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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Refrain: Ô ma Reine, ô Vierge Marie,
Je Vous donne mon coeur;
Je Vous consacre pour la vie
Mes peines, mon bonheur.

1. Je me donne à Vous, ô ma Mère,
Je me jette en Vos bras;
Marie, exaucez ma prière,
Ne m’abandonnez pas. (bis)

2. Je Vous donne mon coeur, mon âme
Aujourd’hui pour jamais,
Marie, et de Vous je réclame
Un doux regard de paix. (bis)

3. Je Vous donne toute espérance,
Tout souhait, tout désir;
Marie, ah! consolez d’avance
Mes peines à venir. (bis)

4. Je Vous donne la dernière heure
Du dernier de mes jours;
Marie, obtenez que je meure
En Vous aimant toujours. (bis)

5. Gloire à Jésus, gloire à Marie,
En tout temps, en tous lieux:
Amour et gloire sur la terre,
Gloire, amour dans les cieux! (bis)

La triple couronne de la Mère de Dieu

Aimer Marie, c’est le devoir de toute créature de Dieu; connaître Marie, c’est avoir l’assurance de L’aimer toujours; mais c’est en même temps pénétrer les divins secrets du mystère de l’Incarnation, dans lequel Dieu nous a donné le moyen de remonter à Lui par la charité. Le dogme du Dieu-Homme est la clé de toutes les vérités, dont la foi et la pratique nous conduisent à notre fin; le dogme de la Mère de Dieu nous apporte de nouvelles lumières pour mieux comprendre le don merveilleux que le Verbe divin a daigné nous faire de Lui-même.

Il ne suffit donc pas pour honorer Marie de chanter Ses louanges, et de se laisser aller aux charmes de Son amour. Dans les choses de la religion, le sentiment procède de la foi, et la foi a besoin de s’agrandir et de se développer toujours dans la contemplation des vérités qu’elle nous révèle.

En ce jour de la fête de Marie Reine du monde, il convient d’étudier à fond le dogme chrétien dans ses rapports avec l’auguste Mère de Dieu. Tout nous en fait un devoir, et la sincérité des hommages que nous Lui rendons, et le désir que les enfants de l’Église doivent ressentir de transmettre à tous l’amour qu’ils éprouvent pour Celle que toutes les générations doivent appeler Bienheureuse.

La Royauté de Marie Mère de Dieu

Sur la terre, l’Église place sur le front du Vicaire du Christ une Couronne triple pour signifier la plénitude de la royauté spirituelle qui réside en lui. Marie devait à plus forte raison recevoir les honneurs du Trirègne, et avec d’autant plus de justice que nous honorons en Elle trois qualités principales en lesquelles se résument toutes Ses grandeurs. Ces trois qualités sont l’Excellence, le Pouvoir et la Bonté. L’excellence qui consiste dans une prérogative tellement élevée qu’on ne peut concevoir au-dessus que la Divinité même; cette prérogative ineffable est la Maternité divine. Le pouvoir de Marie procède de Son excellence même et n’a pas de limites; Elle règne après Dieu et avec Dieu. La bonté est l’apanage de cette immense suprématie; la Mère de Dieu devient par adoption la Mère des hommes et de toute créature; le sceptre de la miséricorde est placé entre Ses mains. Excellence, pouvoir, bonté, s’unissant par une triple alliance sur le front sublime de Marie, tel est le diadème dont Dieu a voulu La couronner.

Dans le livre de l’Apocalypse, le Disciple bien-aimé nous apprend que sur la tête de la Femme mystérieuse douze Étoiles brillaient en couronne.

Les douze étoiles du diadème de l’Excellence

La première Étoile du diadème de Marie est la prédestination éternelle à devenir Mère du Fils de Dieu incarné. Éternellement la pensée d’un Homme-Dieu a été présente à la très Sainte Trinité; or, l’Homme-Dieu suppose une Mère au sein de Laquelle Il puisera la nature humaine par l’opération de l’Esprit-Saint. Du Fils à la Mère, le rapport est nécessaire; la Maternité divine, en temps que conçue et préparée dans l’intelligence de Dieu, associe donc Marie aux plans éternels, au moyen d’une prédestination qui n’a au-dessus d’elle que celle même de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à laquelle Elle est inséparablement liée.

Mais avant de se produire au dehors, cette prédestination ineffable est annoncée et figurée par des symboles. Ce nouveau rapport de Marie avec Jésus qui doit être Son Fils dans le temps, comme Il l’est du Père dans l’éternité, forme la seconde Étoile.

La Mère de Dieu, prédestinée et préfigurée, est enfin créée dans la plénitude des temps par la puissance divine. La qualité de Fille du Père céleste Lui est magnifiquement conférée, et c’est là la troisième Étoile. La création est une paternité; sur quel être le Père de toutes choses l’a-t-Il exercée avec plus de munificence? L’adoption est une seconde paternité; qui d’entre nous a été adopté plus étroitement par le Créateur, Lui qui admet en quelque sorte Marie à Son auguste puissance de filiation.

L’Esprit-Saint a fait de Marie Son Épouse véritable et L’a rendue divinement féconde dans l’Incarnation. Il L’a parée de cette vocation sublime de toutes les richesses des vertus et des dons de Sa grâce, et Se répandant en Elle, Il a développé dans un degré incommensurable les trésors de perfection qu’Il avait préparés. Cette qualité d’Épouse de l’Esprit-Saint est la quatrième Étoile.

La cinquième éclate dans l’assemblage des perfections naturelles qui font de Marie le chef d’oeuvre de la puissance de Dieu, la merveille de la création: noblesse d’origine, beauté incomparable, intelligence sublime, bonté qui s’épanche sur toutes les créatures.

Mais les dons de la grâce dont la réunion forme la sixième Étoile sont bien plus élevés encore en Marie, et ceux de la nature n’en forment qu’une image imparfaite. Cette grâce versée en Elle avec tant d’abondance dès l’instant de Sa conception, s’est développée dans une progression que la pensée de l’homme ne saurait sonder, et Elle est devenue en Marie le principe d’un mérite qui surpasse celui de tous les Saints ensemble.

L’exemption totale de péché nous révèle dans la Mère de Dieu un degré de gloire que nous, hommes pécheurs, nous devons proclamer avec une sainte envie, comme la septième Étoile de la première couronne. Cette harmonie parfaite avec la Sainteté incréée de Dieu se manifeste d’abord dans la conception immaculée de Marie, qui n’a pas été soumise à la flétrissure du péché d’origine; ensuite dans l’exemption absolue du péché actuel qui jamais n’a approché d’Elle, ni altéré en la moindre chose la Sainteté créée dont Elle resplendit.

Marie est bénie entre toutes les femmes; c’est la huitième Étoile. La malédiction d’Ève ne s’est point arrêtée sur Elle. Bénie dans Sa fécondité virginale, bénie par l’acclamation de tous les êtres qui La célèbrent, Elle remplit tous les caractères de bénédiction figurés dans le Tabernacle de l’Alliance que Dieu aima, où reposa Sa majesté, au désert.

La neuvième Étoile nous signale Marie comme la Reine et la Mère des vertus. Dans le sanctuaire de Son coeur, les sept Dons de l’Esprit-Saint ont établi leur séjour; les douze Fruits de ce divin Esprit, énumérés par l’Apôtre, y résident pareillement. Les huit Béatitudes exaltées par la bouche même du Sauveur sont réalisées et couronnées en Elle avec magnificence.

Les merveilles de la gloire qui éclatent en Marie sont signifiées par la dixième Étoile; la gloire de Son trépas qui surpassa en douceur celle des plus insignes amis de Dieu; la gloire de Son Assomption en corps et en âme qui rappelle l’Ascension de Son divin Fils; la gloire de Son triomphe qui émut toute la cour céleste; la gloire de Son corps qui illumine le ciel des rayons de sa splendeur; la gloire de Son âme qui dépasse en éclat et en perfection toutes les hiérarchies angéliques; la gloire de Son trône qui domine tout ce qui n’est pas Dieu.

Selon la prédiction de Marie Elle-même, toutes les générations doivent La proclamer bienheureuse. La onzième Étoile figure ce concert unanime dans lequel nous entendons successivement les gentils qui vécurent dans l’attente du Fils de cette Vierge dont l’enfantement devait produire le Libérateur universel, les juifs qui L’attendaient comme devant sortir de leur race, les païens qui L’ont souvent honorée malgré les ténèbres de leur ignorance, les princes et les princesses qui se sont fait honneur d’abaisser leurs couronnes à Ses pieds, les nations chrétiennes des deux mondes, qui ont toutes élevé à Sa gloire quelqu’un de ces augustes sanctuaires tout resplendissants de l’éclat des prodiges qui annoncent que Marie Se plaît à y résider, les Ordres religieux qui tous à l’envi comblés de Ses faveurs, sont autant de monuments à Sa gloire et de trompettes à Sa louange.

Enfin la douzième Étoile consiste dans la réunion de toutes les perfections départies aux divers ordres de la création, et rassemblées par la main de Dieu même en Celle qu’Il a choisie pour la Mère de Son Fils.

Les douze étoiles du diadème du Pouvoir

Nous trouvons la première Étoile dans ce pouvoir glorieux qu’a eu Marie d’attirer le Verbe divin sur cette terre par l’ardeur de Ses désirs, plus véhéments que ceux de tous les patriarches et de tous les prophètes, par les célestes attraits de Sa virginité qui préparait au Fils de Dieu un sanctuaire en rapport avec Sa souveraine sainteté, par la profondeur de Son humilité sans égale, par l’acquiescement qu’Elle donna à la demande du ciel proposée par l’ange, et sans lequel le mystère de l’Incarnation ne devait pas s’opérer.

Le pouvoir de Marie paraît encore en ce qu’Elle a fourni d’une manière ineffable et du plus pur de Son sang la matière de cette chair qui devait être unie au Verbe divin; en ce qu’Elle a exercé une autorité réelle, par Sa qualité de Mère, sur le Fils de Dieu incarné, et c’est là la deuxième Étoile.

La troisième exprime cette autre forme de puissance que Marie a exercée sur le Fils de Dieu et le Sien, en L’allaitant à Ses chastes mamelles, et en dirigeant Ses premiers pas.

Épouse du Verbe divin qui S’unit aux âmes fidèles, cette glorieuse alliance à laquelle Marie a participé plus que toutes les autres ensembles, L’a fait entrer en partage du pouvoir de ce sublime Époux. Honorons en ce mystère la quatrième Étoile.

Son Fils est appelé le Père du siècle à venir, le Réparateur de la race humaine. Marie, dans la cinquième Étoile de Son pouvoir, nous apparaît comme partageant avec Lui ces glorieux titres. Elle a offert sur le Calvaire la Victime qui nous ouvrait par Son sang les portes de l’éternité; Elle a souffert avec le Rédempteur, et mêlé Ses larmes au sang qui s’épanchait des blessures de l’Homme-Dieu. S’Il a changé par Sa mort la malédiction en bénédiction, c’est parce que Marie a d’abord été substituée à Ève.

Le pouvoir de Marie paraît dans la sixième Étoile, en ce que le Verbe qui a pris pour Lui la qualité de Chef de Son Église L’en a établie la Reine, et a placé entre Ses mains la puissance de propager la foi dans le monde, de détruire les hérésies, de diriger les Apôtres, d’encourager les Martyrs, d’éclairer les Pontifes, d’inspirer les Docteurs, de sanctifier les Confesseurs, de susciter les Vierges, de veiller avec sollicitude sur les fidèles qui vivent dans le lien conjugal.

Mais Marie n’est pas seulement la Reine de l’Église, Elle en est encore la puissante protectrice, et cette autre branche de Son pouvoir est figurée par la septième Étoile. Elle aime d’un amour invincible cette famille qui forme le corps de Son Fils; par Elle, ce vaisseau immortel défie tous les orages; Elle est cette Tour de David qui protège à jamais la Cité sainte.

Et comme l’Église est aussi l’armée du Seigneur, Marie, revêtue d’un pouvoir de commandement que représente la huitième Étoile, S’avance à l’encontre de tous les ennemis qui veulent arrêter la marche de cette invincible armée. L’histoire témoigne des innombrables victoires que Marie a remportées sur eux.

La neuvième Étoile de Pouvoir dans la Mère de Dieu, figure la richesse du trésor dont Elle est dispensatrice. Ce trésor inépuisable se compose des grâces de Son Fils, à la distribution desquelles Elle est préposée, et qui passent toutes par Ses mains pour arriver à nous.

L’Homme-Dieu est établi par Son Père sur un tribunal d’où Il jugera les vivants et les morts. Au pied de ce tribunal, Marie exerce le pouvoir d’Avocate et de Médiatrice, symbolisé dans la dixième Étoile; pouvoir immense, parce qu’il s’appuie sur les droits d’une Mère à l’égard de Son Fils, et qu’il est reconnu par le Coeur plein de tendresse de ce Fils, qui voudrait que tous les hommes fussent sauvés.

Avant la divine Incarnation, Satan était le prince de ce monde qui s’était assujetti à lui par le péché. Le Fils de Marie l’a détrôné, et S’asseyant à la droite de Dieu, Il est devenu Roi du monde racheté. Marie en est la Reine et la Dame souveraine, et toute l’oeuvre de Dieu est placée sous Ses lois; c’est la onzième Étoile de Pouvoir.

La douzième et la dernière Étoile de cette seconde couronne est la toute-puissance de Marie. Son Fils est, par essence, investi du pouvoir divin; rien ne Lui résiste, et Son opération ne connaît point de limites. Il a voulu que Sa Mère participât, autant qu’il est possible à une pure créature, à l’irrésistible force qui réside en Lui; voilà pourquoi tous les siècles retentissent de la renommée des prodiges de tous genres opérés par Marie, pourquoi toutes les générations ont espéré en Elle d’un espoir qui ne fut jamais trompé.

Les douze étoiles du diadème de Bonté

Étincelante de ses douze pierres précieuses comme les deux premières, la couronne de Bonté apparaît à son tour, et l’éclat des Étoiles qui la composent, plus doux aux regards des hommes, réjouit leurs coeurs et les ouvre aux émotions d’une confiance invincible.

Le premier de ces astres représente la part que Marie a été appelée à prendre dans la prédestination des élus. Son Fils est le principe de cette faveur suprême; le Père y associe Marie d’une manière ineffable, en sauvant tous ceux sur lesquels Il voit, avec la ressemblance de Jésus-Christ, les marques de l’adoption maternelle de Sa Fille bien-aimée.

Marie est appelée la Mère du bel amour, parce que la Charité divine habite dans Son Coeur comme dans un centre; Elle épanche sur nous cet amour, et nous enfante à la dilection, par mille moyens de Sa tendresse, en sorte que si nous aimons Dieu, c’est à Ses soins et à Ses influences que nous en sommes redevables, après l’Esprit-Saint. Cette prérogative de Bonté est figurée par la seconde Étoile.

Notre puissante Reine a de nobles faveurs, pour ceux qui ont l’honneur de L’approcher de plus près. D’abord, Elle leur procure l’avancement dans la cour de Son Fils; près d’Elle, ils obtiennent un crédit auquel rien n’est refusé; Elle aime à leur faire part de Ses plus signalées caresses. L’histoire des Saints est remplie des monuments de cette ineffable courtoisie qui est représentée par la troisième Étoile.

La quatrième signifie les attentions et les soins de toute nature que Marie daigne prendre de ceux qui ont trouvé le facile chemin de Son Coeur maternel. Elle Se plaît à disposer toutes choses pour les placer dans la voie de leur salut et de leur perfection; les annales de la sainteté en témoignent à toutes les pages.

Qui pourrait dire jusqu’où s’étend la libéralité de cette auguste Souveraine? Dans l’ordre de la nature: la santé, le succès dans les entreprises, le développement de l’intelligence, la conservation des familles près de s’éteindre, tout Lui a été demandé, et tout a été obtenu. Dans l’ordre de la grâce: les vertus pour l’acquisition desquelles on a travaillé sans succès, descendent d’elles-mêmes dans l’âme qui s’ouvre à Marie par l’abandon et la prière. Cette libéralité tant éprouvée est la cinquième Étoile.

Le coeur d’une puissante princesse tient à honneur de montrer une noble gratitude envers ceux qui se font la gloire d’être ses sujets. Que de faveurs Marie n’a-t-Elle pas accordées aux nations qui La servaient comme leur Reine, tant qu’elles Lui sont restées fidèles? Que n’a-t-Elle pas fait pour les villes qui ont sollicité Son patronage, et s’en sont rendues dignes par leur zèle à confesser cette heureuse dépendance? Et les empereurs, les rois, les généraux d’armées qui ont placé sous Son égide leurs états ou leurs bataillons, ont-ils jamais été frustrés dans leur confiance? Marie ne leur a-t-Elle pas toujours rendu leurs avances avec usure? Cette gratitude de Son coeur si fidèle est comptée pour la sixième Étoile de la Couronne de bonté.

Nous trouvons la septième dans ce beau titre de Mère de miséricorde que l’Église affecte à Marie, et que cette aimable Reine a daigné mériter par Sa commisération envers les pécheurs. Il serait inutile de chercher à assigner des bornes à la miséricorde de Marie; le Seigneur étend la Sienne sur toutes Ses oeuvres, et Il a voulu que la Mère de Son Fils L’assistât toujours dans l’exercice de cette divine prérogative.

La huitième Étoile est dans la qualité de Protectrice que Marie exerce sur les Siens. Elle les défend des dangers du corps, Elle les arrache aux périls de l’âme, Elle déjoue les stratagèmes des esprits de malice, Elle met en fuite les tentations, et dissipe les illusions qui pourraient jeter Ses serviteurs hors de la voie du salut.

La Mère de Dieu est pour les âmes de Ses enfants une maîtresse qui les instruit dans toute la doctrine de Son Fils. Elle les exerce afin de les faire arriver à tous les développements que Dieu désire en Ses élus; s’ils s’écartent, Elle les corrige et les remet dans la voie. Ce ministère de sollicitude est représenté sur la Couronne de bonté, par la neuvième Étoile.

Le beau titre de Consolatrice des affligés resplendit dans la dixième. Que d’angoisses Marie a-t-Elle calmées! Que de coeurs brisés ont retrouvé par Elle le repos et la consolation! Que de désespoirs ont fait place à la confiance, aussitôt qu’Elle a daigné, comme un doux arc-en-ciel, luire au sein des tempêtes d’une âme ulcérée!

Marie, Refuge des pécheurs: c’est la onzième Étoile. L’ancienne loi avait ses villes de refuge, les gentils avaient leurs asiles: faibles symboles de la sécurité que le pécheur trouve entre les bras de Marie. Les foudres du Seigneur ne peuvent plus l’atteindre; la Mère de Dieu prend sa défense et lui sert de bouclier.

La douzième et dernière Étoile du Diadème de Bonté désigne le ministère d’amour que Marie exerce sur Ses enfants, au moment suprême. Elle est leur puissant secours à l’heure de la mort. L’appréhension naturelle de cette heure terrible se calme dans le coeur du moribond qui sent près de lui une Mère si compatissante. C’est Elle aussi qui veille à écarter de Ses favoris les périls de cette redoutable surprise que nous appelons la mort subite. Les assauts que l’ennemi avait préparés de longue main pour ce moment critique tournent à sa confusion. L’âme est-elle enfin sortie du corps? Marie l’assiste devant le tribunal de Son Fils. Si elle est envoyée au lieu des expiations, la Mère de Dieu daigne y descendre souvent, et adoucir par Sa douce présence les rigueurs de l’exil.

Nos devoirs envers notre Mère

Voyons maintenant les devoirs qui enchaînent les fidèles à une si grande Reine, et les hommages qu’ils doivent Lui rendre. La reconnaissance envers Marie est le devoir primordial de tous ceux dont le coeur et les yeux ont été ravis par l’éclat des trois Couronnes d’Excellence, de Pouvoir et de Bonté qui embellissent le front de Celle qui est la Mère de Dieu et la leur.

De cette reconnaissance dérivent la haute et profonde estime que les fidèles doivent avoir des grandeurs et des prérogatives de la Mère de Dieu; la confiance que tant de puissance et de bonté fait naître dans les coeurs; l’amour que leur inspirent tant de perfections et tant de bienfaits; le zèle à Lui gagner des coeurs; les oeuvres de miséricorde que Son amour pour les hommes Lui rend si chères; les actions de grâces dans lesquelles Ses dévots se plaisent à épancher la gratitude qui les presse; les pratiques de Son culte qui, sous leurs formes gracieuses et variées, font la joie de l’Église et le bonheur des âmes pieuses; les oeuvres de mortification offertes à la justice de Dieu en l’honneur de cette Mère de miséricorde, et agréées de Lui avec une bienveillance particulière; l’ardeur à imiter les vertus dont Marie fournit l’exemple à toutes les classes de fidèles; enfin, l’attention à procurer Sa gloire par tous les moyens; car tel est le bon plaisir de Dieu, que Marie soit louée et exaltée au ciel et sur la terre, dans tous les siècles des siècles.

Marie, Secours des chrétiens

Les temps où nous sommes arrivés sont graves pour l’avenir du monde; les sociétés arrachées à leurs fondements appellent une main puissante pour les rasseoir sur leurs bases. L’homme, de quelque nom qu’il s’appelle, est désormais impuissant à sauver tout ce qui est en péril. Levons donc nos yeux en haut, et invoquons le secours. Le bras de Dieu n’est pas raccourci, et comme Il a daigné nous l’apprendre, au livre de la divine Sagesse, Il a fait guérissables toutes les nations de la terre (Sap. I, 14). L’oeuvre est ardue et demande grand effort; mais elle n’est point au-dessus du pouvoir de Marie.

Si Dieu sauve le monde, et Il le sauvera, le salut viendra de la Mère de Dieu. Par Elle, le Seigneur a extirpé les ronces et les épines de la gentilité; par Elle, Il a successivement triomphé de toutes les hérésies; aujourd’hui, parce que le mal est à son comble, parce que toutes les vérités, tous les devoirs, tous les droits sont menacés d’un naufrage universel, est-ce une raison de croire que Dieu et Son Église ne triompheront pas encore une dernière fois? Il faut l’avouer, il y a matière à une grande et solennelle victoire, et c’est pour cela qu’il nous semble que le Seigneur en a réservé tout l’honneur à Marie. Dieu ne recule pas, comme les hommes, en présence des obstacles.

Sans doute, les convulsions des sociétés peuvent être longues et terribles dans les jours où nous vivons; mais le Seigneur a donné les nations en héritage à Son Fils, et quoi qu’elles fassent, elles n’échapperont point à la puissance de ce Dominateur suprême et à jamais béni. Dans Sa justice, Il les châtiera; dans Sa miséricorde, Il les sauvera. Lorsque les temps seront venus, la sereine et pacifique Étoile des mers, Marie, Se lèvera sur cette mer orageuse des tempêtes politiques, et les flots tumultueux, étonnés de réfléchir Son doux éclat, reviendront calmes et soumis. Alors il n’y aura qu’une voix de reconnaissance montant vers Celle qui, une fois encore, aura apparu comme le signe de paix, après ce nouveau déluge. Marie est la clef de l’avenir, comme Elle est la révélatrice du passé.

Que ceux qui ne sont pas chrétiens s’étonnent de nos paroles; que ceux qui le sont, sans comprendre encore que le Fils de Dieu opère toutes choses en ce monde pour la gloire de Sa Mère, trouvent nos pensées étranges et exagérées; nous ne nous plaindrons pas. Mais telle est l’espérance déposée au fond de notre coeur: l’Église triomphera toujours de tous les obstacles qui arrêtent sa marche; jamais elle ne sera vaincue; jamais les puissances de l’enfer ne prévaudront contre elle. Jusqu’aux portes de l’éternité, elle triomphera, et la raison de ce triomphe sans fin, c’est que Marie est pour toujours le Secours des chrétiens: Auxilium christianorum.

R.P. Prosper Guéranger, Abbé de Solesme, Préface d’une nouvelle publication (1850) d’un ouvrage du R.P. François Poiré, sj: La triple couronne de la Mère de Dieu, 1643.