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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

L'administrateur infidèle
Huitième Dimanche après la Pentecôte – L’administrateur infidèle

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Nous avons reçu, ô Dieu, Votre miséricorde au milieu de Votre temple ; comme Votre Nom lui-même, ô Dieu, Votre louange retentit jusqu’aux extrémités de la terre; Votre main droite est pleine de justice.

Psaume. Le Seigneur est grand et digne de toute louange, dans la cité de notre Dieu, sur Sa montagne sainte.

Collecte.

Nous Vous en supplions, Seigneur, accordez-nous miséricordieusement Votre Esprit qui nous fasse toujours penser dans la droiture et agir de même, afin que, n’étant rien que par Vous, nous vivions selon Vos désirs. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Romains. Chap. VIII

Mes Frères, nous ne sommes point les débiteurs de la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si vous mortifiez par l’esprit les œuvres de la chair, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. Vous n’avez point reçu en effet l’esprit de servitude pour être encore gouvernés par la crainte, mais vous avez reçu l’esprit de l’adoption des enfants, dans lequel nous crions: Abba, c’est-à-dire, Père. C’est l’Esprit qui rend Lui-même témoignage à notre esprit que nous sommes fils de Dieu. Or, si nous sommes fils, nous sommes aussi héritiers, héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ.

Réflexion sur l’Épître

Rien n’égale la fécondité de l’Épouse, sinon la puissance de sanctification qu’elle déploie, au milieu d’éléments si divers, pour présenter dès les premiers jours à son Seigneur et roi un empire affermi dans l’unité de l’amour, une génération toute céleste et toute pure dans l’intelligence et la pratique parfaite des vertus. Assurément l’Esprit sanctificateur agit Lui-même directement sur les âmes des nouveaux baptisés ; néanmoins, ineffable harmonie du plan divin! depuis que le Verbe S’est fait chair et qu’Il S’est associé dans l’œuvre du salut des hommes une Épouse toujours visible ici-bas, l’opération invisible de l’Esprit qui procède du Verbe n’arrive point à son terme normal sans la coopération et l’intervention extérieure de cette Épouse de l’Homme-Dieu. Non seulement l’Église est la dépositaire des formules toutes-puissantes et des rites mystérieux qui font du cœur de l’homme une terre renouvelée, dégagée des ronces et prête à fructifier au centuple; c’est elle encore qui, sous les mille formes de son enseignement, distribue la semence dans les sillons du Père de famille. S’il revient à l’Esprit une admirable part dans cette fécondité et cette vie sociale de l’Église, son rôle près des élus considérés individuellement consiste surtout à faire valoir en eux les énergies divines des sacrements qu’elle confère, et à développer les germes de salut que sa parole dépose en leurs âmes.

Aussi sera-ce, dans tous les siècles, une mission importante et sublime que celle de ces hommes, chefs des églises particulières, docteurs privés ou directeurs des âmes, qui représenteront, près des fidèles isolés, la Mère commune; ils fourniront véritablement pour elle à l’Esprit divin les éléments sur lesquels doit porter son action toute-puissante. Mais aussi, malheur au temps dans lequel les dispensateurs de la parole sainte ne laisseraient plus tomber sur les âmes, avec des principes diminués ou faussés, qu’une semence atrophiée! l’Esprit n’est point tenu de suppléer par Lui-même à leur insuffisance; et il ne le fera pas d’ordinaire, respectueux qu’Il est de l’ordre établi par l’Homme-Dieu pour la sanctification des membres de Son Église.

De Jésus donc, de Jésus seul vient toute justice. Non seulement la justice surnaturelle, qui suppose l’infusion de la grâce sanctifiante dans l’âme du pécheur, est de Lui tout entière; mais encore cette justice naturelle dont les hommes se parent si volontiers, et qu’ils prétendent leur tenir lieu de tout le reste, échappe à quiconque n’adhère point au Christ par la foi et l’amour. Que les adeptes de l’indépendance de l’esprit humain exaltent leur morale et vantent leurs vertus; nous chrétiens, nous ne savons qu’une chose que nous tenons de notre mère l’Église: l’honnête homme, c’est-à-dire l’homme véritablement en règle avec tous les devoirs que lui impose sa nature, ne se trouve point ici-bas sans le secours très spécial de l’Homme-Dieu rédempteur et sauveur. Avec saint Paul, soyons donc fiers de l’Évangile; car il est bien la vertu de Dieu, non seulement pour sauver l’homme et justifier l’impie, mais encore pour donner la justice agissante et parfaite aux âmes avides de droiture. Le juste vit de la foi, dit l’Apôtre, et sa justice croît avec elle sans la foi en Jésus, la prétention d’arriver par soi et ses œuvres à la consommation de tout bien n’engendre que la stérilité de l’orgueil et n’attire que des maux.

Graduel

Soyez mon Dieu protecteur et mon lieu de refuge, pour me sauver.

Ô Dieu, j’ai espéré en Vous; Seigneur, je ne serai point confondu pour jamais. Alléluia, alléluia. Le Seigneur est grand et digne de toute louange dans la cité de notre Dieu, sur Sa montagne sainte. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. XVI.

En ce temps-là, Jésus dit à Ses disciples cette parabole: Un homme riche avait un économe qui fut accusé devant lui comme ayant dissipé ses biens. L’appelant donc, il lui dit : Qu’est-ce que j’entends dire de vous? Rendez compte de votre administration; car désormais vous ne gérerez plus mon bien. Or l’économe se dit en lui-même: Que ferai-je, mon maître m’enlevant ainsi mon emploi? Je ne puis travailler à la terre, j’aurais honte de mendier. Je sais ce que je ferai, afin que, lorsque j’aurai été dépouillé de cette administration, il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons. Appelant donc chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien devez-vous à mon maître? Il lui répondit: Cent barils d’huile. Prenez votre obligation, dit l’économe, asseyez-vous vite, et écrivez cinquante. Ensuite il dit à un autre: Et vous, combien devez-vous? Celui-ci répondit: Cent mesures de froment. Il lui dit: Voici votre lettre, écrivez quatre-vingts. Et le maître loua l’économe infidèle pour sa prudence; car les enfants de ce siècle sont plus prudents que ne sont les enfants de lumière en leurs affaires. Et moi Je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses d’iniquité, afin que, lorsque vous manquerez, ils vous reçoivent dans les demeures éternelles.