Le Sommet de
l’Adoration
par Père Mathurin de la Mère de Dieu
Plan diabolique, ou... divin?
Dieu veut, ou per-
met, toutes les souf-
frances qui arrivent. Le
plus bel exemple pour
illustrer cette grande
vérité, nous le trouvons
en Jésus, Dieu incarné
sur la terre. Suite à la
résurrection de Lazare,
l’Évangile relate que les
princes des prêtres et
les docteurs de la loi se
sont réunis au milieu
de la nuit, brisant leurs
propres lois, contre toute forme de justice. «Ce
Jésus ressuscite les morts! Si on Le laisse continuer
Ses miracles, c’en est fait de nous. Il faut L’élimi-
ner!» C’était une résolution satanique, inspirée
directement par le démon. Et pourtant c’était le
Plan de Dieu! Toutes les forces du mal se sont
liguées pour abattre Jésus, pour Le briser, L’anéan-
tir. Ils ont réalisé leur complot diabolique, ils ont
massacré Jésus: le Plan de Dieu se réalisait!
Certains demandent: Le coronavirus a-t-il été
fabriqué par les hommes? Qu’est-ce que cela chan-
gerait d’en connaître l’origine? Dans le cas de
Jésus, Sa mort était-elle l’œuvre des hommes ou
l’œuvre de Satan? Sa mort sur la croix: était-ce
divin ou diabolique? Cela semble étrange à dire,
mais c’était les deux! Les démons se sont agités, ils
ont réuni leurs satellites et leurs suppôts dans des
conciliabules pour éliminer cet Homme. Et en
même temps, jamais projet diabolique n’avait été
aussi divin! Parfois, c’est assez étonnant, on dirait
que plus le projet est diabolique, plus il rejoint le
divin. Il y a un mystère en tout cela. C’est Dieu qui
mène et conduit tout à Sa fin.
Quand on l’a compris, tout prend un autre
éclairage. Dieu mène et Il a le dernier mot. Les
âmes doivent entrer dans Son dessein, voir Sa main
derrière les événements les plus fâcheux, les plus
terribles, les plus maléfiques, les plus morbides.
Les ennemis de Notre-Seigneur convoitaient argent
et pouvoir, ils voulaient établir leur propre règne et
notre cher Jésus entravait leurs desseins. Toutes
les forces du mal ont comploté pour détruire et
massacrer Jésus: ils ont réussi à faire mourir le Fils
de Dieu incarné! Les démons se frottaient les
mains de satisfaction. Quand Satan comprit qu’ils
avaient réalisé le Plan de Dieu, il mordit la pous-
sière: c’était sa plus grande défaite. La mort de
Jésus sur la croix, c’était le salut voulu, pensé par
Dieu depuis l’origine. C’était le plan qu’Il avait
décrété pour le salut de l’homme, tout de suite
après le péché de nos premiers parents.
En ces temps où la haine diabolique arrive à
son point culminant, un mystère d’amour se pré-
pare pour le salut de l’humanité: l’Amour divin
arrivera aussi à son apogée. Comment réagissons-
nous face à ces événements? Soyons bien attentifs à
tout regarder avec des vues de foi. Il faut, bien sûr,
une prudence humaine, mais il faut surtout avoir la
foi, croire que c’est Dieu qui agit par tous ces évé-
nements.
À travers le monde, les églises sont fermées.
Les gouvernants défendent les rassemblements. Ils
ont peur du coronavirus. Interdire l’accès aux
sacrements, à la sainte Messe, à la communion, ne
peut être de Dieu. C’est un phénomène diabolique
contre Dieu. Mais Dieu va en tirer Sa gloire.
Cela me fait une peine énorme que l’adoration
perpétuelle par les fidèles ait cessé à Montmartre
où elle avait été maintenue même pendant les
bombardements de la deuxième Guerre mondiale.
La situation aurait pu être gérée autrement, en
mettant en place un certain contrôle comme cela se
fait pour garder ouverts d’autres institutions et
commerces.
L’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement est
un paratonnerre pour les nations. Le but de cette
adoration perpétuelle est d’assurer une prière inin-
terrompue pour l’Église, pour la patrie, pour le
monde. Je suis certain que les adorateurs en
souffrent énormément.
La prière, remède aux problèmes actuels
Nous avons fait un appel à plus de prières. Que
chacun fasse sa part et donne plus de temps à
l’adoration devant le Saint-Sacrement où Jésus est
réellement présent. Si nous prions humblement, le
salut viendra. Le salut, c’est Dieu. Il nous inter-
pelle. Nous devons prier avec humilité, en nous
frappant la poitrine.
Faisons la prière humble du publicain qui se
frappait la poitrine, non pas celle du pharisien qui
se complaisait en lui-même et condamnait les
autres: «Ces gens ont fait ceci et cela! Moi, je ne
suis pas comme le reste des hommes.» Non! Exa-
minons plutôt notre propre vie: humilions-nous et
pleurons nos fautes devant Dieu. Considérant les
lumières et les grâces reçues, nous devrions être
des géants de sainteté. Du plus profond de l’âme,
soyons convaincus qu’avec toutes ces grâces reçues,
nous sommes pires que les autres, plus coupables
devant Dieu. On exigera beaucoup de celui qui
aura beaucoup reçu, dit Jésus. On lui demandera
d’autant plus, qu’on lui aura donné davantage.
1
Il faut recourir aux sacrements: la messe, la
communion, la confession, qui sont actuellement
boycottées presque partout. Pour suppléer, nous
devons y recourir davantage, les multiplier chez
nous. Nous devons compenser par plus de messes,
plus de communions, plus d’adorations, plus de
confessions, toujours avec humilité, sinon notre
prière sera rejetée du Ciel. Dieu résiste aux
superbes et donne Sa grâce aux humbles.
2
La
Sainte Vierge chante dans Son Magnificat: Le
Tout-puissant élève les humbles… Mais Il
déploie toute la force de Son bras pour dis-
perser les superbes d’esprit et de cœur et Il
renverse les puissants de leur trône.
3
Avec humilité, demandons pardon pour nous,
pour l’Église, pour nos frères. Compensons, sup-
plions, adorons! Quand nous sommes devant le
Saint-Sacrement, quand nous prions seuls dans
notre chambre, comme dit l’Évangile,
4
mettons-
nous dans ces dispositions. Ainsi les malheurs
présents seront vraiment une bénédiction qui
transformera nos âmes. Dans ce cas, ce virus
mérite d’être couronné (corona-virus): il va nous
rapprocher de Dieu! Dieu soit loué!
C’est la panique partout. L’Église a toujours eu
des fragilités, mais elle ne fermait pas ses portes,
surtout pas dans les temps de calamités où les
fidèles avaient le plus besoin de l’assistance divine.
Aujourd’hui, les portes des sacrements sont fer-
mées à presque tout le monde. Certaines bonnes
gens disent: «On suit la messe à la télévision.» Sur
l’écran, vous regardez l’image du Saint-Sacrement.
Ce n’est pas l’Hostie que vous regardez, c’est une
image qui vous fait penser à Jésus-Eucharistie.
Mais ce n’est pas l’Eucharistie. Quand je suis
devant l’Hostie, je suis devant Dieu, personnelle-
ment présent. Quand j’assiste à la messe à la
télévision, je ne suis pas en présence du sacrifice du
Calvaire, je suis devant une représentation. Pour
participer réellement à la messe, il faut se déplacer
– si possible – et y assister. Le Saint-Sacrement
n’est pas une image ou une représentation, c’est
Dieu réellement présent.
De votre foyer, vous pouvez adorer Jésus-Hos-
tie en esprit, mais vous n’êtes pas devant la Pré-
sence réelle. C’est toujours mieux que de ne rien
faire. Si vous regardez une image de Jésus-Hostie
et que cela vous stimule à prier, c’est bien, même
très bien. Mais comme Autorité de l’Église, je ne
puis pas dire que l’image équivaut à la Présence
réelle. Ce n’est pas ce que Jésus nous enseigne. On
ne peut pas instituer des choses que Jésus n’a pas
instituées. Jésus a voulu demeurer parmi nous par
la Présence réelle de l’Eucharistie, pas seulement
par une image à l’écran ou sur papier. Il a voulu Se
cacher dans du pain au moment de la consécration
et c’est sous cette forme qu’Il veut être adoré par
Ses enfants.
L’Église a toujours enseigné la communion spi-
rituelle. Je l’ai moi-même recommandée à plu-
sieurs de nos amis. Vous pouvez en tirer beaucoup
de profit si vous y êtes attentifs. Mais ce n’est pas la
communion sacramentelle. Quand vous faites une
communion sacramentelle, c’est réellement Jésus
que vous recevez en vous. Car Ma Chair est vérita-
blement une nourriture, dit Jésus. Mon Sang est
véritablement un breuvage. Celui qui mange Ma
Chair et qui boit Mon Sang demeure en Moi et Moi
en lui.
5
La Foi des premiers
chrétiens
Quand les premiers
chrétiens se rendaient
aux catacombes pour
assister aux saints mys-
tères, chacun d’eux
s’exposait à être pris,
reconnu comme chré-
tien, emmené à la mort.
C’était un risque, un
danger immédiat, pire
que le coronavirus. Ils encouraient la mort avec des
tortures extrêmes. L’histoire de saint Tarcisius
n’est pas un cas isolé. Les chrétiens exposaient leur
vie pour aller porter la sainte Eucharistie – la com-
munion sacramentelle – à leurs frères qui allaient
mourir. Ils croyaient déjà à la communion spiri-
tuelle certainement, mais ils risquaient leur vie
pour la communion sacramentelle. Le petit Tarci-
sius est mort lapidé en s’exposant ainsi. Voilà
l’Église, voilà sa vérité. L’Église, surtout dans les
temps de calamités, a le devoir de proclamer la
vérité.
C’est un effort d’Église que nous faisons, dans
un esprit d’humilité, pour compenser, supplier et
toucher le Cœur de Dieu par beaucoup d’amour,
beaucoup de foi, beaucoup d’humilité. Je vous
expose ces faits pour vous communiquer ma dou-
leur de voir les églises fermées. Je ne tire pas de
pierres au clergé, mais cela me fait vraiment mal.
J’ai un chagrin immense pour tous les adorateurs
qui aiment le bon Dieu et qui sont maintenant pri-
vés de L’adorer dans Ses sanctuaires. Ils n’ont pas
le choix; par contre ces fidèles vont continuer
d’adorer à partir de leur foyer. Ce geste sera grand
devant Dieu. Dans leur cœur, ils vont adorer Dieu,
tout en priant devant une croix ou une image
pieuse. Ils se remémoreront le Saint-Sacrement
qu’ils adoraient à Montmartre ou ailleurs.
De plus en plus, donnez du temps à l’adoration.
De grandes grâces viennent par l’adoration silen-
cieuse devant le Saint-Sacrement. Quelque chose
de divin se passe en notre âme. Comme disait saint
Louis-Marie de Montfort: «On ne conçoit ce bien
que par l’expérience.» Les mots ne sauraient le
rendre, il faut le vivre.
Le chapelet aussi est une dévotion mer-
veilleuse. Rien n’est beau comme de méditer les
mystères de la vie de Jésus et de Marie. Récitant
l’Ave Maria vous contemplez le mystère. En plus
des quinze mystères traditionnels, vous pouvez
aussi contempler tout autre mystère de la vie de
Jésus et de Marie. Dites les Ave Maria doucement:
cette prière vous fera entrer en contemplation
devant le Saint-Sacrement.
Il n’y a pas de formule acquise pour tout le
monde, chaque âme est différente. Chacun de vous
est une âme singulière, que Dieu chérit par-dessus
toutes les autres. Quand vous êtes avec le bon Dieu,
il n’y a que vous qui comptez à Ses yeux. Vous êtes
seul avec Lui, Il S’occupe personnellement de vous.
Son traitement à votre endroit est particulier. Vous
devez être attentif: ce qu’Il fait est sur mesure pour
vous. C’est Lui qui vous fait entrer en contempla-
tion. Vous ne pouvez pas prier réellement sans que
Dieu vous inspire. Dieu a envoyé dans vos cœurs
l’Esprit de Son Fils, qui crie: Abba, Père!
6
Dans l’adoration du Saint-Sacrement, c’est
Jésus qui vient prier en vous et vous offre une
grâce spéciale à ce moment-là. Il faut nous mettre
en contact avec Dieu. Nous pouvons prendre un
guide, un moyen qui nous aide à entrer en contem-
plation, mais le contact, la grâce nous viennent de
Lui.
L’adoration nous rend
humbles
Normalement, c’est la
créature qui doit se don-
ner à son Créateur. Quand
vous êtes en adoration,
vous découvrez que c’est
le Créateur qui Se donne à
vous. Cette pensée vous
confond, c’est une humi-
liation qui vous remplit
d’amour. L’adoration nous rend humbles, nous si
orgueilleux par notre nature déchue. Dieu Se
donne à nous! Notre petit don est si maigre, si ché-
tif comparé à Son don divin.
Quand vous adorez, quand vous êtes en
contemplation et que vous réalisez que c’est Dieu
qui fait le don, vous en êtes humilié, confus, mais
d’une confusion pleine d’amour. On croyait avoir
donné quelque chose au bon Dieu et on découvre
son égoïsme, sa mesquinerie, son égocentrisme, ses
vanités, son manque de générosité. Nous contem-
plons le don que Dieu nous fait, ce Dieu qui Se
donne: le don par essence. L’adoration se fait tout
simplement, ce n’est pas un effort cérébral. Nous
sommes devant Dieu pour Le louer et L’adorer,
pour Le glorifier, pour compenser.
Il peut arriver que vous n’ayez rien à dire. Vous
vous mettez alors à genoux et vous vous proster-
nez. Si vous vous sentez froid, prosternez-vous
encore plus. Ne vous gênez pas de vous prosterner,
le nez contre terre. Oh! la belle adoration! Proster-
nez-vous, adorez, humiliez-vous. Ensuite, vous
vous relevez, vous contemplez Jésus et vous vous
prosternez encore. Vous constatez votre nullité, ce
rien, ce lâche que vous êtes et Dieu Se donne à
vous.
La Vierge Marie faisait cette adoration, Se pros-
ternant devant Son Dieu, le nez à terre. Puis Elle Se
relevait pour pouvoir Se prosterner encore, pour
pouvoir faire une adoration complète devant Dieu.
Elle le faisait des douzaines, parfois des centaines
de fois. Elle a continué cette pratique jusque dans
un âge avancé. Marie faisait déjà ces adorations
avant l’institution du Saint-Sacrement. Devant la
Présence réelle après la mort de Jésus, vous imagi-
nez les prostrations qu’Elle devait faire! avec quelle
révérence Elle faisait ce geste! Elle Se relevait et Se
prosternait de nouveau pour faire un acte physique
d’anéantissement, S’abaisser jusqu’à la poussière,
posément. Elle y restait un moment et Se relevait.
Je recommande de faire cette prostration
trente-trois fois, pour honorer les trente-trois
années de la vie de Jésus. Jésus, qui S’est abaissé
jusqu’à nous et même plus encore! Faites ces ado-
rations très posément. «Mon Dieu, que vaut ma
prière? Je veux faire comme la Vierge, comme
Votre Mère faisait.» Il y a des manières variées de
faire l’adoration. L’amour va vous en inspirer. Se
prosterner aiguillonne l’attention. Nous sommes
fragiles. Ce geste nous tient alertes, surtout durant
l’adoration nocturne, quand malgré nous, la fatigue
peut nous accabler.
Si vous entrez vraiment en prière, Dieu fera le
reste. Il voit votre bonne volonté: vous voulez
L’aimer, vous vous humiliez devant Lui et Il Se
manifestera à vous. Le bon Dieu parle à chacun,
pas avec des sons, des bruits, Il parle au cœur. Il Se
communique à l’âme qui s’humilie, qui s’anéantit
devant Lui. L’âme en sort plus humiliée, plus
confuse encore. C’est dans cet esprit d’adoration
que nous devons suppléer. Beaucoup de grâces en
dépendent.
Adorez au nom de la Sainte Église, pour vous-
mêmes, pour tous nos frères de la terre, en union
avec ces chers hommes et ces chères femmes qui
n’ont plus ce privilège, ce plaisir, cette joie qu’ils
avaient d’être en adoration devant le Saint-Sacre-
ment, parce que tant d’églises ne le permettent
plus. Vous offrez leurs prières, leurs souffrances à
Dieu. «Mon Dieu, intervenez! Je Vous offre mon
adoration en union avec ces personnes qui
souffrent, qui voudraient être en Votre présence.»
Cette prière va changer le monde plus que des
discours. Les discours sont nécessaires, mais c’est
Dieu qui touche les âmes par nos paroles. Dieu Se
sert de nos mots, mais c’est toujours Sa grâce qui
touche les cœurs et non pas nous ni nos paroles.
Le plus haut sommet de l’adoration
Le premier culte que l’homme doit rendre à
Dieu, c’est de L’adorer. Adorer, c’est beaucoup plus
que se prosterner. Adorer, c’est reconnaître le sou-
verain domaine de Dieu, notre Créateur. Dans la
douleur, dans la souffrance, quand on s’applique à
reconnaître la main de Dieu qui opère, qui agit,
quand alors, on remercie le bon Dieu, c’est le
sommet de l’adoration. Non seulement faut-il
plier l’échine parce qu’on n’a pas le choix. Se sou-
mettre, accepter, c’est déjà bien. Mais entrer
tellement dans le dessein de Dieu qu’on L’en
remercie! «Mon Dieu, merci! Merci du mal qui
m’arrive, merci de toutes les douleurs qui
m’arrivent. Merci, mon Dieu!» Quand ce merci est
reconnaissant, plein de gratitude envers Dieu, c’est
le sommet de l’adoration que l’on puisse rendre à
Dieu.
Dieu attend ce culte des Apôtres des Derniers
Temps. Ce culte, nous allons le répandre dans le
monde entier. Il faut d’abord le pratiquer. On a
mal? Au lieu de maugréer et de murmurer dans nos
cœurs, disons: Merci, mon Dieu! Les pires des
péchés du peuple juif, relatés dans la Bible, ont été
l’idolâtrie et le murmure. En adorant Dieu dans la
souffrance, nous faisons le contraire. Nous adorons
Dieu et nous Le remercions: «Merci, mon Dieu,
pour le moindre mal qui m’arrive. Ce n’est pas le
diable ou Untel qui me fait souffrir, c’est Vous,
mon Dieu, qui agissez derrière ces instruments.
Merci!» Sans que les humains s’en rendent compte,
notre cœur s’élève vers Dieu.
Sous l’œil de Dieu, avec des larmes de recon-
naissance, disons: «Mon Dieu, Vous me donnez
cela, à un vil être comme moi? Je puis Vous adorer
comme cela, moi? Mon Dieu, Vous me faites trop
d’honneur!» Dieu attend ce culte de nous pour
ensuite le transmettre au monde. Le monde va en
vivre. Ce sera quelque chose qui s’est rarement vu
dans l’histoire de l’humanité. Nous devrons le pro-
mouvoir pour l’avoir vécu. Que Dieu vous aide à le
faire de bon cœur. Remerciez le bon Dieu de tous
les maux, au nom de nos frères de la terre: «Mon
Dieu, merci de ces grâces. C’est une miséricorde
que Vous nous envoyez.» Plus d’un tiers de la
population mondiale est en confinement. «Mon
Dieu, allons-nous en profiter? Mon Dieu, faites-
nous une grâce puissante!»
La grâce se présente sous deux aspects: la grâce
actuelle et la grâce habituelle. La grâce habituelle
est la vie de Dieu en nous, l’état de grâce. La grâce
actuelle est le secours que Dieu nous donne pour
accomplir à chaque instant le bien qu’Il attend de
nous. La grâce est une intervention de Dieu, infi-
nie. De moment en moment, la grâce est distincte
pour chacun des sept milliards d’humains sur la
terre. Nous tous, pécheurs, au moment même de
nos chutes dans le péché, Dieu intervient pour
nous relever et nous attirer à Lui. Sa grâce joue
d’une manière infinie dans chacun des scénarios de
notre vie et particulièrement dans les moments de
souffrance. Mais il faut prier.
Nous vivons un temps de bénédictions comme
l’humanité n’en a pas eu depuis longtemps. Prions,
rendons ce culte à Dieu: «Mon Dieu, merci! Vous
prenez les moyens de nous ramener à Vous, car
nous sommes trop frivoles, nous sommes distraits,
nous ne pensons qu’à nous amuser. Je veux rentrer
dans Votre dessein, je veux Votre grâce, du secours
pour moi, pour mes frères. Merci, mon Dieu,
d’intervenir.» Les souffrances actuelles sont des
bénédictions de Dieu. Plusieurs, mais trop peu,
profitent de ce temps de grâces. L’avenir dépend de
notre réaction.
La situation suscite des gestes de charité, mais
avant toute chose, elle suscite la pensée de Dieu.
Beaucoup parlent des œuvres de bienfaisance qui
se font, mais les médias ne mentionnent pas que
les gens pensent plus à Dieu. Les familles
s’unissent, c’est très bien, mais surtout il faut s’unir
à Dieu. Si nous faisions tous ces beaux gestes sans
penser à Dieu, cela vaudrait peu. La charité a tou-
jours une grande valeur, mais il faut la pratiquer
dans le but de plaire à Dieu. La première charité est
de penser à Dieu et de Le servir. Il attend que nous
pensions à Lui, que nous fassions quelque chose
pour Lui. Par rapport aux sept milliards d’humains
sur la terre, il y en a trop peu qui se tournent vers
Dieu.
Grâce au confinement, les gens ont l’occasion
de prier plus, de réfléchir un peu. Nous les
humains, nous sommes si distraits, nous ne pen-
sons pas à notre éternité. Le bon Dieu nous donne
une chance. «Mon Dieu! Quelle bonté! Quelle
miséricorde! Nous méritons des coups de bâton et
Vous nous frappez doucement, combien douce-
ment.» Un peu de confinement déstabilise bien des
gens. Cependant ils peuvent encore manger et
même s’amuser un peu. Si les gens réagissent bien,
nous pourrions prévenir les scénarios inquiétants
qui menacent à l’horizon. Tout dépend de notre
comportement.
Dieu nous demande de petites choses: un cer-
tain confinement qui va durer encore un peu. Y
aura-t-il autre chose? Qu’importe. Qu’est-ce que ça
donnerait de passer beaucoup de temps sur la terre
sans s’y être préparé à l’éternité? Qu’est-ce que ça
donnerait de vivre longtemps si on ne pense pas à
son éternité? La pandémie actuelle est le plus beau
scénario possible, si elle me conduit à l’éternité
bienheureuse, si elle m’amène à faire un peu plus
pour le bon Dieu.
Les martyrs se réjouissaient au moment des
persécutions. «Nous ferons un peu plus pour le bon
Dieu, nous aurons peut-être la chance d’être mar-
tyrs. Quelle aubaine!» Nous, nous avons peur de
souffrir: «Y aura-t-il moins de nourriture sur la
table?… Vais-je manquer de quelque chose?» Nous
avons peur d’avoir faim, peur d’avoir froid, peur
d’être fatigué, on a peur de tout, on a peur d’avoir
peur.
Dieu soit béni!
Nous devons remercier Dieu quand Il donne et
aussi quand Il enlève: «Mon Dieu, si Vous m’enle-
vez telle chose, merci d’avance. Je suis prêt, mais
venez à mon secours! Je suis un lâche, j’ai peur de
souffrir. Mais j’ai confiance en Vous, car je sais que
Vous m’aiderez et que Votre grâce l’accomplira en
moi.» Seulement de dire merci à Dieu en toutes cir-
constances vous conduira à un sommet dans ce
culte d’adoration que nous Lui devons. Dieu attend
un sacrifice de louanges de Ses enfants, surtout
dans l’épreuve. Il nous envoie des châtiments un
peu à contrecœur: «Merci, mon Dieu. C’est pour
notre bien, c’est trop de bonté. Nous Vous avons
abandonné. Vous voulez prendre les choses en
main et nous maugréons.»
Certains vont jusqu’au blasphème. S’il y a
quelque chose qui fait mal à Dieu, c’est le blas-
phème. On Le blasphème même dans l’abondance.
Dieu agit doucement, car les humains vont Le blas-
phémer. Nous, bénissons-Le dans ces petites
souffrances et tout autre souffrance qui serait peut-
être plus considérable. «Mon Dieu, nous ne méri-
tons pas tant d’attention de Votre part. Nous
devrions être attentifs à Vous et c’est Vous qui êtes
attentif à nous.» Les rôles sont renversés. La créa-
ture devrait être tout attentive à son Créateur. Dieu
est à l’affût du bien de Sa créature, de Son enfant,
et la créature est volage, distraite, frivole, occupée
des choses de la terre, comme s’il n’y avait plus rien
après la mort. Si l’on n’y prend pas garde, les dis-
tractions et les murmures peuvent arriver même
chez l’élite des humains, chez ceux qui font profes-
sion de servir Dieu.
Que nos vies soient des vies de Magnificat, de
reconnaissance dans toutes sortes de souffrances.
Faisons-le de bon cœur, de plus en plus. Louer
Dieu quand vous souffrez, c’est plus que de se pros-
terner devant le Saint-Sacrement. Adorer Dieu,
Le bénir dans la souffrance, Le remercier,
c’est un summum d’adoration. Dieu nous
invite à le faire avec amour. Il nous observe pour
voir si nous allons profiter de cette pandémie qui
est une bénédiction divine.
Toutes sortes de petites souffrances vont venir.
Nous sommes au début de la première phase. Ne
vous faites pas de peurs. Mettez votre confiance en
Dieu. Si nous ne louons pas Dieu dans ce début
d’épreuve, nous ne Le louerons pas tantôt. Si nous
maugréons quand Dieu commence à peine d’inter-
venir pour notre bien, qu’allons-nous faire tout à
l’heure? Je sais que votre cœur le veut, faisons-le
tous ensemble selon l’attente du Cœur de Dieu,
selon l’attente de Son Amour Infini. Si nous le fai-
sons, le monde le fera. Nous le faisons déjà, mais
nous le ferons encore mieux.
Pour
son
malheur,
l’humanité
s’est
détournée
du
che
-
min
que
Dieu
lui
avait
tracé.
Comme
un
bon
père,
Dieu
emploie
les
moyens
nécessaires
pour
ramener
Ses
enfants
sur
la
route
du
vrai
bonheur
à
Son
ser
-
vice.
Tout
en
frappant,
notre
Père
des
Cieux
veut
combler
l’humanité
de
Ses
dons,
comme
un
père
qui
après
avoir
sévi,
donne
ensuite
des
douceurs
pour
faire
oublier
l’amertume
de
la
punition.
Nous
ne
pour
-
rons
jamais
comprendre
tout
l’amour
que
Dieu
met
dans les châtiments infligés à Ses enfants.
«Le monde se perd, et Moi,
J’aime les âmes et Je veux les sauver.
Pour atteindre Mon but, J’use de rigueur,
mais crois-le, c’est par pure miséricorde.
Si Je permets une si grande douleur,
c’est dans le but de sauver les âmes
pour l’éternité.»
Jésus à Sœur Consolata Betrone
1.
S. Luc 12, 48
2.
I S. Pierre 5, 5
3.
Cf. S. Luc 1, 51-52
4.
Cf. S. Matth. 6, 6
5.
S. Jean 6, 56-57
6.
S. Paul, Galates 4, 6