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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Jésus guérit les malades

18e dimanche après la Pentecôte – Jésus pardonne les péchés

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui espèrent en Vous, pour que Vos Prophètes soient trouvés fidèles; exaucez les prières de Votre serviteur et de Votre peuple d’Israël. Psaume. Je me suis réjoui des paroles qui m’ont été dites: nous irons dans la maison du Seigneur. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit…

Le plus sûr moyen d’obtenir la grâce est toujours l’humble aveu de notre impuissance à plaire par nous-mêmes au Seigneur.

Collecte

Que Votre action miséricordieuse dirige nos cœurs, nous Vous en supplions, Seigneur, parce que nous ne pouvons Vous plaire sans Vous. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Épître

Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, Apôtre, aux Corinthiens I, Chap. I.

Mes Frères, je rends grâces à mon Dieu continuellement pour vous à cause de la grâce de Dieu qui vous a été donnée dans le Christ Jésus, parce que vous avez été enrichis en Lui dans toutes choses, dans la parole et dans la science, le témoignage du Christ ayant été ainsi confirmé en vous: de sorte que rien ne vous manque en aucune grâce dans l’attente de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ, qui vous gardera encore jusqu’à la fin sans péché pour le jour de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.

Graduel

Je me suis réjoui des paroles qui m’ont été dites: nous irons dans la maison du Seigneur. – Que la paix soit dans tes murailles, et l’abondance en tes tours. Alléluia, alléluia. – Les nations craindront Votre Nom, Seigneur, et tous les rois de la terre révéreront vVotre gloire. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Matthieu, Chap. IX

En ce temps-là, Jésus, montant dans une barque, passa le lac et vint dans Sa ville. Et voici qu’on Lui présenta un paralytique couché sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Ayez confiance, Mon fils; vos péchés vous sont remis. Alors quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes: Cet homme blasphème. Jésus, ayant vu leurs pensées, dit: Pourquoi pensez-vous du mal en vos coeurs? Quel est le plus facile de dire: Vos péchés vous sont remis; ou de dire: Levez-vous et marchez? Or, pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés: Levez-vous, dit-Il alors au paralytique, emportez votre lit, et allez dans votre maison. Et il se leva, et s’en alla dans sa maison. Le peuple, voyant donc ces choses, fut saisi de crainte, et rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

Réflexion sur l’Évangile

L’épisode de la guérison du paralytique, qui fut pour Jésus l’occasion d’affirmer Son pouvoir de remettre les péchés en tant que Fils de l’homme, a toujours été particulièrement cher à l’Église. C’est qu’en effet, dès l’origine du christianisme, on vit l’hérésie dénier à l’Église le pouvoir de pardonner au nom de Dieu, qu’elle tient de son divin Chef; c’était condamner irrémissiblement à la mort un nombre incalculable de chrétiens, malheureusement tombés après leur baptême, et que guérit le sacrement de Pénitence. Or quel trésor une mère peut-elle défendre avec plus d’énergie, que le remède auquel la vie de ses enfants est attachée? L’Église donc frappa de ses anathèmes et chassa de son sein ces Pharisiens de la loi nouvelle, qui, comme leurs pères du judaïsme, méconnaissaient la miséricorde infinie et l’étendue du grand mystère de la Rédemption.

Elle-même, comme Jésus sous les yeux des scribes Ses contradicteurs, avait produit, en garantie de Ses affirmations, un miracle visible à la face des sectaires, sans arriver plus que l’Homme-Dieu à les convaincre de la réalité du miracle de grâce opéré invisiblement par Ses paroles de rémission et de pardon. La guérison extérieure du paralytique fut tout ensemble, en effet, l’image et la preuve de la guérison de son âme réduite auparavant à l’impuissance; mais lui-même représentait un bien autre malade: le genre humain, gisant immobile en son péché depuis des siècles. L’Homme-Dieu avait déjà quitté la terre, quand la foi des Apôtres opéra ce premier prodige de transporter aux pieds de l’Église le monde vieilli dans son infirmité. L’Église donc, voyant le genre humain docile à l’impulsion des messagers du ciel et partageant déjà leur foi, avait retrouvé pour lui dans son cœur de mère la parole de l’Époux: Mon fils, aie confiance, tes péchés sont remis. Soudain, aux yeux étonnés de la philosophie sceptique, et confondant la rage de l’enfer, le monde s’était levé ostensiblement de sa couche ignominieuse; montrant bien que ses forces lui étaient rendues, on l’avait vu charger sur ses épaules, par le travail de la pénitence et de la répression des passions, le lit de ses langueurs et de son impuissance, où l’avaient retenu si longtemps l’orgueil, la chair et la cupidité. Depuis lors, fidèle à la parole du Seigneur qui lui a été répétée par l’Église, il est en marche pour retourner dans sa maison, le paradis, où l’attendent les joies fécondes de l’éternité! Et la multitude des cohortes angéliques, voyant sur la terre un pareil spectacle de rénovation et de sainteté, est saisie de stupeur, et elle glorifie Dieu qui a donné aux hommes une telle puissance.