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Lecture 66

Machéronte — Décembre

CH. XVII — MARTYRE DE JEAN-BAPTISTE

Saint Jean-Baptiste âgé de trente-deux ans et six mois

Saint Matthieu XIV, 1-12; Saint Marc VI, 14-29; Saint Luc IX, 7-9

DEPUIS que Jean-Baptiste était en prison, Hérodiade, résolue à sa perte, cherchait les moyens de le faire mourir. Elle n’y réussissait point, car Hérode redoutait de soulever le peuple, qui le considérait comme un Prophète: en outre, il craignait Jean, qu’il savait être un homme juste et saint. Il est vrai qu’il le gardait toujours en prison; mais il ne se décidait, en beaucoup de choses, qu’après avoir pris son avis, et il l’écoutait volontiers.

Hérodiade rencontra enfin une occasion propice. Ce fut au jour anniversaire de la naissance d’Hérode.

Le Tétrarque avait offert un festin aux grands de sa cour, aux tribuns militaires et aux principaux de la Galilée.

La fille même d’Hérodiade étant entrée dans la salle, se mit à danser. Hérode en fut charmé ainsi que tous ses convives:

«Tout ce que tu voudras, dit le roi à la jeune fille, demande-le-moi, et je te le donnerai!»

Il lui en fit même le serment:

«Oui, quelle que soit ta demande, s’écria-t-il, je te l’octroierai, fût-ce la moitié de mon royaume!»

La jeune fille sortit et alla consulter sa mère:

«Que demanderai-je?

— La tête de Jean-Baptiste!» répondit la mère.

En toute hâte, elle retourne vers le roi et, docile à la leçon de sa mère:

«Donnez-moi, dit-elle, ici même, dans un plat, la tête de Jean-Baptiste. Je veux que, sur-le-champ, vous me la donniez comme je vous la demande.»

Le roi fut affligé; mais à cause de son serment, et en présence des convives, il ne voulut pas lui déplaire. Il appela un de ses gardes, et lui intima l’ordre d’apporter la tête de Jean dans un bassin.

Le garde décapita Jean-Baptiste dans la prison; il apporta sa tête dans un bassin, et la remit à la jeune fille. Celle-ci en fit don à sa mère.1

À cette nouvelle, les Disciples du Précurseur vinrent enlever son corps et, après l’avoir enseveli, ils le déposèrent dans un tombeau. Puis ils allèrent raconter à Jésus ce qui s’était passé.

* * *

Or, le bruit des prodiges que Jésus opérait, était parvenu aux oreilles du tétrarque Hérode: car tout était plein du Nom du Seigneur.

«C’est Jean-Baptiste, dit-il à ses courtisans; il est ressuscité d’entre les morts; et c’est pour cela qu’il fait des miracles.

— C’est Élie, répondaient les uns.

— C’est un Prophète, reprenaient les autres, un Prophète de ceux d’autrefois, qui est ressuscité.

— C’est Jean que j’ai décapité, insistait le roi. C’est Jean, ressuscité d’entre les morts!»

Et pourtant, il hésitait:

«J’ai fait trancher la tête à Jean, disait-il. Quel est donc cet homme qui opère de si grandes choses?»

Et il cherchait à voir Jésus.

Mais Jésus, à la nouvelle du martyre de Jean, S’était embarqué pour un lieu écarté et désert.

1 . La tradition rapporte que cette femme exerça toute sa rage sur la langue du Précurseur, qu’elle transperça de multiples coups d’aiguille. Quelques années plus tard, Hérode et Hérodiade, déchus du trône, furent exilés à Lyon. Ils firent ce voyage au fort de l’hiver. Comme ils allaient traverser le Rhône, la fille d’Hérodiade, le voyant pris par la gelée, voulut le passer en marchant sur la glace. C’est là que la justice de Dieu l’attendait. La glace se rompit, puis, quand cette malheureuse fut plongée dans l’eau jusqu’à la tête, elle se rejoignit. Durant son agonie, son corps, en s’agitant dans l’eau, reproduisait, en quelque sorte, les mouvements de sa danse homicide. Mais bientôt le tranchant de la glace sépara la tête, qui resta gelée sur le fleuve. (D’après l’historien Josèphe)