This post is also available in: English Español

Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Notre Dame de l'Assomption
15 août — Notre-Dame de l’Assomption

La glorieuse Assomption de Marie

Bénie entre toutes les femmes en raison de Sa Maternité divine, la Vierge Immaculée, qui avait eu dès Sa conception le privilège d’être préservée de la tache du péché originel, ne devait pas connaître non plus la corruption du tombeau. Le 1er novembre 1950, le pape Pie XII a défini le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge Marie. Il proclamait ainsi solennellement que la croyance selon laquelle Marie, à l’achèvement de Sa vie terrestre, fut élevée corps et âme dans la gloire du Ciel, fait réellement partie du dépôt de la Foi reçu des Apôtres. Depuis les premiers siècles de l’Église, l’Assomption a toujours été célébrée le 15 août. En 1944, Pie XII a fixé au 22 août, jour octave de l’Assomption, la fête du Cœur Immaculé de Marie.1

Les derniers jours de Marie

Depuis l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, la vie de la très Sainte Vierge n’avait été qu’un long et indicible martyre d’amour.2 On voyait souvent la Mère de Dieu gravir les pentes du Calvaire, accompagnée des saintes femmes, ou bien appuyée sur le bras de saint Jean, Son fils d’adoption. Elle S’arrêtait aux endroits marqués par une souffrance particulière de l’adorable Victime, et faisait revivre dans Son Cœur chaque scène du drame sanglant. Elle arrivait ainsi, de station en station, au sépulcre, qu’Elle arrosait de Ses larmes et dont Elle aurait voulu ne jamais Se séparer.

Elle habitait une petite maison, attenante au Cénacle, et près de laquelle s’élevait un sanctuaire où le disciple bien-aimé offrait le divin Sacrifice. Chaque jour, Marie avait le bonheur de faire la sainte Communion, et Jean Lui redisait, en Lui présentant l’Hostie sainte, la parole que Jésus Lui avait adressée de Sa croix: Femme, voilà Votre Fils! Il convenait que Jésus Lui rendît en nourriture la chair qu’Il en avait reçue; qu’Il habitât toujours corporellement le sein qui Lui avait fourni cette chair sacrée, et qu’Il ne quittât jamais Celle qui ne L’avait jamais quitté pendant trente-trois ans.

L’humble demeure de Marie était devenue le but du pèlerinage le plus vénéré de l’Église naissante. Les Apôtres, qui L’aimaient comme la plus sainte et la plus tendre des mères et L’entouraient d’hommages comme la plus auguste des reines, venaient apprendre d’Elle à mieux connaître le Sauveur pour se dévouer plus généreusement à Son œuvre; et c’est à Ses pieds qu’ils amenaient leurs premiers disciples pour les confirmer dans la foi et dans la charité.

Quand Elle eut achevé Sa mission terrestre, Marie fut avertie par l’Archange Gabriel de Sa mort prochaine. En même temps, les Apôtres, sur une inspiration du ciel, quittèrent les contrées qu’ils évangélisaient, pour recevoir le dernier soupir de leur bien-aimée Souveraine. Tous fondaient en larmes, à la pensée qu’ils allaient perdre une telle Mère: «Mes enfants, leur disait Marie, ne pleurez point de ce que Je vous laisse; mais plutôt réjouissez-vous de ce que Je vais à Mon Fils et que Je passe de la tristesse à la joie. Au Ciel, Je continuerai de vous aimer, de veiller sur vous et de Me montrer votre Mère.»

Le jour si longtemps attendu se leva enfin pour Marie. Une dernière fois Elle reçut le Pain eucharistique et goûta le charme de la présence intime de Son Bien-Aimé. Les Apôtres virent bientôt le Sauveur, accompagné de Ses Anges, venir recevoir l’âme de Sa divine Mère.

Cependant, l’Apôtre Thomas n’arriva que trois jours après ce bienheureux trépas. Pénétré de regret de n’avoir pu recevoir une bénédiction ultime de l’auguste Marie, il supplia d’ouvrir Son tombeau, afin qu’il pût La contempler une dernière fois. On accéda volontiers à son souhait. Mais ô prodige! le sépulcre était vide, et des lis, symbole de pureté et de virginité, avaient poussé là où avait reposé ce chaste corps: corps immaculé, corps trop saint pour rester dans la tombe, et que les Anges et les Archanges, les Séraphins et les Chérubins emportèrent sur leurs ailes, quand la voix de Dieu l’eut réveillé de son court sommeil.

Couronnement de Marie

Quelle plume pourrait décrire l’entrée triomphante de Marie dans le Ciel? Si Dieu avait jugé convenable que l’arche de l’antique alliance fût introduite avec tant de pompe dans la cité de David, quelle pompe ne dut-Il pas déployer à l’entrée de Sa Mère dans la Cité divine? Ce n’était point assez d’un groupe d’Anges pour former Son escorte, le Roi des Anges Lui-même voulut L’accompagner avec toute la cour céleste. Le Fils de l’Éternel, qui est aussi le Fils de Marie, descend du Ciel, pour venir au-devant de Sa Mère, et Lui adresse ces douces paroles: Levez-Vous, hâtez-Vous, Ma bien-aimée, Ma colombe, Ma toute belle, car l’hiver est passé et ses rigueurs ont disparu. Venez du Liban, ô Ma Mère, venez prendre la couronne qui Vous est destinée.3

Marie quitte la terre; mais, Se rappelant à combien de dangers et de misères Elle laisse Ses enfants exposés, Elle tourne vers eux des regards de compassion et d’amour, pour leur dire qu’Elle ne les oubliera pas dans les splendeurs de Sa gloire. Jésus Lui tend la main, et Marie, en S’élevant dans les airs, traverse avec Lui les nues et les sphères célestes, et arrive au seuil du bienheureux séjour: les portes éternelles s’ouvrent, et la Vierge de Juda entre dans le Ciel dont Elle est la Reine.

Les Saints et les Esprits célestes L’ont à peine contemplée, que, surpris de Son éclat et de Sa beauté, ils s’écrient d’une voix unanime: «Quelle est Celle-ci qui S’élève du désert, si brillante de grâces et de vertus, et qui S’avance appuyée sur Son bien-aimé? Quelle est-Elle, Celle qui a le Seigneur Lui-même dans Son cortège?» Et d’unanimes acclamations répondent: «C’est la Mère de notre Roi, c’est notre Reine, c’est la Sainte des saintes, la bien-aimée de Dieu, la Colombe immaculée, la plus belle d’entre les créatures.» Et toutes les hiérarchies des Cieux, les Anges, les Archanges, les Vertus, les Puissances, les Principautés, les Dominations, les Trônes, les Chérubins, les Séraphins, tous les ordres des Saints, les Patriarches, les Prophètes, les Martyrs, les Vierges, déposent à Ses pieds leurs couronnes immortelles en proclamant Ses louanges.

Mais ceux qui accoururent à Elle avec le plus d’ardeur furent nos premiers parents, Adam et Ève. «Fille bien-aimée, Lui dirent-ils, Vous avez réparé le mal que notre faute avait causé au genre humain, Vous avez reconquis au monde la grâce qu’il avait perdue, Vous avez écrasé la tête du serpent qui nous avait vaincus. C’est Vous qui nous avez sauvés, soyez bénie.» En quels termes durent La saluer les auteurs de Ses jours, sainte Anne et saint Joachim! Et Joseph, Son époux, quelle langue humaine pourrait exprimer l’allégresse avec laquelle il vit l’entrée si glorieuse de son Épouse dans le Ciel!

La parole manque aussi pour dire avec quel amour, quelle complaisance la Sainte Trinité L’accueillit: comment le Père reçut en Elle Sa Fille bien-aimée; le Fils, Sa Mère; le Saint-Esprit, Son Épouse. Le Père L’appelle à partager Sa puissance, le Fils Sa sagesse, et le Saint-Esprit Son amour. Et les trois Personnes divines couronnent Son front radieux d’un diadème de douze étoiles plus brillantes que les rubis et les diamants, et, La plaçant sur Son trône, à la droite de Jésus, La proclament Reine du Ciel et de la terre, et commandent aux Anges et à toutes les créatures de La reconnaître pour telle, de La servir et de Lui obéir en tout.

Rôle de Marie

Et que fait Marie sur ce trône élevé? Médiatrice du genre humain avec Son Fils et après Son Fils, Elle intercède pour nous, Elle plaide notre cause, Elle puise à pleines mains dans les trésors célestes, et distribue largement les pardons, les bénédictions et les grâces. Marie est reine, mais reine de clémence et de miséricorde. Sa bonté est sans bornes, et Sa puissance égale Sa bonté. Pour nous accorder Sa protection, que demande-t-Elle? Écoutez un de Ses plus grands serviteurs:

Saint Jean Berchmans (1599-1621), religieux jésuite, comblé pendant sa vie des faveurs les plus signalées de cette auguste Reine, était au moment de mourir. La communauté s’assemble autour de son lit, et le supérieur lui ordonne, au nom de l’obéissance, de dire à ses frères ce qu’il a fait et ce qu’il faut faire pour mériter les grâces éclatantes dont Marie l’a favorisé. «Ce que demande Marie, répond le saint mourant, c’est peu de chose: le plus léger hommage, pourvu qu’il soit persévérant.»

En faut-il davantage pour exciter dans nos cœurs une confiance filiale à cette bonne Mère? Adressons-nous donc à Elle dans tous nos besoins du corps et de l’âme; prions-La surtout, par les mérites de Sa bienheureuse mort, de nous obtenir une bonne fin. Faisons éclater notre joie d’avoir au Ciel une Mère si puissante, si bonne et si facile à toucher.

Pour rendre tout à fait pratiques nos sentiments de dévotion et nos exercices de piété envers Marie, demandons-nous bien sérieusement par quels moyens Elle est parvenue à un tel degré d’honneur et de félicité. La dignité de Mère de Dieu fut sans doute quelque chose de bien grand, pourtant ce ne fut point là ce que Dieu couronna dans Marie. Sa fidélité à la grâce, telle fut la mesure de Sa gloire, telle sera la mesure de la nôtre. Enfants de Marie, imitons notre Mère, et prenons aujourd’hui cette devise: faire grandement les petites choses.

Ô mon Dieu, qui êtes tout amour! je Vous remercie de m’avoir donné en Marie une Mère si puissante et si bonne. Faites-moi la grâce de mériter Sa tendresse par une fidélité constante à imiter Ses vertus, Son humilité, Sa pureté et Son amour pour Son divin Fils. Je prends la résolution d’aimer Dieu par-dessus toutes choses, et mon prochain comme moi-même pour l’amour de Dieu; et, en témoignage de cet amour, je prendrai la Sainte Vierge pour ma confidente.

Sources: Chanoine Alfred Weber, Les Actes des Apôtres, complétés et continués jusqu’à la mort de saint Jean, Réimpression aux Éditions Magnificat, 2013, p. 111-113; Mgr Jean-Joseph Gaume, Catéchisme de Persévérance, Paris, Gaume et Cie Éditeurs, 1889, tome huitième, p. 279-288.

 

1 Dom Gaspar Lefebvre, Missel quotidien et vespéral, Bruges, Abbaye de Saint-André, 1951, «Fête de l’Assomption», p. 1859.

2 Cet article est basé sur: Chan. Weber, «Les derniers jours de Marie, Sa bienheureuse mort et Son Assomption», in Les Actes des Apôtres, ainsi que Mgr Gaume, Catéchisme de persévérance. Bibliographie complète à la fin de l’article.

3Cf. Cantique des Cantiques 4, 8

En ce beau jour de Sa fête, demandons beaucoup de grâces à la très Sainte Vierge, notre bonne Mère.

Ce beau jour de l’Assomption nous rappelle la montée de la très Sainte Vierge au Ciel, le couronnement de Sa vie de Mère de Dieu, dans l’accomplissement de la volonté de Dieu. La vie de la très Sainte Vierge a été un fiat perpétuel, continuel. Elle pouvait dire comme Son divin Fils: Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui M’a envoyée (S. Jean 4, 34), c’est-à-dire la volonté de Dieu. Cette conformité entière de Marie aux volontés de Dieu, voilà ce qui a fait Sa grandeur. Ce n’est pas seulement le fait d’avoir été la Mère de Dieu qui a rendu la Vierge Marie si grande, c’est Son obéissance à Dieu.

Demandons de réaliser nous aussi, à l’exemple de notre bonne Mère, tous les desseins de Dieu sur nous. Que nous passions sur la terre en faisant le bien, comme Elle-même l’a fait. Prouvons notre dévotion envers Marie en L’imitant en tout.

Père Jean-Grégoire de la Trinité