Méditations pour le Vendredi saint

c croix 2Jésus accepte la croix, Il accepte de souffrir pour nous qui rejetons la croix. Nous refusons la souffrance, nous la déclarons injuste tandis qu’elle est pure justice. Si Jésus, notre Sauveur, n’avait pas accepté de souffrir pour nous, nous serions tous perdus. Sans les mérites infinis acquis par la sainte Passion de Notre-Seigneur, sans Son infinie miséricorde, nous serions tous condamnés.

Remercions Jésus et rappelons-nous particulièrement les grands faits d’amour accomplis dans Sa Passion. Remercions-Le de nous sauver presque malgré nous. En effet, si Dieu nous envoie des souffrances, des épreuves de toutes sortes, c’est pour nous sauver comme malgré nous. Les hommes se perdraient, ils iraient en enfer, si Dieu les laissait vivre dans la facilité, car «le chemin du ciel est étroit». (S. Matth. 7, 14)  Dans Sa bonté et Sa miséricorde, ne voulant pas que les fruits de Sa Rédemption soient inutiles, Dieu envoie des souffrances de tout genre aux pauvres humains.

Demandons la grâce de profiter de ces souffrances en les acceptant avec beaucoup d’amour. Baisons la croix que Dieu nous présente. Oui, mes frères et mes soeurs, soyons reconnaissants pour le bienfait de la croix qu’est la souffrance sous toutes ses formes. La croix est le plus grand don que Dieu puisse nous accorder sur la terre; c’est le don qu’Il offre à Ses plus chers amis. Elle est le signe des prédestinés, le signe infaillible de la miséricorde et de la prédestination divines. Remercions-en Dieu de tout coeur et demandons-Lui l’amour de la croix.

Père Jean-Grégoire, Sur le Chemin du Calvaire, Chemin de la Croix, Éditions Magnificat, 1988, 2e Station, p. 5-6


c croix 12Contemplons notre divin Sauveur élevé entre ciel et terre. Sa Très Sainte Mère est là recevant Ses dernières paroles: «Femme, voilà Votre fils; fils, voilà votre Mère.» (S. Jean 19, 26-27)  Jésus nous a tout donné et, à cette heure suprême, Il nous donne ce qu’il Lui reste de plus précieux sur terre: Il nous donne Sa Mère, Il nous La donne pour le temps et pour l’éternité. Dans la personne de saint Jean, nous avons tous reçu ce précieux cadeau; nous sommes devenus les enfants de Marie. Nous ne pourrons jamais en être assez reconnaissants envers Dieu.

Demandons à cette Mère des Douleurs d’imprimer profondément dans nos coeurs les plaies de Jésus crucifié. Demandons-Lui de nous instruire des choses du ciel. Nous sommes si bornés… Tous ces mystères de notre religion, en particulier ce grand mystère de notre Rédemption, nous dépassent. Un Dieu Se faisant homme et mourant pour Ses créatures! Qui pourra le comprendre? C’est un mystère d’amour. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas concevoir dans notre petite tête humaine, mais c’est une réalité. Un mystère est une chose qui dépasse l’intelligence humaine mais c’est quand même une réalité. Notre Sauveur est mort pour nous; nous devons y réfléchir le plus souvent possible.

Père Jean-Grégoire, Sur le Chemin du Calvaire, Chemin de la Croix, Éditions Magnificat, 1988, 12e Station, p. 26-27


c croix 13Contemplons Jésus défiguré, la tête couronnée d’épines, le corps tout déchiré. Toutes Ses plaies nous révèlent l’amour de Dieu pour nous. Qui d’entre nous serait prêt à subir un tourment à la place de son prochain? Ce serait là une grande preuve d’amour dont personne ne pourrait douter.

Si quelqu’un parmi nous était condamné à subir tous les tourments que Jésus a subis: la flagellation, le couronnement d’épines, le crucifiement, et qu’un autre venait lui dire: «Non, non, mon ami, laissez-moi; je vais prendre votre place. Je vais tout souffrir cela à votre place», pourriez-vous douter un instant de l’amour de cette personne pour vous? C’est ce que Jésus a fait pour nous…

Faisons un sérieux examen de conscience. Demandons-nous si vraiment nous marchons sur les traces de Jésus souffrant. Nous passons plutôt notre temps à nous plaindre, à nous lamenter, à penser que les hommes nous font subir des injustices. Face à Jésus souffrant, réalisons et acceptons une fois pour toutes que nous méritons de souffrir pour l’expiation de nos péchés. C’est le moins que nous puissions faire en ce monde, si nous voulons avoir part au royaume de Jésus.

Père Jean-Grégoire, Sur le Chemin du Calvaire, Chemin de la Croix, Éditions Magnificat, 1988, 13e Station, p. 29-30