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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

La pêche miraculeuse
4e Dimanche après la Pentecôte – La pêche miraculeuse

Réflexion sur la Liturgie du jour – tiré de L’Année Liturgique, par Dom Prosper Guéranger

Introït

Le Seigneur est ma lumière et mon salut; qui craindrai-je? Le Seigneur est le défenseur de ma vie; qui me fera trembler? Les ennemis qui me persécutent ont été affaiblis eux-mêmes et sont tombés. Psaume. Quand des armées s’élèveraient contre moi, mon cœur serait sans crainte.

L’Église, malgré sa confiance dans le secours du ciel pour les jours mauvais, demande cependant toujours la paix du monde au Dieu très haut. Si, en face du combat, l’Épouse tressaille à la pensée de pouvoir prouver son amour, la Mère commune craint pour ses fils dont plusieurs, qu’une vie tranquille eût sauvés, périront dans l’épreuve. Prions avec elle dans la collecte.

Collecte

Faites, nous Vous en supplions, Seigneur, que par Votre Providence la marche du monde soit pour nous pacifique, et que Votre Église se réjouisse dans les démonstrations d’une piété sans alarmes. Par Jésus-Christ notre Seigneur.

Épître

Mes Frères, j’estime que les souffrances de la vie présente sont sans proportion avec la gloire future qui doit se manifester en nous. Car la création est en suspens dans l’attente de la manifestation des enfants de Dieu. La création en effet est soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de Celui qui lui donne dans cette sujétion l’espérance. Un jour, elle aussi, la création sera délivrée de cet asservissement à la corruption, pour participer à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu’à présent toute créature est en travail et anxieuse. Et ce n’est pas elle seulement, mais nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous soupirons nous aussi dans nos cœurs, attendant la pleine adoption des enfants de Dieu, la rédemption de nos corps dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Réflexion sur l’Épître

Pénétrant pour lui jusqu’à l’intérieur du voile, elle lui rappelle sans cesse la disproportion signalée par l’Apôtre entre les fatigues de la route et la consommation des vrais biens qui l’attendent dans la lumière béatifique de la patrie. Les promesses de son Dieu, les merveilleuses avances du Paraclet dans le passé et le présent lui assurent l’avenir. Bien plus; la terre qui le porte, cette terre fangeuse et obscure qui l’enchaîne aujourd’hui sous les sens, excite elle-même directement ses aspirations supérieures et les partage à sa manière. C’est la doctrine de saint Paul dans notre Épître: les changements désordonnés, les vicissitudes inquiètes de la création matérielle appellent, avec la destruction du péché, le triomphe final et universel sur la corruption qui en fut la suite. L’état présent du monde fournit donc, lui aussi, son spécial et très sûr motif à la sainte vertu d’espérance. Ceux-là seuls pourraient s’en trouver étonnés qui ne sauraient pas jusqu’à quel point l’élévation de l’homme à l’état surnaturel a fait, dès le commencement, la vraie noblesse du monde soumis à son empire.

Le Graduel fait monter jusqu’à Dieu la voix des chrétiens trop souvent pécheurs qui, se sentant indignes de secours, implorent néanmoins Son intervention pour Sa gloire à Lui-même; car ils n’en sont pas moins les soldats du Dieu des armées, et leur cause est la Sienne.

Graduel

Pardonnez nos péchés, Seigneur, de peur que les nations ne disent: Où est leur Dieu? Aidez-nous, ô Dieu notre Sauveur: et pour l’honneur de Votre Nom, Seigneur, délivrez-nous. Alléluia, alléluia. Ô Dieu assis sur Votre trône et jugeant dans l’équité, soyez le refuge des pauvres en leur tribulation. Alléluia.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Luc, Chap. V.

En ce temps-là, il arriva que Jésus Se tenant près du lac de Génézareth et la foule se précipitant vers Lui pour entendre la parole de Dieu, Il vit sur le bord deux barques dont les pécheurs étaient descendus et lavaient leurs filets. Montant donc sur l’une d’elles qui était à Simon, Il le pria de s’éloigner un peu de terre; et S’étant assis, Il enseignait la foule de dessus la barque. Lorsqu’Il eut cessé de parler, Il dit à Simon: Avance en pleine mer, et jetez vos filets pour la pêche. Et Simon répondant, Lui dit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais sur Votre parole je jetterai le filet. Et l’ayant fait, ils prirent une quantité de poissons si grande que leur filet se rompait. Ils firent donc signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider; ils y vinrent et remplirent tellement les deux barques qu’elles étaient presque submergées. Ce que voyant Simon Pierre, il se précipita aux genoux de Jésus, disant: Retirez-Vous de moi, Seigneur, parce que je suis un homme pécheur. Car il avait été saisi de stupeur ainsi que tous ceux qui étaient avec lui, à la vue de cette pêche qu’ils avaient faite; et il en avait été de même pour Jacques et Jean fils de Zébédée, qui étaient les compagnons de Simon. Or, Jésus dit à Simon: Ne crains point, désormais tu seras pêcheur d’hommes. Ramenant donc leurs barques à terre et laissant tout, ils Le suivirent.

Réflexion sur l’Évangile

Les Évangélistes nous ont conservé le souvenir de deux pêches miraculeuses faites par les Apôtres en présence de leur Maître: l’une décrite par saint Luc, et qui vient de nous être rappelée; l’autre dont le disciple bien-aimé nous invitait à scruter, au Mercredi de Pâques, le profond symbolisme. Dans la première, qui se rapporte au temps de la vie mortelle du Sauveur, le filet, jeté au hasard, se rompt sous la multitude des poissons captifs, sans que leur nombre ou leurs qualités soient marqués autrement par l’Évangéliste; dans la seconde, le Seigneur ressuscité indique aux disciples la droite de la barque, et, sans rompre le filet, cent cinquante-trois gros poissons abordent au rivage où Jésus les attend pour les joindre au pain et au poisson mystérieux d’un festin préparé par Lui-même. Or, expliquent d’une commune voix tous les Pères, ces deux pêches figurent l’Église: l’Église dans le temps d’abord, et plus tard dans l’éternité. Maintenant l’Église est multitude, elle englobe sans compter bons et mauvais.