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MÉDITATION DES MYSTÈRES DU ROSAIRE

Tiré du Manuel des Associés du Rosaire perpétuel (Montréal, 1956)

Mystères Douloureux

Offrande de la deuxième couronne du Rosaire:

Prions pour les agonisants.

Ô très doux Jésus, Dieu de toute consolation! Consolez les douleurs des pauvres mortels, venez en aide aux malades, et soyez miséricordieux pour les agonisants. Par Votre agonie, Votre flagellation, Votre couronnement d’épines, Votre portement de Croix et Votre mort sur le Calvaire, faites miséricorde à ces pauvres âmes. Que Votre sang n’ait pas été versé inutilement pour elles. Soyez touché de leur besoin extrême, en ce moment décisif, duquel dépend toute leur éternité.
Et Vous, ô Marie, Consolatrice des affligés, Secours des malades, prenez en pitié Vos innombrables enfants qui en ce moment sont aux prises avec la mort; accueillez les âmes des agonisants qui, à chaque instant, quittent cette terre et entrent dans la vie future; soyez leur Avocate près du trône de Votre divin Fils, et priez toujours pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

Premier mystère: L’Agonie de Jésus au Jardin de Gethsémani

Demandons une parfaite contrition de tous nos péchés.

The Agony of Jesus

Après la Cène, Jésus retiré au Jardin des Oliviers avec Ses Apôtres, devient triste jusqu’à la mort; Il est baigné d’une sueur de sang. Fortifié par un Ange, Il prolonge Sa prière et accepte le calice de Sa Passion.
Jésus comprend toutes les horreurs, les conséquences et la dette terrible du péché. Tout Son être se révolte à la pensée de ce qu’Il aura à endurer pour payer cette dette. Il consent cependant à prendre ce fardeau sur Ses épaules. Mais nous! Nous traitons le péché à la légère, nous n’en comprenons pas l’énormité. Si nous comprenions, jamais nous n’oserions le commettre.
Demandons la grâce d’une sincère conversion pour nous et pour tous nos frères et soeurs de la terre.
Je Vous adore, ô Jésus, agonisant au Jardin des Oliviers, et je suis pénétré de douleur en pensant que je Vous ai trahi comme Judas et délaissé comme les Apôtres, au lieu de partager Vos tristesses.
Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, de boire comme Marie à Votre calice d’amertume, et accordez-moi la contrition de tous mes péchés.

Deuxième mystère: La Flagellation de Jésus

Demandons la mortification de nos sens et l’esprit de sacrifice.

La flagellation de Jésus

Convaincu de l’innocence de Jésus, Pilate Le livre cependant aux bourreaux pour être flagellé. Ceux-ci Le lient à une colonne et Le frappent si cruellement que Son corps n’est plus qu’une plaie.
Jésus souffre dans Son corps. Il permet qu’on Le déchire en lambeau. Il le sacrifice totalement. Et nous! Nous flattons notre corps. Souvent par notre peur de la souffrance, nous offensons Dieu. Comprenons donc que si Jésus a accepté la flagellation ce fut en grande partie pour nous enseigner que le corps doit être soumis à l’âme et qu’il faut parfois le sacrifier pour le bien de celle-ci.
Demandons d’accepter volontiers les privations quotidiennes.
Je Vous adore, ô Jésus attaché à la colonne. Je suis pénétré de douleur en pensant que mes péchés d’impureté ont contribué au supplice horrible de Votre flagellation.
Faites-moi la grâce, ô mon Jésus, de pleurer comme Marie à la vue des fouets cruels qui déchirent Votre corps sacré, et accordez-moi de vaincre mes mauvais penchants.

Troisième mystère: Le Couronnement d’épines de Jésus

Demandons la mortification de l’esprit et du jugement.

Jésus est couronné d'épines

Les bourreaux placent sur la tête de Jésus une couronne d’épines, et l’enfoncent à coups de bâtons; ils jettent sur Ses épaules un vieux manteau rouge, Lui donnent un roseau comme sceptre, et Le saluant roi des Juifs, Lui font subir mille outrages.
Par la flagellation Jésus paie pour les péchés de la chair, par le couronnement d’épines Il veut réparer les péchés de l’esprit, péchés d’orgueil, de doute, d’égoïsme, de respect humain. Comprenons donc que si Jésus a accepté pour nous les injures des soldats, leurs moqueries et leurs insultes, il nous faut de même tout accepter pour Lui, ne pas rougir d’être Ses disciples et laisser de côté tout respect humain lorsqu’il s’agit de Lui et de Ses enseignements.
Demandons de mourir au respect humain.
Je Vous adore, ô Jésus couronné d’épines, et je suis pénétré de douleur en pensant que je Vous ai bien souvent dépouillé de Votre manteau de gloire et couvert d’opprobres.
Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, d’imiter Marie, supportant comme Elle sans me plaindre les plus grandes humiliations. Accordez-moi la victoire sur l’orgueil et sur le respect humain.

Quatrième mystère: Le Portement de la Croix

Demandons d’embrasser les croix que Dieu nous donne avec beaucoup d’amour.

Le portement de la Croix

Condamné à mort, Jésus porte jusqu’au Calvaire, la Croix, instrument de Son supplice. Tout le peuple Le charge d’injures. Seuls, Marie, Sa Mère, quelques pieuses femmes et quelques disciples compatissent à Ses souffrances.
Cet homme qui chancelle sous la lourde Croix, c’est le Fils de Dieu. La foule se moque de Lui. Seules quelques saintes femmes pleurent. Jésus leur recommande de ne pas pleurer sur Lui mais sur elles-mêmes et sur leurs enfants. Qu’on le veuille ou non, la Croix est dans notre vie. Comprenons que seul Jésus peut en faire pour nous un instrument de bonheur.
Demandons la patience dans les épreuves.
Je Vous adore, ô Jésus, portant Vous-même l’instrument de Votre supplice, et je suis pénétré de douleur en pensant que Vous êtes plus accablé du poids de mes péchés que du fardeau de Votre lourde Croix.
Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, de Vous suivre comme Marie jusqu’au somment du Calvaire, et d’accepter en union avec Votre divin Fils toutes les croix qu’il Vous plaira de m’envoyer.

Cinquième mystère: Le Crucifiement et la Mort de Jésus sur la Croix

Demandons de mourir à nous-mêmes pour ne plus vivre que pour Dieu.

Jésus meurt sur la Croix

Cloué sur la croix, entre deux voleurs, Jésus prie pour Ses bourreaux, promet le ciel à l’un des larrons, confie Sa Mère à l’apôtre saint Jean et, S’écriant: «Tout est consommé!», Il expire. Un soldat Lui ouvre le côté d’un seul coup de lance.
Jésus meurt pour nous donner la vie. Le péché détruit Dieu et nous mérite la mort. Pour vivre et posséder Dieu, il nous faut mourir au péché. Comprenons donc qu’il nous faut le détruire pour obtenir la vie éternelle, que sans la Croix il ne peut y avoir de Résurrection.
Demandons la persévérance finale, la conversion des pécheurs, la délivrance des âmes du Purgatoire.
Je Vous adore, ô Jésus, crucifié par amour pour nous, entre deux scélérats. Je suis pénétré de douleur en pensant que j’ai pu enfoncer des clous dans Vos pieds et Vos mains et percer Votre Coeur d’une lance cruelle.
Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, d’imiter Marie, la Vierge aux sept douleurs, S’immolant avec Vous au pied de la Croix. Puissé-je enfin mourir à moi-même et à toutes les choses de la terre!

Salut, ô Reine!
Salut, ô Reine, Mère de miséricorde!
notre vie, notre douceur et notre espérance, salut!

Enfants d’Ève, malheureux exilés,
nous élevons nos cris vers Vous;
nous soupirons vers Vous,
gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.

Ô notre avocate, tournez donc vers nous Vos regards miséricordieux;
et au sortir de cet exil, montrez-nous Jésus,
le Fruit béni de Vos entrailles,
ô clémente, ô charitable, ô douce Vierge Marie!

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu,
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus Christ.

  1. Par Vos très douces larmes
    Daignez nous écouter.
    Elles ont tant de charme,
    Dieu n’y peut résister.
    Accordez-nous les grâces
    Pour servir fidèlement,
    Pour marcher sur Vos traces,
    Marie, en tout moment.

  2. Ô Mère généreuse,
    Debout près de la croix,
    Votre âme courageuse
    A tressailli de joie
    En contemplant les âmes
    Sauvées par tant de pleurs
    Des douloureuses flammes
    De l’éternel malheur.

  3. Par Vos douleurs amères,
    Obtenez-nous des cieux
    L’insigne grâce, ô Mère,
    Du saint amour de Dieu.
    Guidez nos pas sur terre
    Vers Jésus notre Roi,
    Car nous voulons Lui plaire
    En portant notre croix.

  4. En contemplant l’image
    De la Vierge des pleurs,
    Je lis sur Son visage
    Le poids de Ses douleurs.
    Que tous les coeurs s’enflamment
    D’un amour compatissant;
    Et Vous, ô notre Mère,
    Rendez nos coeurs vaillants.

  5. À Votre exemple, ô Mère,
    Je saurai bien peiner,
    Boire la coupe amère
    Du divin Crucifié,
    Pour qu’au jour de victoire
    De Vos mains couronné,
    Je chante Votre gloire
    Pour une éternité.

«La sainte Messe est la plus grande des prières. Mais nous ne pouvons pas toujours la célébrer. L’Ave Maria, accessible en tout temps, est une prière qui nous a été donnée directement par le Ciel. On peut le réciter en travaillant, dans nos allées et venues, même sans égrener un chapelet.»

Père Mathurin de la Mère de Dieu