1.
L’heure vient où les vrais adorateurs adoreront le
Père en esprit et en vérité. S. Jean 4, 24
2.
S. Jean 16, 33
3.
13 juillet 1917
4.
S. Matth. 11, 12
5.
Le nom de Michel, qui vient de l’hébreu, signifie Qui
est comme Dieu, en latin Quis ut Deus.
6.
S. Luc 22, 36
7.
S. Luc 17, 21
8.
I S. Jean 2, 15
9.
Secret de Notre-Dame à La Salette, le 19 septembre
1846
10.
Pour ceux qui voudraient lire l’entretien complet du
Père Fuentes avec Lucie de Fatima (le 26 décembre
1957), voir la revue Magnificat de mai 2017.
11.
«Ce seront des enfants de Lévi», c’est-à-dire «race
sacerdotale». Traité de la vraie dévotion à la Sainte
Vierge. «Heureux et mille fois heureux les prêtres que
Vous avez si bien choisis et prédestinés…» Prière pro-
phétique et embrasée.
12.
S. Paul, II Cor. 9, 7
13.
Conseils et souvenirs de Sœur Marie de la Trinité
Invitation à la Lutte, au
Combat
Que Dieu trouve ces âmes
généreuses
par Père Mathurin de la Mère de Dieu
Avant de vous adresser la parole, chers frères
et sœurs, je veux d’abord offrir en mon nom, en
votre nom, au nom de toute l’Église, nos hom-
mages et nos meilleurs vœux filiaux et cordiaux à
notre Père des Cieux. Quel langage pourrait hono-
rer dignement notre Père des Cieux? Nos pauvres
mots de la terre ne le peuvent. Et pourtant, oui!
Notre Père des Cieux est réjoui par nos petites
louanges, nos faibles mots si imparfaits et si
impuissants, qu’ils ne rendent pas vraiment les
sentiments de notre cœur.
«Bonne fête, Père des Cieux! À Vous gloire,
honneur, louanges! Sanctus! Sanctus! Sanctus!
Saint! Saint! Saint! est Dieu notre Père représenté
ici dans cette chapelle par un tableau, et Son Verbe
présent réellement dans la Sainte Eucharistie. Bon
Père des Cieux, en plus de Vous louer, de Vous
bénir, nous Vous adorons profondément. Nous
nous prosternons devant Vous en esprit et en
vérité,
1
en notre nom et au nom de tous nos frères
de la terre.
L’année 2020, c’est de l’histoire, elle appartient
au passé. C’est une année marquante qui sera
mentionnée très spécialement dans toutes les
annales de l’histoire de l’humanité, comme une
année tout à fait singulière. C’est aussi une année
qui sera mentionnée dans les annales de l’histoire
de l’Église, d’une part, sous un aspect très triste,
voyant combien notre Dieu a été mis de côté. La
religion qu’Il est venu nous enseigner, les sacre-
ments que si généreusement Il nous a donnés, en
général ont été mis de côté comme étant secon-
daires, sans importance. «La santé publique avant
tout! Le bon Dieu, qu’Il attende! Son règne dans
les âmes, Ses grâces sacramentelles ne sont pas
essentielles...» C’est donc une année sombre sous
cet aspect, mais cependant lumineuse pour les
âmes de bonne volonté qui, un peu partout à tra-
vers le monde, dans cette obscurité et cet abandon,
se sont tournées vers Dieu, et qui, dans le secret de
leur confinement, ont prié, ont loué Dieu dans leur
cœur. Dieu les connaît.
L’année 2020 est passée, on ne peut la refaire.
Oh! l’année qui commence! Comment sera-t-elle?
Qu’est-ce qui la marquera? Est-ce que nous ver-
rons davantage d’événements notables cette
année? Certainement. Il y aura des événements
plus marquants encore. Mais pour vous, mes
frères, mes sœurs, chers amis, qu’est-ce qui va
marquer surtout cette année? Les événements
politiques? Les décisions des politiciens? Je crois
que ce qui marquera cette année, c’est que notre
Père des Cieux trouvera plus que jamais des servi-
teurs prêts à combattre pour Lui. 2020 était
seulement l’apéritif, un hors-d’œuvre pour nous
préparer au banquet. Cette année, notre Père des
Cieux trouvera chez vous, chers frères, chères
sœurs, chers amis, Ses serviteurs qui seront prêts à
lutter, à combattre, qui seront prêts à tout, à
tout pour Lui.
Notre mot d’ordre
Notre mot d’ordre pour
2021, je vous le donne à la
façon d’une invitation. Je
vous invite à la lutte, au
combat. Ce qui s’est
déroulé en l’année 2020 a
fourni l’évidence que les
forces du mal triomphent
de plus en plus. Les
médias ne rapportent en
général que des choses
négatives qui semblent
favoriser le règne du mal.
On entend les commentaires, on en fait peut-être
nous-mêmes. On dit: Voilà! c’est que l’Église n’est
pas à son poste, les pasteurs ont capitulé, ils ne
tiennent pas le flambeau de l’Évangile, ils ne
donnent pas la ligne de conduite aux gens. Et puis,
où sont-ils?
Le problème, c’est que les bons sont trop
lâches. Les bons sont tièdes, ils manquent
d’ardeur. Ils n’ont pas vraiment la foi, une foi
ardente devant ces scénarios qui vont se dévelop-
pant rapidement... Mes frères et mes sœurs, nous
sommes en plein dans ces événements, ces boule-
versements annoncés depuis bien des années.
L’année 2020 qui vient de s’écouler est une
première page des événements qui s’amènent. Ce
n’est pas le temps de se prélasser, de philosopher,
de commenter démesurément. On peut être
informé de ce qui se passe, mais ne commentons
pas outre mesure. Plus que jamais, l’heure est à la
lutte, au combat. La victoire est certaine: Dieu a
promis de vaincre les forces du mal. La victoire est
garantie par Dieu même: Ayez confiance, nous
dit-Il, J’ai vaincu le monde.
2
Ici même, com-
bien souvent Notre-Seigneur et la Vierge Marie,
sous le vocable de la Mère du Salut ou encore de
Notre-Dame des Larmes, combien souvent le Ciel
nous a donné l’assurance de la victoire! À Fatima,
la Vierge Marie a promis: «À la fin, Mon Cœur
immaculé triomphera!»
3
«En nom Dieu, les
soldats combattront, et
Dieu donnera la
victoire!»
Un jour, sainte Jeanne
d’Arc, à peine âgée de seize
ans, se présentait à
Charles VII, se disant
envoyée du Ciel pour sauver
le royaume de France, pour le
faire sacrer roi, pour
remettre les choses en ordre.
Jeanne se dit mandatée par
Dieu. Pour le prouver, elle
donne des signes à Charles, notamment un signe
qui lui est très personnel. Tout le Conseil royal est
hésitant, surtout certains pouvoirs. Le roi fait exa-
miner Jeanne par le tribunal ecclésiastique de
Poitiers. Un juge lui dit: «Jeanne, vous dites que
Dieu vous envoie pour prendre la tête des armées
afin de sauver la France. Mais Jeanne, si Dieu a
décidé de sauver la France, Il va la sauver!
Qu’avons-nous besoin d’aller faire la guerre?» Et
Jeanne de répondre: «En nom Dieu, les soldats
combattront, et Dieu donnera la victoire!»
Eh bien! mes frères, mes sœurs, chers amis, au
nom de Dieu, je vous dis: Nous lutterons, nous
combattrons, et Dieu donnera la victoire. C’est
une volonté de Dieu. Cette année, c’est votre
mot d’ordre: la lutte, le combat au nom de
Dieu. Où donc va se livrer ce combat? Partout où
il y a un enfant de Dieu. Il y en a des milliards.
Les forces du mal se déploient partout pour ravir à
Dieu Ses enfants chéris. Depuis l’origine, les
forces du mal se sont acharnées à perdre les
enfants de Dieu un par un. Et cette lutte infernale
contre Dieu, contre les enfants de Dieu, est rendue
à un apogée, un point presque culminant. Et Dieu
laisserait faire cela?
Jésus est venu fonder Son royaume d’amour
sur la terre. Mais Satan et ses complices veulent
établir leur règne diabolique en tout contraire à
Dieu. C’est d’une évidence criante. Toutes les
forces du mal – depuis l’origine et maintenant plus
que jamais – sont déployées, répandues dans
toutes les sphères, à tous les paliers de la société,
partout. Je le dis directement. Les forces du mal
sont en contrôle partout pour empêcher l’établisse-
ment du royaume de Dieu. Beaucoup s’activent au
service de Satan d’une manière aveugle, mais plu-
sieurs autres sont des complices actifs de Satan et
qui s’acharnent directement à combattre ce
royaume.
Étudier Jésus
Le royaume des Cieux souffre violence, dit
Jésus, et il n’y a que les violents qui l’emportent.
4
Cette année sera l’année de la violence pour ravir
le royaume des Cieux. Voici ce que j’entends par
violence, par lutte, combat. Quand le Fils de Dieu
a décidé d’établir dans le temps Son royaume sur
la terre, Il a quitté la félicité de Son Ciel. Selon nos
mots, Il a quitté le confort, le bien-être, les avan-
tages divins, un bien-être et une félicité divine. Il a
quitté tout cela pour venir sur cette terre établir
Son royaume dans le cœur de Ses enfants, en com-
mençant dans la pauvreté.
Par dévotion, nous représentons la crèche de
Bethléem toute illuminée, toute éclairée et
attrayante, pour symboliser l’attrait irrésistible de
Jésus à Sa venue. Mais le décor dans lequel Il est
venu!... Quelle pauvreté! Quelle humilité! Quel
abaissement! Quelle désolation humaine! C’est
ainsi qu’Il commence à établir Son royaume. Non
content de tout cela, Il est de plus à la merci de la
méchanceté d’un roi de la terre, jaloux et cruel.
Apprenant qu’un nouveau roi est né, Hérode craint
qu’Il va peut-être le subjuguer, le supplanter. Les
rois de la terre, les potentats mondains veulent
protéger leur domination sur les royaumes ter-
restres. Jésus ne vient pas pour cela. Il vient
régner sur les cœurs.
Soyez bien attentifs à étudier Jésus. Contem-
plez-Le! Imprégnez-vous de Ses enseignements,
imprégnez-vous de Ses exemples. Pour employer
nos mots: n’est-ce pas se faire violence que de quit-
ter le Ciel, la félicité, pour venir embrasser la
souffrance, la misère, l’humilité, les abaissements
et le rejet de ceux qu’Il aime par-dessus tout, pour
lesquels Il Se sacrifie?
Doux Jésus, montrez-nous Vos voies, ensei-
gnez-nous à lutter, à combattre avec Vous. Le
royaume des Cieux souffre violence; il n’y a que
les violents qui l’emportent. Quel exemple Vous
nous en donnez! Quelle violence Vous Vous êtes
faite! Le Roi du Ciel et de la terre, Créateur du
monde visible et de ce monde invisible qui nous
échappe complètement. Même le monde visible
nous échappe. Cela fait six mille ans qu’on est sur
la terre et on fait toujours de nouvelles décou-
vertes. On pense inventer des choses. On
découvre des lois de la nature, des forces de la
nature. Et plus on en découvre, plus les vrais
savants réalisent qu’ils ne savent rien, qu’ils sont
des ignorants. Le Créateur de ces mondes visibles
et de ces mondes invisibles vivra trente ans caché à
Nazareth, dans le silence!
Comprenez bien, mes frères et sœurs, le des-
sein que je vous propose du combat que Dieu
attend de nous. Cette année plus que jamais, Dieu
veut cette lutte, Il veut ce combat, Il veut cette vio-
lence, parce que l’heure a sonné pour l’établisse-
ment de Son royaume. Il a promis la victoire, mais
Il veut d’abord le combat. En nom Dieu, vous
combattrez, et Dieu donnera victoire.
Après trente ans de vie cachée, Jésus continue
durant Ses années de vie publique à nous ensei-
gner avec excès, avec prodigalité, avec générosité,
avec tendresse, avec humilité, en Se mettant à nos
pieds. Malgré tout cela, nous Le rejetons, nous ne
L’acceptons pas, nous n’en voulons pas, et nous Le
menons à un gibet. Nous Le menons à la croix,
après Lui avoir infligé toutes sortes d’ignominies,
d’affronts, d’outrages, de mauvais traitements.
Embrasser tant de souffrances, n’est-ce pas se faire
violence?
Et à nous qui avons été appelés à travailler au
salut du monde, Il nous demande de Le suivre
dans ce combat. Nous, Ses enfants, nous voulons
que Son règne arrive. Nous L’en prions tous les
jours. Son règne arrivera à la condition que nous
nous fassions violence. Oh! comme Jésus l’a fait
avec amour. C’est la violence de Son amour qui L’a
conduit à cette lutte, à ce combat.
À l’exemple de tous les Saints
Voyez ensuite les Apôtres, Ses douze intimes
qui étaient poltrons, peureux, oh! très lâches, mais
qui touchés par la grâce, remplis de l’Esprit-Saint,
ont ensuite parcouru la terre. Pour le règne de
Dieu, ils ont tout souffert, ils ont tout enduré. Il
n’y a pas de tourments, pas de fatigues qu’ils n’ont
pas soufferts pour que le royaume de Dieu s’éta-
blisse, pour que Jésus soit connu, pour qu’Il règne
dans les cœurs sur toute cette planète terre. Les
Apôtres ne se sont pas ménagés.
Ensuite, durant trois siècles, tant de martyrs,
des millions de martyrs! C’est par leur sacrifice
que l’Église s’est établie. Ils ont tellement compris
que le royaume des Cieux souffre violence et qu’il
n’y a que les violents qui l’emportent. Cette vio-
lence s’opère en nous, dans notre cœur qui veut
être tout à Dieu. Si les humains veulent nous
détruire, qu’ils nous détruisent! Mais nous servi-
rons Dieu!
Voyons aussi dans les déserts d’Égypte ou de
Palestine et ailleurs, ces moines qui quittaient le
monde. Quelle violence ils se sont faite! Ils se sont
dit: «Le Verbe de Dieu a quitté la félicité de Son
Ciel, Il S’est incarné pour nous en montrer le che-
min, et nous, nous ne pourrions pas quitter le
monde, toutes ces choses qu’on appelle félicités et
joies de la terre?» Il n’y a aucune comparaison
entre le monde et le Ciel! Les moines l’ont com-
pris. Ils ont tout quitté, TOUT, pour aller s’enfer-
mer dans la solitude, pour vivre dans l’obéissance,
dans toutes sortes de pénitences.
Dès l’origine du christianisme, dès les tout pre-
miers siècles de l’Église, les vierges se sont consa-
crées à Dieu, délaissant les plaisirs de la terre pour
glorifier Dieu, pour que Son règne s’établisse. Au
cours des âges, des religieux de toutes espèces et
les missionnaires ont laissé le confort de leur foyer,
ils ont sacrifié l’affection de leur famille humaine
et même religieuse, pour aller partout à travers le
monde afin d’établir le royaume de Dieu.
Tant de chrétiens, dans toutes les vocations, à
tous les niveaux, tous les chrétiens dignes de ce
nom qui ont vécu pour Dieu, tous ces Saints ont
méprisé la terre. Quelle violence ils se sont faite!
Cela ne s’est pas fait sans effort. Et Dieu a régné
pendant des siècles. Plus il y a eu de ces âmes
généreuses, et plus ces âmes ont été généreuses,
plus Dieu a régné.
Après ces siècles où il y a eu un apogée de fer-
veur dans l’Église, nous sommes témoins de la
chute abyssale, catastrophique de l’Église. Dieu
nous demande de rétablir Son royaume. Mes
frères et mes sœurs, cela se fera par la lutte, par le
combat.
«Il n’y a plus d’âmes
généreuses…»
Cela fera 175 ans cette
année que Notre-Dame de
La Salette disait dans Son
message: «Il n’y a plus
d’âmes généreuses...»
Je suis certain que tout
comme moi, dans vos
cœurs, cette petite phrase
vous interpelle, vient vous
chercher. Il n’y a plus
d’âmes généreuses... Il n’y
en a plus! Cette année nous
serons ces âmes généreuses.
J’appelle les âmes généreuses parmi vous, mes
frères, mes sœurs, nos amis, nos foyers-cénacles,
et toutes les âmes de bonne volonté partout à tra-
vers le monde. Au nom de Dieu, je les appelle à
être généreux, à ne pas pleurer sur leur petite per-
sonne: «Ah! ça fait mal, ce n’est pas drôle de se
renoncer. Le bon Dieu est bien exigeant.» Oh
non! Cette attitude n’est pas de la générosité, mais
de la mesquinerie, un don de Caïn. «Mon Dieu, si
Vous voulez avoir des offrandes, tenez, prenez ces
restants.» C’est ce que Caïn a fait. Faisons à Dieu
des dons généreux, non pas des dons de Caïn. Il
n’y a plus d’âmes généreuses, parce qu’il n’y a plus
personne qui fasse des dons généreux.
«Mon Jésus, cette année, nous voulons être ces
âmes généreuses. Puissiez-Vous trouver chez moi-
même, parmi mes frères et mes sœurs, chez nos
amis, autant de saint Michel qui, en toute ren-
contre, en toute occasion, vont réagir et vont Vous
dire: Quis ut Deus!
5
Mais qui est comme Dieu! Ce
que Vous voulez, mon Dieu, je le veux.» Les forces
du mal ont été terrassées et précipitées en enfer
quand saint Michel s’est écrié: «Qui est comme
Dieu!» Derrière lui tous les Anges fidèles se sont
levés en répétant: «Qui est comme Dieu! À Lui,
nous obéissons. Nous ferons tout ce qu’Il veut de
nous et plus encore s’Il le veut! Nous le voulons,
nous le réaliserons!» Puissiez-vous tous être des
saint Michel cette année.
Vendre sa tunique
Le soir de la dernière Cène, juste avant de
monter au Calvaire, Notre-Seigneur Jésus-Christ
fait un discours plein d’amour. Entre autres, Il dit
cette petite phrase: Que celui qui n’a pas d’épée
vende sa tunique pour en acheter une.
6
L’épée
représente ce bon combat auquel je vous invite
cette année. Pour avoir cette épée du bon combat,
il faut vendre sa tunique, cette tunique que vous
portez sur vous, et qui représente tout ce à quoi on
tient, toutes les choses terrestres qui nous collent à
la peau. Pour arriver à ce royaume des Cieux, pour
livrer cette guerre, ce bon combat des derniers
temps, il faut vendre sa tunique, c’est-à-dire qu’il
faut le détachement, le renoncement absolu. Ven-
dons notre tunique, renonçons dans notre cœur à
toutes les choses de la terre.
Le royaume des Cieux est au-dedans de vous,
7
dit Jésus. Si notre cœur est attaché aux choses de
la terre, comment est-ce que le royaume de Dieu
peut s’y établir? Et si le royaume de Dieu ne s’éta-
blit pas dans mon cœur, dans le vôtre, comment
s’établira-t-il sur la terre? Pour établir Son
royaume, Jésus a tout laissé, Il a quitté Son Ciel.
Nous avons souligné ce que les Apôtres, les Mar-
tyrs et les Saints ont fait. Ils ont renoncé à tout
pour établir le royaume de Dieu.
En menant ce bon combat, en travaillant à vous
détacher de toutes les choses de la terre, vous
aurez la bonne épée de Dieu en main. Aucune
force de l’enfer ne pourra vous arrêter, rien ne
pourra vous détourner de Dieu et de Son royaume.
Vous saurez vous défendre. Mais pour cela, il faut
du courage. Notre-Seigneur, dans un message au
Père Jean-Grégoire en 1963, nous disait qu’Il a
besoin de bons soldats, des soldats coura-
geux, intrépides, énergiques, habiles. Il faut
du courage, de l’intrépidité, de l’énergie pour déta-
cher son cœur de toutes les choses de la terre. Il le
faut vouloir vraiment.
Nous avons mentionné que les forces du mal
ont pris le contrôle, que même les ministres de
cette grande Église ont capitulé. Et pourquoi?
Parce que l’amour du monde est entré dans leur
cœur. Certains attribuent la décadence de l’Église
au fameux concile Vatican II. Oh! que non! Vati-
can II n’a pas amené la chute de l’Église, il n’en a
été que la manifestation officielle, publique. Il a
mis au grand jour la décadence de l’Église parce
que l’amour du monde régnait dans le cœur de ces
ecclésiastiques, de ces gens d’Église.
Mes frères et sœurs, pour établir le royaume de
Dieu, il faut combattre contre l’esprit du monde,
combattre sa pensée et ses maximes. Pour mieux y
arriver, il faut s’éloigner absolument de toutes les
choses du monde, absolument! Quand on
s’approche trop des choses du monde, le cœur s’y
colle et s’éloigne de Dieu. Si quelqu’un aime le
monde, l’amour du Père n’est pas en lui,
8
dit saint
Jean. Il faut s’éloigner des plaisirs du monde, de
ses amusements, de ses distractions, s’éloigner de
ses justifications. Les âmes se laissent aller, puis
abandonnent le bon Dieu, mais toujours avec des
justifications. Le mondain vit pour ses plaisirs et il
justifie chaque plaisir qu’il s’accorde. «Vous savez,
le bon Dieu n’en demande pas tant. Il faut bien
donner un petit quelque chose à la pauvre nature
humaine!» Le monde excelle dans de beaux dis-
cours, de belles raisons, pour se justifier.
C’est pour cela, mes frères et mes sœurs, que
Nous insistons tant: Ne vous justifiez pas,
jamais, jamais. Que ce soit une de vos résolu-
tions cette année. Ne justifions jamais nos lâche-
tés, nos tiédeurs, nos nonchalances, nos laisser-
aller, nos négligences. Ne les justifions jamais, ni
des lèvres, ni même dans notre cœur. Quand nous
découvrons nos manquements, disons plutôt:
«Mon Dieu, quelle tristesse! Mon Dieu, pardon!
Combien il y a en moi de ces nonchalances, de ces
négligences, de ces laisser-aller, de ces tiédeurs, de
ces péchés! Mon Dieu, pardon! Pardon!»
Cherchez le royaume de Dieu, faites tout pour
servir Dieu. Et cependant, pauvres enfants que
nous sommes, remplis de toutes sortes de fragili-
tés, vous aurez des écarts que vous n’aurez pas
voulus. Ne vous justifiez jamais. Condamnez dans
vos vies tout ce qui n’est pas absolument conforme
à Dieu, tout ce qui détourne le moindrement de
Dieu, tout ce qui distrait de Dieu.
Nos armes
Quelles seront nos armes pour ce combat?
D’abord la foi. «Que votre foi soit la lumière qui
vous éclaire dans ces jours de malheur.»
9
La foi et
les œuvres de la foi: la prière. Dans ce bon com-
bat, dans cette lutte, il faudra la foi, et pour bien
l’entretenir, la prière. Je vous invite à beaucoup de
prière cette année, beaucoup, sinon vous ne pour-
rez pas mener ce combat. Ce combat se déroule
dans votre intérieur contre les forces du mal qui
veulent vous détourner de Dieu, qui veulent
détruire le règne de Dieu en vous. Il faudra que
volontairement, vous donniez beaucoup de temps
à la prière.
Il faudra la pénitence. Quand je vous ai parlé
de vendre sa tunique, il s’agit bien de la pénitence
de se détacher de toutes choses. La perte de la foi
vient des recherches, des attaches dont on ne veut
pas se départir: attache aux choses de la terre, aux
plaisirs, attache à ses idées, à ses vanités, à toutes
sortes de formes d’orgueil. On perd la foi en ne
luttant pas contre ses attaches, en ne faisant pas
pénitence. Pour conserver la foi, il faut faire ces
sacrifices. Sinon, vous la perdez, doucement, petit
à petit, cran par cran. À petits pas, vous descendez
vers l’abîme. Puis vous dites: «Ah! que se passe-t-
il? Je ne comprends plus, je ne vois plus. Ce n’est
plus clair. Je n’ai plus envie de servir le bon
Dieu.» D’où est venu cet état? Pas à pas, vous
vous êtes éloigné, vous avez délaissé ce chemin de
renoncement, de pénitence, de dépouillement. En
arrêtant de vendre votre tunique, vous avez perdu
votre épée, vous avez perdu la foi.
Dans nos armes de foi, nous avons le Rosaire.
Le Rosaire est une arme puissante, surtout dans
les temps actuels. Rappelons-nous l’entretien de
Lucie avec le Père Fuentes, postulateur de la cause
des deux petits enfants de Fatima, Jacinthe et
François.
10
Elle lui disait de faire savoir au monde
qu’il est temps que tous les chrétiens prennent
eux-mêmes en main l’œuvre de leur salut – qu’ils
fassent ce combat pour leur propre salut – sans
attendre après quiconque, ni après les prêtres, ni
les évêques, ni personne. Lucie ajouta: «La très
Sainte Vierge, en ces derniers temps que nous
vivons, a donné une efficacité nouvelle à la
récitation du Rosaire. De telle façon qu’il n’y a
aucun problème, si difficile soit-il, temporel ou
surtout spirituel, (se référant à la vie personnelle
de chacun de nous, de nos familles, des familles du
monde ou des communautés religieuses, ou bien à
la vie des peuples et des nations), il n’y a aucun
problème, dis-je, si difficile soit-il, que nous
ne puissions résoudre par la prière du saint
Rosaire.»
Je vous encourage à réciter le Rosaire durant
cette année de combat. Le Rosaire a ceci de parti-
culier qu’il réunit une multitude d’éléments. Il y a
la contemplation des exemples de Jésus et de
Marie, à travers les quinze mystères. Puis, il y a
cette répétition d’une petite prière simple, humble.
Le chapelet peut parfois coûter un peu. Répéter
des Ave Maria comme un petit enfant, c’est
humble. Le Ciel a voulu donner un pouvoir aug-
menté au Rosaire parce que l’orgueil règne et a
tout détruit. Vous découvrez tout dans le Rosaire,
toutes les armes y sont comprises. C’est pourquoi
le démon cherche tant à décourager les âmes pour
ne pas qu’elles prient le Rosaire.
Dans nos armes, il y a aussi la Messe et la
Communion. La messe est une de nos princi-
pales armes, surtout chez nous qui sommes prêtres
pour la plupart par une volonté de Dieu. Cela avait
déjà été annoncé il y a plus de trois cents ans à
saint Louis-Marie de Montfort: «Ce sera une race
sacerdotale.»
11
Dieu l’a voulu parce que la messe
est le sacrifice du Calvaire, c’est Jésus qui
S’immole pour établir Son royaume.
Dans nos armes, il y a aussi l’espérance en
Dieu, la confiance que Dieu aura le dernier mot,
qu’Il aura la victoire. Avec assurance, nous allons
lutter, donner notre mesure. Nous allons nous
humilier de le faire si pitoyablement, pas autant
que nous le voudrions pour glorifier Dieu selon le
désir généreux de notre cœur. Nous allons hum-
blement pleurer de ne pas faire davantage, tout en
gardant la confiance, l’assurance que Dieu donnera
la victoire. Rien ne nous enlèvera cette espérance,
rien!
Une autre de nos armes: la charité. Toutes
ces actions, ce combat, nous les ferons avec amour,
parce que nous voulons que Dieu règne. C’est
notre motivation, le désir qui nous taraude.
«Tarauder» implique que cette pensée est toujours
dans votre esprit, toujours en train de vous parler
en arrière de la tête. Il faut qu’Il règne, il le faut!
C’est la passion de mon cœur. Il y en aurait telle-
ment à dire sur la charité et l’amour...
En ces principales armes que je vous ai don-
nées, vous avez reconnu les trois vertus théolo-
gales: la foi, l’espérance et la charité. J’ajoute
l’humilité comme arme absolument invin-
cible, absolue pour terrasser les forces du
mal.
Mes frères, ayez ces armes dans votre cœur.
En nom Dieu, faites-le et Dieu donnera la victoire,
ayez-en l’assurance. Comment la victoire se fera-t-
elle? Ce n’est pas votre problème, ce n’est pas le
mien. Ce qui nous revient, en nom Dieu, c’est de
pratiquer ces vertus, c’est d’établir ce royaume de
Dieu dans notre cœur. C’est cela notre problème,
c’est tout ce qui importe. Le reste ne nous regarde
pas. Notre rôle est important. Vous vous rappelez
les paroles d’insistance que la Sainte Vierge nous
adressait en suppliant: «Mes enfants, J’ai besoin
de vous, c’est urgent. Si vous ne le faites pas, c’est
fini.»
Combattre avec joie
Mes frères, mes sœurs, faites ce combat avec
joie, avec ardeur. Je vous l’ai dit tantôt: Dieu
n’aime pas les dons de Caïn. Dieu aime celui
qui donne avec joie.
12
Sacrifiez votre tunique
avec joie. Cela peut nous coûter, ça peut faire mal,
mais faisons-le de bon cœur, de bonne grâce, pour
glorifier Dieu, pour Lui seul. Même si ça nous
déchire, il ne faut pleurer que d’un œil et rire de
l’autre. «Oui, mon Dieu, oui! Je suis bien content
que la lutte pour Vous me disloque. La terre, ce
n’est rien, ça ne devrait pas me disloquer, mais je
suis un pauvre petit, je suis un crapaud rivé à la
terre. Ça me fait mal de m’en détacher. Vous en
êtes témoin, mon Dieu.»
Pour terminer, je vais vous laisser avec une
citation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus:
«Autrefois, dans le monde, en m’éveillant le
matin, je pensais à ce qui devait probablement
m’arriver d’heureux ou de fâcheux dans la journée:
et si je ne prévoyais que des ennuis, je me levais
triste. Maintenant, c’est tout le contraire; je pense
aussitôt aux peines et aux souffrances qui
m’attendent et je me lève d’autant plus joyeuse et
pleine de courage, pensant aux belles occasions
que j’ai en vue pour prouver mon amour à Jésus et
gagner la vie de mes enfants, puisque je suis mère
des âmes. Ensuite, je baise mon crucifix; je le pose
délicatement à ma place sur l’oreiller, tout le temps
que je m’habille, et je Lui dis: “Mon Jésus, Vous
avez assez travaillé, assez pleuré, pendant
les trente-trois années de Votre vie sur
cette pauvre terre! Aujourd’hui, reposez-
Vous... C’est à mon tour de combattre et de
souffrir.”»
13
Tous les jours, dites vous-même cette petite
prière à Jésus. L’an nouveau se lève. Je vous sou-
haite une journée de joie. Je vous ai laissé entre-
voir que l’année 2021 sera plus difficile que celle
qui vient de s’écouler. Actuellement, on prévoit
des choses pénibles. «Je me lève d’autant plus
joyeuse et pleine de courage que je prévois plus
d’occasions de témoigner mon amour à Jésus et de
sauver des âmes. Je baise mon crucifix et je Lui
dis: “Mon Jésus, Vous avez assez travaillé pendant
les trente-trois années de Votre vie sur cette
pauvre terre. Aujourd’hui, reposez-Vous. C’est à
mon tour de combattre et de souffrir.”»
Voilà votre programme pour cette année, mes
frères, mes sœurs. Accomplissons-le dans la joie.
Nous offrons ce saint sacrifice de la messe, le
premier de cette année, à la gloire de notre Père
des Cieux. En Lui offrant Son Fils sur l’autel, nous
Lui demandons tout spécialement pour vous, mes
frères, mes sœurs ici présents et dans nos mis-
sions, pour vous, chers amis, chers foyers-cénacles,
et pour toutes les âmes de bonne volonté, que cette
année, vous soyez ces soldats, ces combattants de
Jésus, qui lutterez avec joie, c’est-à-dire de bonne
grâce. Cela ne veut pas dire qu’on ressent toujours
la joie, non! Ce n’est pas une joie ressentie, frivole,
mais une joie volontaire, une joie paisible, un
contentement de faire quelque chose qui nous
fasse mal pour notre Jésus, pour notre Dieu, pour
Son règne. Que vous établissiez le royaume de
Dieu dans votre intérieur avec lutte, avec combat,
avec énergie.
Joignez-vous tous, mes frères, mes sœurs, à
cette intention. Prions les uns pour les autres.
Moi-même, je le fais très particulièrement pour
vous tous. Ensemble prions pour nos frères et
sœurs en mission, pour nos amis, nos foyers-
cénacles, tous ceux qui croient en cette œuvre de
salut que Dieu Nous a confiée. Nous offrons spé-
cialement ce premier sacrifice de la messe pour
eux, et nous demandons pour chacun cette grâce
insigne d’être ces disciples de Jésus comme les
apôtres, comme les martyrs, comme les vierges,
comme les moines, comme les missionnaires,
comme tous ces Saints dans tous les états de vie.
Mot
d’ordre
et
souhait
pour
2021
«Père,
me
disait
sœur
Lucie,
n’attendons
pas
que
vienne
de
Rome
un
appel
à
la
pénitence
de
la
part
du
Saint-
Père
pour
le
monde
entier.
N’attendons
pas
non
plus
qu’il
vienne
de
nos
évêques
dans
leur
diocèse,
ni
non
plus
des
congrégations
religieuses.
Non.
Notre-Sei
-
gneur
a
déjà
utilisé
bien
souvent
ces
moyens
et
le
monde
n’en
a
pas
fait
cas.
C’est
pourquoi
maintenant,
il
faut
que
chacun
de
nous
commence
lui-même
sa
propre
réforme
spirituelle.
Que
chacun
pense
à
l’énorme
responsabilité
qui
lui
incombe
de
sauver
non
seulement
son
âme,
mais
aussi
toutes
les
âmes
que
Dieu a placées sur son chemin.»
Entretien de Sœur Lucie, voyante de Fatima, avec le Père Augus-
tin Fuentes, le 26 décembre 1957