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Liturgie pour les Dimanches et Fêtes principales

Jésus enseigne à Ses apôtres
Troisième Dimanche après Pâques
Jésus-Christ annonce Son retour vers Son Père

Réflexion sur la Liturgie du jour –
tiré de Quelques réflexions et méditations sur les Épîtres et les Évangiles,
par un prêtre anonyme

«Encore un peu de temps et vous ne Me verrez plus.» Il faut donc s’attendre à ne plus voir Jésus!… Lui-même nous le dit: Il S’éloignera. Il semblera nous abandonner. Il délaissera notre âme. Il la livrera à elle-même. Il éprouvera sa fidélité. Il veut savoir si dans tous les temps nous Lui serons inébranlablement attachés… Il faut donc se préparer, ô mon âme! il faut donc, il s’agit maintenant de prouver à Jésus si c’est vraiment pour Lui que nous L’aimons. Il faut savoir soutenir Ses rigueurs. Il faut vouloir rester seul s’il Lui plaît de nous laisser ainsi. Il faut savoir demeurer sans lumière, sans consolation, sans repos, sans autre appui que la Croix, parce que la Croix reste toujours… elle reste nue, aride, épineuse, déchirante… mais c’est toujours la Croix. Si elle-même demeurait comme sans force pour nous soutenir. Alors même, il ne faut pas perdre courage, il faut agir,il faut continuer à mourir. Il ne faut pas vouloir revivre quand on a choisi de perdre sa vie mortelle afin de nous assurer la Vie éternelle. As-tu du courage, ô mon âme? C’est le moment de le montrer. Mon Dieu, je suis prêt à tout… je Vous serai toujours fidèle, avec Votre divin secours. Je veux tout supporter. Et s’il Vous plaît de m’éprouver par toute sorte de délaissements et d’afflictions, faites, Seigneur… À la vie, à la mort je suis à Vous. Je ne Vous abandonnerai jamais. «Et encore un peu de temps et vous Me reverrez.» Il revient donc, après nous avoir quittés? Il reparaît après S’être comme caché à notre âme? Quand Il S’est assuré de sa fidélité, Il revient, Il ne veut pas la laisser plus longtemps dans cette incertitude cruelle, dans ces délaissements, ces douleurs, dans cette nuit où tout est caché à ses yeux, et où elle ne voit plus son bon Maître… Il revient… Il revient! Son absence n’est pas toujours la marque qu’on L’a perdu. Mon âme, console-toi. Jésus ne S’est peut-être pas même éloigné. Il demeure au fond du coeur, mais si caché qu’on ne Le voit plus, qu’on ne Le sent plus, qu’on ne sait plus ce qu’Il est devenu, mais Il revient… Ce mot dit tout, il me semble. On ne revient que chez soi. Oh! mon coeur est-il vraiment bien à Jésus? Lui est-il dévoué sans réserve? Est-il uniquement à Lui? N’aime- t-il que Jésus? Mérite-t-il que Jésus revienne? Est-il digne de Le revoir… Oh! je ne mérite rien et Vous me donnez tout! Mon coeur est l’indignité même, et Jésus le comble de biens. Du moins qu’il n’ajoute pas l’ingratitude à son indignité. Qu’il aime enfin et sans partage et sans retour le Dieu qui l’a tant aimé, qui l’a supporté avec tant de miséricorde…

Épître

Épître de l’Apôtre Saint Pierre I, chap. 2, 11, 19 Mes très chers frères, je vous conjure de vous abstenir comme étrangers et voyageurs sur la terre, des désirs de la chair qui combattent contre l’esprit, ayant soin de garder une conduite irréprochable parmi les Gentils, afin qu’au lieu des médisances qu’ils répandent contre vous, comme si vous faisiez le mal, la connaissance de vos bonnes oeuvres les porte à glorifier Dieu au jour qu’Il les visitera par Sa grâce. Soyez donc soumis dans la vue de Dieu à toute puissance établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés de Sa part pour punir ceux, qui font mal, et protéger ceux qui font bien; car Dieu veut que, par la sainteté de votre vie, vous réduisiez au silence les hommes ignorants et insensés, usant saintement de votre liberté, non en la regardant comme un voile propre à couvrir le mal, mais en montrant que vous êtes de vrais serviteurs de Dieu. Ayez de la considération pour toutes sortes de personnes; aimez vos frères, craignez Dieu, honorez le roi. Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres en craignant de les offenser en quoi que ce soit, non seulement s’ils sont bons et doux, mais quand même ils seraient rudes et fâcheux; car c’est véritablement une grâce que de souffrir en prenant Dieu pour témoin des peines qu’on nous suscite injustement.
Réflexion sur l’Épître,
tiré de Épîtres et Évangiles, par M. Poujoulat
Cette Épître nous apprend que la terre n’est pas le lieu où nous pouvons espérer d’être heureux. Qu’elle n’est point nôtre. Que rien par conséquent n’y doit attacher notre coeur. Qu’il faut même que nous y donnions aux autres l’exemple d’un entier dégagement. Que mépriser la vertu et en faire des railleries, c’est agir en infidèle. Qu’un des devoirs essentiels que la religion nous prescrit, c’est la soumission aux princes et à ceux qui gouvernent. Qu’aussi un de leurs devoirs les plus indispensables, c’est d’employer leur autorité à réprimer le vice et à protéger la vertu. Que la liberté chrétienne ne nous rend pas indépendants, mais qu’elle nous affranchit du vice et des passions. Qu’enfin la patience qui peut être glorieuse à un Chrétien n’est pas celle qu’il a dans les maux qu’il s’est attirés par ses péchés, mais celle qu’il a dans les maux qu’il souffre injustement et pour Dieu.
Prions. – Ô Dieu, qui daignez montrer à ceux qui sont dans l’erreur la lumière de Votre vérité, afin qu’ils puissent rentrer dans la voie de la justice; accordez à tous ceux qui font profession d’être chrétiens la grâce d’éloigner d’eux tout ce que repousse ce beau nom, et de suivre fidèlement tout ce à quoi il engage. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.

Évangile

La suite du saint Évangile selon saint Jean Chap. 16
En ce temps-là, Jésus dit à Ses disciples: «Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous Me verrez, parce que Je vais au Père.» Ses disciples se dirent donc l’un à l’autre: «Que nous dit-Il par là? – Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous Me verrez, parce que Je vais au Père?» Ils se disaient donc: «Que veut-Il dire par cette parole: Un peu de temps? nous ne savons ce qu’Il veut exprimer.» Jésus connut qu’ils voulaient L’interroger, et Il leur dit: «Vous vous demandez les uns aux autres ce que J’ai voulu dire par ces paroles: Encore un peu de temps, et vous ne Me verrez plus; et encore un peu de temps, et vous Me verrez? En vérité, en vérité, Je vous le dis: vous pleurerez et vous gémirez vous autres, et le monde sera dans la joie; vous serez dans la tristesse; mais votre tristesse se tournera en joie. Une femme, lorsqu’elle enfante, est dans la douleur, parce que son heure est venue; mais après qu’elle a enfanté un fils, elle ne se souvient plus de la souffrance, par la joie qu’elle a d’avoir mis un homme au monde. Vous donc aussi, vous avez présentement de la tristesse; mais Je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et nul ne vous ravira votre joie.» Rendons grâces à Dieu.
Réflexion sur l’Évangile,
tiré de Épîtres et Évangiles, par M. Poujoulat
Cet Évangile nous apprend que, quand on trouve de l’obscurité dans la parole de Dieu, au lieu d’entreprendre de l’interpréter soi-même, il faut en recevoir des pasteurs l’intelligence. Que Jésus-Christ a prévenu Lui-même les désirs des apôtres pour les instruire. Qu’il en doit être de même de ceux qui sont chargés de conduire les autres. Qu’ils les doivent prévenir pour les aider. Qu’à la manière dont Jésus-Christ marque la différence de l’état du monde et de l’état de ceux qui servent vraiment Dieu, être ici dans la joie du monde, c’est être mal, puisque cette joie sera suivie d’une douleur éternelle. Qu’on sera au contraire bien dédommagé un jour d’une tristesse qu’on aura eue pour partage en cette vie passagère, lorsqu’on possédera dans le ciel une joie qui durera toujours. Qu’enfin ce qui fait ici principalement la tristesse du juste, c’est d’y être éloigné de Dieu.