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Magnificat!

Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Père Éternel, Créateur et Maître de toutes choses
1er janvier – Messe du Père Éternel

Introït

Béni soit Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, du haut du ciel, nous a comblés de toute bénédiction spirituelle dans le Christ. – Psaume. Louez le Seigneur, toutes les nations, glorifiez-Le, vous, les peuples. Gloire au Père…

Oremus. – Ô Père céleste et éternel, daignez agréer l’amour et les adorations de Vos enfants de la terre, et accordez-leur de vivre ici-bas sans cesse unis à Vous par la parfaite conformité à tous Vos divins vouloirs, à l’exemple de Votre Fille bien-aimée, la Vierge Marie, afin de mériter ainsi de louer et d’adorer Votre divine et éternelle Paternité dans les cieux. Par Jésus-Christ, Votre Fils bien-aimé, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec Vous en l’unité de Votre Esprit-Saint, dans tous les siècles des siècles. – Ainsi soit-il.

Épître

Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Éphésiens. (Éph. 1, 3-14)

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, du haut du ciel, nous a comblés de toute bénédiction dans le Christ. Avant même la création du monde, Il nous a élus en Lui, pour que nous soyons saints et sans tache à Ses yeux. Il nous a prédestinés à être Ses fils d’adoption par Jésus-Christ et, par là, Il a fait éclater la magnificence de la grâce dont Il nous a gratifiés dans Son Fils bien-aimé. En ce Fils, par l’effusion de Son Sang, nous trouvions la rédemption, la rémission des péchés, selon la richesse de Sa grâce, qu’Il a répandue à profusion sur nous en toute sagesse et prudence. Il nous a fait connaître le mystère de Sa Volonté, le dessein bienveillant qu’Il avait conçu en Lui-même, pour être réalisé dans la plénitude des temps: réunir toutes choses dans le Christ, au ciel comme sur la terre. Prédestinés suivant le propos de Celui qui accomplit tout au gré de Sa Volonté, nous avons été choisis en Lui, pour être la louange de Sa gloire, nous qui avons les premiers espéré dans le Christ. Et vous-mêmes, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut et l’objet de votre foi, vous avez reçu en Lui le sceau de l’Esprit-Saint qu’Il vous avait promis, ce gage de notre héritage, en attendant la pleine rédemption de ceux que Dieu S’est acquis pour la célébration de Sa gloire. – Rendons grâces à Dieu.

Réflexion sur l’Épître

Si l’on savait dire Père à Celui qui nous aime comme Ses vrais enfants, que l’on serait joyeux et fort, même au sein de l’épreuve! Pour accepter de Dieu tout ce qui nous arrive –et rien ne nous arrive sans Son ordre ou Sa permission!– pour suivre docilement les voies ardues par lesquelles Il nous attire à Lui, pour nous soumettre comme de petits enfants, dans le silence et l’amour à Ses desseins providentiels dont la portée dépasse souvent nos propres conceptions, nous avons besoin de savoir et de croire qu’Il est notre Père. Ce Père nous aime et ne veut que notre bien, même si nous ne le comprenons pas. On ne nous demande pas de comprendre, mais de croire et de nous en rapporter à Lui, aveuglément, en Lui tenant la main. Pourvu que nous nous cramponnions toujours à cette Main paternelle, tout ira bien, tout finira en beauté: nous atteindrons le sommet de la montagne de l’amour et nous arriverons à la béatitude éternelle! N’est-ce pas là notre plus chère ambition?

– Revue Magnificat, Janvier 1994

Graduel

Seigneur, montrez-nous le Père et cela nous suffit. – Philippe, celui qui Me voit, voit aussi Mon Père. Je suis dans le Père et le Père est en Moi. Alléluia, alléluia. – Vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d’adoption, en qui nous crions: Abba! Père! Ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Alléluia.

Évangile

Suite du saint Évangile selon saint Luc. (Luc 10, 21-24)

En ce temps-là, Jésus tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit-Saint, et Il dit: «Je Vous bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que Vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents et de les avoir révélées aux petits. Oui, Père, Je Vous bénis de ce que Vous l’ayez ainsi voulu. Toutes choses M’ont été données par Mon Père. Et personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien Le révéler.» Et S’étant tourné vers Ses disciples, Il leur dit en particulier: «Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! Car Je vous le déclare: beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont point vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont point entendu.»

Louange à Vous, Seigneur!

Réflexion sur l’Évangile

Dieu notre Père, nous Ses enfants! c’est là un mystère éblouissant qui dépasse notre raison, mais qui ravit notre cœur! Mystère si merveilleux, bienfait tellement inattendu et si peu mérité, que nous serions tentés de dire: C’est trop beau pour être vrai! C’est Jésus qui nous a instruits de ce mystère et nous a appris à nommer Dieu notre Père: «Quand vous prierez, dites: Notre Père, qui êtes aux Cieux…» La prière étant l’expression du culte rendu à l’Être suprême, ne serait-il pas plus convenable d’y donner à Dieu le nom de Maître ou de Seigneur? Jésus ne le pense pas. Le fait de Son Incarnation ayant établi une alliance nouvelle entre le Créateur et Sa créature, Il nous découvre ici le mystère de grâce: Son Père veut être aussi notre Père, et c’est comme tel qu’Il entend désormais être connu, aimé, adoré. S’il y a une vérité sur laquelle Il a insisté, c’est que Dieu est Père, Son Père à Lui par nature, notre Père à nous par la grâce de l’adoption. Tout l’Évangile est plein de cet enseignement.

Chaque fois que Jésus parle de Dieu, Il Le désigne sous ce Nom, pour ouvrir nos cœurs à la confiance: «Le Père… Mon Père… votre Père céleste.» Il Le compare aux pères d’ici-bas, pour démontrer que la sollicitude de ceux-ci envers leurs enfants n’est qu’une ombre de celle que le bon Dieu a pour nous. Il faut relire le Sermon sur la Montagne, où Il a condensé Sa doctrine et tracé la charte de Son royaume: Il y revient à maintes reprises sur la sollicitude et la tendresse du Père céleste envers Ses enfants. La leçon d’abandon qu’Il nous y donne est manifestement basée sur la paternité divine. Il nous répète que nous n’avons pas à nous troubler en pensant au lendemain, car le lendemain saura pourvoir à ses exigences: à chaque jour suffit sa peine. Et quand Il nous demande d’éviter l’inquiétude, Il nous en donne le motif: Votre Père sait de quoi vous avez besoin.

À la dernière Cène, Jésus termine Sa prière sacerdotale par ces mots qui résument Sa doctrine et la nature de Sa mission parmi les hommes: «Père juste, Je leur ai fait connaître Votre Nom.» Quel nom? Celui de Père qu’Il vient de prononcer et qu’Il a répété quarante-huit fois au long de ce discours où Il vient d’épancher Son Cœur dans celui de Ses Apôtres. «Je leur ai fait connaître Votre Nom et le leur ferai connaître encore…» Dans quel but? «Afin que l’amour dont Vous M’avez aimé soit en eux…» Entendons bien: Afin que l’amour de Père que Vous avez pour Moi s’étende à chacun d’eux par la grâce de l’adoption… Et Jésus termine: «Et que Moi-même, Je sois en eux. En eux par Mon Esprit, Mon Esprit de Fils, pour continuer en leur personne Ma vie filiale d’amour et d’abandon à tous Vos bons plaisirs.»

Dans le seul Évangile de saint Jean, le nom de Père donné à Dieu revient cent dix-huit fois sur les lèvres de Jésus ou sous la plume de l’Apôtre. Ce n’est vraiment pas trop, puisque après une pareille insistance, notre foi en l’amour paternel du bon Dieu est souvent encore trop faible pour nous élever au-dessus de toute crainte, de toute inquiétude, et nous jeter entre Ses bras avec une absolue confiance!

La réponse d’amour

Tout infini qu’Il soit, Dieu S’abaisse vers nous comme le père le plus aimant vers son fils et nous invite à L’aimer, à Lui donner notre cœur: cet amour, Il a le droit de l’exiger impérieusement, mais Il préfère nous le demander doucement, affectueusement, pour qu’il y ait, pour ainsi dire, plus de spontanéité dans notre réponse, plus d’abandon filial dans notre recours à Lui.

Comment ne pas répondre à tant de prévenances délicates, à Ses sollicitudes maternelles? Oui, le chrétien qui vit de foi regarde Dieu comme son Père, il L’aime d’un amour filial. Il ne craint pas Ses châtiments, justement parce qu’il a une crainte très vive de L’offenser et le soin d’écarter tout ce qui pourrait Lui déplaire sans que, d’ailleurs, ce soin, si vigilant soit-il, aille jusqu’à troubler la joie paisible qui règne en lui. En même temps qu’il a pour Dieu, pour Sa grandeur et Sa sainteté, pour Sa présence, pour Sa parole, le respect le plus attentif, il éprouve une tendresse exquise et profonde à Son égard; il souffre de Le voir outragé par les pécheurs, et se réjouit de Le voir glorifié par les Saints.

À cet amour de respect et de tendresse se joint l’amour de reconnaissance. C’est à ce Père bien-aimé qu’il doit tout, et dans l’ordre de la nature et dans celui de la grâce qui la couronne. Au souvenir des faveurs dont chaque jour amène un accroissement magnifique, il vibre des plus délicats sentiments de gratitude. Mille et mille fois il remercie Dieu avec l’élan d’un coeur ému et il invite toute la création à Le bénir à jamais.

La bonté divine, en excitant sa reconnaissance, aiguise le regret des fautes par lesquelles il L’a trop souvent trahi. Il voudrait les effacer de ses larmes et de son sang, tant est vif son repentir. Ce qui tempère en lui cette douleur, c’est de penser que ces fautes feront ressortir la multitude des miséricordes célestes. De plus, ses chutes le font recourir de plus en plus à l’aide de son Père céleste. Sans Lui, il se sait faible et impuissant. S’il aspire à atteindre les sommets de la perfection, ce sera Lui qui, enfin touché des efforts trébuchants et des continuels appels à l’aide de Son enfant, viendra enfin l’emporter avec Lui dans Ses bras.

Ainsi l’amour reconnaissant et repentant devient un amour confiant. «Dieu est mon père, murmure-t-il souvent avec autant de conviction que d’allégresse, Dieu est mon Père; Il voit, Il veut, Il peut», et il attend de Lui tout ce qu’un enfant est en droit d’espérer du plus puissant et du plus généreux des pères.

Sa confiance s’étend à tout l’avenir. Loin de chercher par une curiosité inquiète à percer le voile sous lequel Dieu cache ce qu’Il lui tient en réserve, il s’abandonne à Lui, il se repose en Sa bonté.

Sa volonté est indifférente à la mort comme à la vie. Dieu sait ce qui convient. Le désir de contempler la Beauté infinie lui ferait désirer de mourir, mais la pensée de pouvoir, en vivant, contribuer à La faire aimer ne fût-ce que d’une seule âme, lui fait désirer de vivre, si tel est le bon plaisir de Dieu, afin de se dépenser davantage à Son service.

– Revue Magnificat, Janvier 1994