1.
Cette exhortation a été donnée à la Communauté le 29 septembre 2021.
2.
Saint Ambroise (340-397), évêque, Docteur de l’Église.
3.
Voir la revue Magnificat Août 2021.
4.
S. Matth. 16, 24; S. Luc 9, 23; S. Marc 8, 34
5.
I Cor. 1, 26-28
6.
S. Jean 1, 11
7.
S. Luc 2, 34-35
8.
S. Jean 15, 3
9.
Cf. S. Jean 6, 62
10.
S. Luc 2, 34-35
11.
Bx Chanoine Alfred Weber, Le Saint Évangile commenté par les Apôtres dans
leurs Épîtres, note p. 73-74.
La véritable essence
de la Sainte Église de Jésus-Christ
par Père Mathurin de la Mère de Dieu
Chers
frères
et
sœurs,
il
y
a
50
ans
jour
pour
jour,
le
29
sep
-
tembre
1971,
eut
lieu
dans
notre
petite
chapelle
le
couronne
-
ment
pontifical
de
Grégoire
XVII,
Notre
glorieux
prédécesseur.
1
Nous
commémorons
le
cinquantième
anniversaire
de
la
recon
-
naissance
officielle
de
la
translation
de
l’Église.
Cette
transla
-
tion
du
siège
de
Pierre
avait
été
maintes
fois
annoncée
au
cours
des
siècles
par
plusieurs
prophéties.
«Là
où
est
Pierre,
là
est l’Église.»
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Qu’est-ce que l’Église?
Mais qu’entendons-nous par «Église»? La définition de l’Église,
celle que je préfère largement et qui résume toutes les autres défini-
tions: l’Église est la continuation de l’Œuvre du Christ. C’est
tout court, vous dites ça à un enfant, et il le comprend. On apprend
ensuite au catéchisme les qualités et les marques de l’Église.
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Mais avant tout, l’Église est la continuation de
l’Œuvre du Christ. C’est cette réponse toute limpide que je donne ordinairement aux personnes qui me
demandent: Mais qu’est-ce que l’Église?
Jésus, le Verbe de Dieu incarné, par le dessein établi par Dieu, est descendu sur la terre pour nous enseigner
par Ses paroles et par Ses exemples: trois ans de prédication après trente ans de vie cachée. Et pour couronner
Ses trois années passées à enseigner publiquement, Jésus meurt dans l’ignominie sur la croix. C’est cela l’Œuvre
de Jésus-Christ, décrétée par Dieu même, pour le salut des âmes.
Et c’était également dans le dessein de Dieu que Son Œuvre se poursuive. Jésus a institué l’Église pour conti-
nuer ce qu’Il avait d’abord fait Lui-même pendant trente-trois ans. L’Église, à la suite du Maître, doit donner
l’exemple et elle doit enseigner. C’est vraiment son rôle.
Pourquoi Dieu a-t-Il transféré Son Église?
Nous soulignons donc aujourd’hui dans notre petite chapelle le cinquantième anniversaire de la reconnais-
sance officielle de la translation de l’Église et du siège de Pierre. Pourquoi a-t-il fallu faire une chose d’une telle
envergure? Pourquoi Dieu en est-Il venu à transférer ailleurs le siège de Pierre, donc l’Église? L’on pourrait de
nouveau répondre avec une courte formule qui nous reste bien gravée dans l’esprit: L’Église, les gens
d’Église ont perdu le sens et l’esprit de renoncement.
Rappelons-nous la parole de Jésus. S’adressant clairement à Ses disciples et à toute la foule, Il dit: Si
quelqu’un veut venir après Moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il porte sa croix tous les jours, et qu’il
Me suive.
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«Si vous voulez être Mon disciple, Mon serviteur, Mon apôtre, travailler à Mon Église, si vous vou-
lez, dit Jésus, prenez votre croix tous les jours, renoncez-vous. Mettez vos pas dans Mes pas, suivez-Moi.» Et
nous pouvons encore définir ainsi l’Église: L’Église, c’est mettre nos pas dans les pas de Jésus, prendre notre
croix, nous renoncer.
Je voulais en cette solennité nous le rappeler. C’est très important de bien le comprendre, d’une part, mais
encore plus important d’adhérer à cette attente du Ciel, à cette demande de Notre-Seigneur Jésus-Christ; adhérer
et tout faire pour vivre cet esprit de renoncement qui est de prendre sa croix tous les jours et de suivre Jésus.
L’Église a dévié parce qu’on a perdu cet esprit de renoncement. L’Église de Rome est devenue mondaine. On
a aimé le monde. Aimer le monde et s’aimer soi-même, c’est pareil. On a voulu ses caprices, on a voulu ses
propres sensualités, on a voulu surtout ses propres vanités, on est devenu vaniteux; exactement toutes choses
contraires au renoncement, au chemin du salut que Jésus est venu nous montrer. Notre-Seigneur a renoncé à
Ses avantages divins, et même en quelque sorte jusqu’à la qualité d’homme qu’Il avait adoptée. On a traité notre
Dieu incarné comme moins qu’un homme.
L’Église s’est effondrée parce qu’en général, on a cessé d’adhérer à ce renoncement. Les gens d’Église ne l’ont
plus proclamé et enseigné. N’ayant plus envie de se renoncer, ils ne l’ont plus communiqué aux fidèles. Alors
Jésus est allé Se chercher des personnes qui ont répondu oui à Son appel de Le suivre sur le chemin étroit du
Ciel. Nous, nous prêchons le Christ crucifié, écrit saint Paul, scandale pour les Juifs, et folie pour les païens...
Mes frères, quels sont parmi vous ceux qui ont été appelés: il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beau-
coup de puissants, ni beaucoup de grands. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde, pour confondre les
sages; et Dieu a choisi les choses faibles du monde, pour confondre les forts; et Dieu a choisi les choses viles du
monde et les choses méprisables, et celles qui ne sont rien, pour détruire celles qui sont...
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Nous ne sommes
peut-être pas des génies, et nous ne savons pas tout l’Évangile par cœur, mais c’est facile de nous rappeler cette
phrase qui le résume bien: Si vous voulez être Mon disciple, prenez votre croix, renoncez-vous, mettez vos pas
dans Mes pas, suivez-Moi.
Pourquoi la véritable Église est-elle persécutée?
Le renoncement prêché par Notre-Seigneur Jésus-
Christ est la source de toutes les persécutions. Pour-
quoi Son propre peuple a-t-il tant persécuté Jésus, le
Messie prophétisé et attendu depuis des siècles? Les
Juifs, le peuple choisi, étaient les dépositaires des pro-
phéties. Ils les connaissaient par cœur! Pourtant ils
n’ont pas reconnu le Messie. Il est venu chez les Siens
et les Siens ne L’ont pas reçu.
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Pourquoi? Parce que
Son enseignement heurtait ce goût que nous avons,
nous les humains, de profiter de la vie d’une part, et
plus que toute autre chose, il heurtait nos vanités. Ce
Jésus allait contre toutes les vanités, contre l’orgueil de
l’homme. C’était essoufflant. On ne voulait pas un
Messie de cette teneur, humble, Se faisant rien, rien,
rien! Jésus S’est fait rien. Il S’est anéanti. On n’en
voulait pas, on L’a massacré.
Les Apôtres et les premiers Disciples ont adhéré à ce renoncement que Jésus est venu enseigner. Renonce-
ment d’abord à leur orgueil qui est le plus dur de tout, et à leurs vanités. Cela a pris un peu de temps au début,
mais par l’action du Saint-Esprit ils y ont adhéré, et à leur suite les premiers chrétiens. Leur conduite a provoqué
un choc, un affrontement entre cette petite Église nouvelle et les Juifs de l’époque, puis le paganisme; il y a eu un
clash, un heurt frontal immense. On a massacré les chrétiens pendant des siècles, à cause de cela. Dans la Rome
païenne, il y en avait des divinités! En avoir une de plus n’était pas un problème. Mais le problème était là: un
Dieu qui S’abaisse, qui S’humilie, qui va à l’encontre de toutes nos vanités et qui nous demande un renoncement
universel, universel. Il ne reste pas de porte de sortie, aucune place où l’on puisse se dire: «Bien, là, je peux me
rechercher ici.» Non, Jésus demande un renoncement universel. Que Dieu demande cela à une créature fragile,
faible, sensuelle, orgueilleuse, c’était trop. De là les premières persécutions. On a massacré les premiers chré-
tiens par millions.
Depuis sa fondation, l’Église a avancé sur ce chemin de renoncement, en portant la croix à la suite du Maître.
Puis après des siècles, cet esprit s’est arrêté. De bons chrétiens, certainement de bons prêtres ont poursuivi dans
la pratique du renoncement, mais selon l’attente immense du Ciel vis-à-vis Son Église, ce n’était pas assez. Et
c’est pourquoi le Ciel est intervenu.
Pour conserver Son Esprit, Dieu a voulu transposer Son Église, parce l’Église officielle a cessé de prêcher le
renoncement. Là est la source de toutes nos persécutions. On donne toutes sortes de raisons: c’est à cause de
ceci et c’est à cause de cela, parce que Père Jean s’est dit pape, puis parce qu’il y a des femmes prêtres. Même si
ces raisons sont en partie vraies, le nœud n’est pas tout ça; c’est vraiment le démon qui est derrière. Ce qui pré-
occupe surtout l’esprit malin, c’est de voir des âmes suivre Jésus, Jésus crucifié, en se renonçant. Il fallait à tout
prix mettre toutes les embûches pour ne pas que cet esprit de renoncement se continue dans l’Église. Satan s’est
même servi d’une Église qui avait arrêté de se renoncer pour persécuter la véritable petite Église mise en réserve.
Parmi nos détracteurs, il y avait aussi des bons éléments, mais aveuglés, qui nous ont persécuté. Mais la cause
fondamentale de la persécution, c’est qu’ici on enseigne le renoncement.
Et même au sein de cette petite Église rénovée, on a vu des défections, des abandons, des rejets, et aussi éven-
tuellement des gens qui ont lutté contre. Pourquoi? On a trouvé toutes sortes de prétextes. La raison, c’est
qu’on ne voulait plus se renoncer, ni surtout renoncer à ses vanités et à ses sensualités. On n’en voulait plus.
Donc, on a trouvé toutes sortes de prétextes pour nous condamner.
Si vous voulez être Mon disciple...
Mes frères et mes sœurs, je veux profiter de cette occasion pour vous inviter, vous presser, vous supplier de
renouveler dans votre intérieur l’esprit de renoncement. Si vous voulez être Mon disciple, prenez votre croix,
renoncez-vous, suivez-Moi. Que votre cœur adhère absolument à cette parole d’Évangile. Vous allez dire: «Je
suis faible, je trébuche, je ne le fais pas parfaitement.» Adhérez! Adhérez à cette parole de l’Évangile et à toutes
les autres, mais surtout à celle-là qui est vraiment une pierre d’achoppement pour un grand nombre. «Mon
Jésus, pour Vous! Oh! moi, je suis un lâche, mais tout mon cœur, tout mon corps, tout mon être, toute mon âme
veut, adhère à cette phrase et à tout Votre Évangile. Je crois à Votre parole, je veux la vivre! J’y adhère pour
Vous, pour Vous suivre.»
Le bon Dieu a de grands desseins, mais savez-vous vraiment quel est Son dessein, Son dessein immense? Il
veut que cet esprit revienne sur la terre. Il est venu nous donner cet exemple, il y a deux mille ans; Il veut que ça
se poursuive, que tous les humains de la terre vivent de Ses exemples et de Son esprit. C’est la seule raison d’être
de l’Église rénovée. Il n’y en a pas d’autres. Entre-temps, on fait des cérémonies, on souligne des événements
pour nous rappeler cette grande vérité, vérité éternelle parce qu’enseignée par Jésus, Vérité éternelle; vérité éter-
nelle parce que c’est la vérité qui nous conduit à notre éternité bienheureuse. Plus on adhère, plus on veut vivre
selon cette vérité, plus on arrive à l’éternité bienheureuse soi-même et on y entraîne les autres.
Se renoncer gracieusement
Renoncez-vous de bonne grâce, mes frères et mes sœurs. Qu’en vous voyant, votre prochain, votre frère, votre
sœur, éventuellement toute personne qui vous croise, puisse dire: «Mon Dieu, ç’a l’air d’être agréable de Vous
servir! Ils n’ont pas l’air si malheureux que ça!»
Le religieux qui ne porte pas sa croix gracieusement éloigne les âmes du service de Dieu: «Ah! ce n’est pas
drôle, vous savez, il faut se lever tous les matins, puis on a à remplir les mêmes tâches. Moi, ça fait quinze ans,
trente ans que je suis religieux: j’ai l’impression qu’on me considère comme si je venais d’arriver hier. On dirait
qu’on n’a pas confiance en moi.» Non! Accomplissons de bonne grâce les petits devoirs que l’on peut trouver
monotones, sans exubérance, mais gracieusement, en nous y appliquant par amour pour le bon Dieu.
Avez-vous déjà vu des personnes gracieuses? Elles nous charment. Eh bien! que les gens soient sous le
charme de voir chacun de nous endosser cet esprit de renoncement en portant gracieusement notre croix à la
suite de Jésus. Qu’en vous voyant faire, votre prochain soit charmé de telle sorte qu’il ait envie de se renoncer lui
aussi. C’est l’histoire des premiers chrétiens, c’est l’histoire de l’Église. L’Église, de proche en proche, s’est
répandue parce que les gens, les païens de l’époque, voyaient ces chrétiens qui servaient Dieu, qui se renonçaient,
mais tellement gracieusement, jusqu’au martyre, et parfois jusqu’à toutes sortes de tortures inouïes! Ils
n’allaient pas au martyre de reculons et en maugréant, ils y allaient avec grâce, gracieusement! sans vindicte,
sans rage, sans dire: «Vous autres, vous n’êtes pas dans la vérité, le feu du ciel va tomber sur vous et vous
détruire.» Non! ce n’était pas ça, c’était gracieux; ils priaient même pour leurs bourreaux. «Mais c’est quoi cette
religion?» se demandaient les païens. C’est la grâce des premiers chrétiens qui a charmé et conquis les âmes à
Dieu.
Je vous souhaite d’endosser, d’adhérer à cet esprit de renoncement tellement gracieusement que votre frère,
votre sœur, tout prochain qui vous côtoiera, ait envie de servir Dieu. Juste à vous voir, on aura envie de se renon-
cer et de se sacrifier pour Lui.
L’Œuvre de l’Église de Jésus-Christ
Le saint vieillard Siméon prophétisait à Marie présentant Jésus au Temple: Cet Enfant est né pour la ruine et
le relèvement d’un grand nombre en Israël. Il sera un signe de contradiction... afin que les pensées que beau-
coup cachent dans leur cœur soient mises au grand jour.
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C’est exactement ce que fait l’Évangile. Les pensées
de nos cœurs sont mises au grand jour. On accepte l’Évangile ou on ne l’accepte pas. Quand Jésus parlait aux
foules, certains adhéraient à Lui, à Son enseignement. Ils L’ont aimé. Ils ont été fragiles, mais ils L’ont aimé et
ont voulu Le suivre. Éventuellement, le Saint-Esprit les a transformés. Les autres, face aux mêmes paroles de
Jésus, sont devenus remplis de rage, et cette rage est allée en augmentant, jusqu’à vouloir Le massacrer. Par les
mêmes mots sortis de la bouche de Jésus, certains ont été enflammés d’amour et sont devenus éventuellement de
grands saints; les autres ont rejeté cette même parole divine et sont devenus pires que des démons.
Il n’existe pas d’autre chemin de salut que ce chemin de renoncement à la suite de Jésus. Il est peut-être dur
d’entendre parler de renoncement en une journée festive comme aujourd’hui, mais je le répète, c’est l’unique
chemin. Si nous avons organisé cette fête, c’est pour souligner solennellement l’intervention de
Dieu qui a voulu conserver Son Église en suscitant Père Jean-Grégoire XVII qui nous a enseigné de
toute manière, en public, en privé, de centaines de façons. J’en profite pour remercier personnellement en votre
nom notre Père Jean-Grégoire XVII, maintenant dans sa bienheureuse éternité. Les mots sont trop faibles, mais
de tout mon cœur merci de nous avoir enseigné la Vérité de l’Évangile, de l’avoir mise dans nos cœurs, à temps et
à contretemps. Jour et nuit, de toutes sortes de façons, notre Père nous a enseigné qu’il faut se renoncer, prendre
sa croix, c’est cela que le bon Dieu attend de Ses enfants. C’est cela le salut de l’Église. Vous le savez, l’Œuvre ici
n’est pas notre œuvre, mais l’Œuvre voulue par Jésus. L’Église, c’est le prolongement, la continuation de l’Œuvre
de Jésus-Christ. Nous devons donc vivre toutes choses comme Notre-Seigneur les a vécues.
À l’occasion de la célébration de cette translation de l’Église ici, je vous invite à venir à la sainte table où
j’imposerai sur chacun le saint Évangile. Je sais que vous adhérez déjà, mais en recevant cette imposition du
saint Évangile, j’invite vos cœurs, j’invite vos âmes à renouveler votre adhésion à la parole de Jésus par un acte
intérieur concret et vraiment volontaire. Dites: «Mon Jésus, je le veux. Pour Vous, je veux me renoncer, je veux
prendre ma croix. Je Vous demande pardon pour toutes les fois, dans ma vie, où j’ai failli. C’est la plus grande
peine que j’ai: de ne Vous avoir pas suivi dans ce chemin de renoncement, en portant ma croix derrière Vous. Je
Vous en demande pardon. Mon cœur veut suivre la voie du renoncement. Mon Jésus, tout mon être le veut. Je
ne veux pas autre chose que cela, mon Jésus. Peu importe comment les choses se présentent, je veux me renon-
cer pour Vous, pour faire le salut de Votre Église, pour que Votre règne arrive!»
Je vous invite à cette adhésion absolue, totale à l’Évangile de Jésus, qui est résumé dans Son appel au renon-
cement. Pour ceux qui le feront dans cette disposition, je demande à Jésus, Vérité éternelle, de purifier votre
âme complètement par l’innocence baptismale. Je vous le propose par la grâce de Dieu, par Sa miséricorde, par
la force de la parole évangélique. Jésus dit à Ses Apôtres: Vous avez été purifiés par les paroles que Je vous ai
dites.
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Jésus l’a formulé tel quel. Il ne jouait pas sur les mots.
En parcourant l’Évangile, nous remarquons que les mêmes paroles de Jésus entendues par les Apôtres et par
les Disciples, ont été également entendues par Judas, par les Pharisiens, par les Princes des Prêtres. Tous ont pu
entendre Sa parole. Mais loin d’adhérer, ces derniers se révoltaient. Est-ce que ce propos de Jésus s’appliquait à
eux? Vous avez été purifiés par les paroles que Je vous ai dites. Non! Loin d’avoir été purifiés comme les
Apôtres, ils sont devenus déicides. Cette parole de Jésus ne s’est appliquée qu’à ceux qui ont adhéré dans leur
cœur. Ils ne l’ont pas vécue parfaitement tout de suite, mais leur cœur adhérait à la parole qui sortait de la
bouche de Jésus, à Son enseignement; leur cœur le voulait. Jésus, Vérité éternelle, leur a dit: Vous avez été puri-
fiés par la parole que Je vous ai dite. Ce n’est pas une invention mienne, mais la parole même de Jésus: purifiés.
C’est ce cadeau que je veux vous offrir en cette fête: que vous soyez purifiés complètement par la parole de
Jésus à laquelle vous adhérez. Faites comme les premiers Apôtres et Disciples, comme les martyrs, non pas
comme ceux qui ont rejeté et persécuté Jésus, et qui, après avoir entendu les mêmes paroles, se dirent: «Non!
C’est trop! Qui peut entendre des paroles aussi fortes?»
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Non, mon Jésus, ce n’est pas trop! Nous adhérons à
Votre parole. Nous voulons la vivre absolument. Je vous souhaite cette grâce d’être purifiés par la parole de
Jésus.
Je vous bénis avec le saint Évangile. Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit des-
cende sur vous par Son saint Évangile. Que par Sa parole et selon les dispositions et l’adhésion de votre cœur, de
votre âme, vous soyez complètement purifiés.
Adhérer à l’Évangile, mes frères et mes sœurs, c’est notre salut, c’est notre sainteté, c’est notre couronne éter-
nelle.
•
Cet Enfant est né pour la ruine et le relèvement d’un grand nombre en Israël. Il sera un signe de contradic-
tion... afin que les pensées que beaucoup cachent dans leur cœur soient mises au grand jour.
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Prophétie aussi étonnante que douloureuse; et comme elle s’est pleinement, universellement, perpétuelle-
ment réalisée! Ouvrons l’Évangile, écoutons le jugement du peuple sur Jésus: «C’est un homme de bien, disaient
les uns. – Non! Il trompe le peuple, répliquaient les autres. – C’est le Christ, prétendaient ceux-ci. – C’est un
possédé, un fou, criaient ceux-là. Pourquoi L’écouter davantage? – Et pourtant, murmuraient certains, Ses
paroles ne sont pas propos de possédé.»
Il vient de naître et voilà qu’Il est une occasion de ruine pour Hérode, de résurrection pour les bergers, les
mages et tous les cœurs droits. La lutte n’a jamais cessé, elle durera jusqu’au dernier jour. Elle ne cessera de
diviser le monde en deux camps: le camp de ceux qui adorent Jésus et le camp de ceux qui Le blasphèment. À
vrai dire, c’est à cette contradiction toujours vivante que se ramène toute l’histoire des âmes et des sociétés.
Fatalement, il faut que l’on vive de Jésus ou que l’on en meure. Et ne voit-on pas souvent même ceux qui se pré-
tendent Ses disciples se soulever contre Ses mystères qui déconcertent leur faible foi, ou contre Sa doctrine qui
heurte et scandalise leur mollesse? Aiment-ils Jésus ceux qui ne peuvent supporter Ses maximes, ceux dont la
vie est en contradiction permanente avec Son Évangile?
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«L’Église doit savoir que le monde
sombrera dans le péché et la perdition
dans la mesure où se perd, dans
l’Église, l’esprit de renoncement.»
Jésus à Sœur Maria Natalia Magdolna, 1944