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Magnificat!

Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Jésus en croix
par Père Mathurin de la Mère de Dieu

«Le monde se perd, dit Jésus à Sœur Consolata Betrone, et Moi, J’aime les âmes et Je veux les sauver. Pour atteindre Mon but, J’use de rigueur, mais crois-le, c’est par pure miséricorde. Si Je permets une si grande douleur, c’est dans le but de sauver les âmes pour l’éternité.»1

Pour son malheur, l’humanité s’est détournée du chemin que Dieu lui avait tracé. Comme un bon père, Dieu emploie les moyens nécessaires pour ramener Ses enfants sur la route du vrai bonheur à Son service. Tout en frappant, notre Père des Cieux veut combler l’humanité de Ses dons, comme un père qui après avoir sévi, donne ensuite des douceurs pour faire oublier l’amertume de la punition. Nous ne pourrons jamais comprendre tout l’amour que Dieu met dans les châtiments infligés à Ses enfants.

Plan diabolique, ou… divin?

Dieu veut, ou permet, toutes les souffrances qui arrivent. Le plus bel exemple pour illustrer cette grande vérité, nous le trouvons en Jésus, Dieu incarné sur la terre. Suite à la résurrection de Lazare, l’Évangile relate que les princes des prêtres et les docteurs de la loi se sont réunis au milieu de la nuit, brisant leurs propres lois, contre toute forme de justice. «Ce Jésus ressuscite les morts! Si on Le laisse continuer Ses miracles, c’en est fait de nous. Il faut L’éliminer!» C’était une résolution satanique, inspirée directement par le démon. Et pourtant c’était le Plan de Dieu! Toutes les forces du mal se sont liguées pour abattre Jésus, pour Le briser, L’anéantir. Ils ont réalisé leur complot diabolique, ils ont massacré Jésus: le Plan de Dieu se réalisait!

Certains demandent: Le coronavirus a-t-il été fabriqué par les hommes? Qu’est-ce que cela changerait d’en connaître l’origine? Dans le cas de Jésus, Sa mort était-elle l’œuvre des hommes ou l’œuvre de Satan? Sa mort sur la croix: était-ce divin ou diabolique? Cela semble étrange à dire, mais c’était les deux! Les démons se sont agités, ils ont réuni leurs satellites et leurs suppôts dans des conciliabules pour éliminer cet Homme. Et en même temps, jamais projet diabolique n’avait été aussi divin! Parfois, c’est assez étonnant, on dirait que plus le projet est diabolique, plus il rejoint le divin. Il y a un mystère en tout cela. C’est Dieu qui mène et conduit tout à Sa fin.

Quand on l’a compris, tout prend un autre éclairage. Dieu mène et Il a le dernier mot. Les âmes doivent entrer dans Son dessein, voir Sa main derrière les événements les plus fâcheux, les plus terribles, les plus maléfiques, les plus morbides. Les ennemis de Notre-Seigneur convoitaient argent et pouvoir, ils voulaient établir leur propre règne, et notre cher Jésus entravait leurs desseins. Toutes les forces du mal ont comploté pour détruire et massacrer Jésus: ils ont réussi à faire mourir le Fils de Dieu incarné! Les démons se frottaient les mains de satisfaction. Quand Satan comprit qu’ils avaient réalisé le Plan de Dieu, il mordit la poussière: c’était sa plus grande défaite. La mort de Jésus sur la croix, c’était le salut voulu, pensé par Dieu depuis l’origine. C’était le plan qu’Il avait décrété pour le salut de l’homme, tout de suite après le péché de nos premiers parents.

En ces temps où la haine diabolique arrive à son point culminant, un mystère d’amour se prépare pour le salut de l’humanité: l’Amour divin arrivera aussi à son apogée. Comment réagissons-nous face à ces événements? Soyons bien attentifs à tout regarder avec des vues de foi. Il faut, bien sûr, une prudence humaine, mais il faut surtout avoir la foi, croire que c’est Dieu qui agit par tous ces événements.

À travers le monde, les églises sont fermées. Les gouvernants défendent les rassemblements. Ils ont peur du coronavirus. Interdire l’accès aux sacrements, à la sainte Messe, à la communion, ne peut être de Dieu. C’est un phénomène diabolique contre Dieu. Mais Dieu va en tirer Sa gloire. Cela me fait une peine énorme que l’adoration perpétuelle par les fidèles ait cessé à Montmartre où elle avait été maintenue même pendant les bombardements de la deuxième Guerre mondiale. La situation aurait pu être gérée autrement, en mettant en place un certain contrôle comme cela se fait pour garder ouverts d’autres institutions et commerces. L’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement est un paratonnerre pour les nations. Le but de cette adoration perpétuelle est d’assurer une prière ininterrompue pour l’Église, pour la patrie, pour le monde. Je suis certain que les adorateurs en souffrent énormément.

La prière, remède aux problèmes actuels

Nous avons fait un appel à plus de prières. Que chacun fasse sa part et donne plus de temps à l’adoration devant le Saint-Sacrement où Jésus est réellement présent. Si nous prions humblement, le salut viendra. Le salut, c’est Dieu. Il nous interpelle. Nous devons prier avec humilité, en nous frappant la poitrine. Faisons la prière humble du publicain qui se frappait la poitrine, non pas celle du pharisien qui se complaisait en lui-même et condamnait les autres: «Ces gens ont fait ceci et cela! Moi, je ne suis pas comme le reste des hommes.» Non! Examinons plutôt notre propre vie: humilions-nous et pleurons nos fautes devant Dieu. Considérant les lumières et les grâces reçues, nous devrions être des géants de sainteté. Du plus profond de l’âme, soyons convaincus qu’avec toutes ces grâces reçues, nous sommes pires que les autres, plus coupables devant Dieu. On exigera beaucoup de celui qui aura beaucoup reçu, dit Jésus. On lui demandera d’autant plus, qu’on lui aura donné davantage.2

Il faut recourir aux sacrements: la messe, la communion, la confession, qui sont actuellement boycottées presque partout. Pour suppléer, nous devons y recourir davantage, les multiplier chez nous. Nous devons compenser par plus de messes, plus de communions, plus d’adorations, plus de confessions, toujours avec humilité, sinon notre prière sera rejetée du Ciel. Dieu résiste aux superbes et donne Sa grâce aux humbles.3 La Sainte Vierge chante dans Son Magnificat: Le Tout-puissant élève les humbles… Mais Il déploie toute la force de Son bras pour disperser les superbes d’esprit et de cœur, et Il renverse les puissants de leur trône.4

Avec humilité, demandons pardon pour nous, pour l’Église, pour nos frères. Compensons, supplions, adorons! Quand nous sommes devant le Saint-Sacrement, quand nous prions seuls dans notre chambre, comme dit l’Évangile5, mettons-nous dans ces dispositions. Ainsi les malheurs présents seront vraiment une bénédiction qui transformera nos âmes. Dans ce cas, ce virus mérite d’être couronné (corona-virus): il va nous rapprocher de Dieu! Dieu soit loué!

C’est la panique partout. L’Église a toujours eu des fragilités, mais elle ne fermait pas ses portes, surtout pas dans les temps de calamités où les fidèles avaient le plus besoin de l’assistance divine. Aujourd’hui, les portes des sacrements sont fermées à presque tout le monde. Certaines bonnes gens disent: «On suit la messe à la télévision.» Sur l’écran, vous regardez l’image du Saint-Sacrement. Ce n’est pas l’Hostie que vous regardez, c’est une image qui vous fait penser à Jésus-Eucharistie. Mais ce n’est pas l’Eucharistie. Quand je suis devant l’Hostie, je suis devant Dieu, personnellement présent. Quand j’assiste à la messe à la télévision, je ne suis pas en présence du sacrifice du Calvaire, je suis devant une représentation. Pour participer réellement à la messe, il faut se déplacer – si possible – et y assister. Le Saint-Sacrement n’est pas une image ou une représentation, c’est Dieu réellement présent.

De votre foyer, vous pouvez adorer Jésus-Hostie en esprit, mais vous n’êtes pas devant la Présence réelle. C’est toujours mieux que de ne rien faire. Si vous regardez une image de Jésus-Hostie et que cela vous stimule à prier, c’est bien, même très bien. Mais comme Autorité de l’Église, je ne puis pas dire que l’image équivaut à la Présence réelle. Ce n’est pas ce que Jésus nous enseigne. On ne peut pas instituer des choses que Jésus n’a pas instituées. Jésus a voulu demeurer parmi nous par la Présence réelle de l’Eucharistie, pas seulement par une image à l’écran ou sur papier. Il a voulu Se cacher dans du pain au moment de la consécration, et c’est sous cette forme qu’Il veut être adoré par Ses enfants.

L’Église a toujours enseigné la communion spirituelle. Je l’ai moi-même recommandée à plusieurs de nos amis. Vous pouvez en tirer beaucoup de profit si vous y êtes attentifs. Mais ce n’est pas la communion sacramentelle. Quand vous faites une communion sacramentelle, c’est réellement Jésus que vous recevez en vous. Car Ma Chair est véritablement une nourriture, dit Jésus. Mon Sang est véritablement un breuvage. Celui qui mange Ma Chair et qui boit Mon Sang demeure en Moi, et Moi en lui.6

La Foi des premiers chrétiens

Quand les premiers chrétiens se rendaient aux catacombes pour assister aux saints mystères, chacun d’eux s’exposait à être pris, reconnu comme chrétien, emmené à la mort. C’était un risque, un danger immédiat, pire que le coronavirus. Ils encouraient la mort avec des tortures extrêmes. L’histoire de saint Tarcisius n’est pas un cas isolé. Les chrétiens exposaient leur vie pour aller porter la sainte Eucharistie – la communion sacramentelle – à leurs frères qui allaient mourir. Ils croyaient déjà à la communion spirituelle certainement, mais ils risquaient leur vie pour la communion sacramentelle. Le petit Tarcisius est mort lapidé en s’exposant ainsi. Voilà l’Église, voilà sa vérité. L’Église, surtout dans les temps de calamités, a le devoir de proclamer la vérité.

C’est un effort d’Église que nous faisons, dans un esprit d’humilité, pour compenser, supplier et toucher le Cœur de Dieu par beaucoup d’amour, beaucoup de foi, beaucoup d’humilité. Je vous expose ces faits pour vous communiquer ma douleur de voir les églises fermées. Je ne tire pas de pierres au clergé, mais cela me fait vraiment mal. J’ai un chagrin immense pour tous les adorateurs qui aiment le bon Dieu et qui sont maintenant privés de L’adorer dans Ses sanctuaires. Ils n’ont pas le choix; par contre ces fidèles vont continuer d’adorer à partir de leur foyer. Ce geste sera grand devant Dieu. Dans leur cœur, ils vont adorer Dieu, tout en priant devant une croix ou une image pieuse. Ils se remémoreront le Saint-Sacrement qu’ils adoraient à Montmartre ou ailleurs.

De plus en plus, donnez du temps à l’adoration. De grandes grâces viennent par l’adoration silencieuse devant le Saint-Sacrement. Quelque chose de divin se passe en notre âme. Comme disait saint Louis-Marie de Montfort: «On ne conçoit ce bien que par l’expérience.» Les mots ne sauraient le rendre, il faut le vivre.

Le chapelet aussi est une dévotion merveilleuse. Rien n’est beau comme de méditer les mystères de la vie de Jésus et de Marie. Récitant l’Ave Maria vous contemplez le mystère. En plus des quinze mystères traditionnels, vous pouvez aussi contempler tout autre mystère de la vie de Jésus et de Marie. Dites les Ave Maria doucement: cette prière vous fera entrer en contemplation devant le Saint-Sacrement.

Il n’y a pas de formule acquise pour tout le monde, chaque âme est différente. Chacun de vous est une âme singulière, que Dieu chérit par-dessus toutes les autres. Quand vous êtes avec le bon Dieu, il n’y a que vous qui comptez à Ses yeux. Vous êtes seul avec Lui, Il S’occupe personnellement de vous. Son traitement à votre endroit est particulier. Vous devez être attentif: ce qu’Il fait est sur mesure pour vous. C’est Lui qui vous fait entrer en contemplation. Vous ne pouvez pas prier réellement sans que Dieu vous inspire. Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de Son Fils, qui crie: Abba, Père!7

Dans l’adoration du Saint-Sacrement, c’est Jésus qui vient prier en vous et vous offre une grâce spéciale à ce moment-là. Il faut nous mettre en contact avec Dieu. Nous pouvons prendre un guide, un moyen qui nous aide à entrer en contemplation, mais le contact, la grâce nous viennent de Lui.

L’adoration nous rend humbles

Normalement, c’est la créature qui doit se donner à son Créateur. Quand vous êtes en adoration, vous découvrez que c’est le Créateur qui Se donne à vous. Cette pensée vous confond, c’est une humiliation qui vous remplit d’amour. L’adoration nous rend humbles, nous si orgueilleux par notre nature déchue. Dieu Se donne à nous! Notre petit don est si maigre, si chétif comparé à Son don divin. Quand vous adorez, quand vous êtes en contemplation, et que vous réalisez que c’est Dieu qui fait le don, vous en êtes humilié, confus, mais d’une confusion pleine d’amour. On croyait avoir donné quelque chose au bon Dieu, et on découvre son égoïsme, sa mesquinerie, son égocentrisme, ses vanités, son manque de générosité. Nous contemplons le don que Dieu nous fait, ce Dieu qui Se donne: le don par essence. L’adoration se fait tout simplement, ce n’est pas un effort cérébral. Nous sommes devant Dieu pour Le louer et L’adorer, pour Le glorifier, pour compenser.

Il peut arriver que vous n’ayez rien à dire. Vous vous mettez alors à genoux et vous vous prosternez. Si vous vous sentez froid, prosternez-vous encore plus. Ne vous gênez pas de vous prosterner, le nez contre terre. Oh! la belle adoration! Prosternez-vous, adorez, humiliez-vous. Ensuite, vous vous relevez, vous contemplez Jésus et vous vous prosternez encore. Vous constatez votre nullité, ce rien, ce lâche que vous êtes, et Dieu Se donne à vous.

La Vierge Marie faisait cette adoration, Se prosternant devant Son Dieu, le nez à terre. Puis Elle Se relevait pour pouvoir Se prosterner encore, pour pouvoir faire une adoration complète devant Dieu. Elle le faisait des douzaines, parfois des centaines de fois. Elle a continué cette pratique jusque dans un âge avancé. Marie faisait déjà ces adorations avant l’institution du Saint-Sacrement. Devant la Présence réelle après la mort de Jésus, vous imaginez les prostrations qu’Elle devait faire! avec quelle révérence Elle faisait ce geste! Elle Se relevait et Se prosternait de nouveau pour faire un acte physique d’anéantissement, S’abaisser jusqu’à la poussière, posément. Elle y restait un moment et Se relevait.

Je recommande de faire cette prostration trente-trois fois, pour honorer les trente-trois années de la vie de Jésus. Jésus, qui S’est abaissé jusqu’à nous, et même plus encore! Faites ces adorations très posément. «Mon Dieu, que vaut ma prière? Je veux faire comme la Vierge, comme Votre Mère faisait.» Il y a des manières variées de faire l’adoration. L’amour va vous en inspirer. Se prosterner aiguillonne l’attention. Nous sommes fragiles. Ce geste nous tient alertes, surtout durant l’adoration nocturne, quand malgré nous, la fatigue peut nous accabler.

Si vous entrez vraiment en prière, Dieu fera le reste. Il voit votre bonne volonté: vous voulez L’aimer, vous vous humiliez devant Lui, et Il Se manifestera à vous. Le bon Dieu parle à chacun, pas avec des sons, des bruits, Il parle au cœur. Il Se communique à l’âme qui s’humilie, qui s’anéantit devant Lui. L’âme en sort plus humiliée, plus confuse encore. C’est dans cet esprit d’adoration que nous devons suppléer. Beaucoup de grâces en dépendent.

Adorez au nom de la Sainte Église, pour vous-mêmes, pour tous nos frères de la terre, en union avec ces chers hommes et ces chères femmes qui n’ont plus ce privilège, ce plaisir, cette joie qu’ils avaient d’être en adoration devant le Saint-Sacrement, parce que tant d’églises ne le permettent plus. Vous offrez leurs prières, leurs souffrances à Dieu. «Mon Dieu, intervenez! Je Vous offre mon adoration en union avec ces personnes qui souffrent, qui voudraient être en Votre présence.»

Cette prière va changer le monde plus que des discours. Les discours sont nécessaires, mais c’est Dieu qui touche les âmes par nos paroles. Dieu Se sert de nos mots, mais c’est toujours Sa grâce qui touche les cœurs, et non pas nous ni nos paroles.

Le plus haut sommet de l’adoration

Le premier culte que l’homme doit rendre à Dieu, c’est de L’adorer. Adorer, c’est beaucoup plus que se prosterner. Adorer, c’est reconnaître le souverain domaine de Dieu, notre Créateur. Dans la douleur, dans la souffrance, quand on s’applique à reconnaître la main de Dieu qui opère, qui agit, quand alors, on remercie le bon Dieu, c’est le sommet de l’adoration. Non seulement faut-il plier l’échine parce qu’on n’a pas le choix. Se soumettre, accepter, c’est déjà bien. Mais entrer tellement dans le dessein de Dieu qu’on L’en remercie! «Mon Dieu, merci! Merci du mal qui m’arrive, merci de toutes les douleurs qui m’arrivent. Merci, mon Dieu!» Quand ce merci est reconnaissant, plein de gratitude envers Dieu, c’est le sommet de l’adoration que l’on puisse rendre à Dieu.

Dieu attend ce culte des Apôtres des Derniers Temps. Ce culte, nous allons le répandre dans le monde entier. Il faut d’abord le pratiquer. On a mal? Au lieu de maugréer et de murmurer dans nos cœurs, disons: Merci, mon Dieu! Les pires des péchés du peuple juif, relatés dans la Bible, ont été l’idolâtrie et le murmure. En adorant Dieu dans la souffrance, nous faisons le contraire. Nous adorons Dieu et nous Le remercions: «Merci, mon Dieu, pour le moindre mal qui m’arrive. Ce n’est pas le diable ou untel qui me fait souffrir, c’est Vous, mon Dieu, qui agissez derrière ces instruments. Merci!» Sans que les humains s’en rendent compte, notre cœur s’élève vers Dieu.

Sous l’œil de Dieu, avec des larmes de reconnaissance, disons: «Mon Dieu, Vous me donnez cela, à un vil être comme moi? Je puis Vous adorer comme cela, moi? Mon Dieu, Vous me faites trop d’honneur!» Dieu attend ce culte de nous pour ensuite le transmettre au monde. Le monde va en vivre. Ce sera quelque chose qui s’est rarement vu dans l’histoire de l’humanité. Nous devrons le promouvoir pour l’avoir vécu. Que Dieu vous aide à le faire de bon cœur. Remerciez le bon Dieu de tous les maux, au nom de nos frères de la terre: «Mon Dieu, merci de ces grâces. C’est une miséricorde que Vous nous envoyez.» Plus d’un tiers de la population mondiale est en confinement. «Mon Dieu, allons-nous en profiter? Mon Dieu, faites-nous une grâce puissante!»

La grâce se présente sous deux aspects: la grâce actuelle et la grâce habituelle. La grâce habituelle est la vie de Dieu en nous, l’état de grâce. La grâce actuelle est le secours que Dieu nous donne pour accomplir à chaque instant le bien qu’Il attend de nous. La grâce est une intervention de Dieu, infinie. De moment en moment, la grâce est distincte pour chacun des sept milliards d’humains sur la terre. Nous tous, pécheurs, au moment même de nos chutes dans le péché, Dieu intervient pour nous relever et nous attirer à Lui. Sa grâce joue d’une manière infinie dans chacun des scénarios de notre vie, et particulièrement dans les moments de souffrance. Mais il faut prier.

Nous vivons un temps de bénédictions comme l’humanité n’en a pas eu depuis longtemps. Prions, rendons ce culte à Dieu: «Mon Dieu, merci! Vous prenez les moyens de nous ramener à Vous, car nous sommes trop frivoles, nous sommes distraits, nous ne pensons qu’à nous amuser. Je veux rentrer dans Votre dessein, je veux Votre grâce, du secours pour moi, pour mes frères. Merci, mon Dieu, d’intervenir.» Les souffrances actuelles sont des bénédictions de Dieu. Plusieurs, mais trop peu, profitent de ce temps de grâces. L’avenir dépend de notre réaction.

La situation suscite des gestes de charité, mais avant toute chose, elle suscite la pensée de Dieu. Beaucoup parlent des œuvres de bienfaisance qui se font, mais les médias ne mentionnent pas que les gens pensent plus à Dieu. Les familles s’unissent, c’est très bien, mais surtout il faut s’unir à Dieu. Si nous faisions tous ces beaux gestes sans penser à Dieu, cela vaudrait peu. La charité a toujours une grande valeur, mais il faut la pratiquer dans le but de plaire à Dieu. La première charité est de penser à Dieu et de Le servir. Il attend que nous pensions à Lui, que nous fassions quelque chose pour Lui. Par rapport aux sept milliards d’humains sur la terre, il y en a trop peu qui se tournent vers Dieu. Grâce au confinement, les gens ont l’occasion de prier plus, de réfléchir un peu. Nous les humains, nous sommes si distraits, nous ne pensons pas à notre éternité. Le bon Dieu nous donne une chance. «Mon Dieu! Quelle bonté! Quelle miséricorde! Nous méritons des coups de bâton et Vous nous frappez doucement, combien doucement.» Un peu de confinement déstabilise bien des gens. Cependant ils peuvent encore manger et même s’amuser un peu. Si les gens réagissent bien, nous pourrions prévenir les scénarios inquiétants qui menacent à l’horizon. Tout dépend de notre comportement.

Dieu nous demande de petites choses: un certain confinement qui va durer encore un peu. Y aura-t-il autre chose? Qu’importe. Qu’est-ce que ça donnerait de passer beaucoup de temps sur la terre sans s’y être préparé à l’éternité? Qu’est-ce que ça donnerait de vivre longtemps si on ne pense pas à son éternité? La pandémie actuelle est le plus beau scénario possible, si elle me conduit à l’éternité bienheureuse, si elle m’amène à faire un peu plus pour le bon Dieu. Les martyrs se réjouissaient au moment des persécutions. «Nous ferons un peu plus pour le bon Dieu, nous aurons peut-être la chance d’être martyrs. Quelle aubaine!» Nous, nous avons peur de souffrir: «Y aura-t-il moins de nourriture sur la table?… Vais-je manquer de quelque chose?» Nous avons peur d’avoir faim, peur d’avoir froid, peur d’être fatigué, on a peur de tout, on a peur d’avoir peur.

Dieu soit béni!

Nous devons remercier Dieu quand Il donne, et aussi quand Il enlève: «Mon Dieu, si Vous m’enlevez telle chose, merci d’avance. Je suis prêt, mais venez à mon secours! Je suis un lâche, j’ai peur de souffrir. Mais j’ai confiance en Vous, car je sais que Vous m’aiderez et que Votre grâce l’accomplira en moi.» Seulement de dire merci à Dieu en toutes circonstances vous conduira à un sommet dans ce culte d’adoration que nous Lui devons. Dieu attend un sacrifice de louanges de Ses enfants, surtout dans l’épreuve. Il nous envoie des châtiments un peu à contrecœur: «Merci, mon Dieu. C’est pour notre bien, c’est trop de bonté. Nous Vous avons abandonné. Vous voulez prendre les choses en main et nous maugréons.»

Certains vont jusqu’au blasphème. S’il y a quelque chose qui fait mal à Dieu, c’est le blasphème. On Le blasphème même dans l’abondance. Dieu agit doucement, car les humains vont Le blasphémer. Nous, bénissons-Le dans ces petites souffrances et tout autre souffrance qui serait peut-être plus considérable. «Mon Dieu, nous ne méritons pas tant d’attention de Votre part. Je devrais être attentif à Vous, et c’est Vous qui êtes attentif à nous.» Les rôles sont renversés. La créature devrait être tout attentive à son Créateur. Dieu est à l’affût du bien de Sa créature, de Son enfant, et la créature est volage, distraite, frivole, occupée des choses de la terre, comme s’il n’y avait plus rien après la mort. Si l’on n’y prend pas garde, les distractions et les murmures peuvent arriver même chez l’élite des humains, chez ceux qui font profession de servir Dieu.

Que nos vies soient des vies de Magnificat, de reconnaissance dans toutes sortes de souffrances. Faisons-le de bon cœur, de plus en plus. Louer Dieu quand vous souffrez, c’est plus que de se prosterner devant le Saint-Sacrement. Adorer Dieu, Le bénir dans la souffrance, Le remercier, c’est un summum d’adoration. Dieu nous invite à le faire avec amour. Il nous observe pour voir si nous allons profiter de cette pandémie qui est une bénédiction divine.

Toutes sortes de petites souffrances vont venir. Nous sommes au début de la première phase. Ne vous faites pas de peurs. Mettez votre confiance en Dieu. Si nous ne louons pas Dieu dans ce début d’épreuve, nous ne Le louerons pas tantôt. Si nous maugréons quand Dieu commence à peine d’intervenir pour notre bien, qu’allons-nous faire tout à l’heure? Je sais que votre cœur le veut, faisons-le tous ensemble selon l’attente du Cœur de Dieu, selon l’attente de Son Amour Infini. Si nous le faisons, le monde le fera. Nous le faisons déjà, mais nous le ferons encore mieux.

1 Extraits de messages de Jésus à Sœur Consolata Betrone, 24 août 1934, 15 novembre 1935, 29 avril 1942, voir page 119.

2 S. Luc 12.48

3 I S. Pierre 5, 5

4 Cf. S. Luc 1, 51-52

5 Cf. S. Matth. 6, 6

6 S. Jean 6, 56-57

7 S. Paul, Galates 4, 6

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– Croyez-Vous, dit Satan jaloux, que Job Vous serve pour Vous-même?»
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Dieu m’a tout donné, Dieu m’a tout enlevé: que Son saint nom soit béni!