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Notre-Dame de l'Assomption

La médaille de Verdelais.

«Le fait suivant, qui s’est passé aux yeux de nombreux témoins, a été généralement attribué à une protection toute spéciale de la Sainte Vierge.

«Vers la fin de l’année scolaire 1857, un enfant de quatorze ans, appartenant à une famille honorable de Bordeaux, était venu pour passer ses derniers jours de vacances au Verdon, chez mon paroissien, M. S…, l’ami intime de sa famille.

«Cet enfant n’avait pas voulu quitter Bordeaux sans être muni d’une médaille de la Sainte Vierge, et avait comme forcé sa sœur à lui en prêter une qu’elle portait et à laquelle elle tenait beaucoup. Il partit donc avec cet heureux talisman.

«Les premiers jours se passèrent dans la joie et les jeux ordinaires à son âge. Le 18 septembre, M. S…, étant allé à la chasse, consentit à l’emmener avec lui. Voilà qu’un vol d’oiseaux se pose sur le bord de la plage appelée Pointe de Sable, endroit où l’eau du fleuve est très rapide. Le chasseur tire deux coups au milieu de ce vol d’oiseaux, en tue plusieurs et en blesse quelques autres. Un de ces derniers étant tombé au milieu des brisants, l’enfant s’approcha du bord de l’eau pour épier le moment où, la lame le ramenant à terre, il lui serait possible de le saisir. Mais lorsqu’il s’y attendait le moins une vague plus forte que les autres l’enveloppe, le ballotte, le tire au large et le jette dans un tourbillon très dangereux et d’une violence extrême. Quand même il aurait su nager, il aurait dû y trouver la mort; les meilleurs nageurs y périssent.

«Malgré l’étourdissement causé par la surprise, l’enfant se mit à implorer avec ferveur le secours de Dieu et à faire des actes de contrition pour se disposer à mourir. Il saisit aussi la médaille de Notre-Dame de Verdelais que sa sœur lui avait prêtée et qu’il portait à son cou; il la tenait pressée sur ses lèvres et l’embrassait plusieurs fois, en invoquant de tout son cœur la protection de la Sainte Vierge. En ce moment il s’aperçut qu’il voguait comme une planche, sans penser à faire aucun mouvement; il se sentait soutenu comme par une main invisible, et cela dura ainsi pendant trois quarts d’heure, jusqu’à ce qu’il fut sauvé par l’Hermite, patron de l’Actif, chaloupe faisant le trajet entre le Verdon et Royan.

«Ce qui persuade le plus que c’est le bon Dieu et la Sainte Vierge qui le soutinrent sur la surface des flots, c’est que pendant trois quarts d’heure, et malgré la conviction où il était qu’il allait périr, il conserva sans interruption toute sa connaissance et qu’il put ainsi continuer à recommander son âme à Dieu et à la Sainte Vierge.

«Toutefois M. S… s’était jeté à l’eau; il fit de vains efforts pour l’atteindre, mais il faillit périr. Éperdu, désolé, il appelait de tous côtés au secours et personne n’osait exposer sa vie pour sauver celle de l’enfant, car tous le jugeaient perdu à moins d’un secours providentiel.

«Cette scène avait duré environ une demi-heure lorsque, entraîné par le courant peu sensible du rivage, l’enfant parvint à près d’un kilomètre du lieu où la vague l’avait enlevé, et lorsqu’on vit apparaître au loin une chaloupe faisant le service de Royan au Verdon, M. S… fit signe au batelier de s’approcher; celui-ci, sans trop comprendre le signal qui lui était fait, se mit avec ses passagers à ramer vers le rivage; en approchant, il comprit que quelqu’un se noyait et se dirigea directement vers l’objet flottant qui lui était désigné. Une première fois la chaloupe, détournée par le tourbillon, passa trop loin de l’enfant pour l’atteindre; M. S.., en fut au désespoir: il pensait qu’il ne serait plus possible de le sauver; mais le patron ne se découragea pas, il fit un long détour pour reprendre sa direction, appuya plus fort sur les rames et tendit une perche à laquelle l’enfant se cramponna; il fut hissé dans la chaloupe: il était sauvé!

«Aussitôt qu’il se vit hors de danger, il ne put contenir l’émotion de sa joie et de sa reconnaissance; sa première parole fut celle-ci: «Qu’on me donne un confesseur avant de mourir!… Où est ma médaille?» On lui dit qu’il l’avait à son cou; il la saisit et l’embrassa mille fois en disant: «C’est Elle qui m’a sauvé! c’est Elle qui m’a sauvé!» Sa gratitude, sa foi, ses actions de grâces firent couler les larmes de tous les passagers. Deux honorables dames qui étaient à bord s’empressèrent de lui donner tous les soins que réclamait son état; elles se dépouillèrent de leurs vêtements de laine pour envelopper son corps et y ramener la chaleur. Déposé à terre, il remercia avec effusion de cœur ses bienfaiteurs et reçut les soins vraiment paternels de M. S… De retour dans sa famille, il voulut faire une communion d’actions de grâces pour remercier la Sainte Vierge d’une telle faveur.

«Tous ces détails sont constatés en partie par des rapports officiels et par l’autorité locale.

L’abbé A. Bouter, curé du Verdon.

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