1. S. Matth. 22, 11-12; Apoc. 21, 27: Il n’y entrera rien de souillé... 2. Dans Sa Miséricorde, ou dans Sa Justice pour ceux qui auront rejeté Sa Miséricorde.
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de la foi et de la vérité pour la conservation

Vieillir est une grâce

par Père Mathurin de la Mère de Dieu Dans notre siècle où la jeunesse, la beauté, la force, la performance sont follement exaltées, tandis que le vieillissement est dissimulé à tout prix, caché et même très souvent carrément méprisé, oser dire que la vieillesse ou la maladie est une grâce, une bonté de Dieu, c’est sans nul doute susciter pour le moins un grand étonnement. Et dans certains cas, l’incrédulité totale, voire même la révolte. Et pourtant! rien de plus vrai. Rien aussi de si peu enseigné! Selon le plan de Dieu, les personnes souffrantes et vieillissantes occupent une place de choix dans le Corps de l’Église. «Une place de choix», pourquoi? Parce que les personnes âgées sont, ou en tout cas devraient être, le grand soutien de l’Église par leur intense vie de prière, leur grande vitalité spiri- tuelle et leurs patients sacrifices de chaque jour. Les bonnes personnes âgées sont, dans la société, une inspiration et un encouragement pour les plus jeunes, d’abord encore par cet esprit de prière, par leur sagesse et leur sens des vraies valeurs, par l’exemple de leur sérénité et de cent «petites vertus» cachées que les malaises et inconvénients du vieillissement gra- duel leur ont appris à pratiquer. Les personnes âgées ont, dans l’Église et dans la société en général, le rôle de «paratonnerres»; elles peuvent obtenir toutes sortes de grâces et de protections sur l’humanité... pourvu bien entendu qu’elles acceptent vraiment leur rôle. La vieillesse n’est pas un fléau; c’est une bénédiction de Dieu pour préparer les âmes à leur éternité. Ce n’est pas sans raison que l’Église inclut dans les Litanies des Saints l’invocation sui- vante: «De la mort subite et imprévue, protégez-nous, Sei- gneur.» C’est une bonne chose de demander d’accéder à la vieillesse, si telle est la volonté de Dieu. Il y a des morts prématurées, même chez les Saints, mais ce n’est pas la norme. Face au décès d’une jeune personne, on dit spontanément: «Il n’avait que 20 ans... elle n’avait que 40 ans.» Ce n’est pas la normalité. Même de très jeunes enfants meurent... Mais au XXI e siècle, dans les pays qui ne sont pas en guerre, les gens en général vivent beau- coup plus vieux qu’anciennement. La longévité des humains a beaucoup augmenté ces dernières années. C’est une immense miséricorde de Dieu, mais qui s’en sert comme d’une miséricorde de Dieu? En vieillissant, normalement on se détache de la terre et de ses vains plaisirs. Avec l’âge viennent les malaises, la maladie; on flétrit un peu, parfois beaucoup. La «structure» se détériore peu à peu. C’est un des- sein de Dieu pour nous détacher de la terre et nous rapprocher de Lui. C’est d’ailleurs le but de toute notre vie, que nous soyons jeunes ou vieux: vivre le plus possible en union avec le Christ, marcher sur Ses traces. «Dieu nous a créés pour Le connaître, L’aimer et Le servir en ce monde afin d’être heureux avec Lui pendant toute l’éternité», dit le petit Catéchisme. Qui de nos jours y pense?... Qui en parle et le pratique? Hélas! la plupart des vieillards eux-mêmes sont plus occupés à se distraire et à s’amuser que lorsqu’ils étaient jeunes. Dieu, l’Amour Infini, est trop souvent bien loin de leurs préoccupations.

L’esprit du Monde

On entend régulièrement les gens d’un certain âge dire: «Le temps passe tellement vite! Hier encore, nous avions vingt ans! Et nous voici à soixante, soixante-dix, quatre-vingts ans. On a été bridés toute notre vie par le travail, les obligations familiales, maintenant on veut profiter au maximum du temps qu’il nous reste et s’amu- ser, voyager, se distraire enfin! On a fait notre temps, maintenant on peut bien se permettre cela.» Ce sont des distractions permanentes et quotidiennes, du matin au soir. C’est tellement facile, d’ailleurs, avec la technologie moderne. Musique, télévision, internet… gadgets de tout genre. Il y a de quoi se distraire en permanence, vingt-quatre heures par jour. Malheureusement, la plupart des vieillards entrent dans le jeu, sou- vent poussés par l’entourage qui les y encourage fortement. Ils veulent oublier leurs souffrances, leurs maladies. Ils veulent profiter de ce qui leur reste de vie, mais ils n’en profitent pas de la bonne façon. D’ailleurs toutes ces distractions ne les rendent pas heureux. Ils ont l’âme vide, parce que Dieu n’y a pas Sa juste place. Se distraire, c’est tout ce qui compte. Et après avoir vécu leurs dernières années dans la dissipation, ils mourront de la même façon. Quelle tristesse de penser que la grande majorité des personnes âgées qui ont déjà, pour ainsi dire, un pied dans l’éternité, vivent ainsi ne pensant qu’à se distraire et à oublier la mort à venir! Je ne jette la pierre à per- sonne, car qui leur a enseigné, ou qui les aide maintenant à penser que le temps de la vieillesse est un temps de purification, de rapprochement avec Dieu en vue du Ciel à venir? Oui, Dieu nous destine tous au Ciel, mais contrairement à ce que prêchent les faux prophètes d’aujourd’hui, on n’entre pas au Ciel sans la «robe nuptiale» dont parle l’Évangile. 1

Le plan de Dieu

Comprenez-moi bien, nous n’aurons jamais assez de bonté envers nos personnes âgées, nos vieillards. Il est très important de leur donner de la joie, du réconfort, par toutes sortes de petites attentions et de gentillesses, de prévenances dans leurs besoins. Nous devons nous appliquer à soula- ger leurs souffrances le plus possible, nous ingénier à alléger leur fardeau. Mais vouloir trop les distraire par des films et des jeux de toutes sortes, ce n’est pas un bon service à leur rendre. Surtout pas pour des prêtres et des religieux qui ont une vocation spéciale de consécration totale à Dieu... Mais même pour les personnes du monde, ce n’est pas un bon service à leur rendre que de trop les distraire, de leur faire regarder ou entendre des mondanités. Dans une atmosphère de joie tranquille, ceux qui ont soin des malades et des vieillards devraient, avec doigté et respect, cher- cher à amener les âmes à Dieu, à leur donner du temps pour la prière, pour le recueillement. C’est très important, non seulement pour eux, mais c’est une œuvre d’Église. Les plus jeunes, ceux qui sont en pleine activité ont besoin du secours des prières des personnes âgées. Il faut absolument qu’ils aient cet appui-là! Ils ont besoin de la grâce. Même les personnes qui ont mené une très bonne vie doivent se faire rappeler que «l’âge d’or» comme on dit maintenant, ou les «seniors», vivent un temps de miséricorde. Forcément, la vie n’est pas toujours parfaite. Quand on est jeune on ne se sert pas toujours de nos capacités à bon escient. Le bon Dieu, dans Sa miséricorde, nous permet de nous purifier de tout cela par la vieillesse. Oui, au cours de la vie, on s’est purifié, on a demandé pardon au bon Dieu, mais le bon Dieu nous donne encore une autre occasion de faire quelque chose pour Lui. Vraiment, pour Lui seul, dans la prière, dans l’immolation, avec toute notre attention tournée vers Lui. La plupart des humains, même les meilleurs, sont distraits de Dieu bien souvent au cours de leur vie. Parfois ce sont de grosses «distractions» et elles ont duré longtemps. Et dans Sa bonté infinie, le bon Dieu a conçu un plan pour donner à Ses enfants la chance de réparer, de compenser: c’est le temps de la vieillesse. On ne déve- loppe pas assez ce point d’enseignement chrétien. J’en souffre, parce que le bon Dieu en souffre. Il nous donne cet avantage de vieillir et au lieu de Le remercier et d’utiliser ce temps pour nous rapprocher de plus en plus de Lui, on veut se distraire. Et souvent, on se lamente: «Ah! ce n’est pas drôle, je n’ai plus les mêmes capacités, j’ai mal ici, j’ai mal là...» tandis que la vieillesse est une grande bénédiction, un temps pour se dédier davantage à Dieu, à la prière, à la réparation et à l’intercession. Vieillir n’est pas un châtiment, c’est une bénédiction.

Donner le ton divin au monde

Mes frères, mes sœurs, de nos jours cette attitude chré- tienne face au vieillissement est à peu près inconnue, parce que très peu ou pas du tout prêchée. C’est à nous de le faire. Mais il faut d’abord nous en convaincre nous-mêmes et le pratiquer, sans quoi on ne pourra pas le transmettre au monde. Supposons que je dise à une religieuse: «Ma sœur, je vous confie ces gens. Faites leur comprendre que leur vieillesse est une vraie miséricorde de Dieu.» Vous devriez être capable de leur inculquer cela. Même les plus jeunes; chez les plus âgés, ça devrait être normal. Je ne devrais même pas avoir à leur dire qu’il faut leur inculquer cette grande vérité. Il ne s’agit pas de se mettre à sermonner bêtement les personnes âgées. Non, si vous aimez vraiment le bon Dieu et si vous avez à cœur le bien des personnes qui vous sont confiées, vous pourrez leur faire comprendre cette vérité, avec beaucoup de bonhomie, et même une pointe d’humour, même si vous êtes encore jeune. «Regardez, le bon Dieu est en train de me faire la même miséricorde qu’à vous! Je commence à grisonner, vous voyez j’ai même des rides qui apparaissent...» Et ensuite gentiment, on peut leur faire comprendre que la vieillesse n’est pas un châtiment, mais une béné- diction et une miséricorde. Tout le monde dit «ce n’est pas drôle, le bon Dieu est dur!» Non, Il n’est pas dur! Il prend tous les moyens pour nous conduire à Lui, dont la vieillesse, la maladie, l’infirmité. Cela fait partie de Ses miséricordes. Ce ne sont pas des châtiments. Il faut en être convaincu. Il faut nous-mêmes le vivre. Quand on est jeune, plein d’énergie et d’entrain, malgré même notre idéal de sainteté, sans même trop s’en rendre compte, on se laisse accaparer par nos occupations, par le matériel, par la terre. Même notre devoir d’état nous accapare, nous distrait. On le fait pour le bon Dieu, mais on est quand même un peu distrait parce qu’on a tellement d’activités. À notre insu, il y a beaucoup d’humain dans ce qu’on fait, beaucoup. Lorsqu’on devient malade, vieillissant, moins capable physiquement, on peut penser davantage à Dieu, on peut davantage se préparer à l’éternité. C’est une bénédiction. Vous, chers frères, chères sœurs qui êtes dans nos diverses missions, il faut communiquer ces vérités au monde. Cela fait partie de l’instruction qu’il faut donner aux gens. Nous devons donner le ton divin. Beaucoup de personnes âgées fréquentent nos chapelles. Il faut leur rappeler de ne pas perdre leur temps quand elles quitteront la chapelle. Comme je disais plus haut, c’est tellement facile aujourd’hui de distraire les vieillards! Il ne faut pas se faire piéger. On peut les distraire sans fin, avec des films, ou internet, etc. Pourtant, ils ne sont pas plus heureux! Ils ont l’âme vide. Nos vieillards ici n’ont pas l’âme vide. Chez ceux qui prient le plus, quelle lumière, quelle flamme sort d’eux! Ils prient. Ces personnes âgées, ce sont des trésors. Permettez-moi de le répéter: quand l’énergie physique diminue, les capacités physiques diminuent, c’est une miséricorde du bon Dieu. Il permet cela pour qu’on se concentre sur l’essentiel, pour qu’on se prépare à ce qui finalement est le plus important: notre éternité, Dieu même. On dit l’éternité, mais l’éternité, c’est Dieu. 2 Le but de notre vie sur terre est l’union à Dieu, pour préparer le Ciel. Le bonheur de l’éternité, c’est l’union à Dieu, mais déjà sur la terre, il faut toujours tendre à cette union. C’est le but de la vie et on y manque, on l’oublie tellement! On est si facilement distrait! Et la maladie, la vieillesse, c’est pour augmenter, parfaire cette union à Dieu. C’est uniquement pour cela. Je voudrais que le monde croie cela, et qu’ils en vivent.
Heureux Saint Joseph! Il meurt entre Jésus et Marie.
1. S. Matth. 22, 11-12; Apoc. 21, 27: Il n’y entrera rien de souillé... 2. Dans Sa Miséricorde, ou dans Sa Justice pour ceux qui auront rejeté Sa Miséricorde.
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de la foi et de la vérité

Vieillir est une grâce

par Père Mathurin de la Mère de Dieu Dans notre siècle où la jeunesse, la beauté, la force, la performance sont follement exaltées, tandis que le vieillissement est dissimulé à tout prix, caché et même très souvent carrément méprisé, oser dire que la vieillesse ou la maladie est une grâce, une bonté de Dieu, c’est sans nul doute susciter pour le moins un grand étonnement. Et dans cer- tains cas, l’incrédulité totale, voire même la révolte. Et pourtant! rien de plus vrai. Rien aussi de si peu enseigné! Selon le plan de Dieu, les personnes souffrantes et vieillis- santes occupent une place de choix dans le Corps de l’Église. «Une place de choix», pourquoi? Parce que les personnes âgées sont, ou en tout cas devraient être, le grand soutien de l’Église par leur intense vie de prière, leur grande vitalité spirituelle et leurs patients sacrifices de chaque jour. Les bonnes personnes âgées sont, dans la société, une inspiration et un encouragement pour les plus jeunes, d’abord encore par cet esprit de prière, par leur sagesse et leur sens des vraies valeurs, par l’exemple de leur sérénité et de cent «petites vertus» cachées que les malaises et inconvénients du vieillissement graduel leur ont appris à pratiquer. Les personnes âgées ont, dans l’Église et dans la société en général, le rôle de «paratonnerres»; elles peuvent obtenir toutes sortes de grâces et de protec- tions sur l’humanité... pourvu bien entendu qu’elles acceptent vraiment leur rôle. La vieillesse n’est pas un fléau; c’est une bénédic- tion de Dieu pour préparer les âmes à leur éternité. Ce n’est pas sans raison que l’Église inclut dans les Litanies des Saints l’invocation suivante: «De la mort subite et imprévue, protégez-nous, Seigneur.» C’est une bonne chose de demander d’accéder à la vieillesse, si telle est la volonté de Dieu. Il y a des morts prématurées, même chez les Saints, mais ce n’est pas la norme. Face au décès d’une jeune per- sonne, on dit spontanément: «Il n’avait que 20 ans... elle n’avait que 40 ans.» Ce n’est pas la normalité. Même de très jeunes enfants meurent... Mais au XXI e siècle, dans les pays qui ne sont pas en guerre, les gens en général vivent beaucoup plus vieux qu’anciennement. La longévité des humains a beau- coup augmenté ces dernières années. C’est une immense miséricorde de Dieu, mais qui s’en sert comme d’une miséricorde de Dieu? En vieillissant, normalement on se détache de la terre et de ses vains plaisirs. Avec l’âge viennent les malaises, la maladie; on flétrit un peu, parfois beau- coup. La «structure» se détériore peu à peu. C’est un dessein de Dieu pour nous détacher de la terre et nous rapprocher de Lui. C’est d’ailleurs le but de toute notre vie, que nous soyons jeunes ou vieux: vivre le plus possible en union avec le Christ, marcher sur Ses traces. «Dieu nous a créés pour Le connaître, L’aimer et Le servir en ce monde afin d’être heureux avec Lui pendant toute l’éternité», dit le petit Catéchisme. Qui de nos jours y pense?... Qui en parle et le pra- tique? Hélas! la plupart des vieillards eux-mêmes sont plus occupés à se distraire et à s’amuser que lorsqu’ils étaient jeunes. Dieu, l’Amour Infini, est trop souvent bien loin de leurs préoccupations.

L’esprit du Monde

On entend régulièrement les gens d’un certain âge dire: «Le temps passe tellement vite! Hier encore, nous avions vingt ans! Et nous voici à soixante, soixante-dix, quatre-vingts ans. On a été bridés toute notre vie par le travail, les obligations familiales, maintenant on veut profiter au maximum du temps qu’il nous reste et s’amuser, voyager, se distraire enfin! On a fait notre temps, maintenant on peut bien se permettre cela.» Ce sont des distractions permanentes et quoti- diennes, du matin au soir. C’est tellement facile, d’ailleurs, avec la technologie moderne. Musique, télévision, internet… gadgets de tout genre. Il y a de quoi se distraire en permanence, vingt-quatre heures par jour. Malheureusement, la plupart des vieillards entrent dans le jeu, souvent poussés par l’entourage qui les y encourage fortement. Ils veulent oublier leurs souffrances, leurs maladies. Ils veulent profiter de ce qui leur reste de vie, mais ils n’en profitent pas de la bonne façon. D’ailleurs toutes ces distractions ne les rendent pas heureux. Ils ont l’âme vide, parce que Dieu n’y a pas Sa juste place. Se distraire, c’est tout ce qui compte. Et après avoir vécu leurs der- nières années dans la dissipation, ils mourront de la même façon. Quelle tristesse de penser que la grande majorité des personnes âgées qui ont déjà, pour ainsi dire, un pied dans l’éternité, vivent ainsi ne pensant qu’à se distraire et à oublier la mort à venir! Je ne jette la pierre à personne, car qui leur a enseigné, ou qui les aide maintenant à penser que le temps de la vieillesse est un temps de purification, de rapprochement avec Dieu en vue du Ciel à venir? Oui, Dieu nous destine tous au Ciel, mais contrairement à ce que prêchent les faux prophètes d’aujourd’hui, on n’entre pas au Ciel sans la «robe nuptiale» dont parle l’Évangile. 1

Le plan de Dieu

Comprenez-moi bien, nous n’aurons jamais assez de bonté envers nos personnes âgées, nos vieillards. Il est très important de leur donner de la joie, du réconfort, par toutes sortes de petites attentions et de gen- tillesses, de préve- nances dans leurs besoins. Nous devons nous appliquer à soulager leurs souffrances le plus pos- sible, nous ingénier à alléger leur fardeau. Mais vouloir trop les distraire par des films et des jeux de toutes sortes, ce n’est pas un bon service à leur rendre. Surtout pas pour des prêtres et des reli- gieux qui ont une vocation spéciale de consécration totale à Dieu... Mais même pour les personnes du monde, ce n’est pas un bon service à leur rendre que de trop les distraire, de leur faire regarder ou entendre des mondanités. Dans une atmosphère de joie tranquille, ceux qui ont soin des malades et des vieillards devraient, avec doigté et respect, chercher à amener les âmes à Dieu, à leur donner du temps pour la prière, pour le recueillement. C’est très important, non seulement pour eux, mais c’est une œuvre d’Église. Les plus jeunes, ceux qui sont en pleine activité ont besoin du secours des prières des per- sonnes âgées. Il faut absolument qu’ils aient cet appui-là! Ils ont besoin de la grâce. Même les personnes qui ont mené une très bonne vie doivent se faire rappeler que «l’âge d’or» comme on dit maintenant, ou les «seniors», vivent un temps de miséricorde. Forcément, la vie n’est pas toujours parfaite. Quand on est jeune on ne se sert pas tou- jours de nos capacités à bon escient. Le bon Dieu, dans Sa miséricorde, nous permet de nous purifier de tout cela par la vieillesse. Oui, au cours de la vie, on s’est purifié, on a demandé pardon au bon Dieu, mais le bon Dieu nous donne encore une autre occasion de faire quelque chose pour Lui. Vraiment, pour Lui seul, dans la prière, dans l’immolation, avec toute notre attention tournée vers Lui. La plupart des humains, même les meilleurs, sont distraits de Dieu bien souvent au cours de leur vie. Parfois ce sont de grosses «distractions» et elles ont duré longtemps. Et dans Sa bonté infinie, le bon Dieu a conçu un plan pour donner à Ses enfants la chance de réparer, de compenser: c’est le temps de la vieillesse. On ne développe pas assez ce point d’enseignement chrétien. J’en souffre, parce que le bon Dieu en souffre. Il nous donne cet avantage de vieillir et au lieu de Le remercier et d’utiliser ce temps pour nous rapprocher de plus en plus de Lui, on veut se distraire. Et souvent, on se lamente: «Ah! ce n’est pas drôle, je n’ai plus les mêmes capacités, j’ai mal ici, j’ai mal là...» tandis que la vieillesse est une grande bénédiction, un temps pour se dédier davantage à Dieu, à la prière, à la réparation et à l’intercession. Vieillir n’est pas un châtiment, c’est une bénédiction.

Donner le ton divin au monde

Mes frères, mes sœurs, de nos jours cette attitude chrétienne face au vieillissement est à peu près inconnue, parce que très peu ou pas du tout prêchée. C’est à nous de le faire. Mais il faut d’abord nous en convaincre nous-mêmes et le pratiquer, sans quoi on ne pourra pas le transmettre au monde. Supposons que je dise à une religieuse: «Ma sœur, je vous confie ces gens. Faites leur comprendre que leur vieillesse est une vraie miséricorde de Dieu.» Vous devriez être capable de leur inculquer cela. Même les plus jeunes; chez les plus âgés, ça devrait être normal. Je ne devrais même pas avoir à leur dire qu’il faut leur inculquer cette grande vérité. Il ne s’agit pas de se mettre à sermonner bêtement les personnes âgées. Non, si vous aimez vraiment le bon Dieu et si vous avez à cœur le bien des personnes qui vous sont confiées, vous pourrez leur faire com- prendre cette vérité, avec beaucoup de bonhomie, et même une pointe d’humour, même si vous êtes encore jeune. «Regardez, le bon Dieu est en train de me faire la même miséricorde qu’à vous! Je com- mence à grisonner, vous voyez j’ai même des rides qui apparaissent...» Et ensuite gentiment, on peut leur faire com- prendre que la vieillesse n’est pas un châtiment, mais une bénédiction et une miséricorde. Tout le monde dit «ce n’est pas drôle, le bon Dieu est dur!» Non, Il n’est pas dur! Il prend tous les moyens pour nous conduire à Lui, dont la vieillesse, la maladie, l’infir- mité. Cela fait partie de Ses miséricordes. Ce ne sont pas des châtiments. Il faut en être convaincu. Il faut nous-mêmes le vivre. Quand on est jeune, plein d’énergie et d’entrain, malgré même notre idéal de sainteté, sans même trop s’en rendre compte, on se laisse accaparer par nos occupations, par le matériel, par la terre. Même notre devoir d’état nous accapare, nous distrait. On le fait pour le bon Dieu, mais on est quand même un peu distrait parce qu’on a tellement d’activités. À notre insu, il y a beaucoup d’humain dans ce qu’on fait, beaucoup. Lorsqu’on devient malade, vieillis- sant, moins capable physiquement, on peut penser davantage à Dieu, on peut davantage se préparer à l’éternité. C’est une bénédiction. Vous, chers frères, chères sœurs qui êtes dans nos diverses missions, il faut communiquer ces vérités au monde. Cela fait partie de l’instruction qu’il faut donner aux gens. Nous devons donner le ton divin. Beaucoup de personnes âgées fréquentent nos cha- pelles. Il faut leur rappeler de ne pas perdre leur temps quand elles quitteront la chapelle. Comme je disais plus haut, c’est tellement facile aujourd’hui de distraire les vieillards! Il ne faut pas se faire piéger. On peut les distraire sans fin, avec des films, ou inter- net, etc. Pourtant, ils ne sont pas plus heureux! Ils ont l’âme vide. Nos vieillards ici n’ont pas l’âme vide. Chez ceux qui prient le plus, quelle lumière, quelle flamme sort d’eux! Ils prient. Ces personnes âgées, ce sont des trésors. Permettez-moi de le répéter: quand l’énergie phy- sique diminue, les capacités physiques diminuent, c’est une miséricorde du bon Dieu. Il permet cela pour qu’on se concentre sur l’essentiel, pour qu’on se prépare à ce qui finalement est le plus important: notre éternité, Dieu même. On dit l’éternité, mais l’éternité, c’est Dieu. 2 Le but de notre vie sur terre est l’union à Dieu, pour préparer le Ciel. Le bonheur de l’éternité, c’est l’union à Dieu, mais déjà sur la terre, il faut toujours tendre à cette union. C’est le but de la vie et on y manque, on l’oublie telle- ment! On est si facilement distrait! Et la maladie, la vieillesse, c’est pour augmenter, parfaire cette union à Dieu. C’est uniquement pour cela. Je voudrais que le monde croie cela, et qu’ils en vivent.
Heureux Saint Joseph! Il meurt entre Jésus et Marie.