Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Dimanche dans l’Octave de Noël – La Présentation de Jésus au Temple

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Tandis que le monde entier était enseveli dans le silence, et que la nuit était au milieu de sa course, Votre Verbe tout-puissant, Seigneur, est descendu de Son trône royal du ciel. Psaume. Le Seigneur règne, Il S’est revêtu de gloire: le Seigneur S’est revêtu de force, et Il S’est armé. Gloire au Père au Fils et au Saint-Esprit et à la Mère de Dieu…

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, dirigez nos actions selon la règle de Votre bon plaisir; afin que nous méritions de produire les bonnes œuvres avec abondance, par le nom de Votre Fils bien-aimé, qui vit et règne avec Vous.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Galates. Chap. IV.

Mes frères, tant que l’héritier est encore enfant, il n’est pas différent du serviteur, quoiqu’il soit le maître de tout; mais il est sous la puissance des tuteurs et des curateurs, jusqu’au temps marqué par son père. Ainsi, lorsque nous étions encore enfants, nous étions assujettis aux premiers éléments de ce monde; mais lorsque la plénitude du temps a été venue, Dieu a envoyé Son Fils formé de la femme, et assujetti à la Loi, pour racheter ceux qui étaient sous la Loi, et pour nous rendre enfants d’adoption. Or, parce que vous êtes enfants de Dieu, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de Son Fils, qui crie: «Père! Père!» Chacun de vous n’est donc plus serviteur, mais fils. Que s’il est fils, il est aussi héritier par la bonté de Dieu.

Réflexion sur l’Épître

L’Enfant, né de Marie, couché dans la crèche de Bethléem, élève Sa faible voix vers le Père des siècles, et Il L’appelle «Mon Père»! Il Se tourne vers nous, et Il nous appelle «Mes Frères»! Nous pouvons donc aussi, en nous adressant à Son Père éternel, Le nommer notre Père. Tel est le mystère de l’adoption divine, déclarée en ces jours. Toutes choses sont changées au ciel et sur la terre: Dieu n’a plus seulement un Fils, mais plusieurs fils; nous ne sommes plus désormais, en Sa présence, des créatures qu’Il a tirées du néant, mais des enfants de Sa tendresse. Le ciel n’est plus seulement le trône de Sa gloire; il est devenu notre héritage; et une part nous y est assurée à côté de celle de notre frère Jésus, Fils de Marie, Fils d’Ève, Fils d’Adam selon l’humanité, comme Il est, dans l’unité de personne, Fils de Dieu selon la divinité. Considérons tour à tour l’Enfant béni qui nous a valu tous ces biens, et l’héritage auquel nous avons droit par Lui. Que notre esprit s’étonne d’une si haute destinée pour des créatures; que notre cœur rende grâces pour un bienfait si incompréhensible.

 

Graduel

Vous surpassez en beauté tous les enfants des hommes, ô Emmanuel! la grâce est répandue sur Vos lèvres. Mon cœur éclate en un cantique excellent; c’est à la gloire du Christ Roi que je dédie mes chants. Que ma langue soit semblable à la plume de l’écrivain dont la main est rapide. Alléluia, alléluia. Le Seigneur règne, Il S’est revêtu de gloire: le Seigneur S’est revêtu de force, et Il S’est armé.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. II

En ce temps-là, Joseph et Marie, Mère de Jésus, étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de Lui. Et Siméon les bénit, et il dit à Marie Sa Mère: Cet Enfant est pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs en Israël. Et Il sera un signe de contradiction; et un glaive transpercera Votre âme, afin que les pensées de plusieurs, qui sont cachées au fond de leur cœur, soient découvertes. Il y avait aussi une Prophétesse, nommée Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser; elle était fort avancée en âge, et, après avoir vécu sept ans avec son mari, qu’elle avait épousée étant vierge, elle était demeurée veuve jusqu’à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne sortait pas du temple, servant Dieu nuit et jour, dans les jeûnes et les prières. Étant donc survenue à la même heure, elle se mit à louer le Seigneur et à parler de Lui à tous ceux qui attendaient la rédemption d’Israël. Et après qu’ils eurent accompli toutes choses selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur cité de Nazareth. Or, l’Enfant croissait et Se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était en Lui.

Réflexion sur l’Évangile

La marche des récits du saint Évangile contraint l’Église à nous présenter déjà le divin Enfant entre les bras de Siméon, qui prophétise à Marie les destinées de l’Homme qu’Elle a mis au jour. Ce cœur de mère, tout inondé des joies d’un si merveilleux enfantement, sent déjà le glaive annoncé par le vieillard du temple. Le Fils de Ses entrailles ne sera donc, sur la terre, qu’un signe de contradiction; et le mystère de l’adoption du genre humain ne devra s’accomplir que par l’immolation de cet Enfant devenu un homme. Pour nous, rachetés par ce sang, n’anticipons pas trop sur l’avenir. Nous aurons le temps de le considérer, cet Emmanuel, dans Ses labeurs et dans Ses souffrances; aujourd’hui, il nous est permis de ne voir encore que l’Enfant qui nous est né, et de nous réjouir dans Sa venue. Écoutons Anne, qui nous parlera de la rédemption d’Israël. Voyons la terre régénérée par l’enfantement de son Sauveur; admirons et étudions, dans un humble amour, ce Jésus plein de sagesse et de grâce qui vient de naître sous nos yeux.

Pendant l’Offrande, l’Église célèbre le renouvellement merveilleux qui s’opère en ce monde et qui l’arrache à sa ruine; elle exalte le grand Dieu qui est descendu dans l’étable, sans quitter Son trône éternel.

Offertoire

Dieu a affermi la terre; elle ne sera point ébranlée; Votre trône, ô Dieu! est préparé dès l’éternité; Vous étiez avant les siècles.

Secrète

Faites, s’il Vous plaît, ô Dieu tout-puissant! que cette offrande que nous mettons sous les yeux de Votre majesté, nous obtienne la grâce d’une pieuse dévotion, et nous acquière la récompense d’une éternité heureuse. Par Jésus-Christ notre Seigneur.