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Célébrons avec amour et ferveur
la Naissance du Sauveur!

Nativité de Jésus
Gloire à Dieu au plus haut des Cieux!

La Messe de Noël

INTROÏT

Le Seigneur M’a dit: Vous êtes Mon Fils; Je Vous ai engendré aujourd’hui.

Pourquoi les nations ont-elles frémi? Pourquoi les peuples ont-ils médité des choses vaines? Gloire au Père, et au Fils et au Saint Esprit et à la Mère de Dieu. Comme au commencement, maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. Le Seigneur M’a dit: Vous êtes Mon Fils; Je Vous ai engendré aujourd’hui.

Le chant du Kyrie eleison prélude à l’Hymne Angélique, qui éclate bientôt par ces sublimes paroles: Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! Unissons nos voix et nos cœurs à cet ineffable concert de la milice céleste. Gloire à Dieu! Paix aux hommes! Les Anges, nos frères, ont entonné ce cantique; ils sont là autour de l’autel, comme autour de la crèche, et ils chantent notre bonheur. Ils adorent cette justice qui n’a pas donné de rédempteur à leurs frères tombés, et qui nous envoie pour libérateur le propre Fils de Dieu. Ils glorifient cet abaissement si plein d’amour dans Celui qui a fait l’ange et l’homme, et qui s’incline vers ce qu’il y a de plus faible. Ils nous prêtent leurs voix célestes pour rendre grâces à Celui qui, par un si doux et si puissant mystère, nous appelle, nous humbles créatures humaines, à remplir un jour, dans les chœurs angéliques, les places laissées vacantes par la chute des esprits rebelles. Anges et mortels, Église du ciel, Église de la terre, chantons la gloire de Dieu, la paix donnée aux hommes; et plus le Fils de l’Éternel S’abaisse pour nous apporter de si grands biens, plus ardemment devons-nous chanter d’une voix: Vous le seul Saint, Vous le seul Seigneur, Vous le seul Très-Haut, Jésus-Christ!

La Collecte vient ensuite réunir tous les vœux des fidèles:

PRIONS

Ô Dieu, qui avez illuminé cette nuit sacrée des splendeurs de Celui qui est la vraie lumière; faites, nous Vous en supplions, qu’après avoir connu ici-bas cette lumière mystérieuse, nous puissions jouir, au ciel, des délices dont est la source Celui qui vit et règne avec Vous dans les siècles des siècles. Amen.

Épître

Lecture de l’Épître de saint Paul à Tite, Chap. 2.

Très cher fils, la grâce de Dieu notre Sauveur a apparu à tous les hommes, pour nous apprendre à renoncer à l’impiété et aux désirs du siècle, et à vivre, en ce monde, avec tempérance, justice et piété; dans l’attente de la béatitude que nous espérons, et de l’avènement glorieux du grand Dieu notre Sauveur Jésus-Christ, qui S’est livré Lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, de nous purifier, et de faire de nous un peuple agréable à Ses yeux, et appliqué aux bonnes œuvres. Prêchez ces vérités, et exhortez au nom de Jésus-Christ notre Seigneur.

Il a donc enfin apparu, dans Sa grâce et Sa miséricorde, ce Dieu Sauveur qui seul pouvait nous arracher aux œuvres de mort, et nous rendre la vie. Il se montre à tous les hommes, en ce moment même, dans l’étroit réduit de la crèche, et sous les langes de l’enfance. La voilà, cette béatitude que nous attendions de la visite d’un Dieu sur la terre; purifions nos cœurs, rendons-nous agréables à Ses yeux: car s’Il est enfant, l’Apôtre vient de nous dire qu’Il est aussi le grand Dieu, le Seigneur dont la naissance éternelle est avant tous les temps. Chantons Sa gloire avec les saints Anges et avec l’Église.

GRADUEL

La principauté éclate en Vous, au jour éternel de Votre puissance, au milieu des splendeurs des saints: car le Père Vous a dit: Je Vous ai engendré de Mon sein, avant l’étoile du matin.

Celui qui est le Seigneur a dit à Son Fils, mon Seigneur: Asseyez-Vous à Ma droite, jusqu’à ce que je fasse de Vos ennemis l’escabeau de Vos pieds. Alléluia! Alléluia! Le Seigneur M’a dit: Vous êtes Mon Fils; je Vous ai engendré aujourd’hui. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. II.

En ce temps-là, on publia un édit de César Auguste, pour faire le dénombrement de toute la terre. Ce fut le premier dénombrement qui fut fait par Cyrinus, gouverneur de la Syrie; et tous allaient pour se faire enregistrer, chacun dans sa ville. Joseph passa donc aussi de la cité de Nazareth de Galilée, en Judée, dans la cité de David, qui est appelée Bethlehem: car il était de la maison et de la famille de David, pour être enregistré avec Marie son épouse, qui était enceinte. Or, il advint pendant qu’ils étaient en ce lieu que le temps de ses couches arriva. Et Elle enfanta Son fils premier-né, et Elle l’enveloppa de langes, et Le coucha dans une crèche: car il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. Et il y avait dans cette même contrée des bergers qui veillaient la nuit tour à tour pour la garde de leurs troupeaux. Et voici que l’Ange du Seigneur se présenta devant eux, et ils furent saisis d’une grande crainte. Et l’Ange leur dit: Ne craignez point: car voici que je vous annonce une heureuse nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie. Il vous est né aujourd’hui un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David. Et voici le signe auquel vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant, enveloppé de langes, et couché dans une crèche. Et tout à coup, une troupe nombreuse de l’armée céleste se joignit à l’Ange, louant Dieu et disant: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et, sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté!

Réflexion sur l’Évangile

Et nous aussi, ô divin Enfant, nous joignons nos voix à celles des Anges, et nous chantons: Gloire à Dieu! Paix aux hommes! Cet ineffable récit de Votre naissance attendrit nos cœurs, et fait couler nos larmes. Nous Vous avons accompagné dans le voyage de Nazareth à Bethlehem, nous avons suivi tous les pas de Marie et de Joseph, dans le cours de cette longue route; nous avons veillé, durant cette sainte nuit, attendant l’heureux moment qui Vous montre à nos regards. Soyez loué, ô Jésus, pour tant de miséricorde: soyez aimé, pour tant d’amour. Nos yeux ne peuvent se détacher de cette heureuse crèche qui contient notre salut. Nous Vous y reconnaissons tel que Vous ont dépeint à nos espérances les saints Prophètes, dont Votre Église nous a remis, cette nuit même, les divins oracles sous les yeux. Vous êtes le grand Dieu, le Roi pacifique, l’Époux céleste de nos âmes; Vous êtes notre Paix, notre Sauveur, notre Pain de vie. Que Vous offrirons-nous, à cette heure, sinon cette bonne volonté que nous recommandent Vos saints Anges? Formez-la en nous; nourrissez-la, afin que nous méritions de devenir Vos frères par la grâce, comme nous le sommes désormais par la nature humaine. Mais Vous faites plus encore dans ce mystère, ô Verbe incarné ! Vous nous y rendez, comme parle Votre Apôtre, participants de cette nature divine que Vos abaissements ne Vous ont point fait perdre. Dans l’ordre de la création, Vous nous avez placés au-dessous des Anges; dans Votre incarnation, Vous nous faites héritiers de Dieu et Vos propres cohéritiers. Que nos péchés et nos faiblesses ne nous fassent donc pas descendre de ces hauteurs auxquelles Vous nous élevez aujourd’hui.

Après l’Évangile, l’Église chante en triomphe le glorieux Symbole de la foi, dans lequel sont racontés tous les mystères de l’Homme-Dieu. A ces paroles: Il a pris chair de la Vierge Marie, par l’action du Saint-Esprit, et S’est fait homme, adorez profondément le grand Dieu qui a pris la forme de Sa créature, et rendez-Lui par vos plus humbles respects cette gloire dont Il Se dépouille pour vous. Aux trois Messes d’aujourd’hui, lorsque le chœur est arrivé à ces paroles dans le chant du Symbole, le Prêtre se lève de son siège, et vient rendre gloire, à genoux, au pied de l’autel. Unissez en ce moment vos adorations à celle de toute l’Église représentée par le sacrificateur.

Pendant l’offrande du pain et du vin, l’Église célèbre la joie du ciel et de la terre pour l’arrivée du Seigneur. Encore un peu de temps, et sur cet autel qui ne porte encore que le pain et le vin, nous posséderons le corps et le sang de notre Emmanuel.

OFFERTOIRE

Que les cieux se réjouissent; que la terre tressaille devant la face du Seigneur: car Il est venu.

SECRÈTE

Ayez pour agréable, Seigneur l’oblation que nous Vous présentons dans la solennité d’aujourd’hui; faites par Votre grâce, que, au moyen de ce saint et sacré commerce, nous soyons trouvés semblables à Celui en qui notre substance humaine est unie à Votre divinité; lequel étant Dieu, vit et règne avec Vous, en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

CHANT DE COMMUNION

Faites, Seigneur notre Dieu, qu’ayant la joie de célébrer par ces saints mystères la nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous puissions par la dignité de notre vie, mériter de partager Sa gloire. Lui qui étant Dieu, vit et règne avec Vous en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Les réflexions sont tirées de «L’Année Liturgique», par Dom Prosper Guéranger