Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Parabole du grain de sénevé
24e dimanche après la Pentecôte – Le grain de sénevé

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Le Seigneur dit: Mes pensées sont des pensées de paix et non d’affliction; vous M’invoquerez, et Je vous exaucerai, et Je ramènerai vos captifs de partout où ils sont dispersés. Psaume. Seigneur, Vous avez béni la terre qui Vous appartient; Vous avez fait cesser la captivité de Jacob. Gloire au Père.

Collecte

Faites, Dieu tout-puissant, que nos pensées s’attachant toujours à la recherche du bien, nos actes aussi bien que nos paroles réalisent Votre bon plaisir. Par Jésus-Christ, Votre Fils, Notre-Seigneur…

Épître

Lecture de l’Épître du Bienheureux Apôtre Paul aux Thessaloniciens.

Frères, nous rendons constamment grâces à Dieu pour vous tous, en faisant sans cesse mémoire de vous dans nos prières, nous rappelant l’œuvre de votre foi, l’effort de votre charité et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous connaissons, frères aimés de Dieu, votre élection: notre Évangile ne vous a pas été prêché seulement en paroles, mais aussi avec puissance, dans l’Esprit-Saint, et avec une pleine persuasion. Vous savez de même de quelle manière nous nous sommes conduits parmi vous, pour votre salut. Vous vous êtes faits nos imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la parole, au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie de l’Esprit-Saint; si bien que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants en Macédoine et en Achaïe. Car non seulement la parole du Seigneur a retenti de chez vous en Macédoine et en Achaïe, mais votre foi en Dieu est parvenue en tout lieu, de sorte que nous n’avons besoin de rien dire. Eux-mêmes, en effet, racontent à notre propos quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et véritable et pour attendre des cieux Son Fils qu’Il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous a délivrés de la colère à venir.

Graduel. — Vous nous avez délivrés de nos ennemis, Seigneur, et Vous avez confondu ceux qui nous haïssaient. C’est en Vous que nous nous glorifierons chaque jour et c’est Votre nom que nous louerons à jamais. Alléluia, alléluia. Du fond de l’abîme, je crie vers Vous, Seigneur: Seigneur, écoutez ma prière. Alléluia.

Réflexion sur l’Épître

Évangile

Suite du saint Évangile selon saint Matthieu.

En ce temps-là, Jésus dit aux foules cette parabole: «Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences; mais quand elle a poussé, elle est plus grande que toutes les plantes potagères, et elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches». Il leur dit une autre parabole: «Le royaume des cieux est semblable au levain qu’une femme prend et mêle dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que le tout ait levé». – Toutes ces choses, Jésus les disait en paraboles, et Il ne leur disait rien sans paraboles, afin que s’accomplît ce qui avait été dit par le prophète: «J’ouvrirai Ma bouche en paraboles, Je publierai les mystères cachés depuis l’origine du monde».

Réflexion sur l’Évangile

Le royaume des Cieux dont parle ici le Sauveur est Son Église militante, la société de ceux qui croient en Lui. Néanmoins, ce champ qu’Il a cultivé avec tant de soins, est parsemé d’ivraie; les hérésies s’y sont glissées, les scandales s’y multiplient: devons-nous pour cela douter de la prévoyance de Celui qui connaît tout, et sans la permission duquel rien n’arrive? Loin de nous cette pensée. Le Maître nous apprend Lui-même qu’il en doit être ainsi. L’homme a reçu la liberté du bien et du mal; c’est à lui d’en user, et c’est à Dieu de faire tourner tout à Sa gloire. Que l’hérésie donc s’élève comme une plante maudite, nous savons que le jour viendra où elle sera arrachée; plus d’une fois même on la verra sécher sur sa propre tige, en attendant le jour où elle doit être arrachée et jetée au feu. Où sont aujourd’hui les hérésies qui désolèrent l’Église à son premier âge? Où seront dans cent ans d’ici celles qui, depuis trois siècles, ont causé tant de maux sous le beau nom de réforme? Il en est de même des scandales qui s’élèvent au sein même de l’Église. Cette ivraie est un fléau ; mais il faut que nous soyons éprouvés. Le Père de famille ne veut pas que l’on arrache cette herbe parasite, dans la crainte de nuire au pur froment. Pourquoi? parce que le mélange des bons et des mauvais est un utile exercice pour les premiers, en leur apprenant à ne pas compter sur l’homme, mais à s’élever plus haut. Pourquoi encore? parce que telle est la miséricorde du Seigneur, que ce qui est ivraie peut quelquefois, par la grâce divine, se transformer en froment.

Ayons donc patience; mais, parce que l’ennemi ne sème l’ivraie que pendant le sommeil des gardiens du champ, prions pour les pasteurs, et demandons pour eux à leur divin Chef cette vigilance qui est la première garantie du salut du troupeau, et qui est signifiée, comme leur première qualité, par le nom que l’Église leur a imposé.