2 juillet

Fête du Magnificat

et de la Visitation de la Très Sainte Vierge Marie à Sa cousine Élisabeth

Magnificat: (mot latin), premier mot du cantique de reconnaissance chanté par la Très Sainte Vierge Marie lors de la visite à Sa cousine Élisabeth. Tout le récit se trouve en l’Évangile de saint Luc, au chapitre 1er, versets 39-56. Voici le texte entier du cantique de Marie:

Mon âme magnifie le Seigneur.
Et Mon esprit tressaille d’allégresse en Dieu Mon Sauveur.
C’est qu’Il a regardé l’humilité de Sa servante:  voilà pourquoi toutes les générations Me diront désormais bienheureuse.
Car le Tout-Puissant a fait pour Moi de grandes choses:  saint est Son nom.
Et Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui Le craignent.
Il a déployé la force de Son bras, Il a dispersé les superbes d’esprit et de coeur.
Il a renversé les puissants de leurs trônes et relevé les humbles.
Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il a relevé Israël Son serviteur, Se souvenant de Sa miséricorde.
Selon qu’Il l’avait promis à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa postérité pour toujours.

 

Vivons notre Magnificat

par Père Jean-Grégoire de la Trinité, O.D.M.

Contemplons le mystère de la Visitation de Marie à Sa cousine, sainte Élisabeth. Élisabeth félicite Marie pour l’immense privilège d’être la Mère du Dieu fait homme. Aussitôt, la Très Sainte Vierge renvoie ces louanges au Très-Haut et entonne ce beau chant du Magnificat d’action de grâces envers Dieu, Lui attribuant toutes ces merveilles qu’Il avait accomplies en Elle.

Mes frères et mes soeurs, imitons notre céleste Mère, renvoyons vers le Ciel tout ce qui est bon en nous; attribuons tout à Dieu. Vivons pleinement ce mystère du Magnificat; la reconnaissance fait partie de notre vocation. Toute notre vie doit être un chant de perpétuelle gratitude envers le bon Dieu qui nous a comblés de Ses faveurs les plus extraordinaires.

Tout ce que Dieu nous a donné ne doit servir qu’à Sa divine gloire. Nous ne pouvons pas nier ce que Dieu fait pour nous. En toute humilité, il faut reconnaître les talents, les dons dont Dieu nous a gratifiés, mais nous ne pouvons pas nous les attribuer. Tout vient de Dieu, par pure bonté, gratuitement. Nous n’étions pas même nés que déjà Dieu pensait aux dons qu’Il nous accorderait. Nous ne les devons certainement pas à nos mérites.

Ce serait folie de nous approprier ce que Dieu nous a donné tout à fait gratuitement, sans aucun mérite de notre part. Il a regardé, dit la Très Sainte Vierge, l’humilité de Sa Servante: voilà pourquoi toutes les générations Me diront désormais bienheureuse. Car le Tout-Puissant a fait en Moi de grandes choses: saint est Son Nom. C’est l’humilité de la Très Sainte Vierge qui Lui a attiré tous Ses privilèges. Les Pères de l’Église disent que l’humilité de la Très Sainte Vierge a été l’échelle par laquelle le bon Dieu a pu descendre jusqu’à nous.

Nous devons utiliser tous les dons de Dieu avec beaucoup de respect, sans rien gaspiller; c’est le bon moyen pour en recevoir d’autres. La reconnaissance manque chez beaucoup d’âmes. Elles sont ingrates, sans reconnaissance; elles n’apprécient pas ce que Dieu fait pour elles.

La plus grande reconnaissance que nous puissions témoigner à Dieu, c’est d’utiliser à bon escient tout ce qu’Il nous a donné, c’est-à-dire pour Sa gloire et l’accomplissement de Sa sainte Volonté. «Mon Dieu, Vous m’avez donné un corps en santé: je le mets à Votre service pour Vous prouver mon amour. Vous m’avez donné une intelligence, je l’emploierai pour Vous servir avec toute la force de mon âme. Vous m’avez donné un coeur, je le dépenserai à Vous aimer sans partage. Vous m’avez donné des yeux: je les ouvrirai aux besoins de mon prochain afin de l’aider; je lirai Votre divine parole dans la Sainte Écriture pour la méditer, l’aimer. J’emploierai ma langue à publier Vos louanges, chanter de beaux cantiques, et encourager mon prochain. J’utiliserai ces mains que Vous m’avez données pour faire le bien, me dévouer pour mon prochain.»

Tout vient de Dieu

Remercions le bon Dieu pour la grâce du baptême; des millions de païens n’ont pas eu ce privilège de naître dans un pays chrétien. Soyons reconnaissants pour les grâces sans nombre et gratuites que Dieu nous accorde à chaque instant, sans même que nous en ayons connaissance. Ayons toujours le Magnificat sur les lèvres, ou le Deo Gratias comme saint Félix de Cantalice. Le peuple l’appelait Frère Deo gratias parce qu’il avait sans cesse cette parole à la bouche. Soyons des frères Magnificat, des soeurs Magnificat par nos perpétuelles actions de grâces, car tout est grâce de Dieu, tout vient de Lui. La reconnaissance fait partie des quatre fins de la prière enseignées dans le petit catéchisme: La prière est une élévation de notre esprit vers Dieu, soit pour L’adorer, Le remercier de Ses bienfaits, implorer Son pardon, soit pour Lui demander les grâces dont nous avons besoin pour l’âme et le corps.

Tous les jours, remercions Dieu de nous donner encore du temps pour Le servir. Chaque jour, chaque instant de notre vie est un don de Dieu tellement précieux; ne le gaspillons pas. Avons-nous bien employé cette journée pour Dieu, pour Sa plus grande gloire, pour notre sanctification? Chaque journée de notre vie est une grâce dont nous devons profiter au maximum, car le temps passe et ne revient plus. Tout ce que nous avons fait aujourd’hui pour plaire à Dieu est une monnaie pour l’éternité. Notre-Seigneur nous dit: Ramassez-vous des trésors dans le ciel, là où les voleurs, et la rouille ne rongent pas, des trésors d’éternité. Ne perdons pas une minute pendant que nous en avons encore le temps, puisque dans Sa bonté, Dieu nous donne ce temps afin de nous permettre de nous enrichir pour l’éternité.

Remercions le Sacré-Coeur pour tout l’amour qu’Il nous manifeste jour après jour. C’est Lui qui donne toutes les bonnes choses de la terre, les joies qui sont un échantillon du ciel. Nous devons prendre ces joies avec simplicité et reconnaissance tout comme nous devons accepter avec amour les croix, les souffrances, les peines, les contrariétés. La vie n’est pas que souffrances; Dieu nous envoie aussi des joies, spirituelles ou humaines, qui sont innocentes. Accueillons-les avec simplicité, amour et gratitude; servons-nous-en pour nous élever vers Dieu.

Toutes les beautés de la terre ne sont qu’un échantillon de la Beauté infinie de Dieu; elles doivent nous stimuler à avancer. Ne nous arrêtons pas en chemin en mettant notre bonheur dans les choses de la terre. Montons sans cesse. Toutes les créatures doivent être des moyens pour monter vers Dieu, non des obstacles dans notre marche vers le ciel.

Le bon Dieu Se sert des personnes qui nous entourent, des circonstances de notre vie pour nous faire monter vers Lui. Elles sont comme les marches de l’escalier. Pour arriver au sommet, il faut les monter une par une. Regardons tout avec l’oeil de la foi. Telle personne vous tombe sur les nerfs: c’est comme une marche défectueuse, brisée, dont il faut quand même se servir pour arriver à la marche suivante. Ne nous en prenons pas aux personnes parce qu’elles sont imparfaites; voyons en elles des moyens mis à notre disposition par la Providence pour atteindre le sommet qui est Dieu même. Ainsi tout change et devient facile. En regardant les circonstances de notre vie dans l’optique divine, nous ne pourrons que remercier sans cesse, car nous comprendrons qu’agréable ou désagréable, tout nous conduit vers le même but qui est Dieu.

Si notre vie n’est pas un chant perpétuel de reconnaissance envers notre Dieu si bon, c’est que nous ne savons pas apprécier Ses dons à leur juste valeur. Saint Paul dit: L’homme animal ne conçoit rien des choses de Dieu… Pour nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit de Dieu, afin de pénétrer les dons que Dieu nous a faits… L’homme animal, c’est l’homme qui se conduit uniquement selon la chair: «J’aime telle chose et je n’aime pas telle autre.» Il faut surmonter la chair, il faut entrer dans le domaine de la foi, de la vie surnaturelle. Le bon Dieu nous convie à quitter la vie terrestre et animale pour nous faire participants de Sa vie divine.

Merci, mon Dieu!

Merci, mon Dieu, pour toutes Vos grâces, merci pour tout ce que Vous avez fait pour nous. Souvent nous avons côtoyé les précipices, nous étions en danger de nous perdre éternellement et Vous nous avez retenus.

Merci mon Dieu, merci cher Maître, merci cher Bienfaiteur, grand Bienfaiteur de toute notre vie. Merci pour tous Vos bienfaits. Merci de Vous être donné à nous dans l’Eucharistie; merci de nous garder la vie; merci de nous tenir ensemble dans Votre maison. Merci de nous avoir facilité la vie religieuse en nous donnant tout ce qu’il faut pour nous retirer du monde et vivre près de Vous dans la prière et le recueillement. Que de gens dans le monde ont très peu de temps à passer avec Vous. Nous sommes vraiment des privilégiés.

Merci de nous avoir conservé la liberté de Vous servir malgré toutes les embûches que nous subissons. Nous Vous en remercions, mon Dieu; nous voulons utiliser cette liberté pour Vous servir avec encore plus de soin et d’application.

Merci pour toutes ces grâces sans nombre, multiples et infinies que Vous nous accordez depuis que nous sommes ici en ces lieux. Accordez-nous d’être si reconnaissants pour Vos bontés que notre vie en soit toute transformée. Faites-nous la grâce d’apprécier toujours davantage Vos dons divins afin de ne pas les gaspiller. Nous voulons profiter au maximum de toutes ces grâces pour grandir dans Votre amour.

Merci, mon Dieu, pour tous Vos bienfaits. Nous Vous en rendrons grâces éternellement. Merci pour toutes Vos grâces accordées à chacun de nous en particulier et à toute la Communauté. Merci pour toutes Vos protections miraculeuses, pour Votre assistance continuelle, pour toutes les lumières que Vous nous donnez, pour toutes ces communions que nous avons eu le bonheur de faire, pour toutes ces saintes messes que nous pouvons célébrer. Merci, mon Dieu! Mille fois merci. Nous Vous demandons humblement de nous continuer Votre faveur malgré notre indignité. Ainsi soit-il.

Extraits de la brochure: Vivons notre Magnificat, textes tirés des conférences de Père Jean-Grégoire, au Monastère du Magnificat de la Mère de Dieu, Mont-Tremblant Québec.

Cette brochure est disponible aux Éditions Magnificat, article numéro 2303