par Père Mathurin de la Mère de DieuL’Enfant-Jésus croissait et Se fortifiait. Il était plein de sagesse et la grâce de Dieu était en Lui. Son Père et Sa Mère allaient tous les ans à Jérusalem, pour les solennités de la Pâque. Toute la famille s’y rendit, selon la coutume de cette fête, lorsque Jésus eut atteint Sa douzième année.Les jours saints étant passés, ils prirent le chemin du retour. Or l’Enfant Jésus était resté à Jérusalem, sans que Ses parents s’en fussent aperçus. Supposant qu’Il était dans l’une ou l’autre compagnie, ils firent une journée de voyage. Alors ils Le cherchèrent anxieusement parmi ceux de leur parenté et parmi leurs connaissances. Ne L’ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem, Le cherchant toujours.Après trois jours, ils Le découvrirent dans le Temple. Il était assis au milieu des Docteurs, les écoutant et les interro-geant. Tous ceux qui L’entendaient étaient stupéfaits de Sa sagesse et de Ses réponses. En Le voyant ainsi, Ses parents furent eux-mêmes très surpris. «Mon Fils, Lui dit Sa Mère, pourquoi donc avez-Vous agi de la sorte à notre égard? Voilà que Votre Père et Moi, nous Vous cherchions dans la plus dou-loureuse angoisse. – Pourquoi Me cherchiez-vous? répondit-Il. Ne saviez-vous pas qu’il faut que Je sois aux affaires de Mon Père?»Mais ils ne comprirent pas cette parole qu’Il leur disait. Descendant avec eux, Il retourna à Nazareth; et Il leur était soumis. Pour Sa Mère, Elle conservait toutes ces choses dans Son cœur.Évangile de saint Luc 2, 40-52L’Évangile dit explicitement de Marie et de Joseph qu’ils ne comprirent pas. Nous voyons ici la Vierge Marie, la Mère de Dieu qui ne comprenait pas. On s’imagine facilement que plus un personnage est considé-rable, que plus il vit dans l’intimité de Dieu, plus aussi il connaît Ses desseins. D’une part, oui! La Vierge Marie était, plus que tout autre, informée du plan de la Rédemption. Elle connaissait la Pensée de Dieu. Pour-tant... Elle n’a pas compris!...Imaginons un peu le désarroi de Marie et de Joseph. Le Ciel leur a confié cet Enfant, qui est le Fils de Dieu même, et ils L’ont perdu! Quand ils Le retrouvent enfin, la divine Mère S’écrie: «Mon Enfant, Ton Père et Moi, nous Te cherchions dans la plus cruelle angoisse. Pourquoi as-Tu fait cela?... – Pourquoi Me cherchiez-vous? répond l’Enfant. Ne saviez-vous pas que Je dois être aux choses de Mon Père?» Et l’Évangile prend la peine de spécifier: Mais ils ne comprirent pas cette parole qu’Il leur disait. Ils retournèrent ensemble à Naza-reth et Il leur était soumis. Pour Sa Mère, Elle conservait toutes ces choses dans Son cœur.La Vierge Marie a traversé beaucoup de ces moments douloureux. L’Évangile relate celui-ci comme exemple. Toute Sa vie, Elle a dû pratiquer la foi, de façon suréminente. La foi est ce qui donne la valeur surnaturelle à toutes les vertus; elle les surpasse toutes. Marcher dans la lumière, quand tout est clair, tout le monde peut le faire. Mais se fier à Dieu dans les moments de lassitude, de souffrances, dans les épreuves les plus crucifiantes, les circonstances déstabilisantes, garder une foi absolue dans les promesses de Dieu quand on ne comprend plus rien... L’acte de foi dans l’épreuve est la plus grande preuve d’amour que Dieu attend de nous. Il veut que Son enfant croie en Lui, qu’il se fie à Lui inconditionnellement.
Dieu est glorifié par la foi de Sa créature
La Vierge Marie, la plus élevée des créatures, Immaculée dans Sa Conception, comblée de grâces dès avant Sa naissance, devait glorifier Dieu par une fidélité consommée. La foi et la fidélité sont une même chose. Qui pourra jamais mesurer la fidélité de Marie? La pratique de la foi est parfois très douloureuse. La foi est un don de Dieu; mais aussi, de la part de l’âme, un acte volontaire coûteux, qui déchire tout l’être. La Vierge Marie ne comprenait pas, mais Se soumettait sans raisonner. Plus le bon Dieu comble une âme de Ses lumières, plus Il en attend un grand esprit de foi. Voyez le saint homme Abraham. Il était, en son temps, celui à qui Dieu Se communiquait davantage; et c’est à lui que Dieu a demandé la plus grande épreuve de foi. Abraham se fiait pleinement à Dieu. Sa réponse était toujours: «Oui, mon Dieu!» Cependant, la foi d’Abraham, bien qu’immense, n’est rien auprès de celle de la sainte Mère de Dieu.Si tout était clair, la foi ne serait pas exercée. La foi consiste justement à se fier sans comprendre. Mise à l’épreuve, la raison humaine doit rester en suspens. L’âme ne comprend pas la conduite de Dieu à son égard, mais elle se prosterne devant Sa volonté qui lui est manifestée et elle obéit aveuglément. Voilà la foi. Tous les Saints ont dû vivre de foi, à la suite de la Vierge Marie qui a vécu de foi avec une perfection inégalée.Quelle immense gloire Dieu reçoit ainsi de Sa créature! Si la Sainte Vierge n’avait pas été soumise à l’épreuve, quelle gloire aurait-Elle donnée à Dieu? Pendant toute l’éternité, nous verrons que la Sainte Vierge, créée supérieure à tous les autres êtres, a aussi été éprouvée supérieurement. Elle a pratiqué la foi d’une façon héroïque, suréminente. À Elle seule, Elle a fait plus d’actes de foi que tous les Saints du Ciel réunis.J’ai parfois entendu le commentaire: «Le bon Dieu a raté Son coup quand Il a créé les humains. Regardez ce qu’il se passe sur la terre...» Non! Dieu n’a pas échoué. Si la terre n’avait seulement produit que la Vierge Marie, et s’il n’y avait eu aucun Saint à part d’Elle, Elle justifierait à Elle seule toute la création, tellement Elle glorifie Dieu d’une manière inconcevable. Retenons bien ceci: c’est Son humilité qui a produit Sa foi.L’orgueilleux n’a pas la foi. Sûr de lui-même, il se fie à sa raison, à son intelligence; il s’appuie sur son juge-ment propre. Il croit tout savoir, donc il ne fait pas d’actes de foi. Comme la Sainte Vierge a été le plus grand monument d’humilité, de même Elle a été le plus grand monument de foi.Je pense souvent à cette page d’Évangile. La Vierge n’a pas compris... Elle vivait avec le Fils de Dieu incarné et à ce moment d’épreuve, l’Évangile insiste qu’Elle ne comprenait pas. Et nous, pauvres êtres insigni-fiants, nous voudrions tout comprendre!À l’exemple de la Sainte Mère de Dieu, la vie de tout chrétien doit être une vie de foi. Aujourd’hui plus que jamais, l’orgueil qui règne sur le monde a détruit la foi. Dieu est bafoué par Ses enfants. Donnons à Dieu ce témoignage d’amour qu’Il attend de nous. Quoi qu’il arrive, restons toujours en paix, au plus profond de l’âme, sachant que nous sommes dans les mains de Dieu, et par-dessus tout, restons confiants en Sa bonté de Père......
Rienn’estplusagréableàDieuquelafoietlaconfianceinébranlablesaumilieudes ténèbres.Exercez-vousbeaucoupauxactesdeconfiancemêmequandvousnesentezrien.C’estjustedanscesmomentsdesécheresseetdeténèbresquecesactessontlesplusméri-toires,lesplusagréablesàDieuetlesplusutilesàvotreâme.Lesâmesordinairesquine sesontpasdonnéessansréserveàDieu,netrouventaucunedifficultéàfairedesactes d’amouretdeconfianceenDieupendantletempsdeconsolationetdesuccès,maisc’estle propredesâmesqueDieuappelleàuneunion,àunefamiliaritéplusintimesavecLui,de s’obstineràespérerenLuimalgrétouteslesapparencesquitendraientàlesfairedouter despromessesdivines.CesâmesdisentaveclesainthommeJob:«Mêmes’Ilmetue, j’espéreraienLui.»(Job13,15)CesâmesdisentàDieu:«MonDieu,VousêtesmonPère.VotreFilsJésusnousaditqueVousêtesnotrePère,queVousnousaimez,etqueVousne nousrefusezjamaiscequenousVousdemandonsenSonnom.MonDieu,jecroistout ceci,etbienquelemonde,lediable,toutl’enfermedisentlecontraire,jecroisVotreparole simplement parce que Vous l’avez dit.»Dom Columba Marmion, Lettres de direction
Une page d’Évangile
Jésus perdu et retrouvé
au Temple
par Père Mathurin de la Mère de DieuL’Enfant-Jésus croissait et Se fortifiait. Il était plein de sagesse et la grâce de Dieu était en Lui. Son Père et Sa Mère allaient tous les ans à Jérusa-lem, pour les solennités de la Pâque. Toute la famille s’y rendit, selon la coutume de cette fête, lorsque Jésus eut atteint Sa douzième année.Les jours saints étant passés, ils prirent le che-min du retour. Or l’Enfant Jésus était resté à Jérusalem, sans que Ses parents s’en fussent aper-çus. Supposant qu’Il était dans l’une ou l’autre compagnie, ils firent une journée de voyage. Alors ils Le cherchèrent anxieusement parmi ceux de leur parenté et parmi leurs connaissances. Ne L’ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem, Le cherchant toujours.Après trois jours, ils Le découvrirent dans le Temple. Il était assis au milieu des Docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui L’entendaient étaient stupéfaits de Sa sagesse et de Ses réponses. En Le voyant ainsi, Ses parents furent eux-mêmes très surpris. «Mon Fils, Lui dit Sa Mère, pourquoi donc avez-Vous agi de la sorte à notre égard? Voilà que Votre Père et Moi, nous Vous cherchions dans la plus douloureuse angoisse. – Pourquoi Me cherchiez-vous? répon-dit-Il. Ne saviez-vous pas qu’il faut que Je sois aux affaires de Mon Père?»Mais ils ne comprirent pas cette parole qu’Il leur disait. Descendant avec eux, Il retourna à Nazareth; et Il leur était soumis. Pour Sa Mère, Elle conservait toutes ces choses dans Son cœur.Évangile de saint Luc 2, 40-52L’Évangile dit explicitement de Marie et de Joseph qu’ils ne comprirent pas. Nous voyons ici la Vierge Marie, la Mère de Dieu qui ne comprenait pas. On s’imagine facilement que plus un person-nage est considérable, que plus il vit dans l’intimité de Dieu, plus aussi il connaît Ses desseins. D’une part, oui! La Vierge Marie était, plus que tout autre, informée du plan de la Rédemption. Elle connaissait la Pensée de Dieu. Pourtant... Elle n’a pas compris!...Imaginons un peu le désarroi de Marie et de Joseph. Le Ciel leur a confié cet Enfant, qui est le Fils de Dieu même, et ils L’ont perdu! Quand ils Le retrouvent enfin, la divine Mère S’écrie: «Mon Enfant, Ton Père et Moi, nous Te cherchions dans la plus cruelle angoisse. Pourquoi as-Tu fait cela?... – Pourquoi Me cherchiez-vous? répond l’Enfant. Ne saviez-vous pas que Je dois être aux choses de Mon Père?» Et l’Évangile prend la peine de spéci-fier: Mais ils ne comprirent pas cette parole qu’Il leur disait. Ils retournèrent ensemble à Nazareth et Il leur était soumis. Pour Sa Mère, Elle conser-vait toutes ces choses dans Son cœur.La Vierge Marie a traversé beaucoup de ces moments douloureux. L’Évangile relate celui-ci comme exemple. Toute Sa vie, Elle a dû pratiquer la foi, de façon suréminente. La foi est ce qui donne la valeur surnaturelle à toutes les vertus; elle les surpasse toutes. Marcher dans la lumière, quand tout est clair, tout le monde peut le faire. Mais se fier à Dieu dans les moments de las-situde, de souffrances, dans les épreuves les plus crucifiantes, les circonstances déstabilisantes, gar-der une foi absolue dans les promesses de Dieu quand on ne comprend plus rien... L’acte de foi dans l’épreuve est la plus grande preuve d’amour que Dieu attend de nous. Il veut que Son enfant croie en Lui, qu’il se fie à Lui inconditionnellement.
Dieu est glorifié par la foi de Sa créature
La Vierge Marie, la plus élevée des créa-tures, Immaculée dans Sa Conception, comblée de grâces dès avant Sa naissance, devait glori-fier Dieu par une fidélité consommée. La foi et la fidélité sont une même chose. Qui pourra jamais mesurer la fidé-lité de Marie? La pra-tique de la foi est parfois très douloureuse. La foi est un don de Dieu; mais aussi, de la part de l’âme, un acte volontaire coû-teux, qui déchire tout l’être. La Vierge Marie ne comprenait pas, mais Se soumettait sans raison-ner. Plus le bon Dieu comble une âme de Ses lumières, plus Il en attend un grand esprit de foi. Voyez le saint homme Abraham. Il était, en son temps, celui à qui Dieu Se communiquait davan-tage; et c’est à lui que Dieu a demandé la plus grande épreuve de foi. Abraham se fiait pleine-ment à Dieu. Sa réponse était toujours: «Oui, mon Dieu!» Cependant, la foi d’Abraham, bien qu’immense, n’est rien auprès de celle de la sainte Mère de Dieu.Si tout était clair, la foi ne serait pas exercée. La foi consiste justement à se fier sans comprendre. Mise à l’épreuve, la raison humaine doit rester en suspens. L’âme ne comprend pas la conduite de Dieu à son égard, mais elle se prosterne devant Sa volonté qui lui est manifestée et elle obéit aveuglé-ment. Voilà la foi. Tous les Saints ont dû vivre de foi, à la suite de la Vierge Marie qui a vécu de foi avec une perfection inégalée.Quelle immense gloire Dieu reçoit ainsi de Sa créature! Si la Sainte Vierge n’avait pas été sou-mise à l’épreuve, quelle gloire aurait-Elle donnée à Dieu? Pendant toute l’éternité, nous verrons que la Sainte Vierge, créée supérieure à tous les autres êtres, a aussi été éprouvée supérieurement. Elle a pratiqué la foi d’une façon héroïque, suréminente. À Elle seule, Elle a fait plus d’actes de foi que tous les Saints du Ciel réunis.J’ai parfois entendu le commentaire: «Le bon Dieu a raté Son coup quand Il a créé les humains. Regardez ce qu’il se passe sur la terre...» Non! Dieu n’a pas échoué. Si la terre n’avait seulement produit que la Vierge Marie, et s’il n’y avait eu aucun Saint à part d’Elle, Elle justifierait à Elle seule toute la création, tellement Elle glorifie Dieu d’une manière inconcevable. Retenons bien ceci: c’est Son humilité qui a produit Sa foi.L’orgueilleux n’a pas la foi. Sûr de lui-même, il se fie à sa raison, à son intelligence; il s’appuie sur son jugement propre. Il croit tout savoir, donc il ne fait pas d’actes de foi. Comme la Sainte Vierge a été le plus grand monument d’humilité, de même Elle a été le plus grand monument de foi.Je pense souvent à cette page d’Évangile. La Vierge n’a pas compris... Elle vivait avec le Fils de Dieu incarné et à ce moment d’épreuve, l’Évangile insiste qu’Elle ne comprenait pas. Et nous, pauvres êtres insignifiants, nous voudrions tout com-prendre!À l’exemple de la Sainte Mère de Dieu, la vie de tout chrétien doit être une vie de foi. Aujourd’hui plus que jamais, l’orgueil qui règne sur le monde a détruit la foi. Dieu est bafoué par Ses enfants. Donnons à Dieu ce témoignage d’amour qu’Il attend de nous. Quoi qu’il arrive, restons toujours en paix, au plus profond de l’âme, sachant que nous sommes dans les mains de Dieu, et par-dessus tout, restons confiants en Sa bonté de Père......
Rienn’estplusagréableàDieuquelafoietla confianceinébranlablesaumilieudesténèbres.Exercez-vousbeaucoupauxactesdeconfiance mêmequandvousnesentezrien.C’estjustedans cesmomentsdesécheresseetdeténèbresqueces actessontlesplusméritoires,lesplusagréablesà Dieuetlesplusutilesàvotreâme.Lesâmesordi-nairesquinesesontpasdonnéessansréserveà Dieu,netrouventaucunedifficultéàfairedes actesd’amouretdeconfianceenDieupendantle tempsdeconsolationetdesuccès,maisc’estle propredesâmesqueDieuappelleàuneunion,à unefamiliaritéplusintimesavecLui,des’obstiner àespérerenLuimalgrétouteslesapparencesqui tendraientàlesfairedouterdespromesses divines.CesâmesdisentaveclesainthommeJob:«Mêmes’Ilmetue,j’espéreraienLui.»(Job13,15)CesâmesdisentàDieu:«MonDieu,Vousêtes monPère.VotreFilsJésusnousaditqueVous êtesnotrePère,queVousnousaimez,etqueVous nenousrefusezjamaiscequenousVousdeman-donsenSonnom.MonDieu,jecroistoutceci,et bienquelemonde,lediable,toutl’enferme disentlecontraire,jecroisVotreparolesimple-ment parce que Vous l’avez dit.»Dom Columba Marmion, Lettres de direction