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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Jésus apparaît à Ses Apôtres
5e Dimanche après Pâques
– Efficacité de la Prière

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Dans le texte Liturgique de ce dimanche, la sainte Église nous apprend que nos pensées et nos actions, pour être méritoires de la vie éternelle, ont besoin de la grâce qui inspire les unes et aide notre volonté à accomplir les autres. PRIONS. Ô Dieu, Vous de qui procèdent tous les biens, accordez à nos humbles prières que, par Votre inspiration, nos pensées se portent à ce qui est bien, et daignez nous accorder Votre conduite pour l’accomplir. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Épître

Lecture de l’Épître de saint Jacques Apôtre. Chap. I.
Mes bien aimés, accomplissez la parole qui vous est enseignée, ne vous contentant pas de l’écouter, en vous trompant vous-mêmes. Car celui qui écoute la parole sans la pratiquer, est semblable à un homme qui considère son visage naturel dans un miroir, et qui à peine l’y a vu, s’en va, et oublie à l’instant même quel il était. Mais celui qui considère d’un œil forme la loi parfaite de la liberté, et qui s’arrête à elle, n’étant pas seulement un auditeur oublieux, mais accomplissant dans ses œuvres ce qu’il a entendu: celui-là trouvera son bonheur dans ce qu’il fait. Si quelqu’un d’entre vous croit être un homme religieux, et qu’il ne mette pas un frein à sa langue, mais qu’il séduise son propre cœur, sa religion est vaine. Une religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père, est de visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et de se conserver purs de la corruption de ce monde.

Réflexion sur l’Épître

Le saint Apôtre dont nous venons d’entendre les conseils avait reçu les leçons du Sauveur ressuscité; nous ne devons donc pas être étonnés du ton d’autorité avec lequel il nous parle. Saint Jacques le Mineur est l’Apôtre des œuvres, et c’est lui qui nous a transmis cette maxime fondamentale du christianisme, que si la foi est nécessaire avant tout au chrétien, cette vertu, sans les œuvres, est une foi morte qui ne pourrait le sauver.
Il insiste aujourd’hui sur l’obligation où nous sommes de cultiver en nous mêmes l’attention aux vérités que nous avons une fois comprises, et de nous tenir en garde contre cet oubli coupable qui cause tant de ravages dans les âmes inconsidérées. Parmi ceux en qui s’est accompli le mystère de la Pâque, il en est qui n’y persévéreront pas; et ce malheur leur arrivera, parce qu’ils se livreront au monde, au lieu d’user du monde comme n’en usant pas. (I Cor. VII, 31) Rappelons-nous toujours que nous devons marcher dans une vie nouvelle, à l’imitation de celle de notre divin ressuscité qui ne peut plus mourir.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Jean, Chap. 16.
En ce temps-là Jésus dit à Ses disciples: En vérité, en vérité Je vous le dis: Si vous demandez quelque chose au Père en Mon nom, Il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en Mon nom: demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine. Je vous ai dit ces choses en paraboles: l’heure vient où Je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où Je vous enseignerai ouvertement sur le Père. En ce jour, vous demanderez en Mon nom, et Je ne vous dis pas que je prierai pour vous le Père; car le Père vous aime Lui-même, parce que vous M’avez aimé, et que vous avez cru que Je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père et suis venu en ce monde: maintenant Je quitte le monde et Je vais au Père. Ses disciples Lui dirent: Voilà que maintenant Vous parlez ouvertement, et sans dire de paraboles. À présent nous savons que Vous savez toutes choses, et qu’il n’est pas besoin qu’on Vous interroge: en cela nous croyons que Vous êtes sorti de Dieu.

Réflexion sur l’Évangile

Lorsque le Sauveur, à la dernière Cène, annonçait ainsi à Ses Apôtres Son prochain départ, ils étaient loin encore de comprendre tout ce qu’Il était. Déjà cependant ils croyaient «qu’Il était sorti de Dieu». Mais cette croyance était faible, puisqu’elle devait s’éteindre sitôt. Dans les jours où nous sommes, entourant leur Maître ressuscité, illuminés par Sa parole, ils savent mieux ce qu’Il est. Le moment est arrivé «où Il ne leur parle plus en paraboles». Nous avons vu quels enseignements Il leur donne, comme Il les prépare à devenir les docteurs du monde. C’est maintenant qu’ils peuvent Lui dire: «Ô Maître, Vous êtes véritablement sorti de Dieu.» Mais par là même, ils comprennent davantage la perte dont ils sont menacés; ils ont l’idée du vide immense que Son absence leur fera sentir.
Jésus commence à recueillir le fruit que Sa divine bonté a semé en eux, et qu’Il a attendu avec une si ineffable patience. Si, lorsqu’ils étaient autour de Lui à la table de la Cène, Il les félicitait déjà sur leur foi; maintenant qu’ils L’ont vu ressuscité, qu’ils L’ont entendu, ils méritent bien autrement Ses éloges; car ils sont devenus plus fermes et plus fidèles. «Le Père vous aime, leur disait-Il lors de cette Dernière Cène, parce que vous M’avez aimé». Combien plus le Père doit-Il les aimer, maintenant que leur amour s’est accru! Que cette parole nous donne espérance. Avant la Pâque, nous aimions faiblement le Sauveur, nous étions chancelants à Son service; maintenant que nous avons été instruits par Lui, nourris de Ses mystères, nous pouvons espérer que le Père nous aimera; car nous aimons davantage, nous aimons mieux Son Fils. Ce divin Rédempteur nous invite à nous adresser à Son Père en Son Nom dans toutes nos nécessités.
Il nous faut désirer le bien; demandons ce désir, et continuons notre prière jusqu’à ce que le bien lui-même nous arrive. La grâce descendra alors, et ce sera à nous de ne pas la négliger.