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Magnificat!

Pour la Conservation du Dépôt de la Foi!
Pour que le Règne de Dieu arrive!

Une histoire pour chaque jour...

Notre-Dame-Purgatoire

Un grand pécheur est sauvé par une âme du Purgatoire

La Reine du ciel, Mère des miséricordes, S’est servie plus d’une fois des âmes du purgatoire, soit pour convertir des pécheurs, soit pour délivrer Ses dévots serviteurs de périls mortels. Dans une ville du royaume d’Aragon en Espagne, un seigneur avait épousé une dame en possession de tous les avantages de la nature et de la piété que l’on peut souhaiter dans celle dont on fait la compagne intime de sa vie. L’extraordinaire beauté de cette jeune femme frappa les yeux d’un autre cavalier, qui avait aussi pour lui des dons singuliers, et qui se mit à la poursuivre, à lui adresser la parole, à lui faire la cour. Elle, aussi craintive et aussi chaste que chrétienne, s’ingéniait à éviter ces rencontres, que le soupirant multipliait, au contraire, autant qu’il le pouvait, à la promenade, dans le monde, à la porte même et sous les fenêtres de la maison. La chose ne demeura point secrète, et le bruit en vint aux oreilles du mari. La jalousie monte aussitôt à son cœur; il redoute quelque trahison, veille le jour et la nuit, et, quoiqu’il n’aperçût dans son épouse aucune correspondance à cette passion, il lui semble qu’il n’aura de repos qu’en ôtant la vie à l’importun rival.

Un matin donc, il prétexte une affaire et part pour une maison de campagne qu’il possédait à quelque distance de la ville, accompagné de sa femme et d’un seul domestique. Le soir venu, il appelle celle-ci dans un cabinet retiré, ferme la porte à double tour, et, tirant de sa poche un pistolet chargé, menace de la tuer à l’instant si elle n’obéit à tout ce qu’il va lui commander. Troublée, effrayée, la pauvre femme promet de se soumettre sans hésiter. Alors il prend une feuille de papier, la pose devant elle et lui ordonne d’écrire sous sa dictée. C’était une invitation au jeune homme de venir la trouver dans ce lieu, pendant l’absence de son mari; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre les murs du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre, par où il entrerait en sûreté. La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre au destinataire en main propre et secrètement, comme si elle venait de sa maîtresse. Le serviteur s’acquitta exactement de la commission, qui remplit de joie l’imprudent jeune homme. Il lut et relut la lettre, la baisant avec transport, comme un insensé; puis, l’heure venue, il prend ses habits de campagne, monte sur un bon cheval, annonce qu’il va faire un tour de promenade et se met en route.

Il allait rapidement, au grand galop du cheval, lorsqu’il eut à traverser un lieu où plusieurs condamnés étaient suspendus à la potence, suivant la coutume d’Aragon; on laissait ainsi les cadavres exposés quelque temps, afin d’inspirer de la terreur aux bandits. Cette vue lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité le rosaire, comme il en avait l’habitude malgré ses tristes débordements, il commença à s’acquitter de ce tribut de dévotion envers la Mère de Celui qu’il était sur le point de grièvement offenser, et il le fit en faveur des âmes de ces malheureux suppliciés, pour lesquels sans doute personne ne pensait à intercéder. La récompense ne se fit pas attendre.

Une voix forte lui cria: «Arrêtez, cavalier, n’allez pas plus avant!» Il regarde autour de lui, ne voit que les cadavres et donne de l’éperon à son cheval. La même voix recommence: «Arrêtez, vous dis-je; n’allez pas plus loin!» La peur lui était inconnue; il descend et se met à chercher, parmi ces hideux restes, à moitié mangés par les corbeaux, s’il n’y avait pas quelque condamné vivant encore. En effet, d’une des potences descend cette supplication: «Cavalier, je vous prie par pitié de couper cette corde qui m’étrangle.» Touché de compassion autant que surpris, il donne un coup d’épée à ce lien, et le corps tombe à terre, d’où il se relève; et voilà un homme plein de vie, qui se répand en remerciements, et proteste qu’il ne quittera plus son bienfaiteur, son sauveur, qu’il le servira comme un esclave. Le jeune aventurier refusa tout net cette offre de reconnaissance, et déclara qu’il voulait aller seul. «Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend au bout de votre course, qu’il y va pour vous de la vie même? Je veux vous délivrer. Laissez-moi vous marquer ma reconnaissance.»

Se voyant ainsi découvert, notre cavalier ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison; l’échelle était préparée. Le jeune homme voulait s’y risquer tout de suite. «Non pas, dit son compagnon; je soupçonne quelque machination, et, si vous m’en croyez, vous me laisserez monter le premier, afin que je m’assure de tout. Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.» Quand il les eut, il s’élança à l’échelle et pénétra par la fenêtre entrouverte. An même instant on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée tombait au pied du mur. Il se releva cependant et dit au jeune homme stupéfait: «Vite! vite! à cheval, et sauvons-nous!» Lorsqu’ils furent à quelque distance: «Avez-vous maintenant, dit le compagnon, vu et compris la belle réception qu’on voulait vous faire? Le mari vous attendait tout bonnement pour vous tuer à coups de dague. Et, dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Rendez donc grâces à la Mère des miséricordes, qui vous a délivré à cause de votre fidélité à dire le saint rosaire chaque jour. Vous devez aussi bénir les âmes du purgatoire: car vous avez obtenu la délivrance de quelques-unes, alors que vous étiez en état de grâce, et elles vous le rendent aujourd’hui. Eh bien! changez de vie, et apprenez à craindre Dieu.»

Comme il finissait cette exhortation, ils étaient revenus au lieu des potences. L’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, et déclare qu’il a été envoyé miraculeusement de l’autre vie pour ce qu’il vient de faire, et qu’il retourne où Dieu l’appelle. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre.

Quant au jeune homme, il est à peine besoin de dire dans quels sentiments il rentra chez lui. Son cœur tout bouleversé n’eut point de repos qu’il n’eût fait à Dieu le sacrifice entier de sa vie; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence et aux œuvres de piété, et il devint un modèle de sainteté, aussi empressé à se mortifier et à gagner les âmes au bien, qu’il avait autrefois recherché les plaisirs et compté pour rien le salut des autres.

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Un grand pécheur est sauvé par une âme du Purgatoire

La Reine du ciel, Mère des miséricordes, S’est servie plus d’une fois des âmes du purgatoire, soit pour convertir des pécheurs, soit pour délivrer Ses dévots serviteurs de périls mortels. Dans une ville du royaume d’Aragon en Espagne, un seigneur avait épousé une dame en possession de tous les avantages de la nature et de la piété que l’on peut souhaiter dans celle dont on fait la compagne intime de sa vie. L’extraordinaire beauté de cette jeune femme frappa les yeux d’un autre cavalier, qui avait aussi pour lui des dons singuliers, et qui se mit à la poursuivre, à lui adresser la parole, à lui faire la cour. Elle, aussi craintive et aussi chaste que chrétienne, s’ingéniait à éviter ces rencontres, que le soupirant multipliait, au contraire, autant qu’il le pouvait, à la promenade, dans le monde, à la porte même et sous les fenêtres de la maison. La chose ne demeura point secrète, et le bruit en vint aux oreilles du mari. La jalousie monte aussitôt à son cœur; il redoute quelque trahison, veille le jour et la nuit, et, quoiqu’il n’aperçût dans son épouse aucune correspondance à cette passion, il lui semble qu’il n’aura de repos qu’en ôtant la vie à l’importun rival.

Un matin donc, il prétexte une affaire et part pour une maison de campagne qu’il possédait à quelque distance de la ville, accompagné de sa femme et d’un seul domestique. Le soir venu, il appelle celle-ci dans un cabinet retiré, ferme la porte à double tour, et, tirant de sa poche un pistolet chargé, menace de la tuer à l’instant si elle n’obéit à tout ce qu’il va lui commander. Troublée, effrayée, la pauvre femme promet de se soumettre sans hésiter. Alors il prend une feuille de papier, la pose devant elle et lui ordonne d’écrire sous sa dictée. C’était une invitation au jeune homme de venir la trouver dans ce lieu, pendant l’absence de son mari; que telle nuit, à telle heure, il verrait une échelle dressée contre les murs du jardin, qui le conduirait jusqu’à une fenêtre, par où il entrerait en sûreté. La lettre écrite, elle est confiée au domestique, avec ordre de la remettre au destinataire en main propre et secrètement, comme si elle venait de sa maîtresse. Le serviteur s’acquitta exactement de la commission, qui remplit de joie l’imprudent jeune homme. Il lut et relut la lettre, la baisant avec transport, comme un insensé; puis, l’heure venue, il prend ses habits de campagne, monte sur un bon cheval, annonce qu’il va faire un tour de promenade et se met en route.

Il allait rapidement, au grand galop du cheval, lorsqu’il eut à traverser un lieu où plusieurs condamnés étaient suspendus à la potence, suivant la coutume d’Aragon; on laissait ainsi les cadavres exposés quelque temps, afin d’inspirer de la terreur aux bandits. Cette vue lui rappelant qu’il n’avait point, ce jour-là, récité le rosaire, comme il en avait l’habitude malgré ses tristes débordements, il commença à s’acquitter de ce tribut de dévotion envers la Mère de Celui qu’il était sur le point de grièvement offenser, et il le fit en faveur des âmes de ces malheureux suppliciés, pour lesquels sans doute personne ne pensait à intercéder. La récompense ne se fit pas attendre.

Une voix forte lui cria: «Arrêtez, cavalier, n’allez pas plus avant!» Il regarde autour de lui, ne voit que les cadavres et donne de l’éperon à son cheval. La même voix recommence: «Arrêtez, vous dis-je; n’allez pas plus loin!» La peur lui était inconnue; il descend et se met à chercher, parmi ces hideux restes, à moitié mangés par les corbeaux, s’il n’y avait pas quelque condamné vivant encore. En effet, d’une des potences descend cette supplication: «Cavalier, je vous prie par pitié de couper cette corde qui m’étrangle.» Touché de compassion autant que surpris, il donne un coup d’épée à ce lien, et le corps tombe à terre, d’où il se relève; et voilà un homme plein de vie, qui se répand en remerciements, et proteste qu’il ne quittera plus son bienfaiteur, son sauveur, qu’il le servira comme un esclave. Le jeune aventurier refusa tout net cette offre de reconnaissance, et déclara qu’il voulait aller seul. «Mais, reprit l’autre, ignorez-vous qu’un danger extrême vous attend au bout de votre course, qu’il y va pour vous de la vie même? Je veux vous délivrer. Laissez-moi vous marquer ma reconnaissance.»

Se voyant ainsi découvert, notre cavalier ne fit plus d’objection. Il remonta à cheval et prit son nouveau compagnon en croupe. Ils ne tardèrent pas à apercevoir la maison; l’échelle était préparée. Le jeune homme voulait s’y risquer tout de suite. «Non pas, dit son compagnon; je soupçonne quelque machination, et, si vous m’en croyez, vous me laisserez monter le premier, afin que je m’assure de tout. Donnez-moi seulement votre chapeau et votre manteau.» Quand il les eut, il s’élança à l’échelle et pénétra par la fenêtre entrouverte. An même instant on entendit un cliquetis d’armes, des menaces, des cris de colère, et au bout de quelques secondes, un corps frappé de coups d’épée tombait au pied du mur. Il se releva cependant et dit au jeune homme stupéfait: «Vite! vite! à cheval, et sauvons-nous!» Lorsqu’ils furent à quelque distance: «Avez-vous maintenant, dit le compagnon, vu et compris la belle réception qu’on voulait vous faire? Le mari vous attendait tout bonnement pour vous tuer à coups de dague. Et, dites-moi, s’il avait réussi, où serait allée votre âme? Rendez donc grâces à la Mère des miséricordes, qui vous a délivré à cause de votre fidélité à dire le saint rosaire chaque jour. Vous devez aussi bénir les âmes du purgatoire: car vous avez obtenu la délivrance de quelques-unes, alors que vous étiez en état de grâce, et elles vous le rendent aujourd’hui. Eh bien! changez de vie, et apprenez à craindre Dieu.»

Comme il finissait cette exhortation, ils étaient revenus au lieu des potences. L’inconnu descend de cheval, se rattache au gibet, et déclare qu’il a été envoyé miraculeusement de l’autre vie pour ce qu’il vient de faire, et qu’il retourne où Dieu l’appelle. Une minute après, ce n’était plus qu’un cadavre.

Quant au jeune homme, il est à peine besoin de dire dans quels sentiments il rentra chez lui. Son cœur tout bouleversé n’eut point de repos qu’il n’eût fait à Dieu le sacrifice entier de sa vie; il se dévoua pour le reste de ses jours à la pénitence et aux œuvres de piété, et il devint un modèle de sainteté, aussi empressé à se mortifier et à gagner les âmes au bien, qu’il avait autrefois recherché les plaisirs et compté pour rien le salut des autres.

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