrifice de la langue. C’était au cours d’une retraite sacerdotale, mais bien à propos pour tout chrétien.

Le Père Poppe parle de la nécessité de la prière et de la mortification pour toute âme qui veut vivre unie au Christ et porter des fruits.

«Saint François de Sales a dit: “Beaucoup de jeûneurs et de jeûneuses se sont perdus, mais des humbles et des obéissants, pas un et pas une… Les croix, disait-il encore, que vous rencontrez dans la rue sont bonnes, celles que vous trouvez à la maison sont meilleures. Là où il y a moins de notre choix, il y a plus de Dieu.”

«Examinons donc ensemble comment nous devons utiliser la mortification pour notre apostolat. Tout le long du jour, il nous survient des choses désagréables: des devoirs monotones, de petites contrariétés, etc. Apprenons à y voir la volonté de Dieu. De la sorte, nous devenons peu à peu fidèles dans les petites choses et, peu à peu, prêts pour le grand sacrifice.

«Le grand sacrifice de nous-même, nous devons tout de même le faire un jour, ici-bas ou dans le purgatoire. Si nous le faisons ici, ce sera pour nous un grand profit. Si nous n’avons pas, en cette vie, consommé ce sacrifice dans toute sa pureté, nous devrons laisser purifier l’offrande dans le purgatoire…»

Puis le Père Poppe propose à ses confrères une forme de mortification, bien méritoire, et pourtant accessible à tous: le «N.P.S.P.»

LES QUATRE LETTRES

«Je vous engage à faire ce que les “croisés” hollandais décidèrent après une retraite. Comme résolution, ils avaient simplement inscrit: “N.P.S.P.” Quatre lettres, rien de plus. Et cela voulait dire: NE PAS SE PLAINDRE. Avec cela ils emportaient de la retraite la moitié de la sainteté.

«Ne pas se plaindre des hommes, ne pas se plaindre des événements! Ne jamais se plaindre. C’est simple, n’est-ce pas?

«Après votre prière du matin, vous vous mettez à table pour déjeuner. Bon, voilà déjà quelqu’un qui sonne! “N.P.S.P.” Pensez à Jésus et levez-vous, immédiatement, pour écouter ce visiteur matinal.

«Vous êtes occupé à votre lecture spirituelle, ou bien votre journal est ouvert devant vous. (Aujourd’hui il dirait: Votre portable, votre télé, etc…) Et l’on vient vous demander un service. Ne pas se plaindre.

«Vous devez sortir et le temps est mauvais: pluie, neige ou vent. Spontanément vous diriez: “Est-ce un temps, cela?” Non: Ne pas se plaindre. Offrez cela à Jésus pour la personne que vous devez rencontrer. Il pleut? Il fait sale? Bien, allez-y en souriant avec votre Ange. Vous devez y aller, bon gré, mal gré. Vos souliers seront sales, ils le seront dans les deux cas. Mais au dedans, dans votre âme, vous êtes beau. Et les gens chez qui vous entrerez avec le sourire au visage trouveront la paix.

«Puis voilà que le facteur vous apporte une lettre: de la besogne à faire. C’est contrariant! “N.P.S.P.” Dites plutôt: “Allons travailler pour l’amour de Dieu!”

«Vous pouvez ainsi parcourir la journée entière avec tous ses petits événements, et chaque fois vous pouvez dire et pratiquer le Ne pas se plaindre. Ce sera tout profit pour vous-même et pour les autres.

«Jeûner et se flageller, cela n’est plus de notre temps, paraît-il. Mais accepter la volonté de Dieu, remplir dans un esprit surnaturel les devoirs de notre état, rendre méritoire ce que nous devons de toute façon supporter, cela, nous le pouvons tous, même les malades…

«Midi: la soupe est brûlante, bouillante (ou le contraire!) Bon, vous pouvez éclater, penser tout haut: “C’est toujours la même chose ici!” Mais prenez une minute de patience… et remerciez Jésus de ce que vous ayez de la soupe devant vous. Il y a des gens qui n’en ont pas… Mangez ce que l’on vous servira, dit Jésus. (S. Luc 10, 8)

«Ne pas se plaindre des personnes, ni de celles qui prennent pour elles le meilleur, ni de celles qui nous supportent mal. Pas de plainte, toujours pour l’amour de Jésus. Ne pas se plaindre des collègues. Allez plutôt dire un Je Vous salue Marie pour eux. Nous plaindre ne les améliore pas, et ne nous fait pas de bien…

«Bref, quand nous prévoyons des difficultés et des devoirs d’état pénibles, nous devons payer d’avance par des prières et aussi par des mortifications. Cela nous donne plus de confiance lorsque ensuite nous nous trouvons devant la difficulté. Notre sacrifice, fait par amour, ouvre plus largement les sources de la grâce.»

Adaptation O.D.M. – Source: Abbé Édouard Poppe, Entretiens sacerdotaux, Paris, Éd. Lethielleux, 1935, Extraits du Troisième Entretien.