Être VraI
selon Notre-Seigneur
Jésus-Christ qui a dit:
Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Je
suis la Lumière du monde.
Le réaliser avec
grâce et véritÉ.
Nous L’avons vu plein
de grâce et de vérité.
par Père Mathurin de la Mère de Dieu
Au nom du Père,
et du Fils, et du
Saint-Esprit, et de la
Mère de Dieu. Ainsi
soit-il.
Nous voulons
tout d’abord redire à
notre Père des Cieux,
que nous fêtons en ce
premier jour de
l’année, notre respect
et notre amour.
Nous voulons Lui
transmettre tous nos
vœux et notre adora-
tion, en notre nom
propre et au nom de toute l’Église, au nom de l’Église
qu’Il nous a confiée.
Dans la liturgie de la messe du jour de la Nativité
de Notre-Seigneur, nous avons lu le début de l’Évan-
gile de saint Jean: Au commencement était le Verbe,
et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu...
L’Apôtre commence par déclarer, reconnaître la divi-
nité du Verbe, de Jésus. Il dit ensuite: Et le Verbe
S’est fait chair, et Il a habité parmi nous; et nous
avons vu Sa gloire, Sa gloire comme Fils unique du
Père, plein de grâce et de vérité.
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Il est venu,
nous L’avons vu – moi, Jean, ainsi que les autres
témoins, les Apôtres et les disciples – nous L’avons
vu plein de grâce et de vérité.
C’est notre souhait pour cette année. Je vous
souhaite d’être comme Jésus, pleins de grâce
et de vérité. Je vous souhaite d’être dans la
vérité, gracieusement, d’être vrais.
On n’a jamais autant entendu parler de men-
songes que dans notre monde actuel. Les temps que
nous vivons sont sans aucun doute des temps de
confusion. Et pourquoi ces temps de confusion? La
réponse est vite trouvée. Les hommes vivent
dans la confusion parce qu’ils ne vivent que
pour le temps présent. On n’a jamais tant
entendu parler de «fake news», un mot à la mode
aujourd’hui. D’un côté, les tenants d’une idée qu’on
présente au grand public; ils taxent ceux qui ne sont
pas d’accord avec eux d’annonceurs de «fake news»
ou de «complotistes». De l’autre côté, on dit: «Non,
c’est vous autres qui êtes dans le mensonge, c’est
vous autres qui donnez des ‟fake news”, qui nous
relayez le mensonge.» Des deux côtés, on s’accuse
les uns les autres d’être des menteurs! Et en quelque
sorte, les deux côtés ont un peu raison d’accuser le
parti opposé, parce qu’en tout ce qui nous est pré-
senté, tout est analysé de façon terre à terre. On
observe les choses, on les analyse, on les discute, on
les commente toujours d’un point de vue terre à
terre.
S’il y a un grand mensonge qui est répandu sur la
terre, dans lequel la plupart des humains tombent si
facilement, c’est bien celui-là: on vit pour la terre et
on analyse tout sans autre référence que la terre,
comme si elle était notre demeure, notre but, comme
si notre existence terrestre devait durer toujours.
Aucune référence à Dieu – encore moins à Jésus –
chez la plupart des interlocuteurs publics. On oublie
Dieu, on oublie Son Verbe. On oublie Son enseigne-
ment, on oublie Ses exemples. On oublie l’éternité!
Je ne veux pas jeter la pierre à qui que ce soit, mais
même les pasteurs négligent de parler de l’éternité.
Se mettre à l’école de l’Évangile
Nous vous donnons comme mot d’ordre d’ÊTRE
VRAI. Pour être vrai, il n’y a qu’une seule façon: se
mettre à l’école de Jésus, Le contempler, L’étudier,
s’unir à Lui, entrer dans Sa Vérité. Il a dit: Je suis la
Lumière du monde. Celui qui Me suit ne marche pas
dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie:
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lumière de la vraie vie qui est la vie éternelle, celle
qui est notre destinée, notre but. Vous comprenez
que cela ne diminue pas la lumière pour les choses
temporelles, bien au contraire!
Jésus a dit: C’est Moi qui suis la Voie et la Vérité
et la Vie.
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La Vérité, mes frères et sœurs, c’est Jésus.
Il est la seule Vérité. Et l’homme n’est vrai qu’en
autant qu’il est uni à Jésus, uni à Sa pensée, à Son
enseignement, qu’il veuille imiter Ses exemples
divins. Alors, on est dans la vérité. Quand l’homme
ne s’applique pas à étudier, à connaître, à imiter
Jésus, plus encore, à S’unir à Lui; quand l’homme
n’en fait pas le but de sa vie, eh bien, il demeure dans
le mensonge. C’est aussi simple que ça. Il se trompe,
il erre et il rate toute sa vie.
Nous désirons que cette année, mes frères, mes
sœurs, tous nos amis et nos foyer-cénacles, nous
désirons que chacun de vous s’applique à étudier
Jésus dans l’Évangile, dans la prière. Prenez votre
Évangile, lisez-le en prière, humblement. Lisez-le,
page par page, ligne par ligne. Lisez en vous unissant
à la pensée, à l’enseignement, à l’exemple de Jésus
dans Son Évangile. Vous adhérez humblement à
chacune de Ses paroles, à chacun de Ses enseigne-
ments, à tous Ses exemples. Vous y adhérez. Et vous
faites cette lecture en prière – vous pouvez le faire à
genoux, vous pouvez le faire assis – vous priez et
vous suppliez. Par exemple, en lisant la parole C’est
Moi la Vérité, vous dites: Mon Jésus, je veux penser
comme Vous. Je veux Vous ressembler, Jésus. Vous
avez dit: Je suis la Lumière du monde. Celui qui Me
suit ne marche pas dans les ténèbres.
La logique est simple: ceux qui ne suivent pas
Jésus sont dans les ténèbres. À ce sujet, Jésus dit
encore: Si un aveugle conduit un autre aveugle –
qu’arrive-t-il? – les deux tombent dans le fossé.
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Ils
sont perdus tous les deux. Ni l’un ni l’autre n’est
sauvé. Le monde est plein d’aveugles qui conduisent
d’autres aveugles, parce qu’on ne suit pas Jésus, la
Lumière du monde. Cette année, c’est notre mot
d’ordre: soyez vrais, suivez la Lumière dans la
Vérité. Faites-le gracieusement comme Jésus:
nous L’avons vu plein de grâce et de vérité, comme
le témoigne saint Jean.
«Qu’est-ce que la vérité?»
Les enseignements
que Notre-Seigneur
nous donne sont d’une
telle importance! Il
veut tellement nous
les faire connaître et
comprendre, qu’Il
emploie souvent la
formule: En vérité, en
vérité, Je vous le dis…
Ce serait intéressant
de calculer combien de
fois, avant de donner
un enseignement,
Jésus commence en disant: En vérité, en vérité, Moi,
Verbe de Dieu incarné, Je vous dis... Il veut nous
communiquer la vérité, Sa Vérité, pour nous sortir
des ténèbres, pour nous montrer le chemin, pour que
nous soyons dans le vrai.
Comme on l’a dit, on n’a jamais autant parlé de
fake, de mensonges. On s’étiquette, on se lance les
uns aux autres cette épithète: «Ah! C’est un men-
teur. Il est mal informé. Ce n’est pas vrai. Ce qu’il
dit est faux.» Et plusieurs se demandent: où est la
vérité dans tout ça? Dans les choses humaines, on a
une petite idée, mais on peut se tromper. Cependant
on ne se trompe pas en marchant dans cette Lumière
qui nous conduit à notre but éternel.
La vérité, c’est qu’on n’est pas créé pour la terre.
On n’est pas chez nous, ici-bas. Quand on juge de
toutes les choses de la terre en pensant à l’éternité,
dans la perspective de Dieu et à la lumière que Lui-
même nous a apportée, alors on est dans la vérité.
Quand on vit de Son enseignement, alors on est dans
la vérité, et on vit ici-bas comme un pèlerin qui che-
mine sur la terre, en route vers sa destinée éternelle
qui est son unique but.
La vérité est d’une importance capitale. Vous
vous souvenez de la réponse de Jésus à Pilate qui Le
questionnait:
«Est-ce que Tu es le Roi des Juifs?… Tu es donc
Roi?
– Tu le dis, Je suis Roi. Je suis né, Je suis
venu en ce monde pour rendre témoignage à
la Vérité. Quiconque est du parti de la
Vérité, entend Ma voix.»
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C’est pour cela que Je suis venu sur la terre, pour
faire connaître la Vérité. Jésus nous dit cela au
moment où on va Le massacrer. Mais c’est sérieux!
Cette Vérité est le plus important de tout. Je suis
venu pour cela, dit-Il, pour rendre témoignage à la
Vérité. Quiconque est du parti de la Vérité entend
Ma voix. Je vous souhaite cette année d’être du parti
de la Vérité, d’entendre la voix de Jésus, de la suivre.
Et avec vérité, sous Son divin regard, en lisant votre
Évangile, en prière – en prière! – mettez-vous à
Son école humblement. Mon Dieu, je veux Votre
Vérité. Je la veux vraiment.
Pilate ne comprend rien de la réponse de Jésus.
Tourmenté dans son intérieur, il a dû se demander:
mais qu’est-ce que c’est que ce langage? Ne faites
pas comme Pilate, qui après avoir demandé à Jésus:
«Qu’est-ce que la vérité?» Lui tourne le dos et s’en
va; il n’a pas voulu la vérité. Retourné dehors vers
les Princes des Prêtres et les Juifs, il leur dit: «Je ne
trouve en cet homme aucun sujet de condamnation.»
Il était mystifié, mais il n’a pas cherché davantage à
connaître la vérité, et il a fini par condamner Jésus
quand même.
Cette année, mes frères et sœurs, vous lirez votre
Évangile et vous y adhérerez. Avant d’ouvrir votre
Évangile, invoquez l’Esprit-Saint. Dites à Notre-Sei-
gneur: «Mon Jésus, je veux entendre cette Vérité
que Vous êtes venu nous enseigner, je veux la mettre
en pratique. Cette vérité va certainement me
condamner. Eh bien! je me condamne, mon Jésus.
Je veux complètement rendre ma vie conforme à Vos
exemples, à Vos enseignements, à Votre doctrine, à
Votre pensée. Je le veux. Je veux être dans le vrai.»
Les mots peuvent varier, mais l’idée sera là. Parfois,
même sans le formuler, en un instant, que ce soit
l’intention de votre cœur. «Vous êtes né, mon Jésus,
Vous êtes venu en ce monde, et Vous avez voulu
mourir de la pire façon, être bafoué, humilié à
l’extrême, Vous avez voulu être rejeté, mon Jésus,
mon Roi, mon Dieu. C’est ainsi que Vous avez voulu
me faire connaître la Vérité. Je la veux, mon Jésus,
Votre Vérité! Je l’embrasse, je l’aime. Je désire, je
veux que toute ma vie soit conforme à Votre Vérité.»
Ça va mal dans le monde? Il faut être dans le
vrai. Il n’y a pas d’autres formules. Il n’y en a pas
d’autres. C’est un châtiment du bon Dieu de nous
laisser vivre dans une ère de mensonge, de men-
songes étalés partout. De tous les côtés, tout le
monde semble sans défense devant le mensonge. Il y
a de très bonnes personnes, des personnes assez
droites des deux côtés, et souvent même il y a plus de
deux côtés. C’est un châtiment parce qu’on n’a pas
voulu suivre Jésus, la Vérité éternelle. Jésus a dit:
Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. La Vérité éternelle
est mon salut, mais la Vérité à laquelle j’adhère, celle
que j’embrasse.
Le père du mensonge
Il y a une page moins belle dans l’Évangile. Elle
est vraiment terrible. Je vous la lis pour votre ins-
truction. C’est une mise en garde: attention! Alors
que Jésus enseignait dans le Temple et qu’Il rendait
témoignage de Son origine divine et celle de Son Père
céleste qui L’avait envoyé, Il répondit aux Juifs qui
rejetaient Son témoignage et Son enseignement:
«Vous ne connaissez ni Moi, ni Mon Père; si vous Me
connaissiez, vous connaîtriez aussi Mon Père.»
Ceux-ci Lui dirent: «Nous, nous sommes fils d’Abra-
ham...» et «Nous n’avons qu’un seul Père: Dieu!»
Alors Jésus leur dit ceci:
Si Dieu était votre Père, certainement vous
M’aimeriez, Moi, car c’est de Dieu que Je suis sorti et
que Je viens. Non, encore une fois, Je ne suis pas
venu de Moi-même, c’est Lui – Mon Père – qui M’a
envoyé. Pourquoi donc ne Me reconnaissez-vous
pas à Mon langage? C’est parce que vous ne pouvez
pas même entendre Ma parole. Votre père à vous,
c’est le démon! et ce sont les instincts de votre père
que vous voulez assouvir. Et c’est sur ces prochains
mots que je retiens votre attention: Dès l’origine,
celui-là fut homicide, et il ne s’est pas tenu dans la
vérité. La vérité lui a été manifestée, il la connais-
sait. Lucifer était un ange, un prince de la cour
céleste. Il est devenu Satan parce qu’il ne s’est pas
tenu dans la vérité, et avec lui une myriade d’autres
princes angéliques. Il ne s’est pas tenu dans la
vérité; c’est pourquoi la vérité n’est plus en lui.
Quand il dit le mensonge, il parle de son propre
fond, car il est le Menteur et le père du mensonge.
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Je vous cite ce texte pour bien attirer votre atten-
tion. Vous adhérez déjà à la vérité, mais faites-en
vraiment comme une passion cette année. Adhérez à
la Vérité de Jésus. Votre cœur, votre pensée, votre
raison, que tout votre être embrasse, adhère à la pen-
sée, à la parole de Jésus, à Son enseignement, pour
ne pas faire comme ce qu’on vient de lire: il ne s’est
pas tenu dans la vérité. Il y était, mais il est devenu
le Menteur et le père des menteurs, parce qu’il ne
s’est pas tenu dans la vérité, et il est devenu homi-
cide et déicide. C’est énorme! Notre salut est en
Jésus. Il faut y adhérer.
Vous savez, tous ceux qui n’adhèrent pas à Jésus,
Vérité éternelle, Dieu incarné; tous ceux qui volontai-
rement ne se tiennent pas dans la Vérité qu’Il nous a
fait connaître dans Son Évangile; tous ceux-là
comme leur père (Satan) deviennent homicides et
déicides, d’une manière ou d’une autre. Cela est
infaillible comme la parole de Jésus. Cette page
d’Évangile nous éclaire beaucoup sur ce qui arrive
actuellement. Plusieurs qui vivaient autour de Jésus,
Dieu incarné, n’ont pas voulu de Lui, de Sa Vérité, et
ils sont devenus homicides-déicides. C’est à faire
réfléchir. Il faut faire attention à soi, chacun…
Adhérer à la Vérité, à Jésus, c’est la réponse, c’est la
solution.
Avoir raison…
Il n’y a pas si longtemps, on était encore des
gamins. Vous entendez discuter les gamins dans la
cour de récréation, et chacun affirme haut et fort:
«c’est moi qui ai raison!» En vieillissant, on n’ose
pas toujours le formuler, mais on a souvent la même
conviction! Et on campe ainsi sur ses convictions. Il
ne faut pas rester comme des gamins. C’est en sui-
vant Jésus que nous aurons vraiment raison. Les
Saints – dont les mondains se moquaient – avaient
raison. Les Saints ont été ridiculisés, bafoués,
condamnés, parfois même massacrés. On les a trai-
tés comme des pas bons. Mais ce sont les Saints qui
avaient vraiment raison. Ils étaient bons, ils avaient
raison. Ils étaient dans la vérité.
Le 31 décembre, nous avons souligné le dixième
anniversaire du décès de notre Père Jean-Grégoire.
Le monde et ses alliés se sont en quelque sorte ligués
contre lui. Pourtant, il avait raison. L’enseignement
qu’il nous a donné, et qui a révolté les hommes mon-
dains, était vrai. Est-ce que le monde le reconnaît
aujourd’hui? Non, pas plus qu’il y a dix ans. Est-ce
que cela change le fait qu’il avait raison? Ça ne
change rien, il est entré dans la Vérité éternelle.
Dans Sa prière sacerdotale lors de la dernière Cène,
Jésus dit à Son Père: La Vie éternelle, c’est de Vous
connaître, Vous seul vrai Dieu, et Celui que Vous
avez envoyé, Jésus-Christ. Ceux qui suivent Jésus
ont la Vie éternelle.
Je pense à nos défunts qui nous ont quittés
l’année passée. Ils ont eu raison de persévérer. Vous
vous souvenez de ce que disait Père Jean de La
Salette, qui est décédé en décembre dernier? «Je
suis heureux, j’ai la foi. – Souffrez-vous? – Je suis
heureux, j’ai la foi. – Avez-vous peur? – Je n’ai pas
peur, j’ai la foi.» Il a répété cela jusqu’à la fin. Il était
en paix. Il avait raison.
Et les dernières paroles de notre Père Sylvio du
Cœur de l’Immaculée sur son lit de mort: «Je suis un
homme libre!» Toute sa vie, ce grand serviteur de
Dieu s’est attaché à la vérité, c’est pourquoi il était
vraiment un homme libre.
La seule vraie
liberté
Vous serez vrai-
ment Mes disciples,
dit Jésus, si vous
demeurez dans Ma
doctrine. Vous
connaîtrez la Vérité,
et la Vérité vous
rendra libres. Le
grand Menteur était
libre dans le Ciel.
Pour ne pas avoir adhéré à la Vérité, il a perdu cette
liberté. Il n’est plus libre, il est dans les chaînes. Ce
n’est pas juste une caricature, un dessin fantaisiste
que l’Église fait en représentant Satan enchaîné. Ses
chaînes ne sont pas matérielles, mais c’est pour mon-
trer qu’il est en servitude. Il n’est pas libre. Il est
moralement enchaîné parce qu’il ne s’est pas tenu
dans la Vérité. Vous voulez être libres? Restez dans
la Vérité. Si Dieu trouve chez nous ces servi-
teurs qui vivent dans la Vérité, qui Le suivent,
le règne du mensonge, du Menteur tire à sa
fin.
Aujourd’hui, on ordonne toutes sortes de restric-
tions, et on en ajoute encore! Tout cela passera.
Mais l’homme qui s’applique à servir Dieu est vrai-
ment libre. Celui qui étudie Jésus et veut L’imiter,
qui s’unit à Lui, est libre. Je veux vous inviter à vous
tenir dans la Vérité, dans la prière et dans l’humilité.
Je vous souhaite d’être vrai.
Je vous ai recommandé la lecture de l’Évangile; je
vous conseille aussi la vie des Saints qui est comme
un commentaire pratique de l’Évangile. L’Évangile
et la vie des Saints – mais surtout l’Évangile – sont
deux flambeaux qui vous font connaître la Vérité.
Plus les jours sont obscurs, plus ces flambeaux nous
éclairent et nous remplissent de joie. Je vous sou-
haite de l’expérimenter. Lisez la vie des Saints,
humblement, pas juste une lecture curieuse, pour
pouvoir raconter leurs belles histoires. Ce n’est pas
mauvais, remarquez, c’est bien même d’intéresser
son prochain avec les récits des Saints, et c’est certai-
nement mieux que de raconter des récits profanes,
mais ce n’est pas le premier but. Quand vous lisez
l’Évangile et la vie des Saints, vous lisez pour éclairer
votre âme, pour connaître l’attente de Dieu pour
vous. Vous y adhérez et vous priez humblement.
Cette lecture devient un flambeau qui vous éclaire et
vous remplit de joie. Et plus vous y adhérez, plus
cette lecture vous remplit de joie. Vous l’avez sans
doute déjà expérimenté.
Être gracieux à l’exemple des Saints
Que nous adhérions, que nous nous conformions
à Jésus de telle sorte, tellement gracieusement, avec
un tel agrément que toute notre vie, notre comporte-
ment, soit une invitation, comme un mouvement qui
entraîne, qui attire, non pas vers nous, mais vers
Jésus, vers la Vérité éternelle. Que les hommes,
voyant vos bonnes œuvres, glorifient votre Père qui
est dans les Cieux. Appliquez-vous, non pour être vu,
mais seulement pour Lui être agréable, et avec beau-
coup de bonhomie, de grâce. Contemplez Jésus sous
cette facette présentée par saint Jean: c’est ainsi que
nous, nous L’avons connu, plein de grâce et de
vérité.
Soyons si identifiés à Lui, que chacun de nos
frères et sœurs de la terre nous côtoyant, puisse
reconnaître une image, une ressemblance de Jésus,
quelque chose de cette grâce, de cette vérité qui était
celle du divin Maître. C’est l’invitation que je vous
fais. C’est mon souhait, c’est mon vœu, c’est mon
mot d’ordre pour toutes les âmes de bonne volonté,
afin de provoquer un mouvement d’entraînement
vers un retour à Dieu. L’Église a commencé ainsi. Le
chemin du Ciel est étroit, et pourtant il y a eu un
mouvement d’entraînement immense dans l’Église
primitive.
C’est pourquoi je vous exhorte à la lecture de la
vie des Saints, humblement, en prière. Pas par curio-
sité, mais vraiment avec ce désir d’avoir la pensée,
l’esprit de ces Saints, qui était la pensée de Jésus.
Pour que les hommes, vous voyant, glorifient votre
Père qui est dans les Cieux et à votre exemple,
veuillent eux aussi être de bons enfants de ce Père
des Cieux. Vous ne le faites pas pour être vu d’eux,
par vanité, mais pour les attirer à votre Père des
Cieux.
Dans la pratique de la vérité, de la vertu, il faut
être gracieux. Si on est comme des porcs-épics, ça
n’attire pas beaucoup. Il faut attirer les âmes à Dieu.
Chez les premiers chrétiens, il y avait quelque chose
qui attirait les âmes. «Voyez comme ils s’aiment!»
remarquaient les païens. Les trois premiers siècles
de l’Église ont produit onze millions de martyrs!
C’était par la grâce de Jésus, et parce que les chré-
tiens étaient des miroirs, des représentations, des
images de Jésus. Ils L’ont suivi, ils L’ont imité, ils
ont attiré les âmes à Lui.
Et plus les jours sont mauvais, plus il faut être
gracieux. Nous vivons actuellement des tribulations,
et il y en aura d’autres. L’humanité n’a pas fini de
souffrir. Lorsqu’on souffre dans notre corps, ça fait
mal, oui, on n’aime pas ça. Quand ça fait mal, pen-
sons à l’éternité, l’éternité!… Nous, les chrétiens,
tous les chrétiens, il faut que nous vivions dans le
vrai et que nous suivions la Vérité de Jésus, qui est
éternelle, et qui n’est pas dans les choses de la terre.
J’aime vraiment rappeler l’exemple de saint
Maximilien-Marie Kolbe. Pendant la Deuxième
Guerre mondiale, il est interné dans le camp de
concentration d’Auschwitz. À la suite de l’évasion
d’un des prisonniers, le commandement du camp
ordonne en représailles l’exécution de dix prison-
niers. Le Père Kolbe s’est proposé pour prendre la
place d’un des condamnés, un père de famille. Le
pauvre homme tiré au sort était au désespoir en pen-
sant à sa femme, à ses enfants, qu’il ne verrait plus.
Le Saint s’est offert pour le remplacer au mouroir de
la faim. Habituellement les pauvres condamnés
mouraient en pleurant, en criant et hurlant. Cette
fois-là, c’était tout différent. Saint Maximilien-Marie
Kolbe était là. Vrai disciple du divin Maître, son âme
conforme à celle de Jésus, il est entré dans le bunker
de la faim avec les autres condamnés à mort.
Les soldats et les gardiens furent les seuls
témoins de leur mort à petit feu. Au début, ce n’était
peut-être pas très serein, mais à un moment donné,
ils ont entendu des cantiques dans le cachot. On
peut imaginer que le Père Maximilien les a tous
confessés. Il leur a même fait chanter des cantiques.
Probablement qu’il les a tous envoyés directement au
Paradis, comme des saints, parce qu’il avait l’amour
dans son cœur et qu’une grâce émanait de lui. Il était
gracieux, il les a attirés à Dieu. Généreusement ils
sont morts de faim, de misère, dans une cellule
froide, humide. Ils sont morts gracieusement, en
chantant des cantiques, parce que ce saint prêtre
était avec eux.
Que tous, vous soyez cela. Que les hommes, vous
voyant, aient envie de suivre notre Jésus, gracieuse-
ment. Qu’ils disent: «Vraiment, Jésus est un bon
Maître et on ne se trompe pas en Le suivant. Ça,
c’est la vérité.» Nous sommes faits pour cette Vérité.
Il faut que le monde change. Que de vains discours!
Il faut prêcher la Vérité, mais il faut surtout gagner
les âmes à suivre la Vérité. Voilà pourquoi ce témoi-
gnage de saint Jean me touche vraiment beaucoup:
Nous L’avons vu plein de grâce et de vérité.
Ne murmurons pas trop, ne critiquons pas trop la
situation actuelle. Ce n’est pas mauvais de s’infor-
mer mutuellement des événements, même s’ils sont
très pénibles, douloureux, souffrants, contrariants,
mais attention au ton que l’on prend. Faisons atten-
tion de ne pas accabler notre prochain avec les
mauvaises nouvelles; on est fragile. Il faut élever
notre prochain, dire la vérité, mais avec douceur,
pour ne pas l’accabler.
L’humanité subit des souffrances immenses, et ça
n’ira pas en s’améliorant pour un bon moment. Le
Père Kolbe est vraiment un bel exemple. Comme lui,
soyons gracieux. Il y en a qui sont vraiment capables
de se montrer gracieux. Je le sais, je vous vois faire.
Et quand vous souffrez, restez également gracieux,
dans la vérité. C’est mon souhait, mon mot d’ordre.
Nous demandons au prêtre qui va célébrer le pre-
mier saint Sacrifice de cette année, de l’offrir à cette
intention, de demander à Jésus, qui va S’immoler sur
cet autel, une grâce efficace pour que nous vivions
dans le vrai. Puis, vous tous qui êtes prêtres, votre
première messe de l’année, si vous voulez la dire à
cette intention pour tous les chrétiens, pour tous les
fidèles, pour toutes les âmes de bonne volonté: qu’on
suive notre Jésus gracieusement, peu importe les
souffrances à venir.
Je vous demande à tous, comme tribut de recon-
naissance, une prière pour que je le fasse moi aussi,
en reconnaissance de vous y avoir invités, d’avoir un
peu insisté, de vous avoir pressés. Que tous nous
servions Dieu gracieusement!
Heureuse et sainte Année!
1.
S. Jean 14, 6 et 8, 12
2.
S. Jean 1, 14
3.
S. Jean 1, 1 et 14
4.
S. Jean 8, 12
5.
S. Jean 14, 6
6.
S. Matth. 15, 14
7.
S. Matth. 27, 11; S. Jean 18, 37-38
8.
Cf. S. Jean 8, 13-44
9.
S. Jean 17, 3
10.
S. Jean 8, 31
11.
S. Matth. 5, 16
12.
S. Matth. 7, 14
13.
Tertullien
Mot
d’ordre
et
souhait
pour
2022