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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

La brebis perdue
3e Dimanche après la Pentecôte – La brebis perdue

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Les misères de cette vie sont l’épreuve que Dieu fait subir à Ses soldats, pour les juger et les classer dans l’autre selon leur valeur. Aussi tous, en ce monde, ont leur part de souffrances. Le concours est ouvert, le combat engagé; l’Arbitre des jeux regarde et compare: bientôt Il prononcera sur les mérites divers des combattants, et les appellera du labeur de l’arène au repos du trône où Il siège Lui-même. Heureux alors ceux qui, reconnaissant la main de Dieu dans l’épreuve, se seront abaissés sous cette main puissante avec amour et confiance! Contre ces âmes fortes dans la foi, le lion rugissant n’aura pu prévaloir. Sobres et vigilantes dans cette carrière de leur pèlerinage, sans se poser en victimes, sachant bien que tout souffre ici-bas, elles auront uni joyeusement leurs souffrances à celles du Christ, et elles tressailliront dans la manifestation éternelle de Sa gloire qui sera aussi leur partage pour les siècles sans fin.

Cette parabole de la brebis rapportée au bercail sur les épaules du Pasteur était chère aux premiers chrétiens; on la rencontre partout dans les monuments figurés des premiers siècles. En même temps qu’elle continue d’affermir notre confiance dans la miséricorde infinie, elle nous rappelle ineffablement le Seigneur Jésus qui naguère rentrait triomphalement dans les cieux, portant avec Lui l’humanité perdue et reconquise. Car quel est ce Pasteur de notre parabole, s’écrie saint Ambroise, sinon le Christ qui te porte en Son corps et a pris sur Lui tes péchés? Cette brebis est une par le genre, non par le nombre. Riche Pasteur, dont nous tous formons la centième partie du troupeau! Car Il a les Anges, Il a les Archanges, les Dominations, les Puissances, les Trônes, et le reste, innombrables troupeaux qu’Il a laissés sur les montagnes, pour courir après la brebis perdue.»

Introït

Regardez-moi d’un œil favorable et ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis pauvre et délaissé; voyez mon humiliation et ma peine: pardonnez-moi tous mes péchés, ô mon Dieu. Psaume. Vers Vous, Seigneur, j’ai levé mon âme: mon Dieu, j’ai confiance en Vous, je n’aurai point à rougir.

Collecte

Protecteur de ceux qui espèrent en Vous, ô Dieu, sans qui rien n’est solide, rien n’est saint: multipliez sur nous les effets de Votre miséricorde; afin que, sous Votre loi et Votre conduite, nous puissions traverser les biens du temps sans perdre ceux de l’éternité. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Pierre Apôtre I, chap. V.

Mes bien-aimés, humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, pour qu’Il vous exalte au temps de Sa visite. Jetez en Lui toutes vos sollicitudes, parce que Lui-même prend soin de vous. Soyez sobres et vigilants; car votre adversaire le diable tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer. Résistez-lui forts dans la foi, sachant que les mêmes épreuves arrivent à vos frères qui sont dans le monde. Mais le Dieu de toute grâce qui nous a appelés à Sa gloire éternelle dans le Christ Jésus, après un peu de souffrance, vous redressera Lui-même pour jamais dans Sa stabilité inébranlable. À Lui la gloire et l’empire dans les siècles des siècles. Amen.

Graduel

Jette tes pensées dans le Seigneur, et Lui-même te nourrira. Lorsque je criais au Seigneur, Il a exaucé ma voix contre ceux qui m’assiègent. Alléluia, alléluia. Le Dieu juste juge est fort et patient: Sa colère éclate-t-elle donc tous les jours? Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc Chap. XV.

En ce temps là, les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour L’entendre. Or les Pharisiens et les Scribes en murmuraient, disant: Cet homme reçoit les pécheurs et mange avec eux. Et Il leur dit cette parabole: Quel est l’homme d’entre vous qui, ayant cent brebis et venant à perdre l’une d’entre elles, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert, pour aller à celle qui s’est perdue, jusqu’à ce qu’il l’a trouvée, il la met plein de joie sur ses épaules; et venant chez lui, il convoque ses amis et voisins, leur disant: Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue. Je vous dis que de même il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur faisant pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence.

Ou quelle est la femme qui, ayant dix drachmes et venant à en perdre une, n’allume pas sa lampe, balayant la maison et cherchant avec grand soin, jusqu’à ce qu’elle la retrouve? Et lorsqu’elle l’a trouvée, elle convoque ses amies et ses voisines, disant: Réjouissez-vous avec moi, parce que j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue. Ainsi, Je vous le dis, sera la joie dans l’assemblée des Anges de Dieu pour un seul pécheur faisant pénitence.