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Lecture 23

Sichar — Premiers jours de Janvier

CH. X — RETOUR DE JÉSUS EN GALILÉE — LA SAMARITAINE

Saint Matthieu IV, 12; Saint Marc I, 14; Saint Luc IV, 14; Saint Jean IV, 1-42

À la nouvelle de l’emprisonnement du Précurseur, sachant d’ailleurs que les Pharisiens s’inquiétaient de voir qu’Il faisait plus de Disciples et qu’Il baptisait plus que Jean, (bien qu’Il ne conférât pas le baptême de Ses propres mains, mais par celles de Ses Disciples), Jésus quitta la Judée, et, sous l’impulsion de l’Esprit, Il retourna en Galilée.

Or, il Lui fallait traverser la Samarie.

Il arriva dans une ville de ce pays, nommée Sichar, près de l’héritage que donna Jacob à son fils Joseph.

Là se trouvait le Puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, S’était assis simplement sur le bord du puits.1 Il était environ la sixième heure.2

Survint une femme de la Samarie pour puiser de l’eau.

«Donne-Moi à boire!» lui dit Jésus.

Alors Ses Disciples étaient allés jusqu’à la ville pour acheter des provisions.

La Samaritaine répondit:

«Comment, Vous qui êtes Juif, me demandez-Vous à boire, à moi qui suis une femme de la Samarie? Les Juifs n’ont aucun rapport avec les Samaritains.3

— Si tu savais le Don de Dieu!4 reprit Jésus, si tu savais qui est Celui qui te dit: “Donne-Moi à boire!” tu Lui aurais peut-être adressé la même demande, et Il t’aurait donné d’une eau vive.

— Mais, Seigneur, dit la femme, Vous n’avez rien pour en puiser, et le puits est profond. D’où pouvez-Vous donc avoir de l’eau vive? Êtes-Vous plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, aussi bien que ses enfants et ses troupeaux?»

Jésus lui répondit:

«Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l’eau que Je lui donnerai n’aura jamais soif. Car, l’eau que Je lui donnerai, deviendra en lui une source jaillissante pour la vie éternelle.

— Seigneur, repartit la femme, donnez-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus ici pour puiser.

— Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et reviens ici.

— Je n’ai pas de mari, répondit-elle.

— Tu as raison de dire: “Je n’ai pas de mari.” Tu en as eu cinq, et celui avec lequel tu vis maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.

— Seigneur, s’écria la femme, je vois que Vous êtes un Prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne,5 et Vous, Vous dites que c’est à Jérusalem qu’il faut adorer.

— Femme, crois-Moi! L’heure est proche où ce ne sera ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.6 Vous adorez, vous, ce que vous ne connaissez point; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le Salut vient des Juifs.7 Mais l’heure arrive, et déjà elle est venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; et ce sont de tels adorateurs que veut le Père. Dieu est esprit, et ceux qui L’adorent, doivent L’adorer en esprit et en vérité.

— Je sais, repartit la femme, que le Messie, qu’on appelle Christ, doit venir. Lorsqu’Il sera venu, Il nous instruira de toutes choses.

Le Messie, c’est Moi! Moi qui te parle.»

En ce moment Ses Disciples arrivèrent. Et ils s’étonnaient de ce que Jésus S’entretînt avec une femme. Néanmoins, aucun ne Lui dit: «Que lui demandez-Vous?» ou: «Pourquoi parlez-Vous avec elle?»8

Quant à la femme, laissant là son urne, elle courut à la ville, et à tous ceux qu’elle rencontrait:

«Venez, disait-elle, venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-Il point le Christ?»

Ils sortirent donc de la ville et vinrent à Jésus.

Cependant les Disciples Le pressaient:

«Maître, disaient-ils, mangez donc!»

Il leur répondit:

«J’ai à Me nourrir d’un aliment que vous ne connaissez pas.»

Et les Disciples se demandaient l’un à l’autre:

«Quelqu’un Lui aurait-il apporté à manger?

— Ma nourriture, reprit Jésus, c’est de faire la volonté de Celui qui M’a envoyé, et d’accomplir Son oeuvre. Ne dites-vous pas: “Encore quatre mois, et la moisson viendra?”9 Moi, Je vous dis: Levez les yeux, et voyez les campagnes: elles blanchissent déjà pour la moisson.10

«Celui qui moissonne reçoit sa récompense et recueille le fruit pour la vie éternelle. Mais celui qui sème a autant de raison de se réjouir que celui qui moissonne. Ainsi se justifie l’adage: “Autre est le semeur et autre le moissonneur.” Je vous ai envoyés moissonner où vous n’aviez point travaillé. D’autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leurs travaux.»

Or, beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Lui, sur le témoignage de cette femme qui leur avait dit: «Il m’a raconté tout ce que j’ai fait.» Ils vinrent donc Le prier de demeurer chez eux. Il S’y arrêta deux jours. Et il y en eut un bien plus grand nombre pour croire en Lui, après avoir entendu Sa parole.

«Ce n’est plus seulement sur ton récit que nous croyons, disaient-ils à la femme. Nous aussi nous L’avons entendu, et nous savons qu’Il est vraiment le Sauveur du monde.»

1 . Qu’il est touchant à voir ainsi, le divin Maître, exténué de fatigue et assis là, au milieu de la campagne, pour attendre une pauvre âme ensevelie dans le désordre et la réconcilier avec Dieu!

2 . Midi.

3 . La religion des Samaritains était un mélange monstrueux du culte des idoles avec le culte du vrai Dieu. Ils n’admettaient, parmi les livres saints, que le Pentateuque. C’est pourquoi les Juifs les avaient en abomination.

4 . L’Esprit-Saint, le Don de Dieu par excellence, c’est l’eau vive qui éteint les ardeurs de la triple concupiscence, arrose la sécheresse de l’âme et la féconde pour les oeuvres saintes.

5 . Le mont Garizim où Manassès avait construit un temple pour l’opposer à celui de Jérusalem.

6 . Le culte et les sacrifices des Juifs et des Samaritains vont être abolis.

7 . Nous savons que notre culte n’est qu’une aspiration vers le Messie Rédempteur, qui doit sortir de la nation juive. Nous savons que toutes nos cérémonies figurent Sa mission divine et Ses grâces.

8 . «Ils s’étonnaient de la bonté et de l’humilité de Jésus qui daignait converser avec une pauvre femme que le hasard semblait Lui avoir fait rencontrer.» (Saint Jean Chrysostome) Jamais un docteur ne devait s’abaisser à converser avec une femme. Les Pharisiens allaient jusqu’à dire qu’il valait mieux brûler la Loi que de l’expliquer à une femme.

9 . En Palestine on fait deux moissons, l’une au printemps, et l’autre à la fin de l’été.

10 . En prononçant ces paroles, Jésus montrait sans doute à Ses Disciples sur le haut de la colline, les Samaritains venant à Lui couverts de leurs blancs manteaux.