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Notre Dame du Laus

Le Mois de Marie sur un vaisseau

Au printemps de 1857, le R. P. de Gruet, missionnaire, s’était embarqué pour l’Amérique avec de nombreux émigrants. Voici un extrait de la relation de son voyage:

«J’eus la grande consolation de dire la sainte messe tous les jours dans ma cabine. Mes jeunes compagnons s’approchaient fréquemment de la sainte table, et plusieurs des émigrants eurent le même bonheur. Vous auriez été édifié, en voyant notre petit autel proprement orné et surmonté d’une très belle statue de la Sainte Vierge, environnée d’une guirlande de fleurs que plusieurs dames hollandaises avaient ôtées de leurs chapeaux. Le dimanche, je disais la messe dans le grand salon, où plus de cent personnes pouvaient convenablement prendre place; plusieurs protestants avaient demandé de pouvoir y assister. On y chantait des cantiques en français, en latin, en hollandais et en allemand. C’était certainement un spectacle assez rare sur l’Océan, bien plus accoutumé à entendre des blasphèmes que les louanges de Dieu.

«Le 2 mai, dans les environs des bancs de Terre-Neuve, la mer se couvrit d’un épais brouillard. Il continua pendant quatre jours, de telle sorte que le capitaine ne pouvait faire aucune observation. On ne pouvait rien distinguer à quelques pas du bateau. (L’endroit est connu pour ses récifs et bon nombre de naufrages tragiques.) Nous étions dans un continuel danger de faire collision avec quelque voilier qui suivait la même route. Aussi, par précaution, le grand sifflet de la machine se fit-il entendre jour et nuit, avec ses sons les plus forts et les plus perçants, afin de donner l’alarme aux vaisseaux qui auraient pu se trouver sur notre passage.

«Cependant, comme nous approchions rapidement de la terre et que le brouillard devenait de plus en plus intense, il semblait qu’on devait aller plus ou moins à l’aventure; et comme les observations du méridien étaient devenues impossibles, on n’était pas sans quelque inquiétude. Nous avons donc eu recours au Ciel, et nous disions ensemble le chapelet, les litanies de notre bonne Mère et des prières spéciales pour obtenir, par l’intercession des âmes du purgatoire, un ciel serein. Nos vœux parurent être exaucés. Quelques heures après, les brouillards avaient disparu, révélant une des plus belles soirées que l’on puisse voir sur la mer: la pleine lune se reflétait sur les ondes, brillant, dans toute sa splendeur, au haut du firmament étoilé et sans le moindre petit nuage. Le lendemain, le soleil se leva majestueusement. Nous distinguions un grand nombre de navires voguer vers tous les points du compas. Enfin, tous les yeux étant dirigés vers l’ouest, nous apercevons dans le lointain, au-dessus de l’horizon, comme une traînée de brouillards qui s’élèvent. Les officiers appliquent la longue-vue et annoncent que ce sont les côtes tant désirées de l’Amérique. Des chants, des exclamations de joie partirent de tous les cœurs à la fois. Tous les émigrants se trouvaient groupés sur le tillac; tous saluèrent le Nouveau Monde, leur terre promise, qui renferme toutes leurs espérances et tout leur avenir. À mesure que les objets et les côtes se présentaient plus distinctement à la vue, mes jeunes compagnons, ne pouvaient rassasier leurs yeux, en vue de cette terre au salut de laquelle ils venaient dévouer leurs vies, et sur laquelle ils seront, j’espère, des instruments de salut pour des milliers d’âmes abandonnées. Avant la fin de cette belle journée, le 7 du mois de Marie, vers les quatre heures de l’après-midi, nous nous trouvions en rade près de Staten-Island, dans le port de New-York.»

(R. P. Huguet)

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