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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Jésus guérit les dix lépreux
Treizième Dimanche après la Pentecôte — Jésus guérit les dix lépreux

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït.

Ayez un regard pour Votre alliance, Seigneur, et n’abandonnez pas pour toujours les âmes de Vos pauvres; levez-Vous, Seigneur, et jugez Votre cause, et n’oubliez pas les appels de ceux qui Vous cherchent. Psaume. Pourquoi , ô Dieu , nous avez-Vous repoussés pour toujours? pourquoi Votre fureur est-elle allumée contre les brebis de Votre pâturage?

Collecte

Dieu tout-puissant et éternel, donnez-nous l’accroissement de la foi, de l’espérance et de la charité; et pour que nous méritions d’obtenir ce que Vous promettez, faites-nous aimer Vos commandements. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Galates, Ch. III.

Mes Frères, les promesses de Dieu ont été faites à Abraham et à sa race. L’Écriture ne dit pas: Et à ceux de sa race comme à plusieurs, mais comme à un seul: Et à ta race, qui est le Christ. Voici donc ce que je dis: Une alliance ayant été confirmée par Dieu, la loi faite quatre cent trente ans après n’a pu l’annuler ni détruire la promesse. Or, si c’est par la loi que nous vient l’héritage, ce n’est plus par la promesse. Cependant, c’est par la promesse que Dieu l’a donnée à Abraham. À quel but donc la loi? Elle a été établie à cause des transgressions, jusqu’à ce que vînt Celui de la race que regardait la promesse; elle a été donnée par le ministère des anges et l’entremise d’un médiateur. Or on n’est pas médiateur d’un seul; et Dieu est un. La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Nullement. Si en effet la loi promulguée eût pu donner la vie, la justice viendrait véritablement de la loi. Mais l’Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que la promesse fût donnée par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croiraient.

Réflexion sur l’Épître

«Regarde le ciel et comptes-en, si tu peux, les étoiles: aussi nombreuse sera ta descendance.» Abraham avait près de cent ans, et la stérilité de Sara lui enlevait tout espoir naturel de postérité, quand le Seigneur lui parla de la sorte. Abraham cependant crut à Dieu, nous dit l’Écriture, et sa foi lui fut imputée à justice. Et quand, plus tard, la même foi lui eut fait offrir sur la montagne le fils de la promesse, son unique espérance, Dieu renouvela Sa prophétie, et Il ajouta: En ton germe seront bénies toutes les nations de la terre.

Or voici qu’à cette heure la promesse s’accomplit; l’événement donne raison à la foi d’Abraham. Il crut contre toute espérance, se confiant au Dieu qui donne la vie aux morts et appelle ce qui est comme ce qui n’est pas; et voici que, selon la parole de Jean-Baptiste, des pierres mêmes de la gentilité surgissent en tous lieux des fils d’Abraham.

Sa foi, en même temps si ferme et si simple, rendit à Dieu la gloire qu’Il attend de la créature. L’homme ne peut rien ajouter aux perfections divines; mais, sur la parole du Seigneur Lui-même, quoique ne les voyant point directement ici-bas, il reconnaît ces perfections dans l’adoration et l’amour, il inspire de la foi sa vie entière; et cet usage qu’il fait librement de ses facultés, cette adhésion spontanée d’un être intelligent magnifie Dieu par l’extension de Sa gloire extérieure.

Graduel

Ayez un regard pour Votre alliance, Seigneur, et n’oubliez pas pour toujours les âmes de Vos pauvres.

Levez-Vous, Seigneur, et jugez Votre cause; souvenez-Vous de l’opprobre dont on charge Vos serviteurs. Alléluia, alléluia. Seigneur, Vous avez été notre refuge de génération en génération. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. XVII.

En ce temps-là, Jésus allant à Jérusalem passait par le milieu de la Samarie et de la Galilée. Et comme Il allait entrer dans un certain village, dix lépreux se présentèrent au-devant de Lui, et, se tenant de loin, ils élevèrent la voix, disant: Jésus notre Maître, ayez pitié de nous. Les ayant aperçus, Il leur dit: Allez, montrez-vous aux prêtres. Et il arriva que, comme ils y allaient, ils furent guéris. Or, l’un d’eux, dès qu’il se vit guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, et il se jeta le visage contre terre aux pieds de Jésus pour Lui rendre grâces; et celui-là était Samaritain. Jésus donc lui répondant, dit ces paroles: Est-ce que les dix n’ont pas été guéris? et les neuf autres, où sont-ils? Il ne s’est trouvé pour revenir et rendre gloire à Dieu que cet étranger. Et Il lui dit: Levez-vous, allez; car votre foi vous a sauvé.

Réflexion sur l’Évangile

Le lépreux Samaritain, guéri de sa hideuse maladie, figure du péché, en compagnie de neuf lépreux de nationalité juive, représente la race décriée des gentils admise d’abord comme à la dérobée, et par surcroît, en communication des grâces destinées aux brebis perdues de la maison d’Israël la conduite différente que tiennent ces dix hommes, à l’occasion du miracle qui les concerne, répond elle-même à l’attitude des deux peuples dont ils sont l’image, en présence du salut apporté au monde par le Fils de Dieu. Elle démontre une fois de plus le principe posé par l’Apôtre: «Tous ceux-là ne sont pas Israélites qui sont nés d’Israël, tous ceux-là ne sont pas fils d’Abraham qui sont sortis de lui; mais en Isaac, dit l’Écriture, est établie la race qui portera son nom: c’est-à-dire, ce ne sont pas les enfants nés de la chair qui sont les fils de Dieu, mais bien les fils de la promesse, nés de la foi d’Abraham et formant sa vraie race devant le Seigneur.»