This post is also available in: English Español

Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Jésus ressuscite le fils de la veuve de Naïm
Quinzième Dimanche après la Pentecôte – Résurrection du fils de la veuve de Naïm

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Inclinez Votre oreille vers moi, Seigneur, et exaucez-moi; sauvez Votre serviteur qui espère en Vous, mon Dieu: Seigneur, ayez pitié de moi, parce que j’ai crié vers Vous tout le jour. Psaume. Remplissez de joie l’âme de Votre serviteur, parce que j’ai élevé mon âme vers Vous, Seigneur. Gloire au Père.

Collecte

Que Votre miséricorde, Seigneur, purifie et protège sans fin Votre Église; et, parce qu’elle ne peut sans Vous demeurer sauve, qu’elle soit toujours gouvernée par Votre grâce. Par Notre Seigneur Jésus-Christ.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Paul Apôtre, aux Galates, Chap. V et VI.

Mes Frères, si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. Ne nous laissons point emporter par le désir de la vaine gloire, nous provoquant les uns les autres, nous jalousant les uns les autres. Mes Frères, si un homme tombe par surprise en quelque faute, vous qui êtes spirituels, relevez-le dans un esprit de douceur, chacun de vous faisant réflexion que la tentation peut aussi l’atteindre. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ. Car si quelqu’un s’estime être quelque chose, lorsqu’il n’est rien, il se trompe lui-même. Mais que chacun examine ses œuvres, et ainsi il aura sa gloire seulement en lui-même, et non dans les autres. Car chacun portera son propre fardeau. Que celui à qui l’on enseigne les choses de la foi assiste de ses biens en toute manière celui qui l’instruit. Ne vous y trompez pas: on ne se moque point de Dieu. L’homme recueillera ce qu’il aura semé: celui qui sème dans sa chair recueillera de la chair la corruption; celui qui sème dans l’esprit, recueillera de l’esprit la vie éternelle. Ne nous lassons point de faire le bien: nous recueillerons, le temps venu, sans nous lasser. Donc, tandis que nous en avons le temps, faisons du bien à tous, mais surtout à nos frères dans la foi.

Réflexion sur l’Épître

Prosternés en terre, crions du fond de l’humaine bassesse, dans l’intime de notre cœur: «Ayez pitié de moi, ô Dieu, selon Votre grande miséricorde; car j’ai été conçu dans l’iniquité et mon péché est toujours devant moi.

Imposer des souffrances au corps pour en tirer vanité, qu’est-ce autre chose que ce que saint Paul appelle aujourd’hui semer dans la chair, pour récolter au temps venu, c’est-à-dire au jour où seront manifestées les pensées des cœurs, non la gloire et la vie, mais la confusion et la honte éternelle? Parmi les œuvres de la chair énumérées dans l’Épître précédente se trouvent, en effet, non seulement les actes impurs, mais encore les contentions, les dissensions, les jalousies qui naissent trop souvent de cette vaine gloire sur laquelle l’Apôtre appelle en ce moment notre attention. La production de ces fruits détestables serait un signe trop certain que la sève de la grâce aurait fait place à la fermentation du péché dans nos âmes, que, redevenus esclaves, il nous faudrait compter avec la loi et ses sanctions terribles. On ne se moque pas de Dieu; et la confiance que donne justement à quiconque vit de l’Esprit la fidélité surabondante de l’amour, ne serait plus, dans ces conditions, qu’une contre-façon hypocrite de la liberté sainte des fils du Très-Haut. Car ceux-là seuls sont Ses enfants que l’Esprit-Saint conduit dans la charité; les autres sont dans la chair, et ne peuvent plaire à Dieu.

Oh! puisse-t-elle donc résonner sans cesse à nos oreilles cette parole de l’Apôtre: Tandis que nous en avons le temps, faisons du bien à tous! Car un jour viendra, qui n’est plus éloigné, où l’ange portant le livre mystérieux, un pied sur la terre et l’autre sur la mer, fera retentir dans les espaces sa voix puissante comme celle du lion, et, la main levée au ciel, jurera par Celui qui vit dans les siècles sans fin que le temps n’est plus! C’est alors que l’homme recueillera dans l’allégresse ce qu’il avait semé dans les larmes; il ne s’était point lassé de faire le bien dans les ténébreuses régions de l’exil, il se lassera moins encore de récolter sans fin dans la vivante lumière du jour éternel.

Graduel.

Il est bon de louer le Seigneur, et de chanter des psaumes à Votre Nom, ô Très-Haut. Pour publier le matin Votre miséricorde et Votre vérité durant la nuit. Alléluia, alléluia. Parce que le Seigneur est le grand Dieu et le grand Roi qui domine sur la terre entière. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. VII

En ce temps-là, Jésus allait vers une ville appelée Naïm; et Ses disciples allaient avec Lui, et une foule nombreuse. Comme Il approchait de la porte de la ville, voilà qu’on emportait un mort, fils unique de sa mère; et celle-ci était veuve, et beaucoup de personnes de la ville l’accompagnaient. Le Seigneur l’ayant vue, Il fut touché de compassion pour elle, et lui dit: Ne pleurez pas. Et Il S’approcha, et toucha le cercueil: ceux qui le portaient s’arrêtèrent. Et Il dit: Jeune homme, Je te le commande, lève-toi. Et le mort se leva, et commença de parler; et Jésus le rendit à sa mère. Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant: Un grand Prophète S’est levé parmi nous, et Dieu a visité Son peuple.

Réflexion sur l’Évangile

Les œuvres multipliées par les enfants de l’Église contre les préceptes divins montrent bien, dans ceux qui les font, des membres pourris et étrangers au corps du Christ. L’Église, cependant, se souvient de les avoir engendrés dans le bain du salut; elle se souvient des promesses par lesquelles ils s’étaient engagés à renoncer au démon, aux pompes du siècle et à tous les crimes. Elle pleure donc leur chute, comme étant leur vraie mère, et elle espère toujours obtenir leur résurrection par ses larmes. Oh! quelle pluie de larmes est répandue ainsi tous les jours en présence du Seigneur! que de prières ferventes cette vierge très pure envoie, par le ministère des saints anges, au Christ salut des pécheurs! Elle crie dans le secret des cœurs, dans les retraites isolées, comme dans ses temples au grand jour, afin que la divine miséricorde rappelle à la vie ceux qui sont ensevelis dans le bourbier des vices. Qui dira son intime allégresse, quand elle reçoit vivants ceux qu’elle pleurait comme morts? Si la conversion des pécheurs réjouit tellement le ciel, combien aussi la Mère! Selon la mesure de la douleur qu’elle avait conçue de leur perte, la consolation déborde alors en son cœur.

Chrétiens préservés de la défection par la miséricorde du Seigneur, il nous appartient de compatir aux angoisses de l’Église, et d’aider en tout les démarches de son zèle pour sauver nos frères. Il ne peut nous suffire de n’être point de ces fils insensés qui sont la douleur de leur mère et méprisent le sein qui les a portés. Quand nous ne saurions pas de l’Esprit-Saint Lui-même que c’est thésauriser que d’honorer sa mère, le souvenir de ce que lui a coûté notre naissance nous porterait assez à ne manquer aucune occasion de sécher ses pleurs. Elle est l’Épouse du Verbe, aux noces auquel prétendent aussi nos âmes; s’il est vrai que cette union soit la nôtre également, prouvons-le comme l’Église, en manifestant dans nos œuvres l’unique pensée, l’unique amour que communique l’Époux dans Ses intimités, parce qu’il n’en est point d’autre en Son cœur: la pensée de la gloire de Son Père à restaurer dans le monde, l’amour des pécheurs à sauver.