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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Saint Joseph
Solennité de Saint Joseph
Mercredi après la fête de Jésus Bon Pasteur

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

LE PATRONAGE DE SAINT JOSEPH

La série des mystères du Temps pascal est suspendue aujourd’hui; un autre objet attire pour un moment nos contemplations. La sainte Église nous propose de donner la journée au culte de l’Époux de Marie, du Père nourricier du Fils de Dieu, Patron de l’Église universelle. Au 19 mars cependant nous lui avons rendu notre hommage annuel: aussi n’est-ce pas proprement sa fête que nous allons célébrer en ce jour. Il s’agit d’ériger par la piété du peuple chrétien un monument de reconnaissance au puissant Protecteur, à Joseph, le recours et l’appui de tous ceux qui l’invoquent avec confiance. Assez de bienfaits lui ont mérité cet hommage; la sainte Église se propose aujourd’hui, dans l’intérêt de ses enfants, de diriger leur confiance vers un secours si puissant et si opportun.

La bonté de Dieu et la fidélité de notre Rédempteur à Ses promesses s’unissent toujours plus étroitement de siècle en siècle, pour protéger en ce monde l’étincelle de vie surnaturelle qu’il doit conserver jusqu’au dernier jour. Dans ce but miséricordieux, une succession non interrompue de secours vient réchauffer, pour ainsi dire, chaque génération, et lui apporter un nouveau motif de confiance dans la divine Rédemption.

Il n’est donc pas de limites au pouvoir de saint Joseph; et la sainte Église nous invite aujourd’hui à recourir avec une confiance absolue à ce tout-puissant Protecteur. Au milieu des agitations terribles auxquelles le monde est en proie, que les fidèles l’invoquent avec foi, et ils seront protégés. En tous les besoins de l’âme et du corps, en toutes les épreuves et toutes les crises que le chrétien peut avoir à traverser, dans l’ordre temporel comme dans l’ordre spirituel, qu’il ait recours à saint Joseph, et sa confiance ne sera pas trompée. Le roi de l’Égypte disait à ses peuples affamés: «Allez à Joseph»; le Roi du ciel nous fait la même invitation; et le fidèle gardien de Marie a plus de crédit auprès de Lui que le fils de Jacob, intendant des greniers de Memphis, n’en eut auprès de Pharaon.

Prions. Ô Dieu, qui, par une Providence ineffable, avez daigné choisir le bienheureux Joseph pour être l’Époux de Votre très sainte Mère; faites, nous Vous en prions, que le vénérant ici-bas comme Protecteur, nous méritions de l’avoir pour intercesseur dans les cieux; Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Amen.

Épître

Lecture du livre de la Genèse. Chap. XLIX
Mon fils Joseph a été élevé en gloire; sa puissance va toujours croissant; il est beau et plein de charmes. Mais avant ses grandeurs, ses frères l’avaient poursuivi avec malice, et lui avaient suscité des rixes; dans leur envie, ils lui lançaient des traits. Mais son arc tendu est demeuré dans sa force; les chaînes qui liaient ses bras et ses mains ont été déliées par la main du tout-puissant Dieu de Jacob; et il est sorti de là pour être le pasteur d’un peuple et la force d’Israël. Ô mon fils, le Dieu de ton père sera ton protecteur, le Tout-Puissant te comblera de Ses bénédictions du haut du ciel; le sol que tu habiteras sera arrosé par les sources qui procèdent de l’abîme des eaux, pour être aussi une bénédiction; et tu seras béni également dans la fécondité des mères. Les bénédictions que répand sur toi ton père surpassent celles qu’il a reçues de ses aïeux; et elles seront sur toi, jusqu’à ce que s’accomplisse le désir des collines éternelles. Que ces bénédictions se répandent sur la tête de Joseph, sur la tête de celui qui est comme le Nazaréen au milieu de ses frères.

Réflexion sur l’Épître

Qui a mérité plus que l’Époux de Marie, le Protecteur des fidèles, d’être appelé «le Pasteur d’un peuple et la force d’Israël»? Nous sommes tous sa famille: il veille sur nous avec amour; et dans nos tribulations, nous pouvons appuyer sur lui notre confiance, comme sur un roc inébranlable. L’héritage de saint Joseph est l’Église, que les eaux du Baptême arrosent sans cesse et rendent féconde; c’est là qu’il exerce son pouvoir bienfaisant sur ceux qui se confient en lui. Jacob promet au premier Joseph

d’immenses bénédictions, dont l’effet durera jusqu’au jour où le Sauveur promis «descendra des collines de l’éternité». Alors commencera le ministère du second Joseph, ministère de secours et de protection, qui durera jusqu’au second avènement du Fils de Dieu.

Enfin, si le premier Joseph est présenté dans la prophétie comme Nazaréen, c’est-à-dire consacré à Dieu et saint au milieu de ses frères, le second remplira l’oracle plus littéralement encore; car non seulement sa sainteté dépassera celle du fils de Jacob, mais sa demeure sera Nazareth. C’est dans cette ville qu’il habitera avec Marie, dans cette ville qu’il reviendra au retour de l’Égypte, dans cette ville qu’il achèvera sa sainte carrière; enfin pour avoir habité cette ville avec lui, son Fils adoptif, Jésus, Verbe éternel, «sera appelé Nazaréen».

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc chap. III

En ce temps-là, il advint que dans les jours où tout le peuple venait recevoir le baptême de Jean, Jésus Lui-même, ayant été baptisé et priant, le ciel s’ouvrit. Et l’Esprit-Saint descendit sur Lui sous la forme visible d’une colombe; et une voix du ciel parla ainsi: «Vous êtes Mon Fils bien-aimé! En Vous, J’ai mis Mes complaisances!» Et Jésus avait alors environ trente ans, et Il était regardé comme le Fils de Joseph.

Réflexion sur l’Évangile

«Jésus était regardé comme le Fils de Joseph!» Ainsi l’amour filial de Jésus pour Sa Mère, les égards dus à l’honneur de la plus pure des vierges, allèrent jusqu’à faire accepter au Fils de Dieu, durant trente années, le nom et l’extérieur de fils de Joseph. Joseph s’est entendu appeler père par le Verbe incréé dont le Père est éternel; le Fils de Dieu a reçu d’un homme mortel les soins de l’enfance et les aliments dans Ses premières années. Joseph a été le chef de la sainte famille de Nazareth, et Jésus a reconnu son autorité. L’économie de la divine incarnation exigeait ces étonnantes relations entre le Créateur et la créature. Mais si le Fils de Dieu assis à la droite de Son Père a retenu la nature humaine indissolublement unie à Sa personne divine, Il n’a pas non plus dépouillé les sentiments qu’Il professa ici-bas envers les deux autres membres de la famille de Nazareth. Envers Marie, qui sera éternellement Sa Mère dans l’ordre de l’humanité, Sa tendresse filiale et Ses égards n’ont fait que s’accroître; mais nous ne pouvons douter que l’affection et la déférence qu’Il eut pour Son père d’adoption ne soient aussi représentées éternellement dans le cœur de l’Homme-Dieu. Nul mortel n’a eu avec Jésus des rapports aussi intimes et aussi familiers. Joseph, par ses soins paternels envers le Fils de Marie, a fait ressentir la reconnaissance au Fils de l’Éternel; il est juste de penser que des honneurs particuliers et un crédit supérieur dans le ciel ont acquitté cette reconnaissance. Telle est la croyance de l’Église, telle est la confiance des âmes pieuses, tel est le motif de l’institution de la solennité d’aujourd’hui.